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selon les circonstances; tandis qu'il serait absurde de supposer une plante dépourvue , même pour un temps assez court, de moyens de nutrition. La reproduction établit un lien entre des individus qui se succèdent, fonction très'importante sans doute; maison ne peut s'empêcber de regarder comme plus important encore que les individus existent et se développent.
Le résultat de cette supériorité attribuée à la nutrition ne sera pas de mettre tous les organes de la nutrition andessus de ceux de la reproduction , mais on pourra en inférer que Torgane le plus important parmi ceux de la nutrition est supérieur au plus important de ceux de la reproduction ^que le deuxième dans la première de ces fonctions est plus important que le deuxième dans la seconde, et ainsi de suite. Cette hiérarchie s*établiraà peu près comme parmi les fonctionnaires publics d^un état. Ainsi, en comparant les pouvoirs judiciaire , législatif, administratif, militaire , ecclésiastique , etc. , qui n'ont pas de rapports directs les uns avec les autres, on remonte à des considérations générales sur l'importance de chacun de ces pouvoirs dans l'état. Accessoirement, on recherche quels sont ceux qui commandent aux autres , qui nomment leurs principaux ibnctionnaires , qui fixent leurs honoraires , etc-, par le moyen de toutes ces considérations de nature diverse , on arrive à fixer les rangs d'une manière assez logique : le premier fonctionnaire de l'un de ces pouvoirs ou ordres est suivi par le premier d'un autre pouvoir , le second par un fonctionnaire d'un autre ordre, etc., de telle façon qu'un préfet peut se trouver l'égal d'un officier, un évéque d'un juge , etc.
Heureusement Torganisalion végétale est moins compliquée que celle de nos sociétés , en sorte que les com-
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paraisons ne comprennent qu'un petit nombre de fonctions différentes.
Avant de passer à Texamen des fonctions partielles qui constituent les deux grandes fonctions de la nutrition et reproduction , il faut remarquer que les organes élémentaires jouent le rôle principal à la fois dans ces deux fonctions , et se placent par conséquent au premier rang de la hiérarchie des organes. En effet , depuis les spongioles qui pompent la sève , jusqu'au pollen et aux ovules qui reproduisent Tespèce, tout est composé de ces organes infiniment petits, appelés élémentaires. La vie végétale réside en eux, et c'est par eux que s'opèrent en détail toutes les fonctions. Us sont pour une plante ce que sont les hommes qui composent une armée : sans eux il n'y aurait pas d'armée *, mais indépendamment de ces unités essentielles, il y a aussi des agglomérations, telles que les bataillons , les régimens^ qui ont aussi leurs fonctions spéciales si on les compare à l'ensemble. Les organes composés sont dans le même rapport à l'égard des organes élémentaires.
Parmi ces derniers le tbsu cellulaire parait jouer le principal rôle \ c'est lui qui absorbe les liquides , qui les transmet, les élabore diversement^ c'est lui aussi qui donne naissance aux grains de pollen^ ou plulôt les anthères et leur contenu, comme les parties encore jeunes de l'ovule, ne sont que du tissu cellulaire dans un état particulier. Les stomates , les cavités aériennes, les vaisseaux propres et la cuticule, se rattachent à des modifications du tissu cellulaire, et, selon plusieurs auteurs, les trachées et les autres vaisseaux en dépendent aussi. Tous ces organes, considérés isolément , ont des fonctions moins importantes que le tissu cellulaire pro-
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prement dit. Us ne servent guère qa^à Vélaboration des
sucs , c'est-à-dire à une partie de la nutrition.
Je passe aux organes composés qui optent spécialement ou la nutrition ou la reproduction.
La nutrition comprend trois fonctions prineipaks : Yabêotption , Vélaboration et le transport des sucs. La première de ces fonctions s'opère surtout par les ra* cinas, la se<x>nde par les feuilles, et la troisième par b tige.
De ces trois fonctions, la plus importante parait être- l'absorption , car c'est la seule dont on ne puisse pas concevoir l'absence. On pourrait, en effet, imaginer, tans tomber datis l'abstirde , qu'une planta se nourrirait en absorbant une matière qui n'aurait pas besoia d'être élaborée et qui serait pompée direoteraeiit par chaque organe *, mais il est impossible de comprendie un accroissement , une végétation quelconque ^ sans addition de nouvelles molécules, c'est-à-dire sans absorption. La modification des matières absorbées sembk plus importante que le transport d'un organe à l'autre, si l'on réfléchit à la similitude extrême des matières absorbées et aux opérations chimiques et physiques nécossaâres poiir les transformer en une partie intégrante du végétal.
Au surplus je ne vois pas de nécessité à presser ce genre d'argumens , attendu que les fonctions dont il s'agit ne peuvent pas être attribuées uniquement à chacun des trois organes fondamentaux , et que par conséquent on ne peut pas espérer de subordonner ceux-ci uniquement au moyen des fonctions.
Remarquez en effet que les racines servent à la fois à absorber et à transmettre les sucs , même à les modifier quand elles contiennent un dépôt de nourriture qui se
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mélange avec la sève aficendante. L'utilité de fixer la plante au sol est aussi une fonction de quelque importance. La tige transmet les sucs et les modifie aussi dans leur passage ] elle donne naissance à des racines adventives et aux bourgeons. Enfin, les feuilles élaborent principalement les sucâ, et les absorbent aussi dans quelques eas j notamment dans la jeunesse , car Talfaumen quand il existe est absorbé par les feuilles séminales*
Dans ce mélange de fonctions , on discerne cependant que les plus importantes sont remplies par les racines et les feuilles , en sorte que la tige céderait le pas à ces deux otgànes.
C'est surtout dans la jeunesse de la plante que les feuilles et la racine ont de l'importance , car alors la tige existe à peine, et d'ailleurs comme elle n'a pas encore de sucs emmagasinés , elle ne saurait contribuer à d'autres fonctions que ccUq de transmettre les sucs. A cette époque, le petit nombre des organes rend chacun d'eux d'autant plus important pour la plante. La radicule et un ou deux cotylédons importent alors autant à la Tie de l'indiyidu que , dans une période subséquente, toutes les racines et toutes les feuilles réunies, et comme la tige ne peut pas encore émettre des racines adventives et des bourgeons, il faut bien que les autres organes soutiennent complètement la faible organisation du végétal. Les cotylédons servent alors à nourrir la jeune plante, soit en absorbant le suc laiteux de l'albumen, soit par le dépôt nutritif qu'ils contiennent eh eux-mêmes.
Ainsi , les trois orgai^ fondamentaux ont plus d'importance dans le premier âge que plus tard. Les cotylédons importent plus que la radicule, et celle-ci plus que La plumule* Dans la plante plus avancée , les fone^
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lions des trois organes se rapprochent quant au degré d'importance, mais celles des feuilles et des racines remportent peut-être encore sur celles de la tige.
Pour apprécier le degré dlmportance des diverses parties de la tige ou de la feuille , il faudrait coniparer semblablement leurs fonctions. Ce serait peut-être plus difficile y et évidemment moins utile. Pour le but qae nous nous proposons , mieux vaut passer à d'autres organes, à ceux de la reproduction.
La fonction de la reproduction comprend la géné^ ration et la protection des organes génitaux.
Les verticilles floraux qui entourent les pistils et les étaminesrem plissent cettederniëre fonction, quinepeut pas être considérée comme bien importante en comparaison de la génération proprement dite. Il existe des organes reproducteurs dépourvus d'entourage , et ceuxci peuvent être plus ou moins nombreux, plus ou moins utiles à la fonction même de la reproduction. La corolle étant plus rapprochée que le calice et l'involucre , semble plus importante comme organe protecteur.
Le torus et les nectaires contribuent aussi à la protection des organes sexuels et à quelques modifications locales des sucs qui peuvent servir à la reproduction , mais ce sont également des organes dont le rôle est accessoire dans la fleur.
Les étamines et pistils jouent au contraire le principal rôle dans la fonction importante de la génération , surtout le pollen et les ovules. Malheureusement, le rôle spécial de ces organes est encore peu connu. On attribue Taction génératrice à la fovilla , mais tant que l'on en sera réduit à des hypothèses sur l'origine de l'embryon, et sur l'action ou efficiente ou seulement protectrice des ovules, il sera impossible de subordonner
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tous ces organes d'après leurs véritables fonctions.
Si Ton arrive à démontrer , ce qui me parait probable, que les granules de la fovilla sont des rudimens d'embryon qui se développent par leur insertion entre les membranes qui composent l'ovule, on sera forcé de mettre les grains de pollen au-dessus des ovules, quant au degré d'importance , et les élamines au-dessus des pistils. Si Ton prouve que les ovules créent l'embryon, ondes mettra au-dessus des grains de pollen, et les pistils au-dessus des étamines. Enfin, s'il venait à être démontré que l'embryon provient des deux organes, on les mettrait tous deux au même degré d'importance.
Dans les cryptogames , les spores ou jeunes plantes sont contenus dans des sacs appelés sporanges. Si l'on constate que les spores naisseot en dehors des sporanges, ce dont on n'a aucune preuve, il y auraitdes organes générateurs différèns des sporanges, et ces derniers seraient seulement analogues aux ovules 5 mais si les spores sont créés et nourris par les sporanges , ceux-ci auraient une importance égale , pour les cryptogames , à la fleur tout entière des plantes phanérogames.
La reproduction par germes non fécondés , par bulbilles, caïeux, tubercules, etc., est, aussi bien que la génération sexuelle, un moyen de conserver la vie de l'espèce. Elle va même au-delà , xar elle reproduit de nouveaux individus, plus identiques avec les premiers que ceux qui viennent de graines. Comme elle dérive clairement des organes de la nutrition, elle relève encore l'importance de ceux-ci, comparativement aux organes de la reproduction sexuelle. Ces derniers ne contribuent point à la nutrition, tandis que les organes fondamentaux servent principalement àl a nutrition, et aussi, accessoirement, à la reproduction.
INTB. ALABOTÀmQVE. T, I. Sîi