‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 16 sur 130 · LES TRACHÉES · texte numérisé non relu

LES TRACHÉES

§ I . — i Des vaisseaux ànhutaites ou rayés.

Ces vaisseaux ont été décrits par M. Mirbel sons le nom àj^ fausses trachées^ et par M. Kieser souà celui de vaisseaujc spiraux annulaires, noms qui indiquent bien les opinions de ces auteurs sur la différence ou F identité de ces vaisseaux et des vraies trachées: M. deCandoUè les a désignés ordinairement sous les noms àt vaisseaux annulaires ou rayés , qui ont l'avantage de rappeler leur apparence, sans affirmer leur nature , plus ou moins analogue à celle des vraies trachées.

Ils se présentent sous la forme de tubes cylindriquie non ramifiés , marqués de raies régulières, transversales, parallèles entre elles, situées à des distance» égales les unes des autres dans chaque vaisseau , mais variables d'un vaisseau à Tautre. Lorsque les raies sont très-rapprochées , on peut facilement prendre ces organes pour des trachées non déroulées; mais il n'en est pas de même quand les intervalles entre 1^ raies sont égaux ou méoie plus grands que le dimnètre des vaiseaux, ainsi que cela se présente souvent. ,

Les différences essentielles entre ces vaisseaux et les trachées sont : i* qu'ils ne se déroulent pas, etnedonnent aucune trace d'élastifcité; a* que leurs raies forment des anneaux parallèles et non des pas de spire.

Quant à la nature des raies, il paraît qu'elle est la même que celle des filets spiraux qui forment Jes tra-

0BGAKÉ6 itÏMENTAIRES. lÀ

cliàâi; aiÀâi, à'àptèà ropinion de MMl Kiescr et MWtel, Sûîtie par MM. Bîschoff(i), Meyen (a) et Lindlet (3), ce sont de yéritables anneaux solides , fix^s a dèâ aistapcés variables dans un tube membraneux , (fadipàrent comme celui des tracbëes. MM. Kleser , lIÈriiel et Meyèn disent avoir vu de vraies trachées se changer à Tune des extpémités en vaisseaux annulaires. Ce cas , s'il n'est pas le résultat de quelque illusion du microscope et de la difficulté de suivre un même vaisseta dans toute sa longueur , est tout au moins fort ntCj puisque MM. Rudolphi, Dutrochet, Amici et d« Osùdolle (4) ne Tont jamais vu. U suffirait cepenéani Ifu'il ^ fut présenté quelquefois pour constater Fidtntité d'origine des deux espèces de vaisseaux.

lit èause àt cette transformation serait» d'après les fttrteurs cités , une rupture de la spire des trachées , ràpittrè qui aurait lieu, surloot dans un âge avancé, par Yttk^ tnetut^l de la crcnssance. A Tappui de cette opinion, on cite le fait que, dans l'état de jeunesse dechacpM organe ^ on trouve peu ou point de vaisseaux diffërêfis des traies trachées (5). D'un autre coté^ on ne èMiptend |pière comment la rupture des spires ayant if Uen, les fragmens se rejoindraient et se souderaient haut à knit de manière à former des anneaux. On le Miuprend d'autant moins que , d'après les recherches des auteim qui ercrieiit le pli» à ce mode de formation , les antieaul seraient intimement soudés h la membrane ^oi )w ^vdop(ie (6).

iTiTif "' friM iit; fi ■ . 'm. ■' , ; > ■■

|I9 De vêfé'VdsStiirH éplHÊutn Hmotunf élfuHetioHè , p. ti. ,3) Phjrtotomie , p. «44* r3) Introduction to bolanjr , p. a3.

)) Orisanofr. » I ^ p. 'ii.

\p) uTé , Ff^Hotonue , p. s49*

16 ORGANOORAPHIZ,

Les vaisseaux annulaires ont sensiblement le même diamètre que les trachées ; leurs dimensions varient aussi dans la même plante et d'une plante à une autre. On les trouve^ comme les tracl\ées, dans toutes les parties des végétaux vasculaires ; en particulier dans la racine et la tige. Leur dispersion dans ces organes est plus grande que celle des trachées.

§ ^. -^Vaisseaux ponctués.

M. Tréviranus désigne sous ce nom assez généralement adopté^ M. Kieser sous cAvl à^ vaisseaux spi' rauxponctués , et M. Mirbel sous celui de vaisseaux criblés ou vaisseaux du bois , certains tubes cylindriques, tachetés de points opaques, disposés en séries tantôt parallèles , tantôt légèrement obliques. Ils sont en outre marqués de raies plus pâles , lesqu^les sont ou en spirale , ou en forme d'anneau, toiyours distantes entre elles au moins de la grandeur du diamètre da tube.

La nature de ces vaisseaux n'est pas encore connue d'une manière certaine. Leurs ponctuations ne sont pas des ouvertures, comme le croyait M. Mirbel loràqu'U les nommait vaisseaux poreux^ et la preuve en est que les agens chimiques peuvent les faire changer de couleur et d'apparence (i). M. Kieser considère les vaisseaux ponctués comme formés par une trachée ou un vaisseau annulaire (trachée suivant lui) dont les spires ou anneaux sont réunis par une membrane ponctuée. Alors les raies obliques ou annulaires seraient le même organe que les filets spiraux des vraies trachées , ou les anneaux des vaisseaux annulaires.

(i) DvTKOCHETy Recherches sur la stmct. des v^C.^ \^%^, p. 1 1.

ORGANES KuhfENTAiniS. lY

Plusieurs auteurs allemands, en particuUerMIVf.Bischoff et Meyen ^ adoptent avec chaleur une opinion qui Élit également provenir ces vaisseaux des vraies trachées, mais qui diffère beaucoup de celle de M. Kiesef . 11$ regardent les ponctuations elles-mêmes (et non les raies) comme les débris des ûlets spiraux des trachées ou des anneaux des vaisseaux annulaires. M. Bischoff ne dit rien des raies , mais M. Meyen les regarde comme dea traces formées par les cellules voisine^ , car les vaisseaux sont toujours enchâssés au milieu du tissu cellulaire. M. Kieser avait déjà remarqué que ces raies de vaisseaux ponctués sont en rapport , quant à leur direction , avec lés cellule^ avoisinantes ^ qu'elles sont trans* versales là où ces cellules sont arrondies , et obliques là où elles sont allongées, ce qui conBrmerait Topinion de Mf Meyén. Ce dernier auteur, ainsi que M. Bischoff, affirme avoir vu souvent les transitions , dans un même vaisseau « de Tétat dé vaisseau annulaire à celui de vaisseau ponctué-, et il faut convenir que la disposition des ponctuations par raies parallèles , et la forme un peu allongée dans le sens transversal de chacune d'elles , donnent assez de vraisemblance à cette manière de voir.

M. de CandoUe (i) décrit ces vaisseaux comme des tubes membraneux marqués de points glanduleux. MM. Rudolphi et Link regardent ces ponctuations comme des grains amylacés ou mucilagineux , et M. Tréviranus comme de jeunes cellules deslinëes à prendre de raccroissement. Ces dernières manières de les considérer les rapprocheraient des poncluations qui s'observent communément sur les cellules.

Ea&[i, uneopinion émise parM. duPetit-Thouars(a),

I -i" r .1 IL.. ' ' " ' ~~

(i) Organ. , p. ^i* C^) ^'>i>* <1<* s^* > ^^^' ^^^ > P* ''^*

llfTA. A %Â iOTANIQCI. T. !• 3

it ORGANOGHàPlIE.

et soutenue par MM. Schultz(i), Mirbel (a) et Lindley (3), ferait considérer les vaisseaux ponctués comme une modification du tissu cellulaire. En çffet , ces auteurs, ainsi que M. Dutrochet, disent aroir tu des cloisons tiiembraneuses qui divisent transversalement les vaisseaux ponctués. M. Lin dley affirme avoir vu ces cloisons dans les gros vaisseaux ponctués qui abondent dans la tige des vignes , du chêne et du bambou (4) ; il en donne des figures d'après des dissections très-soi* gnées faites par Tun de ses élèves , M. Griiffiths (5). Déjà M. Kieser avait donné plusieurs figures des vaisseaux ponctués de chêne , ^apin , etc. , dans Fintérieur dts* quels il représente des cellules. Dès lors ces vaisseank ponctués ne seraient plus des vaisseaux , mais tout simplement des cellules cylindriques placées bout à bout^ munies sur les cotés de ponctuations plus régulières que celles que Ton observe ordinairement. M. Mirbel les nomme grandes cellules allongées ou criblées (ponctuées). Il les a observées avec soin dans le bois d*orme« Toutefois, ces grandes cellules ponctuées , qui paraissent des vaisseaux et qui se voient même à l'œU nu dans la vigne, Forme, etc., pourraient bien différer des vaisseaux ponctués beaucoup plus petits qui sont dans les racines. M. Meyen dislingue les vaisseaux du bois de chêne des vrais vaisseaux ponctués, et les rapporte au tissu cellulaire ^ mais il n'admet pas , avec

(13 Die natur der lehend, Pfl» , p. 4^6. (î) Mëm. du mus. , XVIII , p. q3.

(3) Introd. to botany,

(4) D'après M. Lîndley, ces TAÛseaux sont sî ^s dans cm pkatef qu'ails forment les cavités ou pores que T-oo voit à Toeil nu ^ «^ les coupant transversalement.

(6) L'une d'elles a ëté figurée dans Wall, plant asiat. rar. , f. jiS*

ORGANES ifLEMB^TTAIRES. ife

M, Schultz, que tous les vaisseaux ponctua soient des cellules. On trouve les vrais vaisseaux ponctués dans les couches ligneuses des tiges et des racines.

§ 3. — f^aisseaux en chapelet.

Ce font des tubes ponctués , ramifiés et légèrement rétrécis à des intervalles irréguUers. On les voit fréqueiament dans les racipes, les articulations, les nœuds, et à la naissance des branches et des feuilles.

Malpighi les a découverts le premier (i); M. Mirbel lear a donné le nom de vaisseaux en chapelet et les a décrits avec plus de soin (2). D'autres auteurs en ont parlé sous ce nom ou soas celui de corps vermiformes (t^MA vermiformia)^ à cause de leur apparence au milieu du tisstt végétal.

M. Mirbel fes considère comme composés de cdilules placées bout a bout , et M. Kieser , tout en les regardant comme des vaisseaux , les décrit comme composés ^utricules^ et donne des (jgures qui indiquent plutôt qu il y a des cloisons transversales intérieures à chaque étranglement. Néanmoins , la plupart des auteurs allemands (3) ont suivi Topinion de M. Kieser , et regardent ces tubes en chapelet comme des modifications des vrais vaisseaux ou trachées , plus ou moins resserrés d'espace en espace, et déformés par leur position dans certains organes courbés comme les articulations. Jusqu'à ce que Ton ait constaté s'il y a ou s'il n'y a pas de ckHSons transversales intérieures , on ne saura ppis

(i) Malv., Opéra , édît. in—4'*»^g- ^i* (9) MiKBiL , Ann. bot. , pi. lo, fig. i5. (5) MM. Biscboff y Ueyéh , etc.

M OR6ANOGRAPHIB.

s'il faat classer ces tubes en chapelet parmi les modifications des tissus cellulaire ou vasculaive.

§ 4* "^ ^^^ corps réticulaires,

M. Kieser (i) a le premier décrit sous le nom de vaisseaux réticulaires des tubes cylindriques dont la surface est couverte de taches oblongues , transversales, qui lui donnent l'apparence d'un réseau. Il ne les a observés que dans la balsamine et la capucine, principalement dans la racine. Il les regarde comme une modification des trachées , dans laquelle les spires se souderaient inégalement, çà et là, de manière à laisser des ' interstices de forme bizarre.

M. Meyen (a) appelle vctlsseaux spiraux réticulaires (ductus spirales rétif ormes) des corps analogues aux précédens, qu'il a observés dans diverses monoçotylédones, comme le papyrus, le lis, et dans la balsamine. Ils présentent l'apparence de cellules transparentes, couvertes d'un réseau, et qui, placées à côté ou à la suite les unes des autres, se joignent d'une manière plus ou moins intime , plus ou moins analogue à des vaisseaux ramifiés. Nous ignorons la nature réelle de ces organes, mais il nous semble, d'après les figures publiées par M. Meyen, qu'ils se rapprochent de ce que M. Lindley a désigné et décrit avec soin , deux ans plus tard , sous les noms de tissu Jihro-cellulaire , tissu cellulaire réticulé ou cellules spirales (3).

Cette dernière forme a été observée en grande abondance par M. Purkinje dans le tissu qui forme la partie

(i) Mém. organ. , p. laS , fîg. 49 et 5o.

(a) PhftoU , p. aSo , f. 11.

(3) Inlrod, to botanjr, p. 10, tom. I , f, 11 à I4« .

ORGANES KL£M£NTAin£S. f |

interne des loges d'anthères. M. Griffiths en a trouvé dans les racines aériennes des orchidées ^ M. Lindley dans le test de diverses graines , dans le parenchyme d'une feuille d'oncidiurrij etc. Il rappelle que Moldenhauer, en 1779, avait décrit celte apparence dans les feuilles de sphagnum. Ce sont des cellules arrondies , ovoïdes ou prismatiques^ dont la membrane est revêtue de filets qui, en se croisant à angles droits ou formant des arches ou des spires autour de la cellule, présentent un réseau plus ou moins compliqué. Ces filets (i) ressemblent beaucoup à ceux qui forment les trachées ^ ils paraissent cylindriques et pleins à Tintérieur. M. Lindley a trouvé à la surface de la graine du collomia linearis des filets semblables, qui se déroulent en tire-bouchon comme des trachées et qui sont plongés dans un liquide visqueux, dépourvu de cellules. Il les avait pris d'abord pour des trachées, tant la ressemblance est grande; mais il les regarde maintenant comme le même organe qui enveloppe les Cellules réticulaires.

§ 5. — ^ Considérations générales sur ces formes

intermédiaires.

On voit d'après ce qui précède combien l'anatomie végétale est encore peu avancée , malgré les efforts des botanistes et les perfectionnemens graduels du microscope. A ne considérer que les organes élémentaires en eux-mêmes et non leur système d'agrégation dans les diverses parties du végétal , il règne encore beaucoup d'incertitude sur la nature et les rapports de ces divers

(1) M. Lindley les appelle des fibres , mais je préfère un nom qui indique un organe plus petit et qui n'^entraîne pas une confusion avec Içs fibres du bois dont nous parlerons plus tard.

s iKci^^<fi:iiAximE.

jr^inii!»^ D' lu (ùUf li*a :îïiliiît»« du Taiitm U» iiiiit 111 :tiiiiiuit ih34fz hum «u]^{auûàalicui dt cpi smt ds jrrimif4 rrïs— tiiféi'nnh . oiiib ;iii ,pmiuinaiiiJinidB fiâmes 'jitiïi*?niHUuirv*i -i«fii •:aiiiiiu». Duit-^u le» coiaîiliihic tooti'& (:t)ininu dv^ dvivulumb >ju ai» ueilule^w. ciiLdH»telïiitttfâ , 111 ài! i:hm!*.in du ^'.tm iuuxurgaueoi' ïftIûLdHU Ut riinnijiYi itts ftuiij i^'ttilemtîiit iuttinniitiuBresfr^ a^tafr4- (îini i(iu iisir^iuJiiHiit (iif lu iiuliuts, du la iumuitiaiLetda rtiUt -iin*Muiu5ruiiUf. i u /uiixàtià înnhiin itiin tmflnfai ^ Li» imttni'ï» iii7;tuu» ^iiuuf^L-Hid- ùb tbnm [f^^^fa»* k viu du viv^fftui. ?nbiàimi-us du iVtnl du uaUuieràeBiiâde iTtttliûo ntittiùuint, dit \k^k ouuu dtt vaitfwoL pnaaii»^ 4lllllliailT^ lit ifjiiiu i J.flai de irochéti;' Gs dumgpnuuy :it 'h ^iiii imi. >i» 'iiiiud» *bjdtë iiei aitira,.(iH,danimiLaidiTi ^ uM jYiTH iivotx».' V.iiîù de jntTQSb cpuOttaiifr s« U*snu>îUt^ ii*^ «.ii]di'n"iU>iu> itnir luusr [inui&iift IL ont ciBi voulu dt'^-uiiT . oiiiue d'uuit^ iut iTsâaliLdanftdBS^aiw Ijuui i>inK>Mr««

i.^n 'U' u'ut ^ ^Hiipt*i*uiT do LTsnuirquisrlufiai^tt it*^ uuun.uMi'^ -i' u»!)jiili"u Hir di^Tioiiils-hifiiLal '«uudt> y\\\v ««*» t'»ir*-*uinmî*m*?i* in jiwt aatafik» An* \rs ■u\n-\*>)> d .ù*>v-nri;Ui*u nirrHS^'tïpiquiï '.èveraieiit (xnis 1^ duuu^ yfKw ' Ml V naïuu 'laiii . j( ou ttuaieni: naitxe

ORGAKES ELEMENTAIRES. f S

positions , ik se groupent et se lient entre eux de ma- DÎèrQ à former des organes difiCérens qu'il importe de distinguer.

ARtICLE V\

ÀUliJlGSMC^T DES OROÀlîES ÉLÉMISTÀIKES

A l'intérieur.

§ I. — Desjibres,

Lorsqu'on coupe une tige ou un morceau de bois , on les voit se diviser plus ou moins facilement en fibres allongées qui sont plus fermes que le reste du tissu et qui se rompent avec plus de peine qu'il n'en faut pour les séparer les unes des autres. C'est un fait si clair, que Von distingue vulgairement dans le bois une certaine direction que l'on nomme le fil du bois^ ^direction qui est celle des fibres. Dans les tiges de lin et de chanvre, on détache les fibres pour en faire des cordes et des tissus qui ont une grande solidité. Les nervures des feuilles sont aussi des espèces de fibres.

Les fibres , vues sous le microscope , sont composées de vaisseaux entremêlés et entourés de cellules allongées dans le sens des fibres. Quelquefois , il y a parmi les vaisseaux des trachées^ le plus souvent, surtout dans le bois , ce sont des vaisseaux ponctués et de ces cellules très-allongées, en fuseau, que M. Dutrochet nomme des clostres.

On conçoit d'après cet arrangement pourquoi il est plus difficile de rompre les fibres en travers que de les séparer les unes des autres ou de les subdiviser ellesmêmes dans le sens de leur longueur : dans le premier cas, il ftiut rompre un nombre de cloisons, de cellules et de vaisseaux, iMiuooup plus grand que dans le second

24 0AGlN06IlAi>ai£.

Les fibres sont entourées de tissu céllalaire qui est d*autant plus lâche, qu'il est plus éloigné du centre de chaque fibre. En laissant les plantes tremper dans i'eau, comme on le fait pour rouir le chanvre , on opère une décomposition de ce tissu cellulaire qui entoure les fibres, d'où résulte que celles-ci se séparent •plus aisément.

La ténacité des fibres dépend : i* de la nature même des membranes qui forment les cellules et les vaisseaux; 2* du nombre et de la consistance des molécules qui y sont déposées ; â*> du nombre de vaisseaux et de cellules allongées qui forment chaque fibre; 4* du degré d'allongement des cellules , qui fait que dans un même diamètre il en entre un nombre plus ou moins grand ; 5" du degré d'adhésion des cellules et des vaisseaux ^ 6" de la manière dont ces organes sont enchâssés ou juxta-posés pour former un tout plus ou moins Hé. Lorsqu'ils sont placés bout à bout, la fibre peut se diviser facilement , tandis que lorsqu'ils forment un véritable faisceau , où les pointes rentrent dans les intervalles des cellules voisines, l'ensemble ne peut plus se diviser sans rompre beaucoup de membranes.

Les fibres les plus solides que l'on connaisse sont celles àiiphormium tenax , plante fort différente du lin, qum<» que par suite de l'usage qu'on en fait elle s'appelle lin de lu Nouvelle-Zélande. M. Labillardière a trouvé ep suspendant des poids égaux à des fils de même diamètre^ que tandis qu'un fil de soie porte un poids

comme 34

Celui du phormium porte • . . . a 3 4/5

— chanvre i6 i/3

— Un , , n 3/4

— aloès pitte (agave americana). , ^ j

ORGAN£S KLSMEMTAIllES* 95

Ainsi les fibres du phormîum sont les plus tenaces parmi les substances yégétales.

La manière dont les cellules et vaisseaux qui composent les fibres sont marqués et ponctués varie d'une classe à l'autre et devient chaque jour , aux yeux des naturalistes, un point de recherche plus important,

§ 2. — Des couches.

Dans les tiges de dicotylédones, les fibres et le tissu cellulaire sont groupés en lames, lesquelles sont superposées du centre à la circonférence, comme des cylindres ou des cônes emboîtés les uns dans les autres. On se sert pour désigner chaque lame du mot couche (stratum)^ qui n'a pas besoin d autre explication.

, S .^' "" ^^^ meatç intercellulaires.

Ce sont les interstices des cellules. Leur forme est nécessairement très-variable, puisqu'elle dépend de celle des cellules et de leur degré de pression les unes contre les autres. Dans la plupart des plante?, il est très-rare que l'on aperçoive sous le microscope le moindre intervalle de ce genre , tandis que dans les espèces à tissu lâche, comme les plantes grasses, ils sonf» assez visibles. Dans la capucine. M, Kieser a vu des cellules parfaitement sphériques, qui, dans Irur juxta-position, laissaient nécessairement des espaces assez larges. Les méats

intercëllulaires sont presque toujours remplis de liquide.

§ 4« ""^ ^^^ réservoirs de sucs propres.

Les végétaux produisent dans leur tissu des sucs de nature diverse, ordinairement colorés, odorans, qui distendent les cellules et en rompent les parois de manière à former de petits réservoirs. On nomme ces li-

516 ORGANOGRAPHII.

quides sucs propres, parce qu'ils sont en e£fet propres à chaque genre et famille de plante où ib existeni; Lei cavités dans lesquelles ces sucs se déposent étaient nommées par les anciens auteurs vaissecuix propre (vasa propria) , mais les anatomîstes modernes ont éé-* montré que ce ne sont point des yaisseauii munia de pa^ rois et de ponctuations, en sorte que le nom de réser* \foirs (^receptacula) de sucs propres, proposé par M. Link, a été généralement adopté. -

U parait que la plupart des sucs propres se foraimt entre les cellules , dont ils refoulent et rompent les parois 9 d*une manière extrêmement régulière d^nirchaque espèce, même dans chaque famille. U est possijile que, dans certains cas , le suc propre se produise dans l'intérieur des cellules , mais ces différences n'ont pas encore été constatées. Ne pouvant pas donner une dilHbion d'après cette. considération importante, 09 di&tingUe dV près la forme seulement :

i"* Les résen^oirs vésiculcdres^ qui présentent Fappt-^ rence de vésiculetarrondies ou allongées dans les feuilles de plusieurs plantes. On les voit fort bien^ par trant« parence , dans les orangers , les myrtes , etc. Ils contîiairt nent des sucs huileux, volatils et aronxatiques.

2^ Les réservoirs en cœcum^ qui ont la forme de tu^ bes courts, ordinairement obtus. Ce sont les résenroirs d'huile volatile des fruits d'ombellifères.

3® Les résen^oirs tubuleux , qui sont d'une longueur indéBnie. On les voit dans le tissu des pins , du sumac, etc.

4** Les réservoirs fasciculaires^ découverts par M» Mirbel. Ce sont de petits tubes parallèles que l'on trouve dans Técorce du chanvre et dans les divers oiiga^es di| apDcinées.

OBGAMES £L£MEMTAIRES. f t

5« Les réservoirs accidentels ^ ainsi nommés par M. de CandoUe parce qu'ils varient de forme et de position , et ne paraissent pas préparés d'avance pour recevoir des sucs. On en trouve dans la moelle de certains euphorbes, dans le tissu des conifères, etc.

§ 5. *— Des lacunes ou cauités aériennes»

On remarque dans la tige de plusieurs végétaux des lacunes plus ou moins étendues, remplies d'air, qui se voient souvent sans le secours du microscope. Ainsi, la paille des graminées est creuse à l'intérieur; les tiges de plusieurs plantes aquatiques offrent des cavités analogues. Elles se forment par la désunion des organes élémentaires, produite soit par une croissance rapide dans certaines parties de la plante , soit par un défaut d'adhésion ou une adhésion inégale des diverses parois de cellules juxta-posées.

Dans les graminées et dans certaines liliacées , c'est l'accroissement très-rapide des tiges qui produit une tuplure régulière du tissu cellulaire intérieur, et par suite une longue cavité dans laquelle on retrouve souvent des .vestiges de cellules desséchées et détachées. Au cotitraire , dans les joncs et dans plusieurs autres plantes aquatiques , le tissu cellulaire est groupé en forme d'alvéoles quelquefois très-régulières, prismatiques ou cylindriques, qui donnent à tout le végétal un aspect poreux ou spoiigieux. Les membranes qui séparent ces cavités sont composées de cellules régulières , dont les interstices servent quelquefois de communication d'une cavité à l'autre.

Cette disposition du tissu n^est pas , comme darïs les graminées , l'effet d'un déchirement qui altère les eel-

f8 ouganographie.

Iules. Cest une disposition naturelle qui permet aux plantes qui en sont douées de végéter dans Teau. Elle les rend , en effet, plus légères et plus pénétrables à l'air atmosphérique. Les cavités aériennes des tiges offrent quelquefois sur leurs parois des appendices de forme très-spéciale dans chaque plante. Ce sont des cellules coniques, proéminentes , qui dans le calla sont isolées, et dans les nymphœa sont agglomérées et rayonnent de divers points.

Les feuilles offrent des cavités aériennes, moins étendues que celles des tiges dont je viens de parler, en général de forme arrondie, peu régulière. M. Ad. Brongniart les a bien étudiées dans un mémoire spécial sur les feuilles (i). D'après M. Meyen, qui en a figuré un grand nombre , elles n'existent pas dans les jeunes feuilles , mais elles se produisent peu à peu pendant la croissance par la séparation des cellules.

§ 6. — Des vaisseaux du latex»

M. Schdltz (2) a depuis quelques années attiré l'attention des botanistes sur les canaux qui contiennent le suc coloré de certaines plantes. Il les nomme vaisseaux du latex (vasa laticis)^ parce qu'il regarde leur contenu comme le suc vraiment nourricier des végétaux. Il a vu que ce qui donne la couleur laiteuse ou jaunâtre à ces sucs, c'est l'existence de petits globules qui ont un mouvement à la fois oscillatoire et de translation

(i) Adu. des se. nat., vol. XXI.

(a) ScHULTz , JN'atur der lehendigen Pfianz, — Rapp. des coinm. de rinstitut sur le mëm. de M. Schultz , dans Guillam. , ArchÎY. de bot. 0 II » p/ 490.

ORGAffCS ÉLl^MENTAIRES. M

dans un liquide aqueux. M. Schuitz désigne ce mouvement sous le nom de cy close i c'est une espèce de circulation irrëgulière , locale^ dans les vaisseaux et dans leurs nombreux embranchemens. M. Meyen remarque (i) que beaucoup d'auteurs ont parlé antérieurement de ces canaux et que tous ont différé d'opinion sur leur nature. Malgré les savantes recherches de plusieurs de nos contemporains, il est difficile de dire si ces canaux ont une membrane propre qui les enveloppe et qui en forme de vrais vaisseaux , ou si ce sont des méats intercellulaires prolongés et ramifiés. Dans cette dernière hypothèse , ce seraient des cavités analogues aux cavités aériennes, mais pleines de sucs propres. MM. Schullz et Meyen croient ferinement à l'existence d'une membrane tubulaire, cependant M. Mohl(!a), qui a donné beaucoup d'attention à l'épaisseur des parois des cellules et des vaisseaux , et qui me parait disposé à l'exagérer, représente les vaisseaux du latex comme n'ayant aucune paroi. . •

Ce qui fait pencher vers cette dernière opinion , c'est que les vaisseaux du latex n'ont encore été vus d'une manière certaine que dans les plantes à suc laiteux , coloré, comme les figuiers, les pavots, la chéUdoIne, les campanulacées, chicoracées, euphorbes, etc.; or, ces sucs , vu leur nature chimique et leur absence dans un très-grand nombre de végétaux , paraissent être des sucs propres, spéciaux à certaines plantes. Ils existent quelquefois dans la racine et non dans la tige. Dès lors, on ne peut guère supposer que ce soit l'analogue du sang des animaux, et l'on est par cela même porté à ne pas

(i) JPAjtot.,S3i4à3so.

(a) De palmar. struct , pi. Q , f« ) , t. H , fi^. i4.

M ORGAlfiMUAPHIX.

admettre sans de bonnes preuves un système spécial 9 exceptionnel, de yalsseaux (i).

§ 7.— Z)e5 articulations et des déhiscences.

Le degré de connexité ou de solidité du tîssu végétal ne dépend pas seulement de la nature des parties dont il se compose dans chaque plante ou organe , mais aussi de la manière dont ces parties sont enchâssées les unes à côté des autres. Lorsqu'on veut construire un mur très-solide, on arrange les pierres de telle sorte que les unes rentrent dans l'intervalle des autres , et Ton s^t bien que si Ton néglige cette précaution sur une ligne quelconque de l'ouvrage, un choc, ou le seul poids des matériaux pourra facilement produire une fente et une chute. On peut se représenter les organes élémentaires des végétaux comme offrant les mêmes différences dans leur arrangement intime.

A la base des feuilles et d'autres organes , il se trouve, par une cause à nous inconnue, que les cellules ou les vaisseaux sont placés bout à bout sur un même plan, au lieu d'être mutuellement enchâssés. Alors le poids de l'organe , combiné avec une altération chimique dans le tissu végétal , produit une rupture au point d'articulation.

La déhiscence est tantôt la simple désunion de deux membranes qui n'étaient que légèrement soudées, tantôt la rupture de certaines parties. Le retrait que produit la sécheresse , et l'adhésion inégale des^ divers organes élémentaires, sont les causes déterminantes de ces phénomènes.

(i) Trkvir., Ann. des se. nat. , Vill, p. aoi. — DCé , Pliyi. "ter. ; I, |)ag. a58.

ARTICLE n.

DÉ I^UllAVGtMBHT DBS 0101KB8 ÉLÉMBHTilMS

A l'bxtéribuii.

^ I*— De la cuticule au épiderme»

Là surface des Tëgétanx , surtout celle des jeunes tiges , des feuilles et des racines , est ordinairement re- Tétue d^une membrane de tissu cellulaire qui se détache facilement et que les anatomistes ont nommée épiderme ou cuticule^ par analogie avec la surftice des animaux* Les cellules qui composent cette membrane ont plus d^adfaéslon entre elles qu'arec les cellules intérieures qui sont au-dessous, et plus cette différence d'adhésion est çrande, plus la cuticule est facile à enleter, sous forme de thembrane , en déchirant le tissu avec une pointe de canif.

La fbk*me de ces cellules varie d* une- plante à Tautre et d^un organe à Tautre. Elles ne sont jamais allongées en fuseau; maïs d'ailleurs ovoïdes, arrondies, irréguliêres , tétraèdres ou polyèdres , ordinairement comprimées dans le sens de l'épaisseur de la cuticule , rarement colorées , d'une nature plus sèche et plus ferme que la pluj^rt des autres cellules , ce qui tient probablement aux variations de température et d'humidité de Pair qui les atteignent constamment. Il y a quelquefois deux ou trois couches de cellules superposées qui adhèrent fortement ensemble.

Dans les troncs âgés, qui ont beaucoup grossi et qui ont été long-temps exposés aux intempéries , la cuticule est détruite. Alors le tissu cellulaire intérieur, mis à nu, rexnpb^la cuticulç. $a sufface se dessèche^ se déchire, et tombt « tnq/muA dont la fonM varie d'ua arbre i

Tautre. On sait comment les troncs de platane se diyisent à la surface en lai|^ plaques faciles à détacher, tandis que d'antres art>res sont coQTerts d'aspéritës plus tenaces. Dans le bouleau, les difi^rentes couches de Técorce se dessèchent, dès que la croissance du tronc les fait approcher de rextérieur, en sorte qu^elles peuvent s^enlerer par lambeaux, même aTant d'être à la surface. )L de CandoUe (i), qui a le premier distingué ces deux sortes d'épidermes. appelle plus partîcuUèremeDt cuticule la membrane qui recouvre les feuilles et les or* ganes encore jeunes , et il réserve plus spécialement le nom d'épiderme à Fenveloppe des vieux troncs- La cnticule est un état naturel, originaire, des surfaces végétales ^ Tépidermc est plutôt Teffet d^une végétation prolongée. La cuticule a une organisation régulière. Elle porte des poils d'une nature spéciale & chaque plante. Elle a des ouvertures appelées stomates qui jouent un grand rôle et que nous allons décrire. L'épiderme est, au contraire, un tissu désoriganisé, vieilli, sur lequel on ne voit ni poils, ni stomates, et qui en prenant la place de la cuticule ne saurait jouer le même rôle.

L'extrémité des racines et les stigmates offrent un tissu cellulaire dépoiu*vu de cuticule. Il en est de même des feuilles de quelques plantes aquatiques.

La manière dout je viens de dtk:rirc la cuticule a été développée principalement par]\DLTréviranus(3), Amici y]3), et Ad. Brongniart (.{).

(i] Organ. . I » p. 68.

(2) f^ermischie schrist. , IV, p. 3 (1811].

(3) Ann. se. luit., II, p. 211 (i8s{}.

(4) Mém. sar la struct. des feuilles , Ann. se. aat., JJLM (i83o). Vmaienr a aMMlific ses opinions dans nn

ORGANES ELEMENTAIRES. 53

Ce deroier observateur est revenu depuis (i) à une autre opinion , émise précédemment par divers anatomistes , mais qui me parait moins probable. Cest que Ife végétal tout entier est enveloppé d'une membrane distincte , transparente , unique , aussi simple dans son organisation que les parois mêmes de chaque cellule, et cependant perforée là où se trouve chacune de ces ouvertures appelées stomates , dont il est question dans le paragraphe suivant. Je suis porté à croire que cette membrane est la cuticule ou une subdivision de la cuticule , réduite à une grande ténuité par la macération prolongée que font subir aux tissus végétaux Içs auteurs qui adoptent cette opinion. On n a jamais vu cette membrane ailleurs que dans des tissus macérés.

§a. •— Des stomates (a).

Ce qui distingue le mieux la cuticule de toute autre membrane superficielle de tissu cellulaire, c'est T^xistence de petites ouvertures ovales que Ton appelle sto^ maies. Ce nom , qui indique une ouverture en forme de bouche , a été proposé par M. Link et généralement adopté 9 parce qu'il est simple et clair. D'autres anatomistes anciens ou contemporains les nomment glandes miliaù'es ou corticales ^ pores allongés ^ évaporatoires^ xorlicaux ou de tépiderme. Ils ont été décrits avec soin par Hor. Ben. de Saussure (3), puis par MM. de

(i) Ann. des se. nat. , mars 1834. Voyez aussi le rapport fait à Tacad^mie des se. par MX. A. de Jiiss. et Aug. de St-Hil. , Ann. des se. nat. , XXX , p. ifih.

(a) rt. 1, fig.7,8, 16, 17.

(3) Opuscule sur les feuilles.

IXTR. A I^ BOTANIQI^E. TOME I. J

34 OnCANOORAPHIC.

Candolle (i), LInk (2), Rudolphi (3), Ad. Brougniart (4) et Meyen (5).

Les slomatos se Toîent rarement à Toeil nu ; sous une loupe , ils paraissent comme des petits points ; mais sons le microscope , on reconnaît qu ils ont une forme ovale, avec des bords obscurs en forme de lèvre, et que ^0l^ Terture centrale est plus ou moins béante. Ils -sont situa entre les cellules ordinaires qui composent la cuticule, et principalement sur le parencbyme des feuilles , c^est4dire entre les nervures. On en trouve aussi, çn moindbre quantité^ sur les jeunes brandies et certains organes de la fleur et du fruit; en général sur toutes les parties vertes. Il n'y en a jamais sur les racines. Leur nombre et leur situation en-dessus et en-dessous de la feuille, ou sur les deux surfaces à la fois , sont des caractères importans , qui varient d'une plante à Tautre.

Dans plusieurs monocotylédoncs , comme le lis, Tiris , les stomates sont rangés en lignes droites. Ordinairement ils sont épars. Dans plusieurs Bégonia j crassula et saxifrages , ils sont disposés en rosettes , c'est-à-dire accumulés en petits cercles distans les un» des autres , quoique chaque stomate soit toujours séparé de ses voisins.

Les surfaces munies de stomates sont en gënéral d'une couleur terne : aussi le dessous des feuilles , où il y en a plus communément que sur l'autre surface , &

(1) Mcm. lu à rinst. eu iSoi. — Bulletin pliiloni. ^ même année. — Mémoire dos savans ëtrang. , prem. toI.

(2) Adu. du mus. , XIX , pi. 17 , f. 1 1*

(3) Ânat., pi. I , etc.

(^1) Mcfm. sur la struct. des feuilles , vol. XXI, iS3o. (5) Phytotomic.

ORGANZiS ^LEBfBlfTAIRES. Ht

uTie teinte moins lustrée. M. "R. Èrown a réAiarquë que les forêts de la Nouvelle-Hollande ont une couleur grisâtre qui trent à ce qu^ les arbres qui les composent ont souvent des stomates dfcs deux côtes de leurs feuilles.

Le bord îles stomates se compose de deux cellules , à parois plus minces que celles qui composent la cuticule, rempHes de globules verts, et d'une forme ovoïde ou globuleuse qui varie d^une espèce à Fautre. Ces cefluTes sont plus ou moins enfoncées dans la cuticule , et produisent, suivant leur forme et leur degré de tension, des orifices plus ou moins larges . Nous verrons ailleurs que la lumière a une action sur ce phénomène.

En expliquant ainsi la structure des stomates , je ne dois pas dissimuler que plusieurs auteurs n'admettent pas l'ouverture de ces orifices et croient qu'ils sont clos par une membrane. Dans cette manière de voir, chaque stomate serait formé d'une cellule de l'épiderme, opaque sur les bords et transparente au milieu , ou de deux cellules opaques en forme de fève , qui, par leur jiuda-position du côté où elles sont concaves, laisseraient • voir l'épiderme transparent qui est au-dessous d'elles. MM. Nées d'Esenbeck , Link , Mirbel et Meyen sont les principaux amatomiste» qttt ont nié l'ouverture des stomates , et M. R, Brown parait adopter cette opinion (r). Néanmoins la majorité des observateurs admet l'ouverture complète des stomates. Oh peut citer en particulier MM. de CandoUe, Kieser et Rudolphi. Récemment encore M. Ad. Brongniart a démontré, ce semble , dans ses belles dissections de la feuUle , la vérité

(i) Proteae. nor. . în-8**, Londres. i83o, p. t.

de cette o[nnioa, que MM. Lindley (i) et Mokl confirment pleinement (2).

Uouverture des stomates répond à des cavités aériennes (3) qui ne sont guère plus grandes que trob ou quatre cellules , et qui se trouvent immédiatement sous la cuticule. Cest en partie à ces vidés que Ton doit de pouvoir enlever la cuticule avec tant de facilité. Elle n^adhère en effet que par quelques cellules au tissu intérieur. On a remarqué depuis long-temps que plus il y a destomates, plus Tépiderme s'enlève aisément, ce qui aurait du mettre sur la voie pour reconnaître les cavités sous-jacentes. Les stomates manquent aux algues^ lichens, champignons, mousses-, à quelques plantes vasculoires parasites, qui ne sont pas vertes, comme les cuscutes, monotropa^ et à d^autres plantes vasculaires qui vivent dans Teau , comme les potamôgeton, myriophyllum et valisneria. Encore même dans ce cas les parties de la plante qui, par hasard, sont exposées à la lumière ont quelquefois des stomates, d'après le témoignage de M. Meycn. Dans les plantes à moitié submergées, comme les nymphaea, les portions qui touchent Teau n'ont pas de stomates.

§ 3. •'^ Lenti'celles,

M. de CandoUe (4) désigne sous ce nom les petites taches ou ponctuations qui se trouvent à la surface des

(1) IntroéU to bot, , p. 36.

(ft) MoiiL> Uberdte spaltoef/tung, ëlc\, acad. nat. cur.boiin.,i833.

(3) Ad. Brokgit.» Ânn. se. nat., XXI , avec fig. et nouv. série , mars

(4) Mémoire sur le^ lenticeUes , Ana. des sclen, nat.» x6a6 « «t Orfan, » 1 » p* •4*

ORGAITES ELl&CENTAIRES. S7

branches de dicotylédones et de quelques tiges herbi^cées de plantes de cette classe. On les voit si bien sur les ëcorces encore jeunes, que les jardiniers s'en servent pour reconnaître certains arbres à l'époque où ils n'ont pas de feuilles. Guettard les appelai tg'/a/tJr^ Ze/iticulaires. Mais ce terme composé a de Tinconvénicnt , surtout à cause de la multitude d'organes qui ont été désignés sous le nom de glandes.

Les Jenticelles sont ordinairement d'une couleur plus pâle que le bois^ elles ressorlent en relief à la surface des branches et la rendent plus ou moins rude aU toucher. Leur centre est plane ou déprimé ; leur forme est d'abord ovale , puis , à mesure que la branche grossit , elles augmentent de grandeur, s'arrondissent , et enfin se changent en une raid transversale relativement à la branche. Elles se détruisent finalement avec la cuticule, et ne se reforment pas sur le faux épiderme qui recouvre les vieux troncs. Ceci est un rapport frappant avec les stomates , et je suis disposé à croire que des obser varions subséquentes montreront quelque analogie d'origine entre ces deux organes. Il faut- cependan remarquer que , d'après les observations de M. de Candolle, il n'existe pas de lenticelles sur les tiges de monocotylé' dones , qui pelivent avoir des stomates.

Le rôle physiologique des lenticelles est important , car c'est par elles que sortent les jeunes racines quand on met une branche dans de la terre humide ou de l'eau.

* S 4« "^ /)ô5 poib,

Le lîssu cellulaire superficiel offre souvent des appendices fovmés de cellule» albngëes et saillantes en

ddion de la sarfaoe; on les nomme poils (piiij villi) ^ par anaSogîe de situation et de forme générale avec les poils des animaux. Laforme . la position et la oonsis* tance des poils modifient tellement Tapparence des wrfaces Tégétales, que les botanistes ont dû mqltiplier les tenues propres à les décrire. £n définiliTe, cependant , ce sont toujours des cellules plus ou moins allongées. saillantes dans diverses directions, uniques ou agglomérées de diverses manières , variant de consistance et de couleur, ainsi que d'action physiologique.

poils sont situés ordinairement sur les surfaces des végétaux , de préférence sur les nervures des feuilles et sur les jeunes tiges. On les trouve déjà dans la première jeunesse des oiganes, en sorte que le développement ultérieiu' ne (ait que les espacer davant^e sans accroître leur nomhre. On observe la même diosedes stomates qui sont placés à Topposé des poils, sur les parties les (dus diflmntes des nervures , c*eslrà-dire sur le parencbyme des feuiUes. Les pcûb oui, malgré cette position contraire, quelque analogie d'origine et de situation avec les stomates , car ib ne se trouvent jamais sur les organes ou portions d'organes dépourvus de cuticule , comme rextréxuilé des racines et des stigmates , ainsi que les parties dt:s plantes aqualiques plnwîjfn dans Teau. On peut ajouter que les plantes cellulaires (qui n'ont pas de stomates) oflBreut peu ou point de véritables poils , que les plantes grasses oct p^ ce stomates et peu de poils « et que les surfaces s'jpérieunts des feuilles, qui ont ordiiiaîremert moins de s!':r.i!es que les ii.rJrîcuro? , or.î 2iisc>i ni:;ns de poils. D tin aa;j)^ côté, ceux-ci manquent complètement sur ïauÊtiÊÊoa glanques, c'esl4-dire reooai^iifis 4*one

ORGAMES £L£M£NTAia£S. Sf

matière pulvérulente , comme les prunes , les Quilles de chou , etc. , qui ont néanmoins des stomates. ^

On distingue plusîcm*s espèces de poils d'api^ di- Ycrses considérations , comme suit :

!• P'après leur situation :

a PcêU radicaux , situés sur .les jeunes raoines (i). U n'y en a pu •nr les racines plus âgées.

b Poils coroUinSy situés sur les corolles.

c Les cUty qui naissent sur le bord des sur&ces.

Les poils ordinaires des tiges et feuilles n^ont pas reçu de noms analogues , parce qu^il est rare qu'on ait à les comparer les uns aux autres , et que la considération des formes et des usages est, dans ce cas, plus importante que celle de la situation.

2* D'après leur forme :

a Poils jimpies , composés d^une seule ceUule.

b "Poïlê cloisonne's, formés de plusieurs cellules placées bout about» et par conséquent divisas par des cloisons transversales. Quelqfiefois les diverses céDules , au lieu d*étrc cylindriques , sont reniées au milieu , en sorte que le poil tout entier est comme ar//cu/<^oo^.étran- §^f en forme de collier (monilt/brmt).

c Poils nuueux , formés de plusieurs cellules qui divergent dan^ dies directions différentes : cVst le cas des ^i^Jburclms ou en Y des alyssum ; des poils uifurquds ou à trois bannières, partant d'un pied commun, de certains crucifères \ des poils en /uzi^fl^e^ a)» divisés dès leur base en deux Joranches égal^ 02>posées, au point de former une ligne droite posëe borizontalemcnt, comme dans Tastralagus asper \ des poils mjronmm^ ( sttUaii) formés de plusieurs cellules rayonnant du admmet p du milieu , ou presque de la base. Dons ceux en €cusson , )ea rameaux partent réellement du même point; dans ceux en disque, ils parten,t 4u niifime point , sont soudés ensemble en un disque .lu>rÔEontal aUanbé par le centre , comme dans Télseagnus.

d ftahucukfi/ôrmeë^ composés de plusieurs cellules unies entre eUes dans le sens de la longueur , de manière à former un cane unique. 'Ce sont , si Ton veut , de petits aiguillons , avec la consistance ^un peu moUe des poils.

(0 W. T , figr. i« à 17.

iO OllGAIfOG&lPBfC.

3* D'après leur consistance :

a Lef<«ôfef {tetcè) , sont des poOs amples très-raîdes.

h Les poils icaneux sont raides , desséchés et élargis em ëenBe , Mirtoat Ters la base. On en trouTe sur les pétioles de liDagèrct^ ks calices de composées , etc. \ ce sont de petites membranes de tissu cellulaire. M. de Gandolle range aussi dans cette catégorie les cherelures et les aigrettes de certaines graines » ainsi que les pofls du eoton , qui ont du rapport ayec les premiers , par la oonsistanoe et non par la forme.

Pour les autres modifications de consistance on se sert des lames ordinaires de la langue : poils mous, cotonneux , etc.

4* D'après leur durée :

Poils persistons ou poils caducs^ suiTant qu^iU durent ou ne durent pas aussi long-temps que Foi^ane sur lequel ils se trourent.

5* D'après leur rôle physiologM{ue :

a Poils Ijrnfiphatiques ^ qui ne suintent aucun liquide et ne sont liés â aucune glande.

h Poils glanduleux , qui ont des gilandes à Tuné de leurs extrémités. On les distingue en :

i"* Poils glanduliftres (glanduliftri) , qui supportent de petites glandes- De ce nombre sont : les poils à cupule {cupulati)', simples, terminés par une glande concave , comme ceux du poîs-chicbe.

Poils en tête ( capitati ) , simples » terminés par un renflement glanduleux et sphérique , comme ceux de la fraxinelle.

Poils à plusieurs têtes (pol/cephali), ramenx, chaque branche ëtant terminée par une glande , comme dans le croton penicellatam.

!• Poils excrétoires {excretoria) , qui reposent sur des glandes, et qui serrent de canal aux sucs toujours caustiques de ces glandes , de même que les dents de yipére au venin. On les nomme poils en aUne ( subulati ), lorsqu'ils sont simples et termines en pointe aigué ; poils simples excrétoires , quand ils sont simples et cylindriques , comme dans Tortie ; poib malpighiacés ( malpighiacei) , comme dans les malpighîa , c'est-à dire eu navette, et reposant sur des glandes.

Enfin « il y a dans certaines familles de plantes des poils qui ont reçu des noms spéciaux, d'après l'ensemble de divers caractères de forme , de posilion et d'usage. Tels sont les poils collecteurs {collectores) des composées et campanulacées , qui sont des poils simples ,

ORGANES ELÉMEIVTAIBES. 41

lymphatiques, situés sur le style et recueillant le pollen en frottant contre les anthères ; les poils qui forment l'aigrette ou pappus (partie dû oalice) des composées \ ceux qui bordent les urnes des mousses , etc.

Page 1