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DES ORGANES ÉLÉMENTAIRES EN GÉNÉRAL

Lorsqu'on examine à l'œil nu l'intérieur d'une tige , d'une feuille, ou de toute autre partie d'un Végétal , on aperçoit indistinctement des fibres ou mailles qui forment un tissu plus ou moins serré 5 mais pour se rendre compte de ce que l'on voit, il faut emprtinte^ le secd'ûfs du microscope. Au moyen de cet instrument , quî grè's- ^sît les objets jusqu'à douze ou quinze cents fob, on

(i) yojrez la planche T' et son esplicatloo.

ORGANEl ÉtÉMtlfTAIIIES. S

trouve que les régétaux se composent essentiellement de oelhiks ou cavités , fermées de tous cAlés par des cloisoni , et de vaisseaux divers , qui ont une forme beaucoup plus allongée que les cellules. Ces organes , qui se combinent entre eux et qui varient comme nous allons Texpliquer , ont été désignés en commun par Senebier sous le nom A' organes élémentaires , parce qu'ils forment les élémens ou la base des végétaux. Avant lui , Grew les nommait organes similaires , parce qu'il avait remarqué leur similitude extrême dans tous les végétaux et dans toutes les parties d'un même végétal. En effet , la grosseur de ces organes varie aussi peu que leur forme. Leurs dimensiotis ne sont point en rapport avec la grandeur relative des plantes ni des organes dans lesquels on les observe , mais plutôt avec la consistance du tissu. Dans les parties molles , comme les fruits charnus ou la tige des plantes grasses, on trouve ordinairement des organes élémentaires moins petits que dans le bois ou lès feuilles. En général , s*il n'y a pas de siiiiilitude complète , comme le nom adopté par Grew pouvait le faire supposer, il y a du moins Une ressemblance beaucoup plus grande que dans les formes extérieures des végétaux.

AKIIGLE n.

DÈà CELLULES OU DU TISSU CELLULAIRE.

Le tissu cellulaire est un assemblage de cellules accumulées en grand nombre. Il constitue la plus grande partie des végétaux , car il se trouve dans tous les otr gaues 5 et en très-grande abondance. Il y a même d* plantes , bomme les algues , les champignons , qui eti sont tinûiuenieflt composées. On conçoit d'îtt>rès cela qtie

4 OBGANOGRAPHIE.

le tissu cellulaire doit jouer un très-grand rôle dans la végétation , et il n'est pas étonnant que }es botanistes aient cherché à se rendre compte de sa nature dès que Tinvention du microscope leur a permis de scruter des objets aussi petits.

Deux opinions ou hypolhèses ont prévalu à cet égard, et ce n^est que depuis quelques années que Tune d'elles a été généralement reconnue vraie.

Quelques savans ont cru que les cellules étaient des cavilés dans un corps unique , continu dans toutes ses parties, comme le sont, dans un gâteau de cire, les cellules où les abeilles déposent leur miel. D'autres , au contraire , Ont vu des intervalles entre les cellules \ ik ont aussi vu des cellules se séparer les unes des autres , soit naturellement, soit artificiellement, en faisant ramollir le tissu cellulaire dans de Teau bouillante. Ik en ont conclu que chaque cellule est comme une petite vessie ou utncule , formée par une membrane close de toutes parts \ que par conséquent, lorsque plusieurs cellules sont pressées les unes contre les autres , les parois qui les séparent sont doubles, et non pas simples, comme elles paraissent Tétre sous de faibles grossissemens du microscope.

Les anciens anatomistes ne s'étaient pas toujours bien expliqués sur ce point. Malpighi parait avoir vu la séparation des cellules , et il les nommait à cause de cela utrîcules ou vésicules. Grew les désignait quelquefois d'une manière équivalente (en anglais, bladdersj vessies) ^ mais souvent aussi il décrivait les cellules comme des pores , ce qui s'accordait avec l'opinion contraire. ^jf)e nos jours , la plupart des observateurs , munis de microscopes plus forts que ceux de Grew et de Malpighi, ont constaté l'isolement des cellules; et ceux qui

OAGAjrZS ÏLEMEUTAIRES. B

ont soutenu le plus vivement Topinion contraire ont fini par Fabandonner ( i ).

Les intervalles irréguliers que les cellules laissent entre elles se nomment méats intercellulaires.

Les cellules les plus larges , comme celles des courges , ont un trentième de pouce de diamètre, mais leur grandeur ordinaire est un cinq centième , et il y en a qui n^ont que un millième de pouce de diamètre. .On conçoit que de petites vésicules accumulées par myriades dans les diverses parties des végétaux , et dont les parois sont plus ou moins élastique^ , plus ou moins refoulées par les liquides qui circulent dans les plantes , prennent une multitude de formes arrondies ou anguleuses, régulières ou irrégulières. Abandonnées à ellesmêmes^ comme on en a quelques exemples rares (a) , elles sont sphériques 5 soumises à une pression égale et légère de tous les côtés , comme dans les fruits charnus et les tubercules , elles prennent en général une forme polyédrique, à facettes égales , de telle façon qu^une tranche fort mince , placée sous le microscope , présente une suite de polygones (en général d'octogones) assez réguliers. Dans les parties, au contraire , qui se sont allongées par l'effet de la végétation , comme la tige ou les rameaux , les cellules participent ordinairement de cette forme allongée. Dans le bois des arbres , elles ressemblent souvent à un fuseau , d'où vient le nom de elostres , que M. Dutrochet leur a donné dans ce cas.

(1) MiRBEL , Mémoire fur le marchanUa , Nout. Ann. du mus. l, p. 93. L'auteur admet que chaque cellule a sa propre enveloppe ;1|l ÎDsUte «eulemeut fur leur juxta-position ou contiguitc ordinaire. » que personne ne conteste.

(a) Dani te polka ^ et lurtont dans les cryptogames inférieures.

6 0ft6À9O<ïMPai^

D'autres ^jaat tétraèdres ou rbomboidiates. ËUee wtA convexes là où aucune résistance ne let eom|Miiiiie ^ tandis que , quelquefois , elles sont 0ûchâs8ë6s d'une étrange manière , comme si une compression violente dans l'îa* térieur d'un organe les avait froissées les unes contre l^s autres. Ces variations de fofrmes seraient singulières si Ton regardait les cellules comme des pores dans un ensemble unique *, mais , puisque chacune d'elles est un petit gbbule pressé dp mille manières par ceux qui l'entourent , il n'y a rieil de surprenant.

La surface des cellules présente diverses ponctuations et même des raies , qui souvent ressemblent à des ouvertures au point de tromper des observateurs fort exercés.

Tantôt ce sont des bulles d'air ou d'autres gaz> produites par la végétation , qui se distinguent toujours par leur forme arrondie -, le plus souvent ce sont de petits gbbules irréguliers , de matière solide , qui se déposent isolément ou par raies sur les parois ; enBn , ii y a des glpbules encore plus petits qni flottent danslfs liquides divers que contiennent les végétaux , surtout dans les sucs laiteux , et qui n'entrent probablement dans les cellules que parce que nous sommes obligés de couper le.tbsu pour le m^tre sous le microscope.

Le tissu cellulaire de sa nature est transparent Ge qui colore les végétaux en vert, en rouge , ou de toute autre couleur, ce sont les grains solides' qui se déposent sur les parois des cellules ^ ils sont susceplibles de varier de couleur , suivant certaines actions chimiques dont nous parlerons plus tard.

Les ceflùfés ne sont jpas percées de trous par lesquels îl puisse s'établir une communication facile de l'intérieur à r^xtérieur. Les globniiss qm tapissent les paiPis 9 et

ORGAVE8 iLÙV^TAlJ^ES. f

quîeoiiveiit sgol rangés en raies régulières /elaltemaf^ les uns av(9c }es autres h 4^s distances égajes , oot (é|^ pris quelquefois pour des CH^veriurfss. Ou pe doute plfip mainleamt que ce ne soi^ ime de ces illi^sioi|s jLrop f rér qufsntesdaas les observ^tioas i]|^:roscopîques, ^t ceqi|i^ k piouvj^ y c'est qvie par cert^ips pprocéd^sçhuiiiques ic^ prétendus pores varient decouleur^ Ainsi, M. Dutrocfu^t 4^ Montré qu'en faisant bouillir du t^u cellulaire dans 4^ l'acide nkrique, les globules qui jttnblent des trous de»vteoneat opaques, et qu une solp^on diS potasse cau^ tique les rend de nouveau trsiisparens , ce qui n^saurait avcHrlieu pour une ouve|rtuf>s.

M. Turpîn nomme ces grains glopulùw , à cause de leur forme. Il pense qu ils peuvent grossir et for*mer de nouvelles cellules , ce qui expliquerait Tacr inrâsemeotdu tissucellulaire (i). Uest certain que dMs le râguUer végiétal appelé cliara^ on voit des globules emboîtés les uns dans les autres \ qi^e d^s la trufiSe f^t autres cryptogames les corps reproducteurs nommés spores sont contenus dans des cellules q^ils rompent ep grossissant | que le pojlen se développe aussi de cette iBiaui^ \ B9ais je ne connais pas d'exemple semblable dans le tissu cellulaire commun de la plupart des plantes et de.leiu^ divers organes. Si toutes les cellules naissf^t de l'intérieur d'anciennes cellules , on doit voir habîtuelfem^t des traces de la rupture des enyeloj^es, surtout lorsque le tissu cellulaire s'est alccr^ . rapidement (tî). M. Lindley remarque que certaines feuilles

(i) TuKp.|Mëm. du mus. d^hist. nat.,Tol. lLVilf,p. ii«, étante

(a) Ob voit fies traces de ce genre dans le poUen , que Ton sait

8 ORGANOGIUPHIS.

qui croissent très-vite , celles par exemple du lupinus polyphylïus , qu'il a vu grandir d'un pouce et demi par jour, s'augmentent ainsi de deux à trois mille cd* Iules par heure , ce qui suppose une cause bien plus active que le déyeloppement par rupture des anciennes cellules. Jungius a vu un champignon , le bovista gi" gantea^ croître dans une nuit de la dimension d'un point fort petit à celle d'une gourde très-grosse ; or, descellu* les plus larges que l%||ioyenneont un deux centième de pouce de diamètre; ainsi ce champignon devait contenir environ quarante-sept milliards de cellules , et il devait s'en être développé soixante-six millions par minute.

Il est donc plus naturel de supposer avec M. Kicser (i) que l'accroissement du tissu cellulaire a lieu ordinairement par l'interposition entre les cellules de globules qui grossissent plus ou moins vite , et cela semble d'autant plus probable que les m^éats intercellulaires jouent un grand rôle dans la végétation , et que c'est par eux que les liquides nourriciers chargés de globules circulent dans les végétaux. «

Laissant de coté des hypothèses , ingénieuses sans doute , et partant des faits connus , je suis porté à croire que Içs deux modes de développement du tissu cellulaire existent dans le règne végétal ; que le mode de croissance par juxta-position est celui des organ<*s delà nutrition , et que l'autre mode par cellules intérieures rompant les anciennes est particulier aux organes de la reproduction (pollen, spores) (a).

(i) Mémoire organique, p. io5.

(3) ] /opinion de M,. Kieser me paraît coniirniee par toutes les observations plus récentes , notamment par celles de M. Mirbel sur Je marchantia ( Nour. Ann, du mus., I » p. 9} ). Dans ce ■Mmoire» Tau-

ORGANEt» ELEMXIITAIRES.

DBS VAISSEAUX ET SPÉCIAI^EMEKT DES T&ACHÉIS.

§ I. Des sens donnés au terme vaisseau.

On a donné le nom général de vaisseau à des organes plus allongés que les cellules , de forme à peu près cylindrique , dépourvus à rintérl|iir de cloisons transversales , el dont les extrémités sont ordinairement trop éloignées pour être vues dans le champ borné du microscope. Ces organes ne se trouvent que dans certains végétaux , très-nombreux il est vrai , que Ton nomme à cause de cela vasculaires 5 mais dans ceux-là même ils entrent pour une portion moins considérable de l'ensemble du végétal que le tissu cellulaire. Les végétaux où Von ne trouve aucune trace de vaisseaux sont nommés , par opposition aux premiers , végétaux ceUu^ laines.

Les auteurs distinguent un grand nombre de vais^ seaux différens. M. de Candolle, parpxeknple, dans son Organographie (x) , en compte cinq espèces : les trachées , les vaisseaux annulaii'es ou rayés , les vaisseaux ponctués , les vaisseaux en chapelet , et les vaisseaux réticulaires. Mais il faut remarquer que d^autres anatomistes modernes regardent ces quatre espèces de

leur chercha à éublir an troisième système sur la fbrmatioB du tissu cellulaire , par allongement des cellules ; mais des cellules plus allongées ne sont pas de nouvelles cellules. Je ne puis conceToir une addHioa de cellules qui ne proyiemient ni de rintérieur, ni de Textéricur des anciennes.

10 OtiG^OGt^VBlZ.

vaisseaux comme de^ modifications ou des trachées, ou des cellules. M. Meyen, dans sa Phytotomie, publiée en i83o (i), ne parle que de cellules et de trachées. M. Lindléy (*i.) regarde les vaisseaux en chapelet comme des espèces de cellules , et n'admet que lés quatre autres sortes de vaisseaux , quHl divise en trachées et i^aissequx conducteurs ( en anglais ducts .).

Ainsi y Vessentiel est de bien comprendre Torganisation des trachées yj^lont personne ne nie rexi|»te|ice çosaipe organe distinct des cellules. t*es autres à>rmœ sont peut-être dérivées des trachées ou des cellules.

§ 2. — Trachées,

Les trachées pésentent l'apparence d'un tube fiwpnié par un fil roulé en spirale autour d'ua cf Ul9i|^ > qui serait ensuite enlevé. Lorsqu'on déchire \b tJ(Wli végétal dans le sens de la longueur des ir^hées ; on y^t le filet qui les compose déroulé comme un tirf>-bp4iie^iw; c'est une observation que chacun peut répéter en ff^Apant , par exemple , une feuille de rosier oh de por-^ nouiller commun. Si cette rupture est faite a?egpr^ caution , en retenant dans ses m^in^' les fr!»gB^eip6>4p ^ féuîUe , oh voit ceux-ci Ués entre eux par des fiielâ ^Mr tiquer imalpgues à des fils d'araignée. Ces fil^ soQt 4es trachées ou de$ faisceaux de Irachéeç détoulée^ ^ i)94MMit d'u0 blanc argenté, et, vus à de fofts gros6ÎfiSe|»m$ 9 paraissent bombés, surtout du côté extérieur de la spire. Il est plus exact de les comparer à des fils plus ou moins aplatis , que de les décrire comme des iames pia-

(i) jP/r^totomic von F.-J.-f . Meyes. BeiiH)» i6io, 1 tbI. m4f , en allemand.

(3) Introduction to botanjr^ i voL in-8., Ltfftd.^ ^t^^fllM^'

OBGAlftS âiBMCATAIRES. Il

teB , ainsi que le font plusieurs auteurs. M. Meyen lésa vus, sous le même microscope , plus ou moins comprimés, suivant les espèces qu'il soumettait i ctt examen ^ ce qui explique comment les auteurs qui tenaient moins compte de ces différences d'une espèce à Tautre ont vu tantôt des lames , tantôt des fils plus ou moins arrondis. Hedwig regardait ces filets comme tubuleux , c'est-à-dire vides à Tintérieur ^ mais les observateurs subséquens ont révoqué jçn doute cette assertion^et les anatomistes modernes ^,%rmés de microscopets plus parfaits que ceux du temps de Hedwig, nient complètement ce fait, et admettent que les filets spiraux sont solides. C'est en particulier Topinion de MMJBischoff et Meyen, qui , presque simultanément , mXs séparément ) ont examiné ces points difficiles d'anttomic.

On a aussi beaucoup discuté sur l'existence de membranes en dedans ou en dehors de chaque trachée, ou entre les anneaux de la spire. Hedvf ig soutenait que' les spires étaient roulées autour d'un tube membraneux cylindrique 9 mais cette opinion a été généralemeit reconnue fausse , et n'est plus débattue aujourd'hui. Cependant , plusieurs observateurs distingués ont vu une menobraue. Suivant MM. Nées d'Esenbeck, DutrQchet et Biscfaoff , elle unit les anneaux de la spir«^ tandis que Bemhardi , Tréviranus , et récemment encore MM. Meyen et Lindiey , dans des recherches longues et atten^ves , ont vu les tvachées envdoppés d'une membrane , comme si elles naissaient dans ane cell<de.

Les trachées sont ordinairement très-lonfues, en sorte qu'il est difficile de voir leurs extrétoilé& M.Kees ^ ^'^^^"^ qu'ettes se terminent en pointe , o'est-à-^ire '■ ^i^' ■

12 OaGANOGRAPHU;.

que de cylindriques elles deviennent coniques vers les extrémités , les anneaux de la spire étant de plus en plus distans et déroulés. Les observations plus récentes de divers anatomistes confirment ce fait.

Il y a des trachées composées de plusieurs filets spiraux parallèle qui s'enroulent ensemble pour former un seul tube. On en voit fréquemment de deux ou trois spires. M. de CandoUe en a compté jusqu'à sept , et M. delà Chesnaye jusqu'à vingt-deux dans les trachées du bananier (jnusaparadisiacd). Dans ce cas elles sont isolées au lieu d'être comme à l'ordinaire en faisceaux , comme si plusieurs trachées étaient confondues en une. Lestrachées ne se ramifient pas. Elles sont quelquefois coOTDées de côté ou d'autre , par exemple pour passer du tronc dans les branches d'un arbre. Elles sont souvent placées bout à bout, la pointe de l'une venant effleurer celle de l'autre. D'autres fois elles nabsent collatéralement les unes aux iiutres, dans un faisceau coroposé de plusieurs trachées.

Leur diamètre dans la partie cylindrique varie de un trois centième à un tPoi3 millième de pouce \ il est le plus souvent de un millième. Comme les filets qui les composent sont encore huit ou dix fois plus jpetits, on comprend comment leur forme et leur <>rg^nisatbn intérieure sont difficiles à observer.

Les trachées existent dans tous les organes des plantes vasculaires sans exceptions , ms^is en plus ou iûchos grande abondance. Elles forment une grande partie des nervuies de feuilles et des divers organes de la fleur. On les trouve aussi en abondance dans les enveloppes de plusieurs graines , dans les jeunes pousses, et surtout aubur de la moelle des arbres dicotylédones. Dans cette dernière position , elles durent aussi loug^tempsi

ORGANES KLÉMENTAIRIS. 15

que le bois lui-même , car on les retrouve , avec la même apparence et la même faculté de se dérouler, dans des morceaux de bois coupés depuis nombre d^années. On en trouve très-peu dans le reste du tronc et dans Técorce de ces mêmes arbres. Dans les monocotylédones elles sont plus dispersées dans toutes les parties de la tige et moins agglomérées en faisceaux. Elles sont cependant si abondantes dans le bananier, que , d'après le témoignage de M. de la Chesnaye (x) , on les prépare pour en faire une espèce d'amadou qui se vend publiquement aux Antilles. On s'en sert même pour fabriquer une sorte d'édredon ou pour filer. Chaque bananier donne cinq à six grammes de trachées.

Les racines sont une des parties de la plante où Ton en trouve le moins. Elles y sont si rares que plusieurs anatomistes ne les y ont jamais vues , et regardent l'absence ou la présence des trachées comme un des caractères qui distinguent les racines des tiges. Cependant d'autres observateurs , en particulier M. Mirbcl , en ont vu , et M. Meyen , dans sa Phytotomie , ne met plus la chose en douter II donne même des figures de trachées vues dans des racines.

Je passe aux vaisseaux^ que l'on a décrits longtemps comme d'une autre nature que les trachées , mais que des observations subséquentes , plus nombreuses et plus exactes, font regarder comme des modifications soit des trachées^ soit des cellules. «

(i) Annales da miuëamy IX , p. 296.

14 ORGANOGdPHII.

ARTICLE lY.

tOKlÊES îffTElllCÉDTÀIRCS ENTRE LES CELLXJLtS ET

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