‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 103 sur 104 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DU DBGRB EELATIF DE PERFECTION DES VÉGÉTAUX 9 ET DE SO;'^ INFLUENCE SUE LES STSTBMBS DE CLAS- SIFICATION.

Les naturalistes regardent les êtres organisés comme d'autant plus parfaits, qu'ils sont composés d'organes plus distincts et plus nombreux. Celte opinion étonne au premier moment, si l'on s'est habitué à lier l'idée de perfection à celle d'unité, de simplicité ^ cependant rien

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n'est plus juste si Ton veut bien y réfléchir» Du nom^ bre des organes résultent et le nombre des fonetions et la manière plus ou moins complète , plus ou moins rapide, dont elles sont remplies. Lorsque le même organe sert à plusieurs fonctions , elles ne peuvent pas être exécutées simultanément , ou bien elles se dérangent Tune Tautre. Ainsi, une des supériorités de l'organisation bumaine sur celle des singes , résulte de ce que r homme a deux des extrémités en forme dç pieds et deux autres en forme de mains , ce qui lui permet de marcher avec les unes et de faire avec les autres une infinité de choses délicates , tandis que les singes se servant pour toutes ces fonctions de leurs quatre mains, n'acquièrent dans aucune le tact et ladresse dont nous jouissons. De même, dans l'autre règne, une plante dépourvi^e de feuilles est inférieure aux autres , parce que l'élaboration des sucs doit y être moins parfaite.

Au reste, quand il s'agit d'autres objets que de ceux dout nous parlons , on regarde souvent comme plus parfaits ceux qui dans leur genre sont le plus compliqués. Nos gouvernemens de nations civilisées nous paraissent supérieurs à ceux des peuples sauvages , paître que le nombre des fonctionnaires y est plus considérable et leur rôle mieux défini. Chacun ayant des attributions militaires ou civiles , judiciaires ou législatives, acquiert plus d'aptitude et travaille de son côté en même temps que les autres au bien de l'ensemble « de telle façon que les tribunaux siègent pendant que l'armée combat. De même, dans les produits de l'industrie, une montre à l'épélition qui indique les secondes , le jour du mois, etc., est à la fois plus compliquée et plus parfaite qu'une montre ordinaire , celle-ci Test plus qu'un clepsydre. Dans un objet composé quelconque.

Il perfectioD lé&dhe et b firisiaii en IbirbI «am tostes les pifties qm fia il TcBaeniyb.

Ofj^oes refvodacftcHrs tort mmphjns «t les

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(fûdflds, goDt pU» |ui f jin » qat le cayplDgaBC&. on k

reproduclîoo sczBcAeetf m moin» dwrtciine €l on k tîge

et les feoiOes ne le dstingnent pas Bettcneut. La d»-

cotylédooes sont sfinituu» mx flxnifDoatyl^doiio. car

leurs organes sont oïdinaireBeikt pks ■uauLifui. «1 fins

dérebppés; leor tige en putknlitT pnéae&le des ex»-

ches de nature Arène « qoi oonslîtneiit des m^aagA

spéciaux fort inportass. Panni les crrplagaaBes, ks

fougères et pkn&es analognci scnl |diii wTpiiifCMt

Ofganîaées que ks algaes, lîdicas et €hMmfigDot&^ qui

manquent de tradfeées, de Takseaux , de slamates et de

feuilles.

En pkçant les quatre grandes dases ks unes audessus des antres, il ne fiuit pu s'attendre à ce que tontes les espèces de k {M'emière , je suppose , soient plus parfaites que oelks de k seconde , mais il faut considérer l^ensembk de chacune d^elies , sans se kisser arrêter par des exceptions isolées. Une dicotylédonc parasite , manquant de certains organes , peut être inférieure à telle moQOcoCylédone , sans que la supériorité générale des dicotylédones puisse en être contestée.

Les zoologistes ont introduit Tusage de commencer Té numération des êtres par les plus parfaits , c'est-àdire par r homme et les autres vertébrés. Pcut-êlrc cola vient-il seulement de ce que Tanatomie humuino a été long-temps la mieux connue. Il en résulte cet avanta((n, que Ton passe successivement du connu k Puironiiu , de ce qui est clair à ce qui Test moins ; cor les étn^i eom-

ir

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pliqués , où chaque organe a sa fonction spéciale , sont par cela même plus aisés à comprendre que ceux où plusieurs fonctions s'opèrent confusément et imparfaitement par un seul organe. Plusieurs botanistes ont suivi la marche inverse. Ils commençaient par les cryptogames , probablement à cause de Tanalogie de quelques-unes avec des animaux inférieurs très-mal connus. Mon père, à Timitation des zoologistes, a commencé la série des groupes naturels de végétaux par les plus parfaits. En cela il a été suivi par la grande majorité des botanistes modernes , même par ceux qui jadis avaient préféré la marche opposée dans des ouvrages fort importans.

Au surplus cette question est moins grave qu*iJ ne semble , si Ton réfléchit à la disposition des êtres organisés par groupes et non par séries véritablement linéaires. L'échelle des êtres n'est vraie que dans une très-grande généralité. Il y a évidemment des groupes supérieurs à d'autres, mais il y en a qui sont collatéraux , même isolés , comme dans les iles d'un immense archipel , dans les corps célestes qui roulent dans Tespace. Pour ceux qui scrutent l'histoire naturelle, il n'e^t guère possible de concevoir un état de passage d'un animal à un végétal , quoique le règne animal p considéré en masse , présente une organisation supérieure à l'autre. Et s'il existe des végétaux spécialement analogues aux animaux , ce sont peut-être les plus parfaits , qui se rapprochent par leur complication même et par l'analogie extrême de leurs fonctions. Ce point de vue , assez nouveau, justifie Tordre dans lequel on commence par les végétaux les plus parfaits.

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