CONSIDERATIONS PRELIIIIN AIRES. SAS
exemples curieux ne sont que des exceptions dans le règne Tégétal. Les espèces qui les présentent n'ont d'ailleurs pas plus d'analogie avec le règne animal que les autres plantés. Elles ressemblent à beaucoup de phanérogames qui n'offrent point les mêmes singularités , et non . à Ces cryptogames qui semblent intermédiaires entre les deux règnes. Enfin elles n'ont point d'organes âëmentaires spéciaux que Ton puisse comparer à un système de muscles. Il est donc probable que ces faits rentrent dans la mén^e catégorie que d'autres , moins remarquables sans doute, mais plus généraux , que l'on attribue à ïexcitabilité du tissu végétal.
La sève monte dans les arbres bien au-delà de ce que produit la simple capillarité , et contrairement à la loi de ht pesanteur. Cet effet cesse quand la plante meurt, et cependant le tissu parait toujours dans le même état. Une graine conservée dans un lieu sec, pendant nombre d'années, ne s'altère pas et ne germe pas. Mise en terre, la jeone plante cachée dans l'intérieur se développe ; elle sort d'une longue léthargie ; elle devient un nouvel être, compliqué à l'infini, semblable à celui qui Ta produite. Voilà les phénomènes qui caractérisent la vie. Les sécrétions , les effets de la lumière , des gaz , de la ehaleur , de l'électricité , sur les végétaux vivans , sont aussi des phénomènes vitaux. Ils sont analogues à ceux que présentent les organes des animaux, indépendamment des muscles et des nerfs. On peut donc les attribuer, comme le font les zoologistes, à l'excitabilité vitale du tissu organisé.
des okgines ou réside principàleheitt l'excitabilité.
Plusieurs physiologistes , en admettant la vie des végétaux , ont cru qu'elle réside principalement dans les organes élémentaires les plus compliqués, tels qu& ks vaisseaux et les trachées. Il parait plus probable que le ûssu cellulaire est le siège principal de Texcitabilité (i); En effet , il y a un nombre immense de plantes (toutes les amphigames , les œthéogames dans leur jeunesse, les potamogetons et autres phanérogames aquatiques) qui vivent sans vaisseaux ni trachées , uniquement par le tissu cellulaire dont elles sont composées en entier. Pe^ sonne ne prétend que ces plantes ne soient pas sujettes à vivre et à mourir-, il faut donc que le tissu cellulaire soit doué de facultés vitales. C'est entre les cellules que monte la sève , c'est à leur surface interne ou externe que se forment les sucs les plus compliqués , c'est aussi là que se déposent communément les produits solides de la végétation. Il est donc probable que les cellules et les vaisseaux tubulés qui paraissent en provenir sont le siège principal de la vie. La grande élasticité des trachées , qui peut faire penser à quelque propriété vitale, est uniquement une propriété du tissu, car elle dure bien long-temps après la mort des végétaux. Les cellules , au contraire, semblent douées pendant la vie, d'un état de fraîcheur et de flexibilité, qui disparait à la mort.
(i) DC, Physiol. , I , p. 35.
* CONSIDERATIONS PftEUMINAlAES. 337
MM. Knight et de Candolle attribuent aux cellules TÎvantes la faculté -de se contracter et de se dilater d*une manière trop peu apparente pour être aperçue par nom, mais qui suffirait néanmoins pour faciliter la circulation des fluides pendant la vie, soit en dedans, soit en dehors de ces cellules. M. Knight croit que la température suffit pour causer ce phénomène *, mais alors on demande pourquoi la sève ne monterait pas dans un arbre mort, soumis à toutes les variations de température. M. de Candolle , admettant de même la nécessité d'un mouvement intestin des cellules vivantes, pense que c'est un phénomène vital, facilité par la chaleur, la lumière, l'électricité. Il regarde comme preuves de Fexistence de ce mouvement, les fait;3 qui suivent : 1* rhuile volatile des folioles àixschinus molle s'échappe (sous l'eau) par saccades intermittentes , comme si les cellules se contractaient pour chasser le liquide ; n^ si Ton irrite la cuticule des parties superieures.de la tige ou des bractées de la laitue et d'autres chicoracées , on Yoit le suc laiteux sortir par petits jets du tissu cellulaire (i); 3^ la membrane interne des grains de pollen sort brusquement -, 4^ quand on coupe une tige d'euphorbe ou de tout autre végétal laiteux, même un champignon laiteux, on voit le suc blanc sortir à la fois par les deux plaies, quelle que soit la position, verticale ou horizontale, de la plante ; le lait sort de bas en haut comme de haut en bas , ce qui montre qu'il est chassé par une force intérieure ^ 5° d'après les expériences de MM. Van Marum et Humboldt (2) , le suc laiteux des
[t) CiftftAD.» SulT irritabil, delC lattuga, giom, di Pisa.
(a) Yak Kia. et Hunb. , Aphor. ad cale. flor. , Heidelb, iii-4".
SS8 >BT810L0GII. *
euphorbes ne coule pas , lorsqu*on coupe la pknto après qu'elle a tnëe par une commotion électrique : or, Télectricité détruit la contractîlité du tissu des animaui; 6® les poisons affectent de la même manière les cellules des végétaux laiteux ; 7® enfin, les mouyemens dm globules intérieurs des chara sont causés, suivant M. de CandoUe , par une contraction vitale des cellules.
Beaucoup d'autres faits tendent à prouver TexcitaKlité vitale des cellules , de celles surtout qui sont jeunes et molles. Ainsi, la succion des racines s'opère parles extrémités (spongioles) qui sont dépourvues de vaisseaux et de trachées , mais où les cellules sont très-frtiches , car les racines poussent par ces extrémhës. Les suçoirs des plantes parasites et les stigmates sont des points qui absorbent aisément les liquides • et qui ne sont composés que de cellules non enveloppées de cuticule. Les liquides circulent indépendamment de la position des organes et contrairement aux lois de la pesanteur, dans une foule de cas. Les bourgeons et les boutons, composés d'organes naissans , appellent à eux la sère avecf beaucoup de force. Ce sont autant de phénomènes de la vie végétale dans lesquels le tissu cellulaire joue «1 très-grand rôle.
ARTICLE m.
DES CAUSES QUI MOBIFIENT l' EXCITABILITE VÉGiTiXl*
Le moment où les cellules jouissent au plus haut degré des caractères qui distinguent la vie , c'est celui où elles sont jeunes. Plus tard , elles se couvrent de matières ligneuses ou terreuses , de fécule , de chromule , etc. , ce qui contribue sans doute à diminuer leur excitabi-
^ CONSIDl^TtONS PRELIMINAIRES. fS9
lité. Les ceHales du bois , comparées à celle de Taubier, montrent bien cette transformation.
La sécheresse du tissu cellulaire contribue , comme râ{Bre, à diminuer sa vitalité. Ainsi, les aigrettes des oomposëes , les poils endurcis , les membranes des capsules mures , n'offrent guère d'excitabilité ; ce sont des tissas presque morts. L'humidité peut rendre la vie à une membrane desséchée qui n'est pas tout-à-fait morte, mais il y a un point de dessication où cela ne se peut plus.
Certains poisons narcotiques diminuent la vitalité des celkiles.
1! y a au contraire des agens qui excitent plus ou moins le tissu des végétaux vivans. Ce sont la lumière, la dialeur, l'éfectricilé , certains gaz et certaines actions mécaniques.
La lumière détermine les phénomènes les plus imporlans de la vie des végétaux. C'est elle qui fait que le tissu cellulaire décompose le gaz acide carbonique de Taîr, et que les stomates s'ouvrent pour laisser échapper l'humidité surabondante et pour établir une communication de l'extérieur à l'intérieur du tissu. Les phénomènes réglés par la lumière sont si imporlans , que les végétaux ne peuvent pas vivre dans une obscurité prolongée,
La chaleur a des effets purement physiques , comme d'augmenter l'évaporation , de dilater les cellules , etc. Elle a aussi une influence sur la vie , car au premier printemps, par exemple, elle détermine l'évolution des bourgeons et l'ascension delà sève; elle tire les végétaux, pour ainsi dire, de la léthargie où l'hiver les retenait.
Quelques faits peuvent faire croire que l'électricité accélère la végétation, de même que certains sels ou gaz
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mis en contact, soit avec des graines, soit avec les or-* ganes foliacés.
Une chose plus certaine et moins aisée à comprendre, c'est que les chocs répétés sur un point, les piqûres d'insectes et les autres lésions purement mécaniques , augmentent la vitalité dans Torgane qui en est atteint. On sait que les fruits véreux , c'est-à-dire piqués par des insectes, mûrissent les premiers. La piqûre desétamines de £er&em,le fait de toucher la sensitive ou les feuilles de dionœa , produisent les effets remarquables qui paraissent plus que de la simple excitabilité et que beaucoup d'auteurs comparent à l'irritabilité des muscles.
Ainsi, en résumé, les facultés vitales des végétaux dépendent de la constitution propre des cellules ou vaisseaux , notamment de leur degré de jeunesse et de fraîcheur, et des agens extérieures qui activent plus ou moins la vitalité des organes. Cette vitalité , oombiiiée avec les propriétés purement physiques ou chimiques des tissus et de tous les corps , sert à expliquer les phénomènes de la végétation.
^ DE LA NUTBinON. Ml