‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 63 sur 130 · OE LA NUTB1T10^. 9YS · texte numérisé non relu

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vivans les purifient en dégageant de Toxigène, de même que les végétaux morts , et les animaux les vicient en absorbant de Foxigène et dégageant d'autres gaz.

Les chimistes ont bien prouvé que le résultat d'une végétation vigoureuse est d'augmenter la proportion d'oxigène répandue dans Tair. Mais cette augmentation est faible , parce que Toxigène employé par les parties colorées et absorbé de nuit par les feuilles, compense à peu près le dégagement qui a lieu de jour. Dans les expériences où Ton recherche l'augmentation d'oxigène par suite de la végétation^ tout dépend des rameaux plus ou moins verts que l'on choisit pour faire Tessai , de la proportion des parties vertes à celles qui ne le sont pas , du nombre d'heures pendant lesquelles on place l'appareil soit à la lumière solaire , soit à la lumière diffuse du jour, qui produit peu d'effet, ou enfin à l'obscurité complète qui fait absorber l'oxigëne. M* Théodore de Saussure a trouvé que dans le cours ordinaire des choses , une branche introduite dans un ballon augmente au bout de quelques jours la quantité d'oxigène contenue dans le vase. M. Palmer (i) a trouvé une augmentation d'un centième , après avoir mis pendant dix à douze heures de jour des rameaux verts dans un ballon plein d'air. Mais en serait-il de même après l'absorption nocturne d'oxigène, et si les rameaux étaient moins surchargés de parties vertes? Le même auteur a trouvé que l'atmosphère d'une serre close ne contenait pas plus d'oxigène le soir que le matin. On sait que dans les déserts les plus arides, la proportion d'oxigène de l'air est exactement la même

(i) Pàlm., De plnt. exhalât. , in-S"* , Tulnog. , 1817. INTR. A LA BOTANIQUE. TOME I. iB

que celle des pays bien boisés. Ce résultai peut surprendre y malgré ce que Ton connaît de la mobilité des f];az , et peut faire croire que les végétaux influent peu sur la composition de Pair.

M. de Saussure a élevé sept pervenches, plongeant par leurs racines dans de F eau distillée, et végétant dans un vase clos qui contenait de Tair atmosphérique avec 7 centièmes 1/2 de gaz acide carbonique. Il a exposé les plantes au soleil, et après six jours, il a trouvé dans Fair du vase ^4 centièmes 1/2 d'oxigène au lieu de si. Mais dans cette expérience, curieuse sous d^autres rapports , l'augmentation d'oxigène peut tenir à la quantité de gaz acide carbonique, bien supérieure à oequi existe dans l'atmosphère ordinaire : d'ailleurs les plantes étant jeunes, offraient peu de parties colorées. La js^A leure raison pour croire que les végétaux, p^idant qa^ils sont feuilles et bien portans, dégagent de Toxigèoe plus qu ils n'en consomment, c'est que la quantité de carbone qu'ils contiennent augmente par suite de la végétation. Or , chaque particule de carbone nécessite un dégagement d'oxigène correspondant, puisque ce car- }x)ne ne provient que de gaz acide carbonique décomposé.

Ainsi , des plantes en pleine végétation purifient Tair : i*" en détruisant le gaz acide carbonique flottant, gaz qui a été reconnu nuisible à la respiratiom des animaux -, 2** en augmentant d'une petite quantité la proportion d'oxigène libre.

Mais après la période active de la végétation, la grande chaleur ou l'hiver dénaturent, détruisent même les feuilles delà pi uj);irt des végétaux. Pendant quelques mois, toutes les plantes à feuilles caduques ne produisent que du gaz acide carbonique, puisque les parties

vertes leur manquent , et que les parties colorées continuent leurs fonctions. Les plantes à feuilles persistantes dégagent bien peu d'oxigène pendant Thiver , à cause de la longueur des nuits et du nombre des jours nuageux. Yoilà pour compenser la végétation de Tété.

Vient ensuite la putréfaction des feuilles et des végétaux eux-mêmes, qui absorbe encore de l'oxigène.

Il est donc difficile de dire si le règne végétal considéré en masse , dans toutes les saisons et dans ses dernières conséquences, accroît sensiblement la proportion d^oxigène de l'air. On l'affirme dans tous les livres 5 on oppose toujours la respiration des végétaux qui purifie , à celle des animaux qui vicie l'air. Le contraste est remarquable sans doute ; mais si l'on réfléchit à l'action totale des végétaux et des animaux , ainsi qu'aux décompositions qui suivent la mort , et aux combustion:^ de toute espèce, on ne sait en vérité si les proportions de l'air atmosphérique restent stationnaires ou varient dans un sens ou dans l'autre. C'est probablement après avoir senti le nombre de ces actions en sens contraire , que l'illustre auteur de la mécanique céleste , peu de temps avant sa mort, proposait à l'Académie des sciences de Paris de faire constater de la manière la plus certaine quelle est aujourd'hui la|)roportion des gaz qui composent l'air atmosphérique ; afin que, dans quelques siècles, en faisant de nouvelles expériences semblables, on sache positivement à quoi s'en tenir sur cette immense question , de laquelle dépend le sort des êtres organisés actuels (i).

(i) On a de iKiaiiM raisons de croire que les êtres organisés antérieurs y aujourAvi fillMÎles > vivaient sous des conditions atmosphériques difierentea des nôtres. ( Voy-ezlc chapitre des ve'g, fossil. )

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