‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 90 sur 130 · LUMIÈRE · texte numérisé non relu

LUMIÈRE

Pour peu que Ton observe ce qui se passe dans la nature , on voit que les rameaux se dirigent du côté de la lumière. Dans un appartement les tiges penchent du côté des croisées, de même que dans une foret les bran*-

(i) On a fait beaucoup d'objections a Texpe'rience et à la théorie de M. Knight. Gomme elles sont fondées ou sur une manière inexacte de représenter rexpériencc fondamentale , ou sur des faits erronés , ou sur des raisonnemens qut me paraissent mauvais , je me borne à renvoyer les lecteurs pour cette discussion aux pages Sa5 à S3o de la Physiologie végétale de mon père.

ches se dirigent vers les clairières. La plupart des culti- Tateaiis disent dans ce cas que les plantes cherchent Tair, mais M. Tessier a montré la fausseté de cette explication par une expérience toute simple. Il a placé des plantés vivantes dans une cave qui avait deux ouvertures: d'un coté une fenêtre vitrée donnait du jour et point d'air, de l'autre un^ soupirail, ouvert sur un hangar vaste et obscur, donnait de l'air et point de lumière^ jLes plantes se sont toutes penchées du côté de la fenêtre •vitrée.

Xi'explication de ce fait a été donnée par M. de CandoUe , dès Tannée 1809 (i). L'action de la lumière du soleil est d'activer la vie des surfaces végétales qu'elle atteint ^ elle fait ouvrir les stomates , exhaler de l'eau, décomposer du gaz acide carbonique et fixer du carbone dans le tissu. Ainsi , dans une branche encore verte , le côté frappé du soleil doit se solidifier plus que l'autre, et par conséquent s'allonger moins aisément ^ de même que les plantes étiolées, c'est-à-dire qui croissent à l'ombre , s'allongent beaucoup.Or,comme les deux côtés de la branche sont inséparables, il fautbien quelecôté le plus mou, qui grandit le plus , se courbe sur le côté qui se solidifie et qui grandit le moins. La vérité de cette explication est confirmée par le fait que les végétaux celluleux ou parasites qui ne sont pas verts, c'est-à-dire qui ne décomposent pas de gaz acide carbonique et n'exhalent pas d'eau à la lumière , ne se dirigent pas du côté de la plus grande lumière. En outre, les branches âgées s'inclinent d'autant moins vers la lumière qu'elles sont moins vertes et plus ligneuses. Les branches inférieures des ar-

(1) Mém. de la soc, d'Arcueil f II, p. 104.

gaclinium falcaium, pterostylis) offre des mouvemens analogues (i). La cause eu est tout-à-fait iaconnue.

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