‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 20 sur 130 · DE LA RACINE · texte numérisé non relu

DE LA RACINE

La racine est cette partie inférieure des végétaux par

laquelle ils tiennent au sol , et par où pénètrent les liquides qui servent à leur nutrition.

Le véritable caractère des racines n'est pas d'être situées sous terre, car il y a beaucoup de tiges qui sont plus ou moins dans la même position , et beaucoup de racines qui naissent en l'air. Mais il y a de$ différences bien plus importantes entre ces deux organes.

La racine nait opposée à la tige et s'allonge en sens inverse ; l'une tend à descendre et l'autre à s'élever^ les

ORGANBS FONDAMENTAUX. 77

ramifications de Tune et de Taulre sont opposées de la même manière y les angles qu'elles forment étant tournés en sens inverse. En outre , les racines n ont point de moelle à Tintérieur, ni de -stomates à la surface ; elles sont blanches, ou lorsqu'elles verdissent, ce n'est guère qu'aux extrémités *, elles ne portent latéralement aucune espèce d'appendices analogues aux feuilles ni aux diverses modifications des feuilles. Enfin, elles s'allongent par les extrémités , ce dont il est abé de s'assurer en marquant des points à distances égales , et en observant que ces points ne s'écartent pas entre eux , mais que l'extrémité de la racine s'allonge au-delà des points.

Au moment où la plante nait, on peut toujours ob* server une racine principale , opposée à la tige. Elle est même ordinairement visible dans la graine , où elle se nomme, radicule. Souvent cette jeune racine porte laté* ralement des poils lymphatiques qui aident à fixer la plante au sol et qui peut-être absorbent aussi de l'eau , mais qui se détruisent promptement. La racine princi-pale elle-même , après s'être allongée et avoir poussé des ramifications de tout coté , finit souvent par se détruire, tandb que ses rameaux s'étendent au loin et qu'il se forme dans le bas de la tige d'autres racines , dites adventi{'€S.

La destruction totale de la première racine est d'autant plus complète , que si, par une morsure de larve d'insecte ou par toute autre cause, l'extrémité vient à périr^ le reste de la racine ne pouvant plus s'allonger et se trouvant en terre, pourrit promptement. Il faut alors , ou que la plante meure , ou qu'elle végète au moyen de racines adventives et de ramifications latétérales de la première racine , si leurs extrémités sont en bon état»

T8 c)fiGAt^OQ)KAi^iitie.

Cest en eflfet par les extrëtnttés que s'opère la principale fonction des racines, celle d'absorber FëâUnée^ saire à la Tégétation. Senebier et ensuite Garadon Tcnt démontré par une expérience bien simple, qui consiste à placer dans un verre d'eau une racine un pett longue et non divisée, comine celle d'une carotte; si elle trettipe dans Teau par Textrémité toute seule, la plahtë vé^ gète, mais si la racine est recourbée de telle façon tpié l'extrémité Sorte de l'eau , tandis que tout le rWle Vy trouve plongé, la platite périt par défaut d'absorption.

Cette extrémité des racines y qui joue un tâté Ai itaî-' portant , par où raccroissement se produit , et qdt abtorbé l'eau comme Une éponge , a été dèdignëè par M. de Candolle âous le nom de spongiole. Sôû ttpL*^ nidation n'est pasaussi compliquée qu'on pourrait teMppôser d' après ses fonctions . L'intérieur se CompOsëdé tiSfU cellulaire très-serré -, mais ce tissu s'allonge 5 par conséquent il est toujours frais et nouveau 5 il n'est pàé l^écOtt* vert par cette couche de cellules vieilles et eiidurdei qui forment l'épiderme dans tout le resté de la plante. C'est Ce qui fait comprendre comment il jouit ati pluâ haut degré de celte pro|ïriété innée de tout tiâStt végé^ tal, d'absorber l'humidité (i).

life racines qui croissent dans l'air, cortiiiie feeileâ des paudanud , ou dans l'eau, comme cela arrité SbttVéttt , prësiîhlent autour des extrémités une espèce de tioïfite ^l temble les débris d'un épiderme rompu prtha- Mèment par l'allongement de la racine (1).

(1) DC, Ôrgan., I, p. 89 et 941*

(1) VfÙ., Orgm., I, p. 01, pi. 10.— lltëm. sur les iânûcetlcfé , clans les Annales des scien. lu^t*» i8a6« p. 1 » pi. 1.

ORGAITKI VOMOllIfeittAUX. H

La oôkAposition intérieure des racines est plus simple qae celle des tigéS et varie beaucoup moins dans les différentes cksSes de Végétaux vasculaires. On distingue settteraent trois parties : le corps cortical^ un corps Ugn&uéè^xi cetitre , et des rayons médullaires. Lies deux premières parties ne sont pas cotnposées de couches» L'écoiM est SDtl vent très-épaisse , relativement au corps lîgtaeux ^ ee qui vient sans doute de sa position dans la terre hiimide et de ce quMle tie se détruit pas à la sur^ face extérieure, comme cela arrive souvent pôUi^ T^ oorcé des tiges exogènes. Elle est toute boitiposée de cellulâi.

Lé ébrps ligneux ne se compose pas d'ordinaire dé fibfcë distinctes , cependant cela arrive quelquefois. La pôsiâôh IreSpeetive de ces fibres et leiir direction (qui seAblé en général parallèle) ti'ont pas encore été suffisMiiilètit étudiées dans divers végétaux. M. Mohl a trôttVé sur ce poiht des exceptions parmi les espèces de pikaJHmi dtmt il a examiné les racines (i). On trouve eil généfbl datis les fibres des racines des vaisseaux pMi^és et rayés , entourés de tissu cellulaire diversement dkmgé, mais il est très-douteux qu'il y ait des tra-* ohé^ , «t tout au moins la plupart des végétatiJL en manqtteràiebt.

Le corps ligneux , dans les racines adveiitives des eMjjèhél, se joint à cebi de la tige et se prolonge de la fkiÈM teànière dans les diverses ramifications des radotes^ jtisqiie près des Spdngioles. Le corps cortical est la pVulMgatioà de celui de la tige , au moins dans les jeiiÉëi piatftCfèi Les ratines adventives sortent des

(i) D0 pthMmm^i^oiBfi » S49A>i«il|« t-

80 OUGANOGIUI'IUE.

branches OU des tiges, quand on les plante dans^de la terre pour faire unç bouture , ouquon les enveloppe de mousse humide pour fsûre une marcotte. Elles se développent même dans Tair, lorsqu'il y a assez de chaleur et d'humidité, et que le végétal jouit de cette disposition à un très-haut degré.

Ces racines sortent par les lenticelles , ou pkis rarement par les cicatrices d'anciennes feuilles. (i). C'est alors dans la partie interne entre l'écorce et le bois qu'elles paraissent se développer.

Dans les endogènes au contraire , où il n*y a pas de couches corticales et de lenticelles , les racines aidyentives se forment dans cette espèce de couche fibreuse située entre la partie la plus dure de la tige et Tenveloppe cellulaire qui représente l'écorce (2). Lé corps ligneux de la racine se forme de plusieurs filets réunis qui né sont point la continuation immédiate de ceux* de la tige 9 mais qui les traversent en tous sens , comme les racines d'un arbre sont implantées dans la. terre. L'écorce de la racine , très-mince dans l'intérieur de la tige, là où nait la racine adventive , devient plu9 grosse à l'extérieur. De même que dans les exogènes , cette portion cellulaire enveloppe complètement l'extrémité de la racine , comme dans un sac , en sorte que ks spongioles font partie de l'écorce des racines.

Les racines ont une disposition à former des tiges, comme les tiges des racines. Dans les . plantes qui ont de longues racines rampantes , on voit souvent des bourgeons se former sur les points où la racine se trouve à découvert, et la plante se multiplier à distance

(0 DCo Mém. sur les lenticelles, Ann. se. nat.^ I8a6. (a) MoBi , De palm. s^uct. # pL 9 » f, 3.

de sa tige priacipaic. On ne le sait que ttop, là où se trou- Tent des acacias et des arbres appelés vernis (rhus , ddanthus glandulosa)^ car ils infestent tout un jardin par la facilité avec laquelle les vieilles racines poussent de nouvelles tiges dans toutes les directions.

On a essayé de retourner des saules Via tête dans la terre et les racines en Tair; dans ce cas Tarbre est souvent assez vigoureux pour reprendre. Les anciennes branches donnent naissance à des racines \ les jeunes ramifications des racines exposées à Tair périssent-, mais il se forme , sur le tronçon des vieilles racines , des bourgeons qui se développent en rameaux. Ainsi, les racines ou les tiges ne se transforment pas mutuellement, mais chacun de ces organes peut produire •Fautre.

Sous le rapport de Tapparence générale et de la forme, on distingue diverses espèces de racines.

D'abord les racines simples^ qui ont une base uni' que, en continuation^ de la tige, et les racines mu/tipleSf qui partent en grand nombre du collet de la plante. Ce dernier cas est fréquent dans les monocotylédones , mais il est probable que ce sont ou des ramifications latérales d'une ancienne racine qui s^est détruite, ou des racines adventives de la partie inférieure de la tige , comme on le voit dans les oignons de liliacées, les palmiers, etc. Les racines simples qui descendent perpendiculairement s'appellent yi^oiantes ; lorsqu'elles sont renflées , comme les carottes , on les nommes racines fusif ormes ; si elles sont encore plus renflées vers. leur origine, comme certaines raves ou radis , on les appelle rapiformes \ si le renflement est arrondi ou que Ton ne tienne pas à indiquer précisément sa forme^ qui est peut^B^s^^i^We , on dit que

INTO. A LA JnâkNIQUE. TOI

fi ORaUfOOHikPâlE.

la racine e^titubéreuse. Lorsque la raeitié pribcijjale est en partie détruite , on la désigne quelquefois «n lathi 90U8 le nom de radix prœmorsa» Les ramificatioris' laté' raies s'appellent petites fibres (fibrillœ). Lorsqu^elletl sont nombreuses et que la racine principale s'est dé^ truite ou ne se distingue pas , on dit que la radne est fibreuse ou rameuse (Jibrosa, ramosa).

Les fibres toutes blanches ou rotigeàtres , disposées en paquet, qui se forment , par exemple, sur léS racines de saule immergées dans l'eau , se nomment le chevelu.

Quelquefois il y a des renfiemens le long des.' fibreset alors la racine est noueuse (nodulosa). Enfin , lorS^ que les ramifications se répandent près de la surface du sol , les racines sont rampantes , traçantes.

Les racines multiples peuvent offrir des modifications analogues. Ainsi les dahlia ont des racines multiples fusiformes, dont l'ensemble forme une espèce de paquet ou botte de grosses racines. On les appelle quelquefois racines fasciculées. Les brchis ont deux de leurs racines renflées en tubercule, dont la forme varie selon les espèces, tandis que les autres racines sont cylindriques.ElIes peuventétre rameuses, noueuses,etc., comme les racines à base unique.

Les divers renfiemens ou tubercules de racine^ soilt toujours des réservoirs de matières amylacées, qui, dans certains momecA , servent à la nutrition de la plante.

On en trouve aussi fréquemment sur les tiges sôuter* raines , qui ressemblent souvent aux racines.

Ainsi, les- tubercules de pommes de terre, ceut du cyclarhen europœum^ les renfiemens des chiendenS (triticum repens, panicum dactylon)^ naissent sttr la partie des tiges qui fi^y^U^rrée. Ce qui te prouve , t*^i

OKGAffBS rOurDAHEffTAUX. 8S

qu'iU terdisBentà la lumière, et que dan» bien des cas ils donnent naistonce à des feuilles. Lorsqu'on bulte les pommes de terre , on augmente leur produit en entemnt une partie de leur tige qui n'aurait pas donne de taberottla à Pair libre.

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