GEORGES STEINHEIL, ÉDITEUR
2, rue Casimir-Delavigne, 2
PRÉFACE
L’étude pratique des Accouchements nécessite, exige une préparation spéciale : connaissances anatomiques, exercices mécaniques, manœuvres instrumentales. Avec cette éducation préalable seulement, l’élève peut entendre la parole du professeur, se figurer les phénomènes naturels de la parturition, comprendre le pourquoi et le comment des interventions. Tous ceux qui ont abordé sérieusement la clinique obstétricale, tous ceux qui ont eu la tâche de l’enseigner sont d’accord pour le reconnaître.
L’élève qui prétendrait pouvoir profiter des enseignements de cette clinique sans s’y être préparé par des études théoriques et des exercices manuels, serait dans la même situation, plus désavantageuse encore, que celui qui voudrait devenir chirurgien sans avoir appris l’anatomie, sans avoir fait d’exercices opératoires. A ceux qui penseraient que ce que je dis est inutile ou puéril, que cela est tellement logique qu’il est banal de le répéter, je puis affirmer, par expérience, qu’aujourd’hui encore la plus grande difficulté de l’enseignement de la Clinique obstétricale résulte de ce fait que les élèves ne possèdent pas une culture préalable suffisante.
Et cependant, il serait injuste de méconnaître les efforts qui ont été faits pour combler cette lacune. Des cours théoriques magistraux, institués depuis le commencement du siècle, étaient naguère encore professés à la Faculté et l’on sait avec quel talent, avec quelle autorité; il suffit de rappeler que les deux derniers titulaires de cette chaire étaient Pajot et Tarnier. Actuellement ces cours, doublés de conférences, sont faits chaque année avec le plus grand soin par les Agrégés.
PRÉFACE
D’autre part, depuis 1879, année où le professeur Farabeuf, alors chef des travaux anatomiques, les institua sur la proposition et avec la collaboration de M. Bar, un cours démonstratif et des manœuvres obstétricales ont lieu à l’École pratique. Pour la pre- *mière fois à cette époque, les élèves de la Faculté purent, sous une direction officielle et non payante, manier des fœtus, toucher des fontanelles, des instruments, et répéter sur le mannequin les principales opérations obstétricales. Cette instruction ainsi comprise constitue la véritable introduction à la clinique, car la vue et le tact, ce maître sens de l’accoucheur, sont mis en jeu. Certes, le mannequin artificiel n’est, suivant l’expression de Baudelocque, qu’un simulacre imparfait du vrai, et il serait cent fois préférable de faire manœuvrer les élèves, comme les auteurs de ce livre ont pu manœuvrer euxmêmes, sur des cadavres de femme. A Paris, il n’y faut pas songer. Mais quel que soit le mannequin, son emploi ne peut donner de bons et rapides résultats que si l’élève est guidé par la parole et les manœuvres d’un maître ou par la lettre et les figures d’un livre.
Le professeur Farabeuf, ensuivant tantôt de loin, tantô^t de près, les démonstrations obstétricales, n’a pas tardé à s’apercevoir que ce livre était indispensable et qu’il manquait. Après avoir attendu des années et demandé vainement à plusieurs d’en entreprendre la publication, il s’est mis à l’œuvre il y a cinq ans, avec la collaboration active d’un jeune accoucheur, le D' Varnier, qui a été pendant deux ans mon interne à la Maternité de Lariboisière et qui m’a suivi depuis à la Clinique obstétricale de la Faculté (Maternité Baudelocque). De là cet ouvrage pour lequel j’écris cette préface.
Conçu dans le dessein principal et modeste de servir de guide pour les manœuvres obstétricales, il s’est agrandi et s’est élevé en se formant. Tel qu’il est devenu, c’est un livre d’enseignement, un livre didactique, écrit par des pédagogues. C’est aussi un exposé de recherches de