‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 36 sur 130 · DES CARPELLES SOUDÉS, OU FRUITS COMPOSÉS · texte numérisé non relu

DES CARPELLES SOUDÉS, OU FRUITS COMPOSÉS

(SYNCARPES) (l).

Jusqu'ici je n'ai parlé que des carpelles isolés , distincts à la fois les uns des autres et de tous les organes de la plante. Mais par des combinaisons qui entradnent une infinité de variétés, les carpelles sont fréquemment soudés entre eux , ce qui constitue des fruits composés ou syncarpes. Dans ce cas, il arrive souvent qu'ils sont aussi adhérens avec le calice,^ par l'intermédiaire du torus.

Les carpelles soudés entre eux forment des loges (locidi y locuïamenta) , lorsque les bords des carpelles rentrent en dedans du fruit jusqu'au centre. Les cloisons ainsi formées sont en réalité composées chacune de deux membranes latérales des carpelles soudées ensemble. Les placentas sont à l'angle intérieur de chaque carpelle^ exemples : les mauves, nîgelles, etc.

Mais les bords des carpelles ne rentrent pas toujours jusqu'au centre. Alors il existe une cavité unique avec des

(i)Fo/. pi. 3, fig. i4;pl. 4, fig. a5j pi. 6, fig. i à 8.

OAQAMBS DS LA AEPBODVCTION. 111

placentas sur la circonférence , comme on le toU dans lea yioleitei et le réséda par exemple.

Enfin, il arrive quelquefois que les cloisons de loges étant fort minces, se détruisent pendant la maturation du fruit , tandis qu'il reste au centre .un gros placenta , provenant de Tagglomération de tous les [rfacentas de loges. Dans ce cas, le placenta est dit central j et pour retrouver sa communication avec le reste du fruit , il faut examiner de très-jeunes ovaires. Les cariophyllées, portukcées, etc., présentent des placentas centraux.

Les fruits composés ne s'ouvrent pas , ou s'ouvrent de deux manières principales , par déhiscence sepîicide , ou locuUde. La première a lieu quand les carpelles se désunissent à une certaine époque , et tombent séparément. Ib s'ouvrent ensuite ou ne s'ouvrent pas, comme de& carpelles isolés ^ exemples : les rutacées, colchicacées* La' déhiscence locuUcide^ qui est de beaucoup la plus commune , est une rupture longitudinale du dos de chaque loge* Dans ce cas , les cloisons ne se désunissent pas en deux membranes , mais la rupture du fruit les déchire de haut en bas, en sorte que les valves portent au milieu des traces des cloisons. C'est ce que l'on exprimp en disant que les valves sont sepiifères (medio sq^tiferœ, ou sepliferœ).

Il y a beaucoup de modifications de déhiscences , qui ont plus ou moins d'analogie avec ces deux. Ainsi les fruits s'ouvrent quelquefois vers l'extrémité supérieure seulement, par des pores (dans les linaires), ou des valves (les bruyères). Les valves se délacbent quelquefois de bas en haut (escholtzia^ crucifères). Lorsque le placenta est central , la déhiscence a lieu quelquefois par des valves supérieures (cariophyllées), ou par une rupture de la circonférence , ce que Ton nomme débîs-

l.NTR. A LA ilOTANH)UE. tOMF. I. 1»

fil •ftOAMOGRlPUlS»

CMHC^ tranivenale ou en boite à savonneUê (chmim* cissè dehiscens)j comme dan« le mouron ^ le povrpier.

Lorsque |^s« fruiu composés sont soudés aîree le caliee, la dessication des membranes purvient éffiÊr neot k faire rompre le fruit dans bien des cas. Ordinairement ^ il est vrai, la déhiscence a lieu att-dtfsm du tube du calice , la où roveire est libre ; mak aoufint aussi le tube du calice e^i rompu de diverses manierai. Dans les ombellifères il se brise en deux , et chauve carpelle emporté une des parties du calice coUée ave^ lui. Dans les campanulées et antirrhinées il se forme fréquemment xles valves ou des trous de déhiseence sur le eàté du tube du calice.

Les carpelles qui forment un fruit eomposé pestent, oomme les carpelles libres^ être charnus ou de ccmsiitanee sèche, même osseuse. L'épicarpe, le mésocarpest Tei^dcMcarpe peuvent aussi avoir une conststanoe^ivene.

Le nombre dLes carpelles soudés varie égaleoMUt -Quelquefois plusieurs avortent , souvent même ie hwi 9e -trouve réduit à un seul carpelle , comme on le vok dans les lég;umineuses. Dans ce cas la position exeeairique de ce carpelle fait reconnaître ravortemenl dfii autres. Quand il y a une seule loge et diUK "styles oa stigmates, comme dans les composées et graoïiiiées, on doit présumer que Tun des ovaires soudés a averté par la partie inférieure.

©ES FEtriTS PROVENANT DE PLUSIEURS FLBURS

( POLYAKTHOCARPES ).

Jl Y a des fruits qui proviennent du rapprocbem«iit #u 4le U soudure de plusieurs fleurs différentes. Ce sont des fruits agrégés.

J^ism Tfm nomme fruit le cooe de^ pins, mais •p'e^ éyjfjfniimepi I9 réunion de plusieurs fruits^ car chaque écaille appartenait à une fleur. Dans le dors^ Umia^ |rfu#i£urs petites fleurs sont placées sur un inépep^cle i^ncave , et les fruits qui en pro^ijennent mûrissent ainsi isolés. Dans lies figuiers ce igéme réceptacle entoure complètemeo^pes fleurs et plus tard les fruits. Dians ces divers cas il est à regretter que Ton ait donné le nom de fruit à des réunions de fruits nuUe^ ment soudés entre eux , et qui à aucune époque n'ont élé entourés d'enveloppes florales communes* Cest lifte erreur di^ même genre que i»i Toû nommait fruit foule une grappe de raisins, tandis que c'est chaque grain qui doit être considéré comme un fruit.

Cette nomenclature , où Ton prend le tout pour la partie, est plus excusa)^ quand les fruits de fleurs dif- £érei^se SjQjuulent entre eux, soit directement, soit par rintenaédiaijre de leurs enveloppes florales et du réceptacle. Cest ce qui arrive au fruit de Tananas et de Tarhre à pain. Us sont véritablement agrégés , car quoique chaque carpelle vienne d'une fleur différente, l'ensemjtde des carpelles, périgones , bra/ctées et axes floraux , eal réuni en une seule masse charnue , qui constitue à nos yeux un seul fruit. Dans plusieurs chèvre-feuilles, où les fleurs rapprochées deux à deux sont i)ien distinctes , les fruits charnus qui en proviennent se soudent toujours dans une partie de leurs faces , comme cela arrive quelquefois par accident à deux grains de raisin.

GLÀSSIFICiTlOir DES FRUITS.

Il résulte des j^ticles préçédens qu'il y a trois grau** des classes de fruits :

4M ORGAKOCRAPtlIC.

I*. Les fruits simples^ provenant de carpelles libres dans une même fleur. On peut les nommer apocarpes (apocarpi).

ik\ Les fmlts composés^ qui se forment de la soudure de plusieurs carpelles d'une même fleur. Ce sont des sjmcarpes ( syncarpi).

3*. Les fruits agrégé^^^i se forment de la soudure de |Jusieurs fruits , de fleurs difierentes. On peut le^ nommer polyanthocarpes (i).

Les botanistes ont imaginé une multitude de noms pour caractériser les principales modifications des fruits. Un grand nombre de ces termes sont à peine iHUinus , tout au moins inusités , et encombrent les traitée do Imlanique. Prétendre nommer toutes les modifications serait folie, car il faudrait passer en revue toutes les combinaisons possibles des caractères , et leur nomliiH) est très-considérable. En se bornant même aux ^Mract^res importans des carpelles, comme d'être libres ou Houdés entre eux, libres ou soudés avec d'autres or- ({ancm , déhisccns ou indéhiscens , charnus ou membra-

( I ) CfiN itoina , tirc^f du grec, ont étë en partie inventés par M. Lhidl»y ( iittttHf, to botanjr , p. 178 ). J^ai conserve celui de sjrncarpej «>rlul d\9fHWfêrp9 eil restreint par M. Lindley aux ovaires libres, iMil(|tiD« duuii tino fleur , je Te'tends à tous les carpelles libres , et le Huii nVu (tMt \\\\e inirux d^accord avec le sens. Enfin, la troisième iilHimii nul ii«>iuniôe pur M. Lindley anûiocarpes 3 mais commfi tous li>«i IriilU pruvimueut de fleurs, j'ajoute le mot poljr. Le composé |itil,^ tnilliocMrpe , pour les ]>crsoDnes qui connaissent le grec, exprime li'^'t roiii|il(^h*iii(Mit In ivunion des fruits de plusieurs fleurs. Les car- |iitlliiii IiIhtn l'ôiiniM. lut nombre de deux ou de plusieurs , dans une Httiilii lli'iir, Miiil Hpprlôs, par M. Lindley, fruits agrégés^ mais ilimptif In (Util (lu'il y ait un ou plusieurs carpelles, pourvu qu^ils soient lj|ir(>t< (W d'iiillnirs c» tonne a été employé dans un autre sens par plii- •iKiir* MiMrurN, nolAmmcut par M. de Gandolle ; depuis plus de vingt

ORGAIIES DE LA REPRODTTGTIOir. 181

Deux , au nombre d'un ou de plusieurs , etc., il y aurait déjà beaucoup de combinaisons à désigner par des noms. U faut donc se borner aux termes usuels , qui indiquent des modifications à la fois importantes et communes dans la nature. Voici quelques-unes de ces formes (i).

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