DU FRUIT EIV GÉNÉRAL
Peu de temps après l'ouverture de la fleur et la chute du pollen sur le stigmate , les organes floraux
(i) Ml B€^r a d^rit ce ftiit a la fin de son mémoire sur les inflorescences, f^oyez le UnnfBa cm le Bnlletin botan. de M. Seringe.
lit ORGANOGRAPHIZ.
changent d'aspect ^ les étamines et la corolle tombent ou se dessèchent ; le calice se détache ou g^randit en persistant^ les stigmates dans bien des cas disparaissent; mais les ovaires grossissent et deviennent des fruits, et les ovules se changent en graines.
En botanique on entend par fruit (fructus)^ nonseulement les carpelles à Tépoque de leur maturité, mais aussi, par extension, les carpelles avec les enyelo.ppes qui adhèrent souvent avec eux. L'étude du fruit ^lans son ensemble se nomme carpologie, étude importante, puisque le fruit est le résultat de toute la végétation, et que les graines sont le moyen mystérieux par leqnd une espèce est reproduite,
DES CAaFELL£S LIBRES OU FRUITS SIMPLES (apOCARPBs) (iJ.
Un carpelle considéré en lui-même est une feuille repliée sur les bords et qui se compose de trois parties : la surface ou membrane extérieure , épicarpe (epîcarpium)'^ la membrane intérieure, endocarpe (endocarpiurri)\ et Fintervalle entre ces deux membranes, mésocarpe (jnesocarpium). Ce sont les représentans des deux surfaces et du mésophylle des feuilles ordi^ naîres.
L'épicarpe, de même que Tépiderme inférieur des feuilles , porte souvent des poils , des glandes ou des stomates. Il s'enlève aisément, sous forme de pellicule transparente, dans les gousses (légumes) de fèves , haricots, etc. Cest la peau veloutée de la pêche qui se détache plus ou moins facilement dans ce fruit , tandis
(i) jP^cy-.pl, 3, 6g. 3, 5, 6 j pi. 6, fig. 9 et lo.
ORGANES DE LA REPRODrCTION, IT5
(Ju'elle^dhère au mésocarpe dans l'abricot. L'épicarpe est rarement épaissi ou endurci.
L^endocarpe au contraire , qui représente la surface supérieure de la feuille , varie beaucoup de nature , de consistance , de couleur , etc. Dans le légume des pois, fèves ou haricots , il est mince , transparent ou verdâtre comme Tépicarpe. DdusTamande, il forme ce que Ton nomme vulgairement la coque. Dans la pèche, l'abricot et la cerise , c'est la partie osseuse du noyau. On trouve aussi des épicarpes cartilagineux. Ils portent rarement des poils ou des stomates , ce qui est dû sans doute à leur situation dans l'intérieur du fruit.
Le mésocarpe, de même que le mésophyllc des feuilles , est quelquefois tellement mince , qu'on a de la peine à le distinguer , tandis que dans d'autres cas , il est épais , charnu , fibreux , etc. C'est dans Tamande la partie sèche et fibreuse nommée brou , qui entoure la coque ; dans la pèche , l'abricot et la cerise , la partie charnue , qui se mange, et que l'on nomme quelquefois la chair {caro) à cause de cette même consistance (i). Le nom de sarcocarpe , donné par quelques auteurs au mésocarpe , vient aussi de cet état particulier , mais celui de mésocarpe est plus convenable , parce qu'il peut s'appliquer à tous les cas. Dans plusieurs fumariacées (cyslicapnos) , le mésocarpe est boursoufflé, plein de lacunes, et traversé iirégulièrement par des fibres qui unissent les deux surfaces. Souvent le mésocarpe est une membrane élastique , endurcie ou comme desséchée.
(i ) Il ne faut pas confondre la chair avec la pulpe [pulpaS. Celle-ci est one substance a moitié liquide contenue dtms les carpelles » probablement sécrétée par Tendocarpc ou les enveloppes des graines. La easse , par exemple, a une pulpe.
114 OROANOGRAPHIK.
Il faut observer que ces trois parties peuvent adhérer plus ou moins entre elles à l'époque de la maturité. Ainsi , dans une pèche ordinaire très-miire , les trois parties se séparent aisément ^ tandis quç dans la pécha pavie , Tabricot et Tamande, Tépicarpe adhère toujours au mésocarpe , et ce dernier se sépare de lui-même de Tendocarpe.
£n se repliant sur les bords , la feuille carpellaire présente sa concavité ,du côté de Taxe de la fleur. Les deux bords sont ordinairement soudés dans toute leur « longueur, mais dans les hellébores, par exemple , la soudure u'a lieu que dans le bas , et le carpelle reste béant vers la partie supérieure. Les bords se replient quelquefois dans Tintérieur , de manière à diviser le carpelle par une cloison longitudinale , comme on le voit dans les astragales. Il arrive aussi dans certaioes légumineuses que les deux côtés du carpelle repliés Tun contre Tautre, étant d'une consistance chamoe, se soudent , non-seulement par les bords , mais aussi par une bonne partie de leur surface.
La soudure de^ bords de la feuille forme une suture àiie/ventrale , parce qu elle e^t opposée au dos du carpelle , ou seminifère^ parce que les graines naissent à l'intérieur des deux côtés de cette ligne. La nervure prinoaire ou dorsale du carpelle est opposée à la suture séminifère , et lui ressemble fréquemment.
Les carpelles sont déhiscens ou indéhiscens , c'est-4* dire qu'à leur maturité ils s'ouvrent ou ne s'ouvrent pas d'eux-mêmes. La déhiscence a lieu, ou longitudina* lement , ou transversalement. Dans le premier cas , de beaucoup le plus commun , l'ouverture a lieu ou par séparation des bords du carpelle, ou à la fois par séparation de la suture ventrale et rupture de la nervure dorsale.
OBGAKÉS M l'A «EFRODUCnON. |T(
hof^qfj^ ce» deux ligne» aaturelles de déhisceiice 80pt fonnëes d'ûi^nes extrêmement soudés , plus te-* DUces qua le reste du carpelle , la rupture a lieu quelqttefbîi le lopg des deux cotes du carpelle , comme on le Toit dans ïhœmataxyhn (lëgumineuse).
Les pièces qui se détachent les unes des autres dans U déhiscence sont des valides (yalvœ).
Il se peut que le péricarpe soit intimement soudé avec une graine , et dans ce cas , il est nécessairement indéhiscent , parce que les graines ne s'ouvrent que par la germination qui a lieu plus tard.
Les graines naissent le long de la suture ventrale , mais lorsqu'il ne s'en développe que une ou deux, elles peuvent se trouver à la base ou au sommet, ou à la fois à la base et au sommet du carpelle : alors elles sont en apparence droites ou pendantes , parce que la forme de ht cavité et leur situation les forcent à prendre cette direction.
Chaque graine est supportée par nufunicule^ cordon ombilical, ou podosperme , qui est ordinairement un petit filet très-court. Le point où ce filet sort du carpelle est le placenta (placenta). Dans les légumes (pois , haricots, etc.) et dans beaucoup d'autres fruits, les funicules sont plus remarquables que le placenta , mais souvent aussi le placenta est très-gros, charnu , et remplit une portion notable du carpelle. On peut le regarder alors ou comme un renflement particulier des bords de la feuille carpellaire , ou comme un effet de la soudure d'un très-grand nombre de funicules.
Les carpelles, dont je viens d'indiquer les modifications principales , peuvent être uniques dans chaque fleur , DU nombreux. Le premier cas est celui des légumineuses, par exemple; tandis que daris les renoncu-
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lacées , rosacées , etc. , on trouve un grand nomlyfe de carpelles à Fépoque de la maturité. L'ensemble de ces carpelles forme alors des fruits d'un aspect varié. Dans les géraniées ik sont autour d'un axe solide ; dans )e& renoncules et les fraises , ils sont sur un toras plus ou moins charnu ; dans les roses , au fond d'un tonis concave soudé au calice, etc. On peut concevoir que chaque espèce de carpelle , sec ou charnu , déhiscent ou indéhiscent, déhiscent de diverses manières, etc. , se trouve ainsi placée sur des torus ou axes de nature diverse.
AKTICLE III.