‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 70 sur 130 · VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX

Quoique le tissu végétal se compose en apparence de solides et de liqiddes , il contient aussi des gaz , qui sortent en abondance sous la pompe pneumatique. L^air pénètre les bois les plus durs , traverse les membranes et les liquides ^et remplit une foule de cavités. Celles- A sont de deux sortes : les vaisseaux et les cavités aénennes.

On a été long-temps dans le doute sur le véritable contenu des vaisseaux , mais M. Bischoff a singulièrement éclairci ce point dans sa dissertation : De verd t^o* sorumspiraliumplantarum structurd et indole (in-8^ Bonnse, 1829). Il comprend dans les yaisseaux spiraux, les trachées , les vaisseaux rayés , ponctués et réticuialres, et il donne de bonnes raisons' pour croire qu'ils contiennent habituellement de Fair ou un mélange de gaz qui s'en éloigne peu. Enserrant dans les doigts, sous Teau , un faisceau de ces organes , on en voit sortir des bulles^ mais si Von fait cette opération à l'air, il ne sort pas de liquide. Les bulles produites dans du sul-

fate de potasse contenaient, dans le màlùa arborea, 27,9d'oxigène^ dans le cucurhitapepo^ 29^8. D'après une série d'expériences , M. Bischoff conclut que cet air des vaisseaux contient en moyenne 81/2 centièmes d'oxigène de plus que Tair atmosphérique. Il ne parait pas contenir de gaz acide carbonique.

D'où vient cet air captif dans les vaisseaux et quel rôle joue-t-il? M. BischofiF croit qu'il est sécrété par les racines et non absorbé par elles en nature , et qu'il sert à modifier la sève autour de lui. Ainsi les trachées ressembleraient, de rôle comme de forme, à celles des insectes. M. de CandoUe, ne voyant pas de preuve que cet air soit sécrété , pcn^e qu'il entre par les racines et que reddition d'oxigène vient d'une légère décomposition du gaz acide carbonique de la sève (i). Les cavités aériennes produites par l'extension des méats* intercellulaires , par le dédoublement ou l'accroissement des membranes , contiennent ordinairement de l'air atmosphérique. Cependant il y a des observations contradictoires sur ce sujet, d'après lesquelles des gousses de ba* guenaudier, par exemple , contiendraient un air, tantôt plus oxigéné , tantôt moins oxigéné que l'air atmosphérique. Sans doute une partie de l'action de l'air se .passe dans ces cavités internes , principalement dans les jlantes aquatiques et de marais où elles sont très- vastes, mais les détails de cette respiration intérieure sont bien peu connus.

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(1) DC, Physiol, I , p. 4i6.

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