M MÉTHODOLOGIE
§ 3. — Degré de généralité.
Le second moyen de juger de rimportance des organes, c'est d'examiner leur degré de gënëralitë dans l'ensemble du règne. Il est évident que s'il existe un organe qui ne manque à aucun végétal, et que les autres manquent de temps en temps, le premier sera reconnu nécessaire , même indispensable à la vie végétale , et les autres seront regardés comme moins importans. En général, si un organe manque plus fréquenunent qu^un autre, on peut présumer qu'il est d'une importance moindre. 'Ainsi, les stipules seront jugées tnoins importantes que les feuilles, la corolle moins qtle les étamines, etc.
Le tissu cellulaire est , je croîs , le seul orgatie qiiî se trouve dans tous les végétaux. Il est donc plus important, quand on considère l'anatomie végétale , que les trachées , vaisseaux et stomates , qui manquent à beaucoup de plantes.
Comparons de la même manière les trois organes fondamentaux. Dans la plupart des cryptogames, on ne sait s'il y a véritablement une tige distincte des feuilles, si ces deux organes se confondent , ou si l'un des deui manquehabiluellement.il est aisé de voir, au contraire, que les racines existent presque toujours 5 ce ne sont guère que les cryptogames parasites qui en paraissent dépourvues, car les parasites phanéro{^meS, comme le giii, ont une radicule au moment où elles se développent.
En comparant sous le même point de vue les organes de la nutrition en général et ceux de la reproduction, il semble que ces derniers ont un moins grand degré de généralité. D'abord, les plantes sont dépourvues pendant
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une partie de leur existencedes moyens de se reproduire^ de plus, les cryptogames , dont la reproduction sexuelle est douteuse, pout-ctre nulle, sont une classe nombreuse du règne végétal.
§ 4* — Liaison des organes.
Un troisième moyen (i) pour estimer rimporlance des caractères, c'est de voir jusqu'à quel point ils se lient à d'autres caractères importans qui constituent des groupes naturels bien reconnus. Ce ne peut être qu'un moyen subsidiaire, pour des organes accessoires, comme les stipules, épines, involucres, nectaires , réservoirs de sucs propres, etc.
Ainsi, quand on voit lesi stipules exister dans toute une famille bien naturelle , comme les rubiacées, amentacées, géraniacées, etc., on est disposé à les regarder comme plus importantes que les épines ou les poils, qui existent ou manquent dans des espèces d'ailleurs trèssemblables. Les réservoirs de sucs propres sont pour le moins aussi constans que les stipules dans certaines familles, comme on peut en juger par la ponctuation des feuilles d'aurantiàcées , myrsinées, myrtacces, etc.
Cette constance dans des caractères qui semblent peu importans en eux-mêmes, les rehausse aux yeux du naturaliste , parce qu'elle doit résulter d'une liaison avec des organes plus împortans50u avec l'organisation générale d'un groupe. En effet, les réservoirs dé sacs propres, dont nous venons de parler, résultent directement des cellules , qui sont la partie la plus importante de Torganisation végétale.
(i) DG.j Th#or él^m. , a* éd. , 1819, p. 85.