‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 124 sur 130 · DE LA. FORME DES ORGAIVES · texte numérisé non relu

DE LA. FORME DES ORGAIVES

La forme est ce qui frappe le plus le vulgaire , mais le naturaliste, qui distinguai mieux les parties d'un or-

(i) La symétrie ticDt à la position et au nombre des organes , et la re'gularite à leurs dimensions proportionnelles. Ces deUx choses peuvent exister ensemble ou se'parément \ ainsi , une fleur de liseron est régulière , mais elle n'est pas symétrique , puisque les loges de l'ovaire sont en nombre différent des étamines , etc. Un flearon de composée est irréjulier et symétrique.

TAXOHOUllS VÉGÉTALE. 811

gane et les organes eux-mémes^y attache moins dHmportanoe. On voit les formes varier sur une même plante ou dans un même groupe , bien plus que la position , Tadhérence , le nombre, et la grandeur proportionnelle, des organes. C'est une observation populaire , que sur un même arbre il n'y a pas deux feuilles rigoureusement semblables. La forme diffère selon la position , Tépoque du développement, les influences extérieures, etc. Elle entraîne peu de changement xlans l'économie générale de la plante. Cependant, si le changement de forme se lie à d'autres, il devient plus important. Il prend alors le nom de métamorphose ou de dégénérescence, et les organes modifiés sont eux-mêmes désignés sous de nouveaux noms. On peut citer les vrilles, les épines, les poils . le pappus des composées , etc. , qui ne sont que des organes ordinaires , mais modifiés de forme, de position et de consistance , au point d'avoir des fonctions différentes.

ARTICLE Vni.

DES QUALITÉS SENSIBLES , TELLES QUE LA CONSISTANCE , LA COULEUR , L^ODEUa, LA SAVEUR.

Ces qualités si variables sont des conséquences de la structure des organes , des indices de particularités anatomiques plus ou moins inconnues. Elles tiennent à l'arrangement des organes élémentaires et à leurs sécrétions •, sous ce point de vue elles se rattachent à quelque chose de très - important. D'un autre coté, elles ne .proviennent pas toujours de la plante et de l'organe xaénae que l'on considère > car les matières absor-»

518 METHODOLOGIE.

bées par les racines et transmises d'un organe à Vautre influent sur les résultats mêmes des organes. L'observation a appris qu'il y a des qualités très-constantes et d'autres très-fugaces , des qualités rares et d'autres très-communes. Si nous ne pouvons pas les subordonner quant à leur importance , c'est que la physiologie des organes élémentaires n'est pas assez ayancée.

ABTICLE IX.

DE l'usage des ORGAHES.

L'usage des organes est une conséquence de leur position et de leur structure. Ainsi une feuille sert à exhaler de l'eau , parce qu'elle reçoit des liquides de la tige et qu'elle a des stomates. Les spongioles absorbent, parce que leur tissu a une certaine organisation qui les 1 rend très-hygroscopîques. De même un zoologiste dira 1 que Thomme marche parce qu'il a des jambes , car s'il en manquait , évidemment il ne marcherait pas.

Les fondions d'un organe sont toujours une conséquence de la structure et de sa position -, mais selon son importance, chaque fonction rehausse ou diminue à nos yeux l'importance de l'organe lui-même.

OE l'importance relative des divers points de tue

sous LESQUELS ON PEUT CONSIDÉRER LES ORGANES.

Par quels motifs les botanistes regardent-ils , par exemple, l'insertion des organes comme plus importante

TAXONOMIE VEGETALE. 513

que le nombre , Fusage comme plus important que la couleur et la saveur , et cela indépendamment de l'organe même que Ton considère? Cela tient, je crois, à ce que certains points de vue touchent à l'essence des organes , je veux dire à ce qui fait que nous les distinguons des autres parties de la* plante ] cela tient aussi à ce que certaines considérations se rattachent à d'autres plus ou moins nombreuses, plus ou moins importantes.

Ce qui touche par exemple à l'essence des organes, c'est :

1* Leur existence ou leur absence ^ Tj, 2® Leur position relativement à d'autres organes, puisqu'elle entre dans la définition même des organes. Ce^qui constitue une feuille, par exemple, c'est de naître sur la tige; une corolle, c'est de se trouver entre le calice et les étamines , etc.

Les autres points de vue ne touchent déjà plus à l'essence constitutive des organes. Ainsi, qu'une feuille soit articulée à sa base ou ne le soit pas , ce sera toujours une feuille ; que les parties de la corolle soit distinctes ou soudées , nombreuses ou en petit nombre , grandes ou petites , etc. , ce serontfoujours des élémens de corolle.' On peut donc estimer que toutes les considérations étrangères à l'existence et à la position i^lalive des organes sont plus ou moins accessoires.

Remarquons en passant que comme les organes ne sont pas tous définis d'une manière semblable, les considérations qui se rattachent à leur essence ne sont pas toujours les mêmes. Ainsi, les organes élémentaires sont définis par leur forme, point du tout par leur position relative ou absolue ^ par con^uent, la forme est pour eux la considération la plus importante. Les oïganes sexuels^ les glandes, les nectaires , sont définis par leur usagtt V^

tNTR^ A LA BOTANIQUE. TOME I. 33 ;

§14 «hvcDOiMtt:

jpresqne autant que par lear poitlkm f en Mrté cpke b Gonsidératioa de leun fonctions acquiert «negrandeimporUnce.Il entre dansTessence des cotylédons d^ètre pea ncMnbreux, puisque ce sont les première» feuiHes^par conséquent le nombre a ici, en lui-même, plus dlmportance que pour les autres^organes. Veâlà poffrqnoi ii est ûnpossibk d'établir une hiërarcbiedes manîèfes diverses de considérer les organes, appUeaUe i tOH^ le» ûrçmm également.

Ce qui, dans un grand nombre de cas, aide à fixer le degré d'intérêt que mérite un certain poin* de vue, c'est sa liaison avec d'autres pins ou moms nombreux et importans.

Ainsi, radbérenœ dea organes strppose q[u*ils stfnt 'n)isins, de même nature, et quUts se développent simultanément : le nombre relatif se Ke à la position rcIatiTe. La couleur dépend des fonctions ehinriqties, qni dépendent elles-mêmes de l'organisation élémentaire.

K'oublions pas d'ailleurs qu'il est impossible d'énumérer et de distinguer à priori tontes les manières d'envisager les organes. Outre les points de Tue dont nous venons de parler, il y a encore le mode de formation, l'époque du développement, la simplicité ou la ramification des parties, et sans doute d'autres consîdératîoTïs plus ou moins graves, plus ou moins applicables à chaque cas particulier.

Si l'on voulait classer toiïtes les manières de voir dont nous avons parlé , il faudrait établir une sërie pour chaque organe, ou du moins pour chaque catégorie d'organes , et , n^^e alors , on serait souvent embarrassé dans les détaifl^ En cela, comme dan^ là hiérarchie des organes, les premiers degrés sont les plus £M2iles à établir. Personne, je crois, ne contestera que

TÂXOVOMIE yKGETALS. SIS

ce qu^il y a de plus important à considérer dans les organes, c'est :

i^ Leur présence ou leor absence ;

a** Dans les organes élémentaires, la forme*) et dans tous les autres organes, la position ^ saToir :

A5 relativement aux organes sur lesquels ils naissent. (Insertion.)

B9 relativement aux ofganes voisins. (Juxta-position, symétrie.)

C, rektivement aiix organes de même nature, ou^ si Von veut 9 relativement à eux-mêmes ^ comme la iymé^ trié des pétales, des cotylédons, etc.

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