‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 87 sur 130 · DES PLANTES · texte numérisé non relu

DES PLANTES

ARTICLE PREMIER

pfilECTION VERTICALE DES RACINES ET DES TIGES.

Dès l'époque de la germination , les racines tendent à descendre et les tiges à monter, d'où résulte une direction rectiligne verticale de ces deux organes. On peut retourner une graine plusieurs fois , toujours la radicule reprendra la direction descendante. La plante périt plutôt que de se diriger autrement. Quelle est la cause de ce singulier phénomène ?

Ce n'est pas l'humidité de la terre qui cause la direction des racines , car en plaçant une jeune plante dans un tube plein de terre , dont le haut est humide et la partie inféjrieure sèche, la racine se dirige en bas et la tige monte (i). En mettant la plante dans un tube de verre plein d'eau , puis en éclairant le bas du tube et en laissant le haut dans l'obscurité , les directions ne changent pas. Ce n'est donc pas la lumière qui les cause.

On assure que J. Hunter ayant fait germer des graines dans un baril qui était dans un mouvement rota-

(i) DC. , Phys. ycg. , II , p. 819.

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toire continuel , observa que les racines et les plumules se dirigeaienUlans le sens de Taxe de rotation (i). Cette expérience ne fut point interprétée , ou le fut mal. Reprise dans ce siècle , sous une forme différente , par un habile physiologiste, M. Knight, qui ne connaissait peut*étre pas ce qu avait fait jadis Hunter ^ elle a donné la solution du problème de la descente des racines.

M. Knight (i) fit construire une roue qu'il plaça verticalement. La circonférence présentait des auges ouvertes en dehors et en dedans, et susceptibles de recevoir de la mousse maintenue par des fils. U ^aça des graines dans ces auges, et fit mouvoir la roue par une chute d'eau, qui , tout en arrosant les graines, leur faisait subir une rotation de i5o tours par minute. Une roue semblable, mue avec la même vitesse, était placée horizontalement* Dans cette dernière po^oo, les radicules descendirent et les plumules s'^élevèrent) mais avec une déviation uniforme de la ligne perpetidi* culaire. Dans la roue verticale , au contraire , les radicules se dirigèrent vers la circonférence et les plumules vers le centre.

Qu'arrive-t-il dans ces deux positions? Dans la roae horizontale, les radicules sont soumises à deux forces, la force centrifuge imprimée par la rotation , qui tend a les faire partir par la tangente, et la force de la pesanteur qui tend à les diriger verticalement. Elles prennent la direction oblique qui est la résultante de ces deui forces. Dans la roue verticale , la pesanteur n'est plus

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(i) DG. , Physiol. , II , p. 820.

(2) Knight, Philos, trans, , 1806, avec une planche. — Dm < Chim. agric. , traj. franc. , fig. I , pi, u

PsiNOMàNES GÉNâlAtJX DE 'VEGETATION. 49V

sensible pour les radicales, car elles changent de posi* tion rektiTement à Thoriton dans chaque instant iâfimment petit. Etant soustraites à Taction de la pesanteut, il reste La force centrifuge. Les radicules lui obéissent et se dirigent vers la circonférence. Ainsi , les radiculet sont organisées de telle façon, qu'en s'allongeant , elles obéissent uniquement aux forces physiques , et par coii*» séquent dans le cours naturel des choses à la pesanteur ou gravitation universelle.

Mais comment les mêmes forces impriment-^lles à la radicule et a la plumule des directions opposées. Yoict Téxplication que Ton en donne (i). Les racines croissent par leurs extrémités et les tiges par toute leur longueut*. Il résulte de là que l'extrémité des racines, nouvellemenit formée et toute molle , descend , sans résister le moins du monde à la pesanteur^ et que les obstacles qu elle rencontre peuvent seuls lui donner une direction tortueuse. La tige de son côté contient des sucs nutritifs qui SQ déposent du côté inférieur, si vous la supposez penchée^ mais plus les sucs s'accumulent d'un côté, plus ce côté grandit, et comme il est intimement lié avec le côté supérieur qui reste court , celui-ci le redresse. Il en est de cette flexion du côté supérieur, comme d'une planche que Ton courbe en Thumectant d'un côté. L'htiâiidité et surtout la chaleur humide font grandir le côté auquel onVapplique; l'autre restant le même quoique uni étroitement , il faut bien que le côté humide se courbe vers lui.Plus le côté inférieur de la branche ou de la tige griufidit en proportion de Tautre, plus Vensemble tend à se redresser. Pour ce qui est du fait que les sucs descen*

(i) DC, Organ., I, p. 191.

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dent du coté inférieur, on peut en juger parles branches horizontales des arbres où le canal médullaire xCeA plus au centre. Dans ce cas , si li^ branche ne se redresse pts, cela tient à l'eiTet delà lumière qui complique un pea le phénomène , comme nous le verrons plus bas. Les tiges très-flexibles de leur nature restent couchées , parce que leurs fibres n^ont pas le degré de force nécessaire pour résister à la pesanteur.

Passé le premier âge des plantes et de leurs organes, ces directions dépendent moins des causes que nous venons d'examiner. La résistance du sol et Fabsence d^air empêchent les racines de pénétrer profondément en droite ligne. La lumière influe sur la direction des branches dans leur jeunesse , et une fois la solidité acquise par le tissu , le redressement ne s'opère plus (i).

abugle il

TENnÀKCE DES TIGES ET DES BRANCHES VERS LA

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