F. Brunetière, L'Évolution des Genres, p
Taine a calqué la sienne sur les procédés de Guvier et de Geoffroy Saint-Hilaire. Brunetière copie jusqu'au détail Darwin et Heeckel. La classification de l'esthétique moderne sera, comme celle des sciences naturelles contemporaines, évolutionniste\
Brunetière aime à répéter, sous diverses formes, que si Taine a été le Guvier de la critique d'art, il veut en être le Darv^in : en quoi il faisait quelque peu tort à son maître, dont l'idée d'adaptation et d'évolution imprègne toute l'œuvre.
L'évolution n'est pas forcément un progrès : ces deux notions s'opposent comme l'absolu au relatif, et en cela Brunetière est foncièrement relativiste. G'est dans l'art surtout que la régression est fréquente : les imitateurs d'un grand génie sont de petits talents, le successeur est plus souvent un inférieur qu'un supérieur-.
Tout au monde est relatif: voilà ce que proclame énergiquement ce critique, dont on a trouvé les jugements si absolus, — faute de bien comprendre que l'absolu n'est pratiquement qu'un très grand nombre de relativités accumulées. « Une œuvre d'art n'est ce qu'elle est, n'achève de l'être, ne l'est pleinement et décidément qu'autant qu'on la