‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 129 sur 130 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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TAaàS EI»TM EUX ^ ET BES MANIÈBES DIVERSES DE LES BEPBÉSENTER.

Ldfsqti'ott ft groupé les végétaux em espèces, genres, Attnilfes et dfasies , on a représenté sans doute leurs prin*

Bt8 METHODOLOGIE,

cipaux rapports , mab il en reste d'autres que Too ne doit pas négliger , parce qu'ils sont tout aussi réels.

Si vous comparez , en effet, deux groupes, que je suppose parfaitement bien établis, de telle sorte que leurs élémens constitutifs se ressemblent plus entre eux qu ils ne ressemblent à d'autres^ il y aura encore des ressemblances secondaires , plus ou moins fortes , entre ces deux groupes. .

S'ils font partie d'une même classe supérieure , la ressemblance doit être considérable et prend le nom JPaj* finité. Cest ainsi que les genres d'une même famille, les espèces d'un même genre , ont plus ou moins d'affinité entre elles. On cherche à représenter ces ressemblances en groupant les espèces par sections ou les genres par tribus \ et dans toute énumération , on a soin de placer les groupes qui ont le plus d'affinité le plus près possible les uns des autres.

Les affinités sont générales ou partielles , c'est-à-dire que deux groupes peuvent se ressembler ou dans leur ensemble , ou par quel(iues-uns de leurs élémens constitutifs. Dans ce dernier cas il y a des transitions d'un groupe à l'autre. C'est ainsi que les solanées à fruit capsulaire (nicotiana, verbascum) forment une transition aux antirrhinées, qui ont aussi des capsules^ les e pèces de phyteuma dont les fleurs sontéparses, forment un passage au genre campanula , et les espèces de cam^ panula dont les fleurs sont en tète, touchent aux pfyteuma dont les fleurs sont éparses.

Quand les rapports existent entre des groupes de classes Irès-différentes , ce sont de simples analogies. Ainsi, dans une famille de coroUiflores, ilpeut y avoir des variations analogues à celles que présente une famille de caliciflores \ par exemple , des genresà pétales libres et

TAXOIfOMIE vicÉTALE. 8)9

d'autres à pétales soudés , des genres diolques et d'autres monoïques y etc. Pour peu que l'on examine les végétaux , on remarque des analogies partielles plus ou moins fortes entre des plantes qui diffèrent beaucoup , quant aux caractères principaux sur lesquels reposent les genres , familles et classes. Les alisma ( monocotylédones) ressemblent aux renoncules (dicotylédones) •, les éï/ya^(caliciflores), aux anémones (thalamiflores) ^ les amiroria (caliciflores, composées), aux chénopodées (monochlamydées), etc.

En résumé il y a trois genres de ressemblances entre les végétaux.

I® Des ressemblances intimes, qui reposent sur les caractères les plus importans , et qui constituent les associations diverses appelées espèces , genres , familles , classes , etc.

a'* Des ressemblances moins importantes, souvent partielles, qui établissent des transitions d'un groupe à Tautre, et qui constituent les a^/zi£e5.

3° Des ressemblances encore moins importantes, qui existent entre des végétaux d'ailleurs très-différens , et qui constituent seulement des analogies.

En réfléchissant au nombre prodigieux de caractères qui se modifient et se combinent de manière à former des transitions ou des analogies entre les groupes , on ne peut nullement se représenter le règne végétal comme une série linéaire , ni comme un espace divisé en parties symétriques , mais au contraire comme un réseau infiniment compliqué, où des fils innombrables se croisent en tous sens.

Rien n'est plus naturel que de comparer les rapports des formes aux rapports matériels de l'espace \ aussi les naturalistes parlent sans cesse de passage d'un

miR. k LÀ BOTANIQUE* TOH. I. '4

IM idrioDOLOQU*

groupe À Faulre; ils disent que deux groupes sont «rotsinsj elc. On peut se les représenter oomme les corps câesteS) dont les positions relatives , les grandonn et les distances, sont si variées. H y a des groupes d'étoiles de même importance, dont les éléme&B sont très-nombreux, de même que certaines fumlles de plantes remportent sur d'autres par le nombre des «s* pèces. Quelques groupes de végétaux semblent des s|r tellites autour de groupes plus considérables | les Uis sont isolés, d'autres se réunissent aisém^it ea dâssss, comme certaines étoiles en constellations»

Mais la comparaison la plus juste est celle de Linné: c Plant» omnes utrinque affinitatem monstrani ntiler- « ritoriuminmappâgeographicà(i). »

En effet, les groupes se présentent à Tespril comme un territoire morcelé eu royaumes, provinces, diitricts de grandeur diverse, avec des limites plus ou moins tranchées» Ici, les espèces se touchent pour atesi dire , comme les villes dans quelques pays ; ailieorft, elles sont éloignées. Les districts , les provinces les plus voisines ont en général de grandes ressemblances, nonseulement de position, mais aussi de production, de population , d'antécédens historiques , etc. ^ cependant on trouve des analogies frappantes entre des localités extrêmement éloignées. Si, dans quelques groupes naturels , les affinités paraissent moins grandes que les différences, la carte d'un archipel donne Tidée de ce genre de rapports.

Quelques (2) auteurs ont essayé de rendre compte des

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(1) Toutes les plantes montrent des affinités mutuelles, comme les territoires dans une carte géographique. ( Philos, bot. ^ 40.)

(2) GiSECR , Linnaei praelect. in ord. nat. , un yoI. m-8° , 179* > Babtcb, Tabula affinit. regn. Teg., un vol in-8^ 18033 ^^9^f Aâ/Oû. ; Adr. de Juss. , Ru tac. ^ DC. , Legum, m^iaatom, ^ etc.

TAXONOMIK VEGETALE. HSl

affinités par des dessins fondés snr des comparaisons de cette nature. On l'essaie souvent sans parvenir à quelque chose de satisfaisant , à cause du nombre infini de rapports qui se croisent et de la difficulté de les représenter sur une surface plane. C'est un exercice qui oblige à fixer son attention sur les degrés d'affinité et sur leur extrême complication , mais il ne faut publier de pareils dessins qu'après un exftnen prolongé et consciencieux. Il faut surtout que les commençans soient bien persuadés que ce sont de pures comparaisons entre deux choses qui n'ont pas de connexité réelle , savoir les ressemblances des êtres naturels et l'espace. Si^ dans quelques cas , on est arrivé à des figures régulières, il n'y a aucun motif pour qu'il en soit de même dans d^ autres groupes , car il n'est pas permis de conclure de la représentation d'une chose à cette chose elle-même* Que penserait-on d'un homme qui étudierait les arbres généalogiques de quelques familles pour en inférer quelque diose relativement à d'autres familles ?

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