‹ Introduction à l'esthétique; les méthodes de l'esthétique, beauté naturelle et beauté artistique, l'impressionnisme et le dogmatismeChapitre 70 sur 99 · Philosophie de l'art, t. I, p · texte numérisé non relu

Philosophie de l'art, t. I, p

celui de la civilisation contemporaine naissent, fleurissent et meurent en même temps : ainsi en est-il, par exemple, dans Fâge d'or du monde grec au temps de Périclès, dans la grande époque espagnole qui va du xvf siècle au milieu du xvii% dans l'ëre assez courte de la peinture hollandaise ou vénitienne. « Le milieu apporte ou emporte Fart à sa suite, comme le refroidissement plus ou moins grand dépose ou supprime la rosées »

Nous aboutirons ainsi à expliquer par leurs conditions nécessaires et suffisantes les caractères généraux de l'œuvre de chaque artiste significatif. Car celle-ci, malgré l'apparence, n'est jamais exceptionnelle et isolée. « Autour de Shakespeare qui, au premier coup d'œil, semble une merveille tombée du ciel et comme un aérolithe arrivé d'un autre monde, on trouve une douzaine de dramatistes supérieurs, Webster, Ford, Massinger, Marlowe, Ben Jonson, Flechter et Beaumont, qui ont écrit du même style et dans le même esprit que lui. Leur théâtre a les mêmes caractères que le sien ; vous y trouverez les mêmes personnages violents et terribles, les mêmes dénoûments meurtriers et imprévus, les mêmes passions soudaines et efTrénées, le même style désordonné, bizarre, excessif et splendide, le même sentiment exquis et poétique de la campagne et du paysage, les mêmes types

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de femmes délicates et profondément aimantes. — Pareillement, Rubens semble unpersonnage unique, sans précurseurs et sans successeurs. Mais il suffit d'aller en Belgique... pour apercevoir tout un groupe de peintres dont le talent est semblable au sien : Crayer d'abord, qui fut considéré de son temps comme son rival, Adam Van Noort, Gérard Zeghers, Rombouts, Abraham Jansens, Van Roose, Van Thulden, Jean Van Oost, d'autres encore que vous connaissez, Jordaens, Van Dyck, qui tous ont conçu la peinture dans le même esprit et qui, parmi des différences propres, gardent toujours un air de famille \ »

Enfin, des études poussées plus avant montreraient que ce qui est vrai des ensembles vaut aussi pour les détails de chaque œuvre. Voici donc la « loi de sa production ». — « Cette loi peut, au premier regard, s'exprimer ainsi : Uœuvre d'art est déterminée jjar un ensemble qui est ï état général de r esprit et des mœurs environnantes '. »

C'est ainsi que Taine entend définir les caractères généraux de toute œuvre par les circonstances générales, et extérieures à elle, de sa production.

Mais, en supposant même connues toutes les conditions générales de l'œuvre d'art, une partie

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