CHAPITRE m
DE LA BBflODIJGTlON DES PLANTES €SLL1JLE08B8 } OU CRYPT0GA1IB8.
Les cryptogames se reproduisent : i* par division ^ et a» par des corps reproducteurs appelés spores, ou spqrules (sporœ, sporulœ, sporidia)^ ou gongjrles(gongylï). Le premier mode ne présente rien de spécial aux cryptogames. On peut partager le thallus des lichens, la base filamenteuse de laquelle naissent- les cbam pignons^ on peut séparer les articles des espèces articulées , couper le rhizome des fougères , etc. Chaque partie continue i Tégéter, à s'agrandir, et à émettre des racines, si cela hii est nécessaire pour vivre.
Les spores naissent à la surface ou dans Tintérieur de certaines cellules-placées diversement. Ils ressemblent souvent à de petites graines, mais ils en difi%rent essentiellement par cette circonstance , que Ton n'a jamais aperçu dans leur intérieur quelque chose qui ressemble à un embryon. Lorsqu'on coupe les ^plus gros de oes corps reproducteurs (ceux des chara, equisetum), on ne voit que des grains accumulés sous une enveloppe commune, à peu près comme dans l'albumen des graines ou dans les bulbilles et tubercules des plantes phanérogames. Il n'existe pas d'ouverture ni de cicatrice
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à la surface , et dès que Ton commence à dbtmguer les spores dans les nouveaux organes de la plante , ils ne sont point munis de pédicelles. Probablement , ils naissent libres dans les cellules ou bors d'elles. Voilà des différences immenses entre ces corps reproducteurs et les graines, aussi est-on bien fondé à les appeler d^un autre nom. y
Dans la germination d«s spores, un des côtés s'allonge, pousse des filets, d'abord simples, puis rameux, lesquels paraissent être la continuation du ti^su cellulaire intérieur. On ne voit rien qui ressemble aux deux cotylédons des plantes dicotylédones , mais on a comparé la germination des fougères et autres œtliéogames à celle de^ monocotylédones , parce que le corps supérieur apposé à la racide est unique. J'en reviens cependant toujours à cette différence fondamentale , que la jei^ne plante des phanérogames est prédisposée dans la graine, au moment oit celle-ci se détache, tandis que dans les spores de cryptogames on n'a rien vu de semblable. Les spores tout entiers peuvent être comparés à l'embryon, plutôt qu'à la graine.
Les organes qui entourent les spores varient beau* coup de nature et de situation.
Dans les asthéogames ou semi-vasculaires, les spores sont accumulés quelquefois en grand nombre dans des boites déhiscentes , appelées capsules ou sporanges , en latin, thecœ, sporangia* Ces organes sont ordinairement pédicelles et se trouvent solitaires ou rapprochés , tantôt à l'aisselle des rameaux ou des feuilles (dans les chara, mousses, lycopodiacées) , tantôt sur les frondes^ à l'extrémité des nervures latérales (dans les fougères), tantôt vers les extrémités de pédoncules spéciaux (equisétacées), qui semblent dçs frondes mal développées.