‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 77 sur 130 · LA. FÉCONDATION · texte numérisé non relu

LA. FÉCONDATION

10 MouTemens des organes sexuels.

Pour peu que Ton observe des fleurs avec atteuticm, on s'aperçoit de mouvemens de cette nature , car ils sont nombreux et variés.

Mentionner ici les principaux phénomènes de ce genre, ne serait jamais qu'une énumération bien îb-

ft*

(i) ScBELT., Knttk derLehre von Jen Geschelchtcrn âerï^lamei, Heidelberg, 1822 , m-8' , Fonritc , 1823 ; Hbrscbbl^ vo/i éerSatmiitdt der Pflanzen , Breslau , in-8* , 1820.

(2) DC. , Phys. veg. , II , p. 5iC.

unoDUGTioif Ma maiiérogames. Sil

couipièle. Pluneiars ouvrages en traitent d'une manière 8péciale« Besfimtaines en a parlé sous le point de vue de rimlab^ilé dm organes (i). Conrad Sprengel, dans un livre trop peu connu (2) parce que le but en est binrre) a donné d'ejusdlentet analyses de la fleur dans ses divorsct périodes. M. Vaucher (3) décrit aussi avec resprit observateur qui le distingue les variations de pMtioa des organes floraux.

Ce sont les étamines qui , dans bien des cas , s'approchent des pistils , comme on le voit dans les liliacées , les saxifrages» les lins, etc. Dans les géraniums et les kalmia, les filets se courbent pour poser Tanthère sur le •tigmate. Dans les œillets, les rues, etc., elles s'en approchent en commençant par le verticiUe qui est alterne âvw ki pétales. Dans la capucine , les huit étamines •^mclinent chacune à leur tour, avec une espèce de régularité , pendant huit jours. D'autres étamines se déjettent vivement quand une action mécanique les atteint, comme on le voit dans Tépine-vinette, les chardons, les opuntia, etc. Les styles et stigmates offrent moins de mouvemens , cependant ceux des passiflores , des nigelles , des lis , des épilobes , etc. , se penchent irers les étamines. Plusieurs stigmates deviennent béans*, tsenx des goodenoviées sont entourés d'une membrane tn coupe, qui se ferme après avoir reçu quelques grains depoUen.

Le style des stylidiées est soudé dans toute sa lon-

(1) l>tt>6irt., Méu. de Faotd. àêê soieiic. de Paris, poor 1783, et ImajcL nëtbid. boluu f «rt» iulhauliti.

(a) COKE, &p«mii«., Dos mtdfickie GeheimnissderDTatur in Bau und JB^mdUuitjg der Blwnen , i vol. in -4», Berlin, 1753. *

(3) VAVGa.,Bîat. phytiol. des plantes d'Europe, înS% Génère, i«8o.

SM PBYSioLoanE.

gaeur avec les ëtamines , et cet ensemble se rqette

brusquement en arrière quand on le pique. Ce pbéDO-

mène ne dure que pendant Touverture des loges d'an-

tbères.

Le résultat général de ces mouvemens est de faire sortir le pollen, de le secouer dans Pair, pourqa'il tombe sur le stigmate de la même fleur ou d'une fleur voisine , ou enfin d'appliquer directement le pollen sur le stigmate voisin.

ao Position relative des organes aexads.

Les mouvemens ne sont qu'une exception dans k nature , car d'ordinaire la position seule des organes et la manière dont ils grandissent , suffisent pour &ire tomber du pollen sur le stigmate. D'ailleurs il suffit qu'il efi tombe quelques grains pour que la fécondation s'opère; et il y en a des milliers par étamine.

3** circonstances qui empêchent le pollen d'être atteint

par Teau.

Le pollen éclate d'une manière prématurée et inutile pour la fécondation , quand il est atteint par l'humidité, ou par un liquide autre que Thumeur qui recouvre le stigmate. Quelques fleurs s'ouvrent au moment de la rosée, et peut-être dans ce cas l'action de l'humidité entre dans le plan de la nature. D'autres espèces, qui s'ouvrent à l'humidité comme au sec , et qui n'ont pas de protec* tion spéciale contre son influence., sont manifestement contrariées dans leur reproduction par des pluies un peu abondantes. Mais dans un grand nombre d'espèces, le pollen est abrité de quelque manière, Ainsi, dans les lé-

nSVBODUCTION DES PHUTEROGAlfES. 5ttS

gumiDeuteB (papUionacëes), les campanulacées , etc. , rëmiasion du pollen a lieu dans le bouton. Plusieurs »flcws sont penchées, en aéÊk que la pluie n^y entre pas. - Les plantes aquatiques phanérogames sont toutes orgrisées de manière à éviter le contact de Teau avec les anthères. Il fallait en effet ou que leur pollen fût d'une nature. spéciale , non affectée par Teau, ou que leur reproduction ne fût pas opérée pardupollen^ou enfin que^ par des moyens quelconques, ce pollen se trouvai à l'abri de l'eau environnante. Sans l'une de ces conditions , de pareilles plantes ne pourraient pas exister. Or, l'observation démontre que la dernière de ces trois conditions est celle qui existe dans la nature. Les fleurs s'épanouissent tantôt dans des cavités pleines d'air , tantôt au-dessus de la surface des eaux.

Les zostera, fixés au fond de la mer, développent des fleurs dans une plicature des feuilles où se trouve de l'air produit par la plante, h'alisma natans et la renoncule aquatique, submergées de temps en temps, émettent leur pollen dans le bouton . lequel est plein d'air. Les lemna flottent sur l'eau, hes potamogeton , sparganium^ nymphéacées, etc., enracinées au fond de l'eau, élèvent leurs pédoncules ou leurs tiges au-dessus de la surface. JDans la châtaigne d'eau {trapa natans)^ an voit, près de Tépoque de la fleuraison, les pétioles se renfler en Yessies natatoires pleines d'air et soulever la plante , qui jusqu^alors était au fond de l'eau. Après la floraison , ces m^es vessies se remplissent d'eau et la plante redescend pour mûrir ses graines. Mais la plante la plus célèbre sovfs ce poji^c vue est la vallisneria^ dont Castel, dans son poe^ des plantes, a donné une description aussi exacte qu'élégante. Elle croit dans les oaux du midi de l'Europe , fortement implantée dans la vase par

llfTR. A LA BOTANK^UK, TOME (. 23

^é nY8IOU>OIIf

ses racinest E))le est dioiqae. Les* pie^s femdIeB wM muois^ de pédoneules , d'abord roulés ei| erosse , qai ^ déroulent ensuite jusqu'à ImnrfacQ de Peair; lies lom' loàles ont i}n pédoi^cuie très'-coqrt , mus les boutons forment de petites vessies qui se détae hent de leurs snp» ports et viennent flotter autour des fleurs femdies*, alors elles s'ouvrent, émettent leur pollen et meurent; enfin ) selon la description poétique de Gastel :

...Les temps de Vénu9 udç fois accomplis , La tige se retire en rapprocjiaat ses plis, Et va mûrir sous l'eau sa seioenoe féconde*

DE LA FÉCOlTBATIOlf MÊME.

Les grains de pollen en tombant sur le stigmate reçoivent l'impression du liquide visqueux dont il est enduit , et émettent leur membrane interne soûs ferme de boyau cylindrique. Ces boyaux sortent du côté le plus humide, qui est celui du stigmate même, et pëliètrent entre les cellules dans le tissu lâche dont il est composé.

C'est dans cette pénétration du stigmate par le poHenque MM. Amici et Ad. Brongniart ont vu et représenté souvent les organes dont il s'agît. Ils comparent le stigmate à une pelote de velours et le pollen à des épingles plantées dans la pelote; en effet, la tête de Vér pingle ressemble au grain de pollen et la tige au tube qui en sort. Mais le style est bien^|ks long que les boyaux émis par le pollen, et d'ailleurs tout tend à prouver que les granules sont la partie réellement prolifique du grain de pollen . Il faut que ces granules pas-

REPBODUCnON DE4 )»|Utf£ROGAMÉS« SJ(S

^ad lie quelque façon T^rg les oyule^. 1V|, Amici croit que I^ tnbef poUi^u^ s'al)png0nt de^tout^ h lopgueur du 9tfle|ip|i#ce|tte ophuon n est pas démqntnfeetne semble P9# pm})a)i|e, Mt Ad. Broii|;oiart d it , au contraire, que Ifip bpy^uiL du po^leii se rompent, lei^r pellicule étant fort mppe, et que }as granules passept librement par les méats intevcellulaires jusqu'aux ovules. Jl dit même le^ avoir fuivjs dws ce trajet (i) ^ lirais la difl&çulté de dis tinguer des granules aussi petits , de tous les granule^ ronds ou ovoides qui peuvent se trouver dans le tissu cellulaire, rend cette observation plus ou moins^problématique, quoique d'accord avec les probabilités. Les différences de largeur entre les méats intercellulaires, combinés avec la grosseur des granules de la foviUa, permettraient le passage de certains granules ou s'y opposeraient , ce qui, d'après M. Brongniart , expliquerait comment la fécondation croisée entre deux espèces est d'autant plus difficUe que ces espèces diffèrent davantage.

L'analogie des granules avec les aniipalcules spermatiques des animaux fait naitre dans Tesprit , à Tégard 4ii règne végétal, toutes les hypothèses sur la fécondation ii^aginées dans Vautre règne. Ces hypothèses sont : I** que le germe est fourni par Torgane mâle et nourri par l'autre 5 2® qu'il est produit par l'organe femelle et qi|e son développement est déterminé par une action exc^itatiye de l'organe mâle; 3® que l'embryon résulte 4*iu^e combinaison matérielle d'élémens produits par Ifis deux organes. La dernière hypothèse, qui est celle de Biy^oQ et de plusieurs auteurs modernes , est peut-être

(i) f^oxez planche V , fig, 10 et 11.

plus d'accord avec ce fait si évident dans les deux règnes, que les produits participent de la nactnre des deux parons à la fois. La seconde est la seule qui puisse expliquer le développement de graines , sans fécondation, observé par Spallanzani dans quelques plantes diolques (i). Enfin , la première hypothèse parait plus d^accord avec les faits observés par divers botanistes-, mais il faut convenir que ces observations sont encore incomplètes.

DS l'iNFLUEUCE^ Diirs LA FÉC050ÀTI0N, DES PÀSTIBS DE LA FLEUR AUTRES QUE LES ÉTAMIITES ST PIS- TILS. '

Le calice et la corolle protègent évidemment les organes sexuels contre, la pluie et les autres circonstances qui pourraient leur nuire. Ces organes ont, en outre, des avantages qui tiennent à leurs fonctions végétatiTes comme parties vertes ou colorées.

Le calice , ordinairemeiit vert , persistant , muni de stomates, agit comme une feuille, et probablement le suc nutritif qu'il élabore n'est pas inutile au développement des organes reproducteurs. Les calices adhérons doÎTcnt surtout agir de cette manière, à moins que leurs limbes ne soient transformés en poils ou entièrement avortés.

Les. pétales sont peu durables, raretnent de couleur verte, munis de peu ou point de stomates , ce qui ftit penser que leur rôle diffère assez de celui des organes foliacés. En cfTct leurs principales fonctions sont : i*de former du gaz acide carbonique , en combinant leur propre carbone avec Toxigènede Fair -, a** de développer

(i) Voj'ez çi-iU'ssus, p. 348.

REPRODUCTION DES PRANEROGAMES. S!S1

de la chaleur pendant cette opération. Ces deux fonctions importent au développement des ovules. On assure (i) que les fleurs périssent quand on retranche la corolle au commencement de la floraison, et qu'au contraire les ovules grossissent mieux , si on la coupe un peu plus tard. L'auteur des Recherches chimiques n'a pas négligé d'exi^miner ce point de la chimie végétale (2). Ayant plaoé-des fleurs à Tobscurité dans un récipient d'air, fermépar du mercure,ilapumesurer le volume d'oxigène consommé,etiira comparé, pour la durée de vingt-quatre heui^ , au volume de chaque fleur expérimentée. La température étant de iS» à 25<» oentigr., les fleurs de tubéreuse simple ( poUanthes tuberosa ) ont donné en gaz a0de carbonique onze fois leur volume, et les feuilles quatre fois ^ les fleurs de datura arborea, neuf fois leur volume , et les feuilles cinq fois -, les fleurs de pas^ siflora serratifoUa , dix-huit et demi , et les feuilles cinq un quart; celles de lilium candidum^ cinq , et les feuilles deux et demi. Ainsi les fleurs consomment plus de gaz oxigène que les feuilles , à Tobscurité.

M. de Saussure a constaté aussi que les organes aezueb en emploient plus que le reste de la fleur , à pn^rtion de leur volume, et que cette différence va- . ne de 171 o à ija de ce que consomment les fleurs entières. Les fleurs simples consomment plus que les doubles, les organes mâles plus que les femelles; les bampes florales des arum et le cornet qui les entoure sont les organes qui offrent au plus haut degré ce dégagement de gaz acide carbonique. La partie de la hampe qui porte les fleurs femelles emploie jusqu'à trente-deux

(i) MirsTiL / Traité de la T^ét. , I » p. 1 78 (a) Th. df Savss. , De Taciion des fleurs sur l'air et de leur ch^leur propre, Ann. de china, et de phys.> 1822.

360 ru\siOLOGiE«

Dcraledans la nature, la reproduction sexuelle , par une cause bien secondaire. On sait que dans une infinité de cas, le pollen arrive au stigmate par suite de leur position relative , et que d'ailleurs il suffit de quelques grains pour féconder les ovules.

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