‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 23 sur 130 · DE LA POSITION DES FEUILLES RELÀTIVEMEAT A ELLES-MEMES ET A LA TIGE · texte numérisé non relu

DE LA POSITION DES FEUILLES RELÀTIVEMEAT A ELLES-MEMES ET A LA TIGE

Les premières feuilles qui se développent sont les cch tylédons om feuilles séminales , viennent ensuite qu^ ques feuilles d'une forme souvent particulière que Ton nomme feuittes primordiales^ et enfin les feuilles ordinaires que Ton décrit communément sous le nom de feuilles.

Dans les plantes toutes développées, on remarque souvent que les feuilles de la base et celles du haut de la tige qui avoisinent les fleurs ont des formes ou des couleurs différentes de toutes les autres. Les premières (feuilles radicales) sont ordinairement plus larges ,* plus longuement pétiolées , plus découpées , plus arrondies à leurs extrémités , plus rapprochée^ les unes des autres que les feuiUes caulinaires , c'est-à-dire du reste de là tige.

Les feuilles florales ou bractées sont, au contrail*è , en général plus petites , plus souvent seules , pluS pointues et colorées que les feuilles caulinaires.

Quant à leur naissance sur la tige ou les raineaùx , les feuilles se classent dans deux catégories bien distinctes : sur le bord d'une coupe transversale de la tige, on trQuvc tantôt deux ou plusieurs feuilles et tantôt une seule. Ainsi , les feuilles se succèdent le long de la tige et des rameaux , soit par paires ou verticilles , soit isolément.

Une paire de feuilles se compose de deux feuilles opposées ,• un verticille, de plusieurs feuilles naissant sur le même plan autour de la tige.

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On voit souvent une paire se transformer en un vcrticille ternaire , par l'addition d'une troisième feuille. Souvent aussi, dans la même famille , on trouve des espèces à feuilles opposées et d'autres à feuilles verticillées. Le nombre des parties d'un vcrtîcille varie fréquemment, surtout quand il est considérable. Il y a donc peu de différence entre les paires et les verticilles ; d'ailleurs , une paire est un vcrticilic de deux parties.

On cite quelquefois des feuilles géminées^ c'est-àdire partant de la même hauteur de la tige, mais rapprochées à leur hpse et non opposées. C'est une déviation accidentelle, quelquefois permanente dans une espèce, des autres arrangemcns de feuilles.

Les paires se succèdent presque toujours 'de manière à se croiser mutuellement , en sorte que les feuilles de la troisième paire recouvrent celles de la première; celles de la quatrième, la seconde , etc. Dans quelques cas rares {globulea obs^allata) , ce n'est que la sixième ou septième paire qui recouvre la première.

Dans les verticilles , chaque feuille répond à Tînlervalle de deux feuilles des verticilles inférieurs et supérieurs. Ils se croisent toujours , comme le font ordinairement les paires.

La disposition par paires ou verticilles est constante , surtout : !• dans les premières feuilles {cotylédons); 2? quand les feuilles qui composent une paire , ou un vertîeillé, se soudent par leurs bases -, 3" quand elles sont réanies par un renflement de la tige en forme débride; 4* quand la tige présente des angles et des faces en rapport avec la position des feuilles. Ces deux derniers cas se voient bien dans tes labiées.

Lorsque les feuilles sont solitaires sur une même coupe horizontale, on les dit ahemès (folia alterna), désî-

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gnatiou usuelle, mais peu convenable, puisque les feuilles sont rarement situées alternativement d^un oâlé et de Tautre de la tige , sur la même ligne longitudinale.

Dans ce cas tout spécial, où, étant situées sur deux rangs, la trobième recouvre la première, la quatrième la seconde, etc., ou les nomme feuilles distiques (fol, disticha). Plus souvent elles sont en quinconce (quùt' cuncialia) , la sixième recouvrant la première, la septième la seconde , etc. Cet arrangement par spires de cinq feuilles produit cinq rangées velticales le long de la tige , d'où vient le nom usité par quelques auteurs de tige quinqueséiiée. C'est le cas le plus fréquent dans ks dicotylédones.

. On connaît aussi des spires plus étendues où la quin- 2uème, vingtième , vingt-et-unième feuille, recouvre la première; mais avant de parler en détail de ces arrangemens compliqués , il importe de se faire une idée de la meilleure manière de les décrire et de mesurer les spires.

Jusqu'à M. A. Braun, qui a publié récemment un travail considérable sur les spires de feuilles, on se contentait de dire que chaque feuille est recouverte par la troisième oulasixième, etc. , en montant le long de la tige ; mais cela ne suffit paspourindiquer comment tourne la spire. En effet, quand la sixième feuille recouvre la première , les quatre feuilles intermédiaires font ordinairement deux fois le tour de la tige ;. elles pourraient ae le faire qu'une fois, ou trois fois, selop que la spire monte plus ou moins lentement. Cette considération doit donc être indiquée pour caractériser chaque spire. M. Braun la combine sous forme de fraction, avec le nombre des feuiHes.qui composent une spire, jusqu'à ce qu'une feuille en recouvre une auti'e. Ainsi, 1/2 est l'arrangement distique,

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parce que* la spire est de deux feuilles , qui font une fois le tour de la tige *, a/S rarrangement en quinconce ordinaire. Il y a des arrangemens compliqués jusqu^à 1 3/34 9 ^1/55. Dans cette dernière la cinquante-sixième feuille redouTre la première , et la spire qu'elles forment fait yingt-et-une fois le tour de la tige (i).

En regardaQt attentivement des feuilles plus rapprochées que dans le quinconce, notamment celles qui composent les écailles d'un cône de pin^ les bractées d'un involucre, etc., on est frappé 'de l'existence simultanée de plusieurs spires qui se croisent en divers sens et que Von découvre à mesure que l'attention se concentre davantage. C'est ainsi qu'en regardant un toit couvert de tuiles plates, on peut suivre une multitude de directions rectilignes, soit horizontales, soit verticales , soit obliques , montant de gauche à droite ou de droite à gauche ,' suivant la manière de considérer. En suivant dans un cône ces diverses lignes spirales , on ne parcourt qu'un petit nombre des pièces qui composent l'ensemble, et Ton fait à peine le tour de la circonférence, tandis que les spires distiques ou quinconcialcs comprennent toutes les feuilles d'une tige et son pourtour complet. M. 6i*aun est parvenu, par des considé-

(i) Far ce moyen on peut mesurer Fangle que forme la direction d^une iewUe avec celle d'une feuille immédiatement voisine, en supposant ces deux directions projetées sur un même plan. Dans l'arrangemeot distique, les deux feuilles se partagent la circonférence de la tige : celle-ci e'tant de 36o degrës , les directions des feuilles ftymient'nne ligne droite , et laissent igo^ de chaque cote'. Dans le qBÎBConce , la apire de 5 feuilles parcourt deux fois la circonférence de la tige , aoit 720 degr^ ; il faut diviser par cinq , pour avoir Vangle d'âne feuille sur l'autre ; c'est i4f*. En général , on obtient cet angle en multipliant 36o^ par 6 nombre de tours de \^. spire , et divisant par le nombre de frailles.

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rations arilhméiiques et géométriques-, à trouver, au qx>yen des spires partielles que Von voit dans les cônes, une spire telle qu'en marquant de chiffres les piècesqui la composent, on finit par énumérer toutes les écaiDes, sans, passer deux fois par la même, et Ton fait'ptusiettrs fois le tour de la circonférence. Il appelle cette courbe la spire génératrice , parce que ses circuits très-lents autour de Taxe engendrent les spires partielles , qui seules frappent au premier coup d'œil.

Dès que Ton passe des arrangemens 1/2 ou i^/5 à d'autres plus compliqués , la véritable spire devient difficile à reconnaître. Mais plus elle monte lentement autour de Taxe, plus les pièces dont elle se compose forment d'arrangemens partiels, bien apparens, qui servent à remonter à la véritable courbe (i).

Il parait que la spire génératrice varie d'un organe à l'autre, en passant des feuilles proprement dites aux feuilles modifiées qui composent la fleur et le fruit* Pour chaque organe , elle varie dans la même famille , quelquefois dans la même espèce et sur un seul individu;

(i) Les calculs de M. Braun , pour trouver la spire génératrice au moyen de spires partielles , reposent sur les propriéte's géométriques de cee spires partielles. Ils ne sont pas de nature à figurer encore dans' la botanique élémentaire , et heureusement la redberdie des spires a d^autant moins d'importance^ qu^elles sont plus compliquéesi' à cause de leurs variations. Le mémoire de M. Braun , écrit irèslonguement et en langue Allemande , se trouve dans les Nova ada nat. çur, Bonn.j XV 9 p. 197, o/i/i. i83i. M. Gli. Martins en a donné en français une analyse abrégée , infiniment plus claire que rorigmal ( Arch. de boL , Paris , ann. i833 ). Il est a regretter que VmotMm aliemaiid&^ait pas distingué les propriétés mathématique^ de ]a spîni de Fapplication de ces propriétés à la botanique. Le mélangâ d« eei deux genres de recherches a contribué a rendre son travail Fm dte plus obscurs de la langue allemande.

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elle est d'autant moins variable qu'elle est plus simple. Ainsi) les arrangemens distiques et quinconciaux ont de rimpQrtance par leur fixité.

Il me rçste à indiquer des exemples de diverses spires : Spire 1/2 (distique) : feuilles Aq fève ^lathy rus ^^ncia^ aristolçchiajf épis de graminées, etc.

1/3 est j?are : cactus speciosusy triangularis ,

carex, aloe, cohlùcum, etc.

2/5 (quinconce) de beaucoup la plus commune : feuilles de poirier, pomme de lerrc, robinia viscosa. etc.

3/8 assez commune : laurus nobilis, genista tincioria, aconitum napeUus, lilium, etc. Les arrangemens qui suivent sont rares : 5/1 3 euphorbia gerardiana, sedum acre,

agave americana, etc.

8/21 isatis iinctoria^ aloe prolifem ^ chatons de noisetier, cône de sapin comjnun (/;i- . nus abies ).

i3/34 sempervivum arboreutn,, yucca aloe- JoUa.

\ a 1/55 cactus coronarius et depressus, cône de piaus finaster, etc.

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