DES MATIÈRES MINÉRALES CONTENUES DANS LES PLANTES
Outre les matières qui forment la base de la nutrition , et celles qui sont sécrétées par les organes , on trouve dans les végétaux une quantité notable de matières étrangères adventives , comme la silice , la chaux ^ le fer, etc.
Ces substances, introduites avec l'eau par les racines, se déposent dians le tissu ^ tantôt à Vétat ordinaire , tantôt combinées avec les produits végétaux qui se trouvent être en contact. De là deux divisions : les malières purement minérales, et les matières vég«Ho-minérales,
ARTICLE PREMIER
matiehes furemekt mimékales.
§ I. ^— Revue abrégée de ces matières.
i* Terres et sels terreux.
La chaux ( oxide de calcium ) , élant solublo et très-commuuc , pénètre iltm^i loq vcgt^iaux en assez iktr. a la botanique, tome I. 2 I
^gfl PBYsioLOGIX.
grande quantité , surtout quand ils croissent dans les terrains calcaires*
On la trouve à Tétat de carbonate ou de sous-carbonate dans toutes les plantes, sauf, dit-on, le saboh soda (i)« Elle est mélangée avec la silice dans les tigesde graminées , les fruits pierreux de borraginées, etc. ^ elle est presque à Tétat de chaux pure ou à peine carbonatée dans Vécorce du liège, la bulbe de Tail, etc.
Le sulfate de chaux est plus rare j cependant on en trouve dans les racines d'aconit, de bryonei ^e rhubarbe, dans le bois de campéche , Vécorce de saule , etc. Le phosphate de chaux existe dans les feuilles d'aconit napel,les racines de pivoine, de réglisse, le bois de campéche, etc. Il cristallise dans les cellules de pandanus, d'orchis (a).
Le nitrate de chaux a été observé dans la bourrache, rortie, l'hélianthe, et la pariétaire*, l'hydrochlorate, dans les feuilles de tabac> la racine d'aconit tue-loup, etc.
La magnésie (oxide de magnésium) est plus lare que la chaux. On la trouve à l'état de sulfate dans le fucus vesiculosus , de phosphate dans la racine è bryone, d'hydrochlorate dans l'écorce de candk blanche.
La silice (acide siUcique) , quoique insoluble dans nos laboratoires, existe cependant en petite quantité dans quelques eaux , et comme il suffit qu'elle soit mélangée avec l'eau pour que les racines en absorbent des molécules , on en trouve en quantité considérable dans les végétaux , surtout dans les organes extérieurs. Elle donne à Tépiderme des graminées, et par consé-
CO IK:. , Physiol. ve'g. , î , p. 38».
(a) lUflP. , JbuU. ftc nat. , XUI , p. ZS^t
DE LÀ HUTRinoy. SSIS
q^ftent aux tiges (chaumes), leurs propriétés durables. Davy en a trouvé 90 parties sur 100 dans Tépiderme de canne dite bonnet 971,4 ^^^s celui de bambou, 6,5 dans celui de blé. Il assure queVépiderme de rotang en contient aaséz pour faire feu au briquet (i). Les concrétions du bambou sont delà silice presque pure. M. de Saussure en a trouvé o,5i dans la cendre du froment brûlé avec ses grains^ et o,6i5 sans les grains.
Les dicotylédones en contiennent moins , cependant les feuilles en ont beaucoup. M. Th. de Saussure a trouvé dans la cendre des feuilles de chénc en automne, o, 145 de silice , dans celles de noisetier , o, 1 1 3 , etc.
"L^ alumine est très-rare. On en trouve dans Fopium, le suc de chélidoine , la racine de guimauve , les feuilles d'olivier , etc.
ap AlcalÎB et sels alcalins.
La potasse (oxide de potassium) so trouve dans presque tous les végétaux à l'état de sous-carbonate ou de potasse hydratée. M, Th. de Saussure en a relire o,2!24 des cendres de graines mûres de fève , 0,570, de la fève en fleur, 0,5 10 du fruit mûr de marronnier, 0,1 a5 de la paille de froment, etc. L'hydrochlorale de potasse (chlorure de potassium) est assez commun^ mais les sulfate , phosphate et nitrate, le sont moins Qx).
La soude (oxide de sodium) n existe guère dans la nature que dans les eaux salées , et par conséquent on ne la trouve que dans les plantes marines. On Tob-
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(i) Dat» 4 Chim* agric. j trad. franc. ^ l , p. 55. (t) PG.9 PhjBiol. , I , p. 5S6.
8t4 VHYIIOLOOII.
tient à Tétat de carbonate par la combustion ,' et en h retirant des cendres^ on trouve :
3 à 8 pour 100 dans la soude dite d^Âigues^mortes, qui est faite avec diverses plantes marines)
i4 à x5, dans celle de Narbonne, qui est faite avec les salsola soda et salicomia ;
d5 à 3o , dans celle d'Alicante, faite avec diverses espèces ;
35 , dans celle de Sicile , faite avec le salsola satiça,
3*^ Métaux proprement dits.
L*oxide deyer se trouve dans l'indigo, les fe^iilles d'olivier , et bien d'autres "plantes ou organes \ toujours en faible quantité.
Le manganèse et le cuwre ont aus^i été trouvés dans diverses analyses , en quantités minimes ; par exemple, dans le quinquina , un cinq millionième de cuivre.
4<> Corps simples autres que ceux qui précèdent.
IjC chlore^ le soufre et le phosphore existent combinés avec des terres. Il y a aussi dans les graines de moutarde, les fleurs d'oranger, le céleri, etc., un acide sulfo-sinapique , ou hydro-sulfo-sinapique , composé de quatre ou cinq élémens (i). On dit qu'il y a quelquefois de l'acide phosphorique libre. Uiode se retire de quelques plantes marines dans la fabrication de la soude.
(i) Jour.dcclilm. luôd., 1,439; Auu. de phys. ct<tech., XUV,ai7'
DE hà. KUTRITION. 525
§ a* *^ De la quantité des matières minérales dans
chaque plante ou organe»
Les mêmes faits qui prouvent que ces matières minérales proviennent de l'extérieur des végétaux, font aussi comprendre la loi de leur répartition.
Les chimistes ont vu que le terrain contient toutes les substances de ce genre que Ton trouve dans Tanatyse des plantes ^ que leur quantité dans les végétaux est proportionnelle à leur abondance dans le sol , et à leur degré de solubilité *, enfin que les mémos espèces contiennent des sels différens, selon le terrain où elles croissent. Bien ne prouve mieux que ces matières sont dissoutes ou suspendues dans Teau , et absorbées avec elle.
M. Th. de Saussure (i) a le premier démontré tous ces faits avec précision. Entre plusieurs analyses, j'en citerai une seule. Des tiges de rhododendron, prises dans des terrains différens et réduites en cendres, ont donné :
carbonate terr. silice.
Celles venant du sol calcaire , 39,0 o,5
Celles venant du sol siliceux , 29,0 1 9,0
M. de Saussure a montré que la quantité de ces matières minérales est proportionnelle, pour l'ensemble de la plante, à la quantité d'eau qu'elle absorbe, et pour chaque organe, à la quantité d'eau qu'il évapore.
Les herbes à végétation rapide , comme le tabac, la
(1) H^h' cbùO, ^ur la Tegf^tion.
3t6 ysYSioLOGic.
soude, absorbent beaucoup, et laissent bien plus de résidu à la combustion en proportion de leur poids , que les arbres par exemple. Dans chaque plante ce sont les feuilles qui donnent le plus de cendres , puis les ëcorces , puis l'aubier et le bois. Cette différence est naturelle, puisque la sève perd dans les feuilles une partie de son eau , et que les matières solides èontelities en dissolution dans celle-ci sont déposées.
Les matières peu solubles, comme la silice , se trouvent principalement à la surface, parce que la pluie ne peut pas les enlever après que révaporalion de la sêre les y a déposées. Les sels solubles, au contraire, redescendent en partie avec les sucs nutritifs, ou sont lavés par la pluie; aussi les feuilles contiennent-elles beaucoup de silice. Cette substance contribue probaUement à les durcir, à obstruer leurs canaux, et aies faire tomber, ce qui débarrasse la plante de beaucoup dfe siKce. Dans les végétaux à feuilles persistantes (palmiets), on qui évaporent beaucoup par les tiges (graminées), hélice s'accumule en grande quantité dans ces organes etks durcit. C'est ce qui les rend propres à servir de toiture (le chaume, les feuilles de palmiers).
MATISftES VÉGÉTO -MINÉRALES.
TJoxalate de chaux n'est pas rare dans les tissus. H crislalHse sous forme d'aiguilles très-minces (raphides) (i). Le malate de chaux a été trouvé dans la racine
(i) Raspail, Bull, des »c. ii«t. , XI, p. 377, X?, p. 3$$.
DE LA HUTRITION. S^t
de piroine, de réglisse, etc. -, on a trouvé de même des tartrate, kinate, gallate de chaux , de Y acétate^ gallate^ etc., dépotasse.
Probablement les bases de ces sels, absorbées par la liante, se combinent avec les acides végétaux.