VÉGÉTALE
On a cependant objecté contre les preuves ënumérées ci-dessus , tantôt de simples dénégations, tantôt
des faits opposes , tantôt des raisonnemens et des expËcatioDs parûcuUères.
Il.y a des personnes qui nient sans aucun motif les faits que toutes les autres admettent : à cdles-ià il est inutile de répondre.
Des faits contraires à la théorie de la fécondation ont été observés par le célèbre Spallanzani (i). Ayant isolé des pieds femelles de chanvre etd'épinards (pkntes dioîques)^ il en recueillit des graines qui gennèreiit quelquefois , tandis que dans la théorie de la fécondition , les graines devaient ^ dans ce cas , ou ne s^étre pas formées , ou du moins ne pas contenir d'embryon. On objecta que du pollen pouvait avoir été apporté parle vent, par quelque insecte, etc. Il sema des melons d'eau dans une serre , et obtint des fleurs à une époque où il n'y avait sûrement aucun melon fleuri dans tonte la Lombardie , et il en résulta quelquefois des gndnes fertiles. De Marti (2), en 1791, répéta ces expériences, et montra que fréquemment dans les plantes dioîques, telles que le melon d'eau , le chanvre , Tépinard , il se trouve quelques fleurs mâles ou hermaphrodites , sur un pied femelle. Il assure n'avoir point obtenu de graines fertiles quand il a pu enlever toutes les éta« mines, ce doitt il est, suivant lui , très-difficile de s assurer. On peut croire que celte circonstance a introduit quelque erreur dans les expériences de Spallanzani* Elles furent contredites positivement par Volta, le grand physicien , qui dit les avoir répétées , et n'avoir pas obtenu de graines fertiles, quand il avait pris toutes
(i) SpALLAifz.y Mém. sur la gënér. des plant., traduit par Senebier. (2) Exptrimentos y observ, sohre los sexos y fecondaàon de ht plantas , i vol. ia-8** , Barcelona , 1791.
BEPtODIJCTION DIS PHANàiOGAlO»* 349
les précautions convenables, pour enlever les éta» mines (i).
Il y a peu d'années cependant , M. Lecoq , profes^ seur d'histoire naturelle à Clermont , répéta les expériences de Spallanzani^ et les confirma en partie. H obserye que les plantes à sexe séparé, où la fécondation est par conséquent plus hasardée, sont plus nombreuses dans les catégories des plantes qui peuvent porter fruit plusieurs fois , que dans celles des plantes qui ne fructifient qu'une fois (2). L'espèce risquerait d'être détruite si la fécondation manquait dans les premières , tandis que pour les secondes cela aurait peu d'inconvénient ] elles se reproduiraient une autre année. Or , dans les espèces qui fleurissent plusieurs fois, par exemple le Ijchnis dioica^ M. Lecoq a trouvé que les graines de pieds femelles isolés ont toujours été stériles, tandis que dans celles qui ne peuvent fleurir qu'une fois , comme l'épinard, le chanvre et la mercuriale annuelle , les graines d'individus isolés ont été fertiles.
Admettons qu'il n'y ait pas d'erreur dans ces expériences , et que la génération sans fécondation se présente quelquefois dans le règne végétal , qu'est-ce que cela prouve contre la généralité des cas où la fécondation est nécessaire? On sait aussi que chez quelques insectes
(i) Mém. de Tacad. de Mantôue , I , page aa6.
(2) Lic(H}, Rech. sur la reprod. des v^ct., Clermont , în-4*, iSa^.
L'auteur calcule qu'il existe en France , tant en espèces indigènes qa^en plantes généralement cultivées , une espèce monocarpienne pour 2 41^100 polycarpiennes ; parmi les espèces hermaphrodites, 1 pour 2,a8f parmi les monoïques, i pour 4, et parmi les diojiques, 1 pour iS.
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(les pucerons) , une seule fécondation suffit pour Ak^
Telopper plusieurs générations , et Ton n'en a jUBik
conclu que la fécondation n existe pas dans le règne
animal.
Parmi les opiabns qui font considérer le poilen comme agissant autrement que par fécondation , il fint citer celle de M. Schelyer (i), qui pense que la pooh sière des étamines , en tombant sur le stigmate , y pioduit une sorte de maladie , arrête sa Tégétation , d'oâ résulte que la sève se porte sur les ovules et les fait n développer. Mais comment expliquer alors la forttiatioB des plantes hybrides , quand on jette le pollen d*uiie espèce sur le stigmate d'une autre? Pourquoi les OTiiki ne se développent -ils pas quand on retranche h stigmate ou qu'il est oblitéré par une cause qofltconque?
AKTICLE 1? .
DES CniCONSTANCES QUI PRÉCÈDENT ET QUI PRÉFAXBSt