CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES
tion du lissu végétal, par juxta-posiiion de vésicules distinctes , le rend poreux , spongieux pour ainsi dire , bien plus qu'un minéral. Les propriétés qui en résultent tiennent uniquement à la nature et à Tarrangement des cellules et des vaisseaux. Elles ne dépendent pas de la vie , car un végétal mort depuis nombre d'années les possède à un degré plus ou moins remarquable. Cela est surtout vrai de l'hygroscopicité et de Télasticité. On sait, par exemple , que le bois le plus vieux et le plus sec , mis dans une atmosphère humide, absorbe une portion notable de Thuînidité, et que les poutrâ^ d'une construction fort ancienne demeurent toujours élastiques.
Reprenons en détail ces trois propriétés.
V extensibilité est au plus haut degré dans la jeunesse des organes. On voit les branches s'accroître dans toute leur longueur , le tronc des arbres grossir facilement jusqu'à une certaine époque , où probablement le tissu devient plus tenace, plus dur, par le dépôt graduel de matières solides. Quelques organes continuent à s'allonger et à grossir, mais ce n'est plus par l'extension du tissu , c'est par l'addition de nouvelles cellules , de nouveaux vaisseaux, à côté des anciens.
V élasticité est cette propriété par laquelle un organe tend à reprendre sa place , lorsqu'une force étrangère l'en a dérangé. Ainsi une feuille retournée par nos mains ou par le vent se remet promplement dans sa première position. Les pédoncules et presque tous les organes offrent plus ou moins celte faculté ; cependant le dracocephalum moldavicum a des pédicelles qui ne reprennent pas leur position quand on les dérange. On a comparé ce phénomène à ceux de la catalepsie , mais il tient seulement à un défaut d'élasticité.
Il arrive souvent que des anthères , des portions de
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corolle ou les yalves d'une capsule, se déjettent insUn» tanéoicnt par suite de leur élasticité et de la posilim forcée dans laquelle ces organes se trouvaient. Les ëtfr* mines de la pariétaire sont d'abord soudées vers le haut et courbées vers le centre, m^is ensuite rttUongeine&tde leurs filets rend cette position difficile. Il arrive un instant où la séparation s'opère et où les étamines se jettent en dehors comme un ressort comprimé qui se débande. C'est ainsi que l'on voit éclater les capsules de baUir mines , d'euphorbes, et d'autres plantes dont les fragmens (appeUtf coques) sont éminemment élastiques. Dans beaucoup de cas , l'élasticité facilite les phénomènes de la vie végétale.
Ul^groscopicitéy ou faculté de perdre et d'absorber l'humidité, joue un roie fort important dans la végétation. C'est une propriété tellement inhérente àquelques organes , que l'on a fait des hygromètres avec des membranes ou produits végétaux.
Les organes les plus remarquables sous ce rapport sont les aigrettes des composées , les poils raides appelés cils, les dents du péristome des mousses , les valves de plusieurs capsules , et en général les parties sèches , coriaces ou scarieuses.
Ou voit ces organes se tordre ou se crisper par la sécheresse, et se détordre ou s'étendre par l'humidité. Les corps ligneux, surtout l'aubier, sont très-hygroscopiques. Il en résulte même que ce dernier se pourrit aisément, lorsqu'il est mis à nu , tandis que Técorce étant peu hygroscopique , le protège habituellement. C'est aussi une des causes qui font sortir par les fissures de l'écorce, les gommes et les résines sécrétées intérieurement dans le corps ligneux.
L'eflFet de l'hygroscopicité est d'étendre le tissu ou la
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portion de tissu qui est affeclée par l'humidité. Ainsi , dans un corps quelconque , la partie qui absorbe le plus d'eau se courbe sur la partie contiguë qui en absorbe moins , parce que cette dernière devient compara» tiyement plus courte. Il faut nécessairement, ou que les deux pattiieÀ adhérentes et inégalement humides se séparent, ou que celle qui grandit suive le sort de la partie la plus sèche , quMle se déjette de son côté, qu'elle soit soulevée par elle, etc. Dans les capsules , le côté extérieur, frappé parle soleil, se dessèche presque toujours ayant le côté intérieur, et alors. les valvct s'étalent. J'ai TU cependant des capsules de campanulacées du cap de Bonne-Ëspérance , qui se ferment par l'humidilé. Il y a encore une exception célèbre , celle de Xanastatîca hierochuntina j plante de la famille des crucifères, appelée vulgairement et improprement rose de Jéricho. Cette plante, qui tout entière n'est guère plus grosse que le poing, a des rameaux ramassés en boule quand 0 fait sec. Elle est facilement déracinée et le vent la fait rouler comme une boule dans le sable des déserts dTÂfrique. Si elle tombe dans un endroit humide, ses rameaux s'étalent, contrairement à ce qu'on pourrait supposer. Probablement le côté intérieur est plus hygroscopique que Textérieur.
nt PHYSIOLOGIE.