‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 22 sur 130 · DES STIPULES · texte numérisé non relu

DES STIPULES

Des deux ootés de chaque feuille, on remarque èur la tige de plusieurs plantes de petits organes analogues aux feuilles , mais dont la nature est encore peu connue; Ce sont les stipules (stipulœ). On est tenté quek^ue-* fois de leur attribuer peu d'importance, de les regar^ der comme de simples membranes saillantes vers FoKgine des feuilles, dans le genre de ce que Tdn nomme le coussinet (a), situé au-dessous de la feuille.

Cette manière de voir est confirmée par le fait qàt dans le premier développement de la plante ^ où Voû trouve tous les organes essentiels, racine , tige et

(i) Il aurait été plas naturel de dire bi ou trifoUolaUtm , mais ce terme s'emploie -poiir dire <pii a deux ou trois folioles. Lias andWI botanistes appelaient ces feuilles composées yoi/VijpiwuiCay ^où ympr nentleaàérlyés, impari pinnatum , etc,

(i) Ce renflement de la tige , au-dessous de Torigine de quelques feuilles, est quelquefois assez fort pour être une épinc.^Pans quel" ques acacias on voit, outre ce renflement , des stipules , ce qui montre que ce sont des organes différens (DC. , Organ. , I , p. tSS),

ORGAHES FONDAMEïfTAL'X. lOS

feuilles (cotylédons) , il n'y a pas de stipules , que d'ailleurs elles manquent dans un grand nombre de plantes. Mais il est certain aussi que les stipides prennent quelquefois un développement foliacé égal à celui des véritables feuilles , comme on le voit dans le lathyrus aphaca^ que leur organisation intime est analogue à celle des feuilles; enfin que ces organes en général e^dstent ou manquent dans toutes les espèces d'une même famille , ce qui montre qu'ils sont liés avec d'autres parties de l'organisation des végétaux. C'est ainsi que les rosacées , les légumineuses , les rubiacées , les ameiitacées, etc. ont des stipules , tandis que les renonculacées, les myrtacées, les solanées, n'en ont pas. Leur nattUre même est assez uniforme dans chaque famille. DbTeB comme des écailles dans les amcntacécs, elles sont foliacées dans les malvacées , etc. - Les stipulés sont ou entières , ou dentées , lobées , hbiniées diversement. Il y en a de caduques , d'autres persistantes. Leurs nervures sont pennées ou palmées , moins fortes ordinairement que celles des feuilles. Elles ont des stomates lorsqu'elles sont vertes et foliacées. Quelquefois elkfrfbe transforment en épines, ou en filets tfès-minces. Voilà de grands rapports avec les feuilles. On peut ajouter qu'elles se soudent fréquemment avec 'elles, et non avec la tige, ce qui indique non-seulement une configuité avec les feuilles, trèsgrande dès Torigine , mais aussi une analogie entre les organes élémentaires qui les composent. Il est vrai, d'un autre côté^ que les stipules ne sont jamais composées de parties articulées les unes sur les autres , et qu'il ne se développe, ordinairement pas de bourgeons (i) à leur

(i) M. Du Petit-Thouart ( 6* Essai y p. 83 ) dit avoir vu , dans les

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aisselle , ce qui conslitue des différences assez notables d'avec les feuilles.

Les botanistes, les regardent tantôt comme des organes distincts , tantôt comme des accessoires des feuilles; cette dernière manière devoir me semble, en définitive , la plus naturelle.

Les stipules naissent d'ordinaire à côté de Torigine de la feuille. Cependant celles des rubiacées , des logania et de quelques autres plantes , naissent un peu vers l'intérieur de la feuille , entre le pétiole et la tige. Ce qui augmente en apparence le nombre dé ces stipules intra-axillaires on intra-pétiolaires , c'est que fréquemment deux stipules latérales se prolongent et se soudent entre la feuille et la tige. On le voit très-bien dans • le melianthus major (i)^ où la soudure des deijix stipules latérales se démontre par la circonstance qu'elles sont distinctes dans d'autres espèces du même genre. Les polygonées ont des stipules soudées entre la feuille et la tige; elles se prolongent autour de la tige, tantôt en une gaine , comme dans les rumex, tantôt en une collerette plus ouverte, comme dans les poljgonum. C'est ce que l'on nomme V.ochrea des polygOMjes.

Dans les graminées , la petite menrorane (U^ida) qui se prolonge au-delà de la gaine , entre le limbe et la tige, a été considérée par quelques auteurs comme une sorte de stipules intra-axillaires.

La soudure fréquente des stipules, soit entre elles,

saules, des bourgeons stipulaires se développer, après que le bourgeon de la feuille avait été enlevé. M. de CandoUe ( Organ. , I , p. 34o) parait croire que ce sont des bourgeons adventifs qui peuvent se développer , dans ce cas , même lorsqu'il vty a pas de stipules.

(i) DC. , Organ., pi. 3o et 3it

soil avec le pétiole , est ce qui modifie le plus leur forme et leur apparence. Ijorsque les feuilles sont opposées , il arrive quelquefois que les stipules de Vun des cotés de la tige se soudent avec celles de Tautre , en sorte que Ton dirait quHl y a une seule stipule de chaque côté , eutre chaque paire de feuilles. Cest ce que Ton voit sur plusieurs malvacées et rubiacées. Dans d'autres plautes , comme certains astragales , les magno' lia, quelques figuiers , les stipules se dëjettent du coté opposé à la feuille et se soudent de Fautre coté de la tige, de manière à Fenvelopper parleur base. On dirait alors quHly a une seule stipule opposée à chaque feuille. Enfin il arrive, dans les rosacées, par exemple, que les stipules adhèrent avec le pétiole. Dans ce cas elles durent nécessairement autant que la feuille et on pourrait les prendre poulr des segmens ou pour la bordure du pétiole. On les nomme stipules pétiolaires, tandis que celles qui n adhèrent pas au pétiole sont dites cauUnaires.

Dans le développement des bourgeons , les stipules entourent les feuilles et grandissent plus vite qu'elles, mais elles tombât ordinairement plus tôt et sont en général moins grandes.

A lu' base des folioles des feuilles composées^ on remarque souvent de petites écailles ou membranes que M. de CandoUe nomme des stipelles (stipellai) , à cause de leur analogie avec les stipules. Elles en différent cependant beaucoup par la circonstance qu'elles naissent isolées à la base de chaque foliole latérale, et que la foliole terminale seule en a une de chaque côté. La nature des stipules est au contraire d'être par paires ou de manquer toutes deux à. la fois.

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