CHAPITRE PREMIER
J>E JJk T1G£ DES VÉGÉTAUX PHANÉROGAMES.
ARTICLE PREMIER
DE LA TIGE EN' GÉJÎÉr.AL.
On nomme tige (caulis) daps les végétawi^ phanérog$imes cette partie qui porte les racines par en bas et sur laquelle naissent les feuilles. M. Desvaux en a donné une définition analogue, aussi exacte que succincte, en disant : La tige est le corps intermédiaire entre les racines et les feuilles. ^
Cet organe , qui lie tous les autres , est composé de fibres disposées en faisceaux ou en couches et entourées diversement de tissu cellulaire. Il existe dans toutes les plantes vasculaires sous une forme plus ou moins facile à reconnaître.
Le point o,ù la tige vient s'unir à la racine se nomme le cfMet{cçllumy^ M. de Lamarck l'appelait nœud viial^ ]ffm is^àingm 9Uf ç est ua i^drqijL gui joue jma ff:^d
44 OftGJiirOGBAPHIE.
râle dans la végétation , et où les fibres changent de propriétés.
Le collet n*est pas un organe ; c^est le point où se joignent deux organes. Il est plus aisé de distinguer ceuxci par leurs effets physiologiques et leur apparence extérieure que par leur organisation interne, car les fibres passent de Tuii à l'autre sans modification , ni désunion , apj)arcntcs.
La lige est dite herbacée lorsqu'elle a une consistance molle 9 comme une herbe ; ligneuse lorsqu'elle contient un bois plus ou moins dur; elle est simple (stmplea:) ou rameuse (jamosus)^ selon qu'elle est ou n'est pas divisée en branches ou rameaux. Souvent elle est simple dans la partie inférieure et rameuse vers le haut. C'est ce que l'on voit dans les arbres, où Ton distingue ordinairement le tronc (truncus) et les tranches (ramï).
On n'a pas besoin d'études préalables pour savoir ce que c'est que la tige de la plupart des plantes ; mais dans quelques cas, elle échappe à une observation peu approfondie, et il semble que la plante n'en ait pas. Ainsi , dans le carlila acaulis , Vdstralagus monspessulanus et quelques autres espèces, les feuilles semblent naître de la racine. On dit alors communément, et même dans les descriptions botaniques , que la plante est sans tige (acaulis) ou presque sans lige (subacaulis) ; tandis que l'on dit des plantes ordinaires qu'elles sont munies d'une tige (caulescentes). Mais ces termes ne doivent être pris que pour des images , car dans la réalité il y a toujours un espace intermédiaire entre les racines et les feuilles, par conséquent une tige. Lors même que cet organe , extrêmement court , se trouve caché sous terre comme une racine, ce n'en est pas moins une tige. Dans ce cas , on le désigne sous lé nom
ORGAMES FONDAMENTAUX. 45
de rhizoma^ comme pour dire corps analogue à une racine. On en a des exemples dans les arum et les fougères d'Europe , les nympliœa, les iiis , etc. ^
Dans ces diverses planles , la tige est habituellement sous terre ; mais il existe sur les pentes rapides dés Alpes une espèce de saule dont la tige , ligneuse et rampante , est facilement recouverte par les terrains que la pluie fait ébouler. On i^ voit alors que l'extrémité des rameaux , qui est molle et verte , d'où vient le nom de s£iule herbacé ^ donné à cette espèce. Si Ton sort de terre les rameaux , on les trouve d'une longueur extraordinaire et d'une consistance toute ligneuse. C'est un exemple frappant d'une tige devenue souterraine , mais ce n'est ici qu'un accident , car lorsque le saule herbacé croit dans une localité où la terre n'est pas continuellement entassée au-dessus de lui , il a une tige qui rampe seulement à la surface du sol.
Dans les oignons de tulipe, de jacinthe ou autres (i), la tige est au centre de cette multitude de feuilles en forme d'écaillés qui constituent la plus grande partie de Toignon. Ce corps intermédiaire , sur lequel naissent les racines et les écailles , commence par être fréquemment globuleux et aplati en dessus , d'où lui vient le nom deplateauj puis il est cylindrique ; enfin il s'allonge , et porte au sommet les, organes floraux , qui ne sont que des modifications des feuilles , comme nous le verrons plus tard.
Quelquefois les tiges souterraines sont chargées ça et là de tubercules irréguliers , comme dans la pomme de terre, ou se renflent à leur centre en un seul tubercule, comme dans le cyclamen europœum.
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(i) PL 1 » fif. S.
^6 ORGANOGRAPHIE.
Alors il est plus difficile de reconnaître ce qui est tîge de ce qui appartient aux racines. Lorsque là position des feuilles ne Tiadique pas suffisamment, on a recotifft à des caractères accessoires , et en particulier à Feffet de la lumière sur ces corps. Les racines ne changent pas de couleur, tandis que les tiges prennent une teinte verte lorsqu'elles sont exposées quelque temps à 1a lumière. C'est ce que l'on voit.ttès-bien dans les pômftiei de terre , par exemple. L'humidité a souvent un àufre effet sur les tiges •, c'est de faire naître des bourgeras qui deviennent des rameaux charges de feuilles, tàndîs que lès racines , dans de pareilles circonstances , éirieftent de nouvelles fibres radicales.
Les tiges qui s'élèvent au-dessus de terre sont Beaucoup plus communes que celles dojit je viens de parler. Au surplus , ces différences de situation ne sont pas aussi importantes qu'on pourrait le croire, caf on voït souvent des plantes de la même famille , dont l'organisation est sensiblement la même , et qui ont des figes tantôt fort élevées , tantôt fort petites et même souterraines. Le yucca ^ le lis et les aulx, qui appartiennent tous à la famille des liliacées , en sont des exemples frappâhs.
Toutes les tiges ont une tendance à s'élever vertiicrflement , surtout dans leur jeunesse. Aussi la plupaîrt sont droites (reclus^ erectus) ou ascendantes (adscen" dens) , c'est-à-dire un peu inclinées à la base, puis relevées et droites dans la plus grande partie de leur longueur. Dans ce dernier cas, la direction inclinée de là base tient à ce que , dans l'origine , la plante était trop molle pour se soutenir. Quelquefois cet état de mollesse dure pendant toute* hr vie de h plante , otr bîeû les branches inférieures divergent beaucoup delà tige prin-
OECAKEI rONDAmifTArX. 4f
clpate, qui reste assez courte ; alors la ti{;e ou les rameaux sont couchés (prostrati). Lorsque dans celte position il se dëTéloppe aux aisseRes des feuilles des rasiiies qui fixent encore plus la plante au sol , on dit que la tige est rampante {repens).
Les figes qui manquent de force pour se soutenir s^appuient souvent sur des plantes plus robustes , ou sur tout autre soutien qui se trouve autour déciles.
Cest ce qui arrive aux plantes grimpantes {scaU" dénies)^ comme le lierre, la vigne, les pois, etc. Dans cette position elles sont quelquefois voluhles (volubiles) , c'est-à-dire qu'elles s'enroulent en spirale autour de leur soutien. Il est à remarquer que chaque esptîce s^enrou^ de droite à gauche, ou de gauche à droite, dî'une manière constante pour chaque espèce. Le houï>lon , les liserons , les cuscutes , en sont des exemples. Lorsque les plantes grimpantes sont faibles , elles nuisent peu à celles qu'elles entourent ^ mais il y a des espèces qui grossissent et deviennent de vprilables arbres enroulés autour de leurs voisins -, elles les accablent de letfr poids , et les enlacent d'une telle façon qu'elles les étouffent en arrêtant leur développement ; aussi les appelle-t-on vulgairement bourreaux des arbres. Le ^viVterîafrutescéns en est un exemple , et les vieux lierres agissent un peu de la sorte. Quand ces plantes se projettent seulement sur les autres , sans les étrcindrc fortement , eÏÏes forment ce que les voyageurs qui décrivent les foréfs des pays chauds appellent des lianes. Le clemaiîs rntalbd , si commun dans nos haies , présente souvent cette apparence lorsqu'il est abandonné à luimême.
Les jeunes tiges et les portions nouvelles des vieilles iifgeB sont toijoui^ herbacées. Plus tard , si elles conti-
48 ORGAMOGIULPHIE.
nuent à vivre, elles prennent une consistance ligneuse.
Beaucoup de plantes meurent dans la première ou la seconde année , d'où leur viennent les noms de plantes annuelles (annuœ') ou bisannuelles (biennes). Ou Iqs a aussi nommées plus exactement plantes monocarpieu" nesy parce qu'elles meurent quand elles ont donné* une fois des graines. Il arrive même , si quelque drcoqstance les empêche de porter fruits qu elles durent plusieurs années. Par opposition, les espèces quiviivent long-temps, et qui donnent des graines indéfiniment d'année en année, sont dites polycarpiennesqn/vwaces (perennes).
Parmi les plantes à tiges entièrement vivaces, on distingue : i^ celles à tiges charnues {succulentx) ^ dont la consistance est épaisse, aqueuse, et qui sAt longtemps recouvertes d'une cuticule verte munie de quelques stomates éloignés. C'est le cas des plantes grasses , telles que les cierges (cactus) , stapelia , etc.
a® Les sous-arbrisseaux ( suffrutices) , qui sont un peu ligneux, mais ne dépassent pas la moitié de la hauteur d'un homme; exemple : le millepertuis (A^^ricum) \
3® Les arbrisseaux ou aibustes (frutices)^ qui sont ligneux et dépassent à peine la hauteur d'un homme, comme le lilas ;
4** Les aiires (arbores), qui dépassent sensiblement la hauteur d'un homme, se divisent en branches à la partie supérieure , mais dont la base , graduellement dénudée , forme un tronc. On distingue souvent dans les. descriptions les petits arbres (arbusculœ) , comme le pommier, des véritables arbres , tels que le chêne bu l'orme.
Les feuilles naissent le long de la tige dans uiie pbsi-
ORGANES PONDAMEKTAUTÎ. 49
tion régulière que nous examinerons plus loin , et les rameaux ou branches se développent ordinairement à leur aisselle. On dit alors que ce sont des rameaux axillaites (ramî axillares). Plus rarement ils sont situés au-dessus, à côté ou en face des feuilles (supra^axillares, extra- axillares , opposùijhlii) ^ par suite de certaines déviations de Tétat ordinaire.
Les rameaux divergent plus ou moins de la tige principale ) et se ramifient eux-mêmes le plus souvent d'une manière analogue. Lorsqu'ils sont dressés , Tensemble de la plante est une sorte de pyramide. Ainsi le piuplier commun est un ?Lrhre pyramidal (pyramidalis^ fastigiaius). Lorsque les angles des branches sont à peu près droits , on dit que les rameaux sont dwergens {dii^ancati) ; à un degré d'ouverture un peu plus grand , ils sont étalés (patentes); enfin, ils sont quelquefois, mais rarement, rebroussés (retroyersi) vers la terre, ce dont on a des exemples dans certaines variétés de fipêne et de gincko. Vulgairement on dit dans ce dernier cas que les rameaux sont pendans (penduli) , mais ce terme doit être réservé pour les rameaux dû saule pleureur, par exemple , qui naissent dressés , et qui , par l'éflfêt de leur poids et de leur grande mollesse, retombent à partir d'une certaine distance de leur origine. Le frêne improprement nommé pleureur a , au contraire , des rameaux dirigés vers la terre dès leur origine, même avec une certaine rigidité.
L-ensemble des rameaux constitue la cime (cjma) , dont la forme varie d'une espèce à l'autre selon la longueur relative des rameaux inférieurs , moyens ou supérieurs. Les branches sont toujours parallèles au sol , même lorsque celui-ci est incliné.
11 y a des tiges qui présentent d'espace en espace des nœuds (iio^î)>, c'«8t-à-^tre des points où le tissu est plus
M lyRGAirÔGRAPRtK.
nos forêts en font partie. Leurs tiges offrent , d^unô manière plus claire que les autres , un arrangement régulier de certains organes. Tels sont les motifs pour lesquels il convient de commencer par elles Texamen successif de la structure des diverses tiges.
On distingue dans la tige des exogènes quatre parties : la moelle ^ au centre ; le corps ligneux, autour de la moelle*, Vécorce, qui enveloppe le tout; et lès rayons médullaires^ qui coupent horizontalement le corps ligneux et l'écorce. •
§ 2. — Moelle.
On trouve au centre de la tige des exogènes un canal cylindrique ou plus souvent prismatique, le canal mé^ dullaire .{canalis medullans), qui est rempli, surtout dans Iqs premières années^ d'un tissu cellulaire arrondi, la moelle (i).
Les cellules qui composent cet organe sont plus grandes et plus blanches que la plupart des autres cellules ; elles sont très-homogèues dans toutes les espèces et dans toute la longueur de la moelle. Cependant , plusieurs arbres à feuilles opposées , comme le frêne et' le marronnier, ofiPrenty aux points qui correspondent à la naissance des feuilles , une moelle tellement compacte, que plusieurs auteurs Font prise pour du bois ^ et ont dit que le canal médullaire y est interrompu. Dans le plus grand nombre des piaules , la ijioelle continue d'une extrémité à l'autre , soit dans la tige , soit dans chacune des branches.
La première année , la moelle est humide et ofifirc une teinte légèrement verte, qui montre que cet organe
joue alors un certain rôle dans la transmission des sucs.
(i) Pl. 3, fiç. I , m.
Plus tard les cellules sont vides, desséchées, d'une blancheur remarquahle. Enfin elles se séparent diversement par suite de raccrotssement de la branche ou du tronc, en sorte que la moelle un peu ancienne est presque toujours rompue. Un accroissement rapide en lon^ gueur la coupe sous forme de petits disques transvcr* saux, tandis que Télargissement de la tige la déchire dans le sens longitudinal. Quelquefob cependant les cellules se prêtent aux forces qui les tirent diversement et s'agrandissent au lieu de se désunir.
La grandeur de la moelle et de ses cellules varie beaucoup. Dans le sureau , le chardon et presque toutes les herbes comparées aux arbres , le canal médullaire est très-large^ il atteint même le diamètre de six à dix lignes, et dans la férule commune , il a jusqu'à dix-huit lignes. Dans la plupart des arbres, il n*a qu'une ligne ou deux de largeur; Il grossit pendant la première année. Plus tard il ne diminue pas , quoi qu'en disent certains auteurs , mais il reste au même point y et comme les bois durs, qui deviennent les plus vieux, ont eu dès l'origine très-peu de moelle, et que celle-ci jaunit et se dénature à la suite d'une grande vétusté, il arrive souvent que Ton a de la peine à reconnaître le canal médullaire de très-vieux troncs.
Le tissu cellulaire qui constitue la moelle est entouré comme d'un étui formé de fibres. Hedwig appelait ces fibres vasafibrosa , M. de Candolle les désigne sous le nom à^ fibres médullaires (fibrœ medullai^s ). Dans quelques plantes, ces fibres, au lieu d'être rangées en un cercle extérieur , sont éparse^ dans toute la moelle. M, de Candolle l'a observé dans la férule (i), sorte
(l) Organograf^ie , I » p. 1649 pi. 3 » f. 3.
!U ORGIHOGIUPHIB.
d'ombeUifère assez commun en Europe, M. Mirfcel
la beîle-de-nuit , et M. Lîndley (i) a tu dans k moelte
du nepenthes une grande quantité de trachées.
Indépendamment de ces fibres il y Si une couche IW» gneuse qui entoure immédiatement !a moelle; c*«t fétuî médullaire (vagi'na medullaris), HtH a le piremier parlé de cet organe, qu'il nommait corona, et auquel il attribuait une grande importance. Dès lors plusieurs auteurs ont remarqué que cet étui médnRaîre conserve long-temps une teinte verte qui annoncede ht vie et contient beaucoup de trachées qui peuvent se dérouler, même lorsqu'on les prend sur de vîéta lÉio^-* ceaux de bois.
S 3. -— Corps UgnmtJt' (a).
Autour de la moelle , il existe dès fa» ptèmièfe a«v^ une envebppe solide , doiUt la partie iaitévieUr^ oflFre, comme neus Tavons dit ci-^iessie , beaucoup de trackées, tandis que la partie extérieure n^est composée que de fibres ligneuses. Ensuite, si la plante dure plus d'uiMi année , il se ferme extérieitreme»t de BOuveUes fihrei Kgneuses ^ mais eelles-ei fte sont point entremêlées de trachées; elles ne se composent que de tissu ceUiriaict allongé, et de vaisseaux ponctuée ou rayés, qui, d'après ce (fuenotts avons vu , paraissent être de» modifiGalioBS ou des trachées , ou des cellules*
L'ensemble de cette- formation ligneuse , ittèenné* diiire entre Técorce et la moelle , constitue ce qu^'en appelle commttnénfjefrt le bois des arbres , ef ce que les
(i) Introd. to botanjr ^ p. 6ii«t^ (3) PI. 2, iig. X , a et ^.
ORGANES FONDISIENTÀUX. ÏH
auteurs nomment corps ligneux (corpus Hgneunu), la portion ligneuse (portio lignea)^ ou hs cotêches fiU gneuses (sirata^ involucra lignea).
Ils réservent le terme de bois (lignum) ou boispap' fait pour ht partie chi corps ligneux la plus dure ^ la plus ancienne , et ordînaîrement la pîas colorée , qui se troure au centre. On la nomme vulgairement le cofiir du bois , et M. Dutrochet la désigne sous le nom latin duramené C'est la partie solide , dont on fait usage dans tes constructions. Au contraire, la partie extérieure, qui se nomme aubier ( albumum)^ à cause de sa teinte plus ou moins blanche , est moins solide , moins durable que le bois parfait. C'est la partie du tronc des arbres que l'on rejette , lorsqu'on équarrît les poutres.
La cause de ces diflférences est que les fibres ligneuses une fois formées ne grossissent plus, mais acquièrent, à fnesure qu'elles vieillissent, plus de solidité, probablement à cause des concrétions déposées dans leur tissu parles sucs divers qui s'y forment ou qui le traversent. M. Dutrochet a remarqué en effet que les portions les phis dures et les plus colorées du bois perdent leur teinte et leur dureté par une immersion dans lacide nitrique , lequel ne détruit cependant pas les parois mêmes des cellules. Dans les arbres qui croissent vite et qui ont un tissu peu ferme , comme le peuplier, le saule, le tiHeul, il y a peu de différences entre le bois et Taubier, tandis que dans les espèces qui croissent lentement et qui ont une consistance dure , le bois parfait offre communément une teinte foncée et une dureté extraordinaire. Ainsi l'ébène, dont on fait usage à cause de sa noirceur et de sa dureté , est un bois entouré d'un aubier blanc. Les bois de teinture, comme le bois de Campéche, le bois de Femanbouc, offrent aussi une bien
5^ OIIGANOGRAPUi£.
plus graude quantité de maliërc colorante dans le bois parfait que dans Taubier.
Quelle que soit la différence qui existe entre ces deux parties, il faut observer que Taubier et le bois SQnt partout semblables à eux-mêmes y dans chaque tronc, en sorte que Von ne voit jamais un bpLs parfait, très-dur et coloré vers le centre , se rapprocher siat les bords de la nature de Taubier, par des transitions in*sensibles. Presque toujoui^ il y a une démarcation circulaire tranchée entre le bois et Faubier. On peut en conclure que le dépôt des matières solides s'arrête brusquement à une certaine époque de Texistence de chaque portion du corps ligneux , époque détermiDée par la structure intime de chaque espèce, peut-être par suite de Tobstruction des canaux nécessaires à la formation et au transport de ces matières solidi6antes.
Dans la plupart des exogènes , les fibres ligneuses se forment concentriquemcnt en couches plu3 ou moins distinctes. Ces couches , vues sur la coupe transversale d'une branche ou d'un tronc de chône, de sapin, ou de tout autre arbre de nos forets , présentent l'apparence de raies coucen triques. On sait par expéricfice que chacune de ces raies ou couches est le produit de la végétation d'une année ^ ainsi lorsqu'on abat un arl?re de vingt ans , on trouve sur la section horizontale vingt raies , qui représentent vingt couches emboîtées les unes dans les autres , et il en est de même pour une branche qui serait âgée de vingt ans.
Comme ces couches se superposent successivement chaque année, et que Tarbre ou la branche croissent par raddilion de nouveaux bourgeons et de nouveaux rameaux vers la partie supérieure, on peut dire que les couches ligneuses forment des cônes allongés, dont le sommet esta
ORGA?iE5 FONDAMENTAL 1. 51
rextrëmîlé fie la branche ou du tronc central que Ton considère. La base de ces cônes se prolonge dans le tronc jus* qu^au collet delà plante, où se trouve par consc^quent le maximum d'épaisseur. Mais pour une branche en particulier, les couches sont forcées de s'arrêter chaque année à Tendroit où la branche vient sHm planter dans le tronc, car le tissu de celui-ci est un obstacle ; or, comme le tronc grossit chaque année , il arrive aussi que les couche» annuelles, des branches sont arrêtées chaque année un peu plus loin de Torigine de la branche. U résulte de là qu une branche a la forme de deux cônes appliqués par leur base, ou, si l'on veut, d'un fuseau allongé. L'une des extrémités forme une pointe dans i'intérieur du tronc , et l'autre se prolonge extérieurement. Lorsque la branche, par une cause qucltonque, cesse de se développer, elle est recouverte peu à peu par les couches annuelles du tronc qui lui a donné naissance. Il se forme ainsi à rint('*ricur un tronçon transversal qui sVndurcit par la vétusté et par la pression, du bois qui Fenloure. Ces restes de branches forment les nœuds du bois.
Le fait que le corps ligneux des exogènes se compose de couches annuelles est si bien connu , que l'on s'en sert ordinairement pour calculer l'âge des arbres. Chaque raie sur une coupe horizontale représente une année d'existence , et les exceptions à cette loi sont fort rares. Hill a déilfbntré le premier que, dans quelques cas, on trouve deux couches pour une année , et Adanson a remarqué que des ormes âgés de cent ans , abattus à Paris, aux Champs-FLlysées, ont oâert de quatrevi^gt-quatorze à cent couches. Mais ces exceptions n'infirment pas la règle. On peut croire que dans le premier cas, U végétftlion a été plus active au oommenciement
88 OAGAirOGAâPBn.
et à la fin d^ane saison que dans le mHiea , d^oè est ré« suite une espèce d'arrêt dans la formation de la e&wAn: Quant aux arbres d'une plantation , il est rare que To^ sache très-exactement leur âge, pmsqnHk 9ont tirés de péj3inières où ils passent leurs premières années , êxnà que l'on puisse en tenir compte lorsqu'on les esEamine après un siècle. D'ailleurs, la transplantation produit un arrêt dans le développement et rend les-couclies de quelques années tellement étroites y que l'en peut feotte* ment les omettre. Dans le calcul Fait sur des arbre» de forêts, on se trompe bien rarement si Ton coiUpte une couche par année.
I^orsque le gel, un choc ou tout autre accident, pfe* dùit une marque ou un trou à la surface de Faubieri les couches qui se forment dans les années suivante» recouvrent celle qui a été lésée et conservent k trace ée raccident d'une manière très-remarquable. C'est BÎtnA que l'on trouve quelquefois dansi de vieux trônes , en noisettes , des instrumens de fer ou autres ofajetd qui ont été apportés dans une cavité autrefois accessiMe, par l'homme ou par des animaux. Maintes fois de» voyah geurs ont inscrit leurs noms et ht date de Iciir arrivée sùrleboisde vieux arbres, et l'on a retrouvé ces marques encore lisibles des années et même des siècles phw tard, au milieu de couches déjà fort anciennes. M. de Candolle possède un fragment de genévrier qn^fi eoMpà en 1800, dans la forêt de Fontainebleau, à cause de h forme singulière qu'avait prise cet arbre par suite d'tme position resserrée entre deux rochers. Le hasatrrf vouhtt que ce même pied eût été gelé à utre époque fort ai^ cienne-, il n'avait pas péri, mais il en portait dés tracés sur certaines couches intérieures du bois. En comptant le nombre de couches sufierposéës depilis celfes cfui
ORGAlfES FOUDAHBNTAUX. 5^
avaient soulKeii , il s'est trouvé que raccident remontait au célèbre hiver de 1709. Ainsi, ce morceau de bois, d'un coté confirme la théorie sur la formation annuelle des couches, et de Tautrc, pour ceui qui admettent cette théorie, constate le fait historique que l'année 1709 a été plus froîde que toutes ceHcs qui l'ont suivie jusqu'en 1800 el que plusieurs de celles qui l'avaient précédée.
L'épaisseur des couches varie : i® selon l'espèce que l'on considère 5 a® selon le terrain plus ou moins favorable dans lequel l'arbre s'est développé; 3o selon l'âge de la couche que Ton examine; 4* ^nfin, selon les intempéries annuelles. •
Les arbres qui grossissent lentement ont le bois dur et des couches annuelles très-petites. On comprend que lorsque la croissance est très- rapide , les sucs n'ont pas le temps de déposer les substances propres à solidifier le trssu végétal.
Le sol favorise plus ou moinâ le développement des racines et influe sur celui du tronc et des branches. On a remarqué qu'une grosse racine répond à chacune des branches principales d'un arbre. Ces deux organes ont des relations directes de grandeur et de position. Si le terrain est plus favorable à la végétation d'un côté de l'arbre que de l'autre , les racines se développent inégalement, et il y aura un côté de l'arbre mieux nourri que Fautre , dans lequel les branches seront plus fortes et les couches annuelles plus épaisses. C'est à cause de cela que la èioelle ne se trouve pas toujours au centre du tronc 5 elle finit même par être tout-à-fait excentrique si les couches ligneuses sont extrêmement inégales.
L'âge de l'arbre a une influence. (Siaque espèce croît assez rapidement pendant les premières années , puis les coucher, à mesure qtfélles deviennent phis loûguesi
» ORGANES FONDAMENTAUX. 6i
«#e quelque mois , n'est pas îdcnlique avec celui qui Ta nirécédé et ne se lie pas avec lui au point de se confondre. ^On explique d'une manière analogue la circonstance i^^une couche annuelle parait quelquefois composée v:ie deux couches*, ce serait Tcffet d'une interruption de jTégétatiôn pendant l'été.
ai Plusieurs arbres offrent dans la portion intérieure, j. c'est-à-dire la plus récente de chaque couche, une par- . tte composée de tissu cellulaire arrondi , analogue à la ^moelle. M. de CandoUe (i) remarque que dans le rhus ^Êyphimirriy où la moelle est colorée, la partie cellulaire ^ intérieure de chaque couche est colorée de la même g Iflanière. Ce tissu cellulaire lie faiblement les couches f entre elles', en sorte qu'il n'y a pas d'intervalle visible, I mais que cependant les couches peuvent se séparer sans f {yetiie par l'effet de la macération, j M. Dutrochet dit que chaque couche ligneuse est ^ formée comme la première , c'est-à-dire d'une moelle ji entourée de fibres ligneuses. H faut remarquer néang moins que la première couche est la seule qui offre des \ trachées, et que, dans bien des cas, on ne peut pas distinguer cette partie cellulaire des autres couches. Ainsi, iians l'anatomie du bois de l'orme donnée par M. M irbel (îà) , on toit au contraire que les couches commencent par les cellules les plus différentes de celles de la moçUe, savoir, par de grosses cellules ponctuées et allpn* gées en tubes (vaisseaux ponctués de quelques auteurs). On voit aussi que ces cellules deviennent de plus en ' plus étroites vers l'extérieur de chaque couche , d'où
(i) Organ. , I> p. 173 et 179.
(a) lléin. du mus. , XYI » p. 9 } pi. t .
êO QRCANOGISAPUIE.
sont moin^ épaisses. Au-delà de vingt ou trente ans, les arbres de nos forets grossissent pcu^ ce qui fait qu^ily a de Tavantage, sous le point de vue économique , à les couper à cet âge. Un chcne , par exemple, âgé de plus de soixante ans, ne grossit guère que d'une ligne .par an , c/ est-à-dire que les couches annuelles n^ont plus que demi-ligne d'épaisseur, taudis que jusqu'à vingt ans il grossit ordinairement de quatre à six lignes, chaque couche ayant deux lignes au moins.
Les premières couches sont aussi beaucoup plus inégales entre elles que celles qui se forment à un âge avancé -, c'est ce dont il est aisé (le se convaincre en observant la coupe transversale d'un vieux, arbre. Cela tient saps doule à ce que dans la jeunesse , les racines étant moins nombreuses , ainsi que les rameaux , une mauvaise qualité du sol et les intempéries ont beaucoup d'influence sur la vigueur de la plante , tandis que plus tard, lorsque les racines se répandent au loin de tous côtés, elles trouvent toujours en qualité et quantité à peu près semblable ce qui convient à la végétation.
Enfin, les variations de température, d'humidité et de toutes les autres circonstances extérieures, influent sur l'épaisseur des couches ligneuses.
Il est même probable que la formation des couches, c'est-à-dire la disposition des fibres ligneuses en couches distinctes , vient de la manière inégale dont les plantes végètent pendant la durée de l'année. Le froid de l'hiver suspend la végétation , de même que la grande sécheresse dans les pays chauds. Nous voyons que dans les serres, où la température et l'humidité varient peu, la végétation est p}us rapide pour chaque plante à une certaine époque de l'année. Or, il est naturel de penser que le tissu végétal qui se forme après une interruptiop
ORGANËà FONDAMENTAUX. ti
de quelque moîs , n'est pas identique avec œluî qui Ta précédé et ne se lie pas avec lui au point de se confondre. On explique d'une manière analogue la circonstance qu'une couche annuelle parait quelquefois composée de deux couches^ ce serait l'effet d'une interruption de végétation pendant l'été.
Plusieurs arbres offrent dans la portion intérieure, c'est-à-dire la plus récente de chaque couche, une partie ecrmposée de tissu cellulaire arrondi , analogue à la moelle. M. de Candolle (i) remarque que dans le rhus tjrphinumj où la moelle est colorée, la partie cellulaire intérieure de chaque couche est colorée de la même manière. Ce tissu cellulaire lie faiblement les couches entre elles*, en sorte qu'il n'y a pas d'intervalle visible, mais que cependant les couches peuvent se séparer sans peiiie par l'effet de la macération.
M. Dutrochet dit que chaque couche ligneuse est formée comme la première, c'csl-à-dire d'une moelle entourée de fibres ligneuses. H faut remarquer néanmoins que la première couche est la seule qui offre des trachées, et que, dans bien des cas, on ne peut pas distinguer cette partie cellulaire des autres couches. Ainsi, dans l'anatomie du bois de l'orme donnée par M. Mirber(a) , on Voit au contraire que les couches commencent par les cellules les plus différentes de celles de la moçlle, savoir, par de grosses cellules ponctuées et allpngées en tîibes (vaisseaux ponctués de quelques auteurs). On voit aussi que ces cellules deviennent de plus en^ plus étroites vers l'extérieur de chaque couche, d'cm
(i) Organ. , I, p. 178 et 179.
(9) Item, du mu8. , XYI » p* 9 > pi. >•
•■^P^^^iF
6i, ORGAIfOGRAPHIE.
résulte que la dureté du bois y est plus grande ^e du côté intérieur, quoique dans Tcnsemble du corps ligneux les couches les plus dures soient au centre.
n y a quelques exogènes dans lesquels les filires ligneuses ne sont pas disposées en couches. M. Lindley (i) cite le nepenthes distillatoria^ le hollhoUia lon tifolia et trois fragmens de bois inconnus étrangers. Il mentionne aussi Xes^onymus tùigiens, qui offre qu^ifues raies autour de la moelle , mais aucune trace dans la {partie ligneuse la plus récente.
En jetant les yeux sur une collection de bois., U est évident que plusieurs exclues n ont pas de coocbes ligneuses bien distinctes; cela reyient à dire, en thèse générale , que le corps ligneux des dicotylédones s^accroit par la juxta-position à l'extérieur de fibres, lir gueuses parallèles , disposées ou uniformément owf^ couches plus ou moins distinctes.
§ 4» — Écorce (a).
L'enveloppe extérieure des dicotylédones, connue sous le nom d'eoo/re {conex)\ se compose de membranes superposées et adhérentes entre elles , et formées de tissu cellulaire alternativement arrondi et allongé.
La première année , on ne dislingue dans l'enveloppe du corps ligneux que : i* la cuticule, à la surface, formée de cellules arrondies ou du moins peu allongées ^ placées bout à bout et comprimées ; 2® une coucKe intç-r rieure de cellules très-allongées , groupées en forme He fibres, mais sans être réunies avec des trachées, "bans
(i) Introd, to botanjr , p. 69.
(i) PI. 1, fig. I, e.
OKGÀMfLê riMIDAMENTAUX. 6$
le$ nwBrfffl aubAéqueotfis , il se forme au-dedans de c^tte enveloppe |. de Textârieur à riotérieur, luie succession de couickes annudles semblables à la première , de telle Uçoa que ie ûssa ceUuiaire arrondi est à Textérieur de cba^ue couche y et le tissu allongé à Tinlérieur.
Ainsi, soit que Ton considère Tenscmble ou la comfXKÎtion de chaque oonche , la formation de Técorce est esactoment rvaYierse die celle du corps ligneux. Les parties «ouvdies de TëGorce sont à Tiniérieur, et , pour chacpie couche isolée , te tissu cellulaire arrondi est f r«xilénievr.
Les eoadies récentes dû Técorce s'appellent le lêbej\ parce que le| ancieBS le détachaient de diflerens arbres pour en iaira des feuîttes à écrire. Elles s'enlèvent faeîiemeiit , a cause de leur flexibilité unie à un certain degré de ténacilé. Elles oni souvent une teinte verte et présentent toutes les apparences de la vie. Quelquefois, par «uîle de ia distension du corps ligneux y eUes se décWrent çà el là et se présentent alors sous la forme d'un réseau. C'est ce que Ton vmt très-bien dans le déÊfikme lagMo {bois êeKtelle)y et même dans Técorce intérieure du tilleul 5 dont les jardiniers font usage^ sous le tioill de eSVe^ pour attacher les plantes (i).
Le lyber e^ Tanalogue de Taubier. On peut compa-» refr- au bois les couches corticales les plus anciennes, exftérioures nu liber. Enfin 4'enveloppe cellulaire qui recouvre le fé«t> et qui se xléveloppe avant les véritaMes ^eottches corficries , a été comparée à la moelle. M. Dtttroriiet \^)y q«i a poussé très-loin cette ^tude
■^ M 1 ii!. r M .!^'
(1) Ce nom s^applimte à Técorc^ da tilleul et austa du chjuivre. (a) Hem. damas, y I, p. 389.
64 ORGAirOGftAPKIt.
comparative , appelle ces deux assemblages de Insu cel^ lulaire médulle centrale et médulle extérieure. ^
L'enveloppe cellulaire et les couches corticales voisines sont distendues avec force, à mesure que la plante grossit , et comme les élëmens , surtout la sécheresse , agissent directement sur elles, on les voit tôt ou tard se gercer , comme dans les ormes, ou se détacher par plaques , comme dans les platanes , ou eofin se déchirer en lames flexibles comme dans le bouleaa* Dans le chéne-liége leur consistance et leur épaisseur permettent d'en faire usage. C'est la partie qui constitue le liège : elle se détache d'elle-même tous les huit ou neuf ans, mais on a soin de Teulever, pour le commerce, avant ce terme. On choisit la saison où le liber adhère le plus au corps ligneux, afin de pouvoir enlever l'ccorce subéreuse sans nuire à l'arbre (i). ' Lor^u'une couche corticale a été enlevée , au s'est détruite , la couche située au-dessous devient momentanément une sorte d'épiderme, et cela se comprend d'autant mieux qu'elle est composée elle-même à l'extérieur de tissu cellulaire analogue à celui de la cuticule (2).
Il résulte de ce que nous venons de dire^ que Té* corce doit toujours être assez mince , comparativement au corps ligneux ; que son épaisseur augmente non pas en propoition de son âge, mais suivant que sa destructk)a à l'extérieur est plus ou moins rapide relativement à sa formation à l'intérieur; enfin, que tous les corps étrangers que l'on peut plan ter ou insinuer dans ses couches, toutes les marques et inscriptions que l'on peut y faire,
sont détruites et rejetées au bout d'un certain temps ^
(1) DC. , Flor. fr. , 3* éd. ,î , pi. 1 , f. lO. (9) Voyez ci-dessus, p, 3a.
tandis qu^elles se conservent dans le corps ligneux , quand el^ sont assez profondes pour Tatteindre.
L'écorce contient souvent des cavités (i), des réservoirs de sucs propres, et en particulier ceux appelés vaisseaux du laiex.
Le nepenUies distUlatoiia est, diaprés M. Lindley^ la seule plante où Ton ait vu clairement des trachées dans Técorce (2); M. Don dit en avoir vu dans Técorce de Vurtica nwea , mais M. Lindley n'est pas parvenu à les trouver.
S 5. ~ Rayons médullaires (3).
On trouve, soit dans le corps ligneux, soit dans le liber, des lames de tissu cellulaire comprimées dans le sens de l'épaisseur du tronc, et dirigées du centre à la circonférence* Sur une coupe horizontale, ces lames paraissent comme les lignes horaires d'un cadran , tandis que sur une cpupe longitudinale, ce ,sont des espèces de taches allongées qui coupent les fibres ligneuses. On les nomme rayons médullaires (radii meduUares), et aussi prolongemens , productions ou insçriions médullaires , pour indiquer leur analogie de structure et leur communication avec la moelle (4)*
Ces lames ont au plus trois lignes de largeur *, leur épaisseur est extrêmement petite. Elles ne se composent
(i) MimiB. f Anat. de Torme , Mém. du mus. , XYI , pi. i,hS et 7. (a) lièvBL. , IrOrod» to hotany^ p. 63.
(3) Pl.a,f. i,rr'.
(4) Grbw. , Anat pi.» 36 , 37. — Malp. , in -4®, pl« 8. — -Duhambl, Phyi. des «rbr.. I. , pi. s. — * DC, FI. fr., I , pi. 1 . — Td&p., Icon., pi. a. — MiEB. , Mém. du mus.» XVI , p. la » pK 1 et a. -« Likdi.. » //ifr. to botanf , p. 63 , 70^ » pi. 34 a 4o*
IXTA. A LA 90XAH1QUE. TOME I. 5
M ORttAIrOGlIAPHtB.
que de uno ou deux couches de 'cellules aplaties ^ ovoïdes ou tétraèdres , ajoutées bout à bout y%i un peu allongées dans le sens de la moelle à Fécorce.
Rarement ces lames se prolongent d^une tnaniène bien claire du centre à la circonférence. On les sait bien dans l'épaisseur d'une même couche ligneuse , un peu moins clairement dans Tintérieur du liber, mais le pas* sage d'une couche ligneuse à Tautre, et surtout du corps ligneux à Técorce^ est presque toujours difficile i constater. Ce qui prouve à quel point ces lames sont peu continues, c'est que dans les arbres comme le noisetier, le hêtre ou le chêne , où leur <x)uleùr est dififérente de celle du bois , on peut bien en coupant dans le isens longitudinal obtenir pour la mehuiserie tm bois inarqueté ou tathcté, tnais il n'est jamais rayé' d'to bbut à Tauire. Les rayons médullaires sôht évidemiteht plus nombreux ver? les bords tjue Jifrès de la xûoellè; Aussi plusieurs auteurs disent qu'ils partent de chacune â<es moelles partielles, c'est-à-dire du tissu cellulaîte propre à chàcjue couche ligneuse.
Les rayons médullaires sont ordinairement rectilîgtîèô, comme leur nom IHiidique-, fcependant il y a quelque^ arbres dans- lesquels ils sont contouttttès , c'est-à-dîî^ qu'ils sie dirigent pat utie coutbé uniforme du tente à la circonférence; c'e^t le càS datis Vwànymus titigéns, ^le hottbollia (i).
La tige d\x phjtocrene ^ plante de l'Inde ^ examinée attentivement par M. Griflfith , parait manquer de rayons médullaires, du moins sembhJales à ceux des autres exogènes (2).
— — ' — - I - . — — Vi" —
(1) LiRBL. , Intn to botany ,1^^ 70, {>L 38 eC 30. (3) "Wall. , plant, asiat. rar.; VA, jpl. «16.
ORGANES t^îfDAMEIfTAUX. 6T
§ 6. *^ Actroùsetnent des exogènes ou dicotylédones.
U fiiut distinguer raccroisscment en diamùlrc et Val loti{;ement des tiges ou branches.
Nous ayons déjà vu que le diamètre augtnentc pai* raddition dé nouvelles couches corticales et ligneuses -, on peut ajouter ausâi, par la dilatation des parties qui tottiposent ces coIicIAbs (i), et par le dépôt des matières SoKde^ et liqiûdes qui s^y trouvent en plus ou moins ^nde abondance. Quant à la cause et au mode même de liit;nIatiotl et de transformation en bois ou en écorce de MidiveHea matières, nous en parlerons plus tard ; c'est une action du ressort dé la physiologie, qUë Ton peut comparer à k nutrition des os et des membranes des linimilux pttr le sabg , ou à la transformation du chyle en sang , etc.
Leâ hbUveU^ branches , où rallongement s'opère, Sbtit d*idiôrd entourées de jeunes feuilles souvent réduites à Fétat de simples écailles; c'est ce que Ton lldinilie toi bourgeùtis. Ensuite elles s'allongent de matiiëre à ce que \ef^ feuilles , qui , dans l'origine , sont ttéft-raf^rôéliéeâ , finissent par s'espacer de plus en plus , pendant toute la durée de la première année. Duhamel avait observé que si l'on marque des points sur une jeune branche, on les retrouve quelque temps après ]plus âoignés , mais à des distances toujours égales,
Tll^ -1 ' - 1 I - ■ * ■ ■ - \
(i) k. iMitMcM «dmet même ( Mëm. du mus. , YII ) que dam ■iwBOucliea dcjè ftjimto â se défchippe de mniTeUes fibres qai séparent les ra^rons mëdulkilvs ^ et q» en fomeat aiutt de nouveaux.
68 ORGANOGRAPHIE.
d'où il concluait que cçs branches grandissent uniformément dans toute leur longueur, L^ extrémité de la branche -grandit cependant un peu moins, tandis que la base s'allonge plus que le milieu. L'observation des feuilles, des lenticelles, dc^ aiguillons etdes'poUs qui se trouvent à la surface des branches, conduit aux mêmes résultats.
Toutefois , si l'on donne plus d'attention à ce phénomène, on voit, avec M. Cassini (i), que, dans chaque mérithalle ou entre-nœud , la partie la plus voisine des feuilles supérieures se développe la première et que l'accroissement continue ensuite à s'opérer vers la base. Le grand nombre des mérithalles fait que l'allongement de la branche considérée en masse parait uniform;e. Oa peut s'assurer de ce mode d'accroissement en observant les tiges d'œillets, où la partie inférieure de chaque entrenœud est évidemment plus molle et plus récente que la partie supérieure.
Après la première^ année , la tige ou la branche cesse de s'allonger , probablement à cause de la solidité acquise par le tissu. Il se forme alors latéralement , sur^ tout vers la partie supérieure , de nouvelles pousses> qui contribuent à augmenter le diamètre de la base, ainsi que l'étendue de la plante considérée dans son âisemble.
ARTICLE ni.
TIGE DES E2ÎD0GENES OU MOlfOGOTYLÉBOKES (2)»
Les endogènes arborescentes sont , dans tous- les pAyi») moins communes que les exogènes , et manquent même
(i) Journal de physique , mai i83i.
(a) Vojrez pi. a ^ et les explicatîoiui de cette planche*
entièrement à notre végétation septentrionale. La plupart des botanistes ne les ont vues que dans les serres , où elles sont trop précieuses pour qu'on puisse les couper et les soumettre à diverses expériences. Aussi on est resté long-temps avant de connaître leur véritable structure, et sur les points controversés, qui sont encore assez nombreux , on manque souvent des moyens de vérifier les assertions des auteurs. Cette partie de la science n'a donc pu faire de progrès sensibles que par les observations faites et les matériaux recueillis dans des pays lointains, par des naturalistes assez habiles pour en sentir l'importance.
Desfontaines a ouvert celte carrière lors de son voyage dans' la régence d'Alger, en 1791. Frappé de la différence d'organisation des tiges de palmier comparées aux tiges ordinaires, il communiqua une partie de ses observations sur ce point à Daubenton (i), et ne tarda pas à les publier lui-même à son retour (2). D'autres voyageurs, notamment Du Petit-Thouars , ajoutèrent ensuite quelques observations qui modifient et complètent les idées de Desfontaines. Enfin, M. de Martius , auteur d'un grand ouvrage descriptif sur les palmiers, ayant rapporté du Brésil une riche collection de troncs d'endogènes, en a confié l'examen anatomique à M. Mohl , lequel a enrichi la science des observations les plus détaillées faites jusqu'à ce jour sur ce point difficile (3)«
La tige des monocotylédones ligneuses se compose
(i) Jonrn. de Fonrcroy , 1791 *, vol. III , p. 3s5. (a) Mépi. de Flnstit. , se. phys. et math. , I , p. 47B. (3) De palmarum structura, in-fbl. avec 16 pi., Munich, i83i f ▲ 1» suite da grand ^ftxfnfgfi de M* de Martius sur ks palmiers,
d'un nombre iinmense de fibres, plus rs^pprocbée^ n^ la circonférence du tronc que dans le centre , ^i^s que Ton puisse distinguer comme dans les e^gènpa dç3 couches régulières d'écorce ou de bois* Les feuill^ em^ brassent étroitement la plupart de ces tiges, etY^lf persistance de leur base, forment une espécç d e^yeloppe au-dessous de laquelle se trouve une couche de tissu cellulaire très-mince.
Au bout de quelques années la base de9 vieilles feuilles est tout-à-fait détruite , et il ne reste plus dc: ces organes que des cicatrices ou raies tFansversales plus Ofi moins distinctes selon l'espèce. A cette époque Ut coucha cellulaire, devenue extérieure, est toujours mince, assez unie, analogue à une jeune écorçe de dicotylédoBÇ, quoique très-âgée. Elle est verte du côté intérieur, etsp sépare gisement du bois. Elle est percée de petits tjîpus rangés régulièrement j ce sont les points par o\\ pair saient les fibres qui communiquaient des anciç^iiçs feuilles au centre du< tronc. Cette organisatiou se yqU fort bien- dans les yucca et les palmiers.
Les bourgeons se développent ordinairen^çnt à Testrémité des tiges et des rameaux. Les fibres lign^us^ les plus récentes , qui passent aux feuilles des bourgeons, vont évidemment de la portion centrale du tronc ou du rameau ? vers les jeunes feuilles.
Lorsqu'on coupe une tige transversalement | iirè$ de sa base , on voit une multitude de fibres qui semblent parallèles et qui ne sont point di^pp^ée^ par couches.
D'après cela, tous les botanistes , jusqu'à M, Mobl, supposaient que les nouv^lcs fibres, passant par le centre du tronc dans toute sa longueur» se d^f^^t, au sommet seulement, vers la circonférence, Iji où tes
ORGABIES FONDAMENTAUX. V|
feuille? avec lesquelles elles communiquent forment une sorte de couronne, Cette introduction de nouvelles fibres au centre ayant lieu chaque année , elles devaient repou^er les anciennes vers la circonférence, de là le rapprochement extraordinaire de celles-ci sur le bord du tronc et leur dureté^ qui dans beaucoup de palmiers défie la hache. Enfin , disait-on , il arrive un moment où le bois extérieur ne pouvant plus se distendre et les fibres se serrer davantage, le tionc ne grossit plus et continue seulement à s'allonger par la partie supérieure. On expliquait ainsi la forme rigoureusement cylindrique de plusieurs palmiers, et le fait qu'ils cessent au bout de quelques années de grossir en diaiuètrcou du moins qu'ils grossissent infiniment peu, tandis que leur lonrgueur toujours plus grande donne une idée pas.^ablcment exacte de leur âge. ^
3VI. Pu Petit-rThouars ayant observé que les dragonniers très* vieux continueift toujours à grossir, on l'expliquait par le ^issu jnaturellement très-mou de lem*s fibres comparé à celui des palmiers. Le fait même quo les graminées ont au centre une grande cavité , qui dans l'origine est pleine de cellules arrondies comme une moelle, ne paraissait pas une exception , parce que cette cavité ne se voit que dans les tiges annuelles, c( que dans celles qui sont vivaces, le centre finit disait-on par se remplir en partie de fibres ligneuses.
Mais cette théorie n'était pas à Vabri de certaines critiques. On pouvait dire , par exemple , que lorsqu'un cylindre très-dul* est rempli chaque année d'un plus grapd nombre de fibres qui s'insinuent avec toute la vigueur d'une végétation des pays chauds, Tenveloppe doit fiuir par éclater. Ne sail-on pas qu'un arbre qui grossit 4w^ P9 n^UF finit par le fendre et par se dé-
7S onOANOGRAPHlE.
gager de cette enveloppe d'une consistance bien plus dure que la sienne. L'addition de nouvelles fibres au centre d'un vieux palmier devrait donc le faire éclater, ou du haut en bas si les fibres descendent , ou de bas en haut si elles montent , ou dans toute la longueur ^u tronc si elles se forment simultanément elles-mêmes dans toute là longueur de la tige. Or, c'est ce dont aucun voyageur ne fait mention ; au contraire , la surface des vieux palmiers est singulièrement unie et régulière , en comparaison de celle des dicotylédones.
On dira peut-être que les fibres nouvelles étant gênées dans leur dévelpppement par les anciennes qui les entourent , sont fort petites et tiennent peu de place; qttc plus le tronc est vieux , plus elles sotit serrées , et qu^enfin lorsqu'elles ne peuvent plus s'insinuer au centre, l'arbre meurt. Mais il est de#iit, au contraire, que les fibres du centre dans les plus vieux palmiers ne sont pas plus petites que les autres •, qu'elles semblent même n'avoir pas été gênées , puisqu'elles sont assez distantes les unes des autres et que le tissu cellulaire qui les sépare n'est ni comprimé, ni très-allongé.
Ces considérations et les faits que j'ai pu observer me disposent à admettre les nouvelles idées de M. MoU sur la direction des fibres de monocotylédones , idées auxquelles il est arrivé sans entrer dans la discussion des anciennes théories, uniquement par les observations anatomiques dont les riches collections de M, de Martius lui ont sans doute fourni les moyens.
D'après lui, les fibres qui descendent de chaque feuille se dirigent bien vers le centre, mais ensuite, après avoir cheminé quelque temps parallèlement , elles s'écartent peu à peu, et croisant toutes les fibres plus anciennes, elles viennent se perdre dans la circonférfence vers la
0AGANE8 FONDAMENTAUX. T5
base du tronc ; ou bien , pour répéter la même chose en suivant une direction inverse , chaque fibre, en partant de la surface du tronc à la base de la plante y se dirige peu à peu vers le centre ; puis arrivée à un certain point, elle se déjette brusquement vers la circonférence, où elle pénètre dans une feuille. Ainsi, en considérant deux feuilles situées Tune au-dessus de Faulre, leurs fibres se croiseraient toujours en un point dans Tintérieur de l'arbre; celles de la feuille supérieure (ou nouvelle) se trouveraient, vers la base de la plante , à l'extérieur des fibres de la feuille inférieure (ou ancienne).
Déjà d'autres botanistes avaient remarqué ja manière dont les fibres s'entrecroisent, tout en se dirigeant pour la plupart dans le. sens de la longueur du tronc. On avait TU que certaines fibres se déjettent pour entrer dass les feuilles et ressemblent ainsi à des rayons médullaires , au moins par leur direction (i). Malheureusement, les coupes transversales que Ton a dans les collections ne donnentque ces faits i^lés. Il faudrait pouvoir suivre les mêmes fibres d'un bout à l'autre de la tige, pour voir si toutes, comme le dit M. Mobl, se dirigent à leurs deux extrémité» du centre à la circonférence. Selon cet anatomistCi les fibf^ vont en s'amincissant vers la partie inférieure, ce «qui fait- comprendre comment la tige est souvent' cylindrique •, et vers la base, il y a plus de fibres, mais étant plus minces, elles prennent moins de place.
Chaque fibre se compose , d'après les nombreuses observations de M. Mohl, de cinq espèces de cellules ou vaisseaux, savoir, en suivant du côté extérieur de la plante au côté intérieur :
I ■ n ■— — <— lin III ■.—>——<——■
(v) l)C<,^Or0n*y I* » p> %%3 » pi. 7 et 8.
74 OAG4MOG1UPHIE»
I® De cellules allongées, à parois épaisses y fofoaaqt un i;eyétçment solide du coté extérieur de la fibre | .
a® De cellules allongées en tube , à parois minpes eH transparentes, contenant d'ordinaire des 8uc§ propres et situées en dedans de la première partie , yers le centre de la fibre \
3® De gros vaisseaux ponctués *,
4** De une ou plusieurs trachées^
5® De cellules polyédriques, non allongées, â^ paitûs minces et souvent ponctuées , qui sont à la surffkee dll côté intérieur de la tige.
Ces diverses parties existent dans chaque fibre » mais non dans toute la longueur uniformément* EUf^ yàrient aussi de grandeur, suivant la portion de fibre que Vm considère. Â la surface du tronc, où Ton pe trouva, salivant M» Mohl , que la partie inférieure çt aminpiç ^ei fibres , celles-ci ne se composent que de cellules %UpfH gées de la première espèce. En les prenant un peu aur dessous de la surface de la tige dans la partie ^me du tronc, elles opt déjà des vaisseaux ponctués qui sëpi^ rent les deux espèces de cellules extérieures ^t intérieures mentionnées ci-dessus , lirais les cellule^ extérieures sont de beaucoup les plus npmbreuçes et cpntribuent à donner à cette partie de la tige ubç giwd^ solidité. Yers le centre, les fibres onf Tassortimeiit oqn^ plet des cinq parties ; les cellules molles du côté iptéFÎ^nr sont nombreuses, tandis que les extérieures ont diwnué. Enfin, dans la partie qui ressort du centre ve|^ les feuilles, la fibre est souvent divisé^ , et chaque brfinelie contient principalement des vaisseaux et des traçbé^d)*
. 1. J "J '■■ 'JIMI JJ.I
(x) M. Mûhl a comparé ces fibres avec celles des dicfttylédoaee et a trouvé d^asses grandes rossen^linoet» Il a e'td eojg|4i|it pav ^
ORGAttEft FOVQAMKVTAUX* 15
Les fibres sont entremêlées de tissu cellulaire arrondi qui dans un grand nombre de monocotylédonés contient de la fécule , et quelquefois des cavités aériennes ou des réservoirs de sucs propres. Quoique ce tissu cellulaire ne soit pas réparti d'une manière aussi uniforme qu^ dans les dicotylédones , on remarque souvent au centre de la tige une ^accumulation de cellules analogue à la moelle, à la surface un épiderme assez persistant, au-dessous de cet épiderme du tissu cellulaire analogue à Técorce , et enfin, entre les fibres, des lames irrégulières, formées de cellules allongées transversalement, que Fou peut comparer à des rayons médullaires.
Malgré ces ressemblances avec les exogènes , en ad^ mettant même toutes celles que M. Mohl a cru voir dans la composition dfs fibres, il n'en reste pas moins de grands traits distinctifs entre les tiges de ces deux classes.
taines analogies à considérer chaque fibre de monocotylédontf comme formée des mêmes parties qu^ane tige annuelle de dicotjlêdone tout entière , et il nomme, a cause de cela» l&er le tissu cellulaire extérieur de chaque fibre , et hois le tissu cellulaire intérieur. Cette nomendatnre embrouille singulièrement les descriptions de Fauteur , et ^ii éitre obligée ou réformée , car Panalogîe entre ces organes dçjiQHViQOOljlédones et dicotylédones est au moins douteuse en ellemême, et dans tous les cas les diffôrf nces de position et de fomiatioB sont si grandes , qu^il n^y a que de Tembarras à désigner ces choses sous les mêmes noms. Il est à regretter aussi que Tauteur n'ait pas mieux développé la partie la plus nonrelle et la plus importante de son mémoîrei la dir^tion des fibr^. Sur seise planches in-fol., une seule montre cette direction , et encore la principale figure donne Vidée que Fauteur s'en est formée , et non les iaits en euxrmêmes. On pouYait désirer des coupes longitudinales de plusieurs monocotylédonés , dans lesquelles on put suivre chaque fibre de la racine jus-
qu>ii^ i9«a)^.
*tG OfiGANOGRAPHIE.
Dans l'une , les fibres et le tissu cellulaire de récorce ont une disposition à se former par couches régulières, en sens inverse les unes des autres; elles ne changent pas de nature et ne dévient pas de la feuille jusqu'à- la base du tronc ou de la branche , en sorte que chaque couche se durcit uniformément et que le centre du tronc est plus duf que les bords. Dans l'autre classe ( monocolylédones) le tissu cellulaire superficiel ne s'accroît pas de manière à former des couches corticales; les fibres ne forment j amais de couches ligneuses , elles décrivent dans leur direction une courbe singulière dont le sommet est au centre de l'arbre, çtse modifient dans leur longueur, en sorte que pan un effet combiné de leur direction ; de leur composition à chaque point de leur longueur, et de leur âge , les parties les plus solides sont Vers la circonférence des tiges et les plus molles vers le centre.