‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 36 sur 104 · ORGANISATION DES CRYPTOGAMES · texte numérisé non relu

ORGANISATION DES CRYPTOGAMES

Les sporanges sont quelquefois entremêlés de filets cloisonnés (paraphyses) ; quelquefois ils contiennent avec les spores des fils élastiques (élatères) qui paraissent les uns des sporanges , les autres des spores imparfaitement développés , et qui riessemblent pour la forme à des trachées déroulées et très-grosses.

On a attribué souvent à ces organes et à d'autres les fonctions d'étamines, de pollen, de fovilla, en un mot, d'organes mâles. Mais la diversité même des organes auxquels on a attribué un rôle aussi important montre que Von est loin de connaître la vérité. Ce n'est pasjjue des observateurs d'un rare mérite , qui se sont occupés des fougé^, des mousses et autres familles analogues , aient négligé ce sujet important. La plupart ont passé leur vie à chercher des organes sexuels dans ces végétaux et à démontrer leur présence ou leur absence , mais il faut convenir que leurs recherches ont été infructueuses jusqu'à présent. Et comment avoir une opinion, quand on voit M. Hooker terminer son admirable Monographie des jungermannes par ces mots : « Je sens ft que plus j'avance dans la connaissance de ces petits « végétaux si curieux , plus je trouve de difficultés dans tt la détermination de leurs organes sexuels, et je de*- « mande de déclarer que je ne suis partisan, ni dû « système d'Hedwig quelque ingénieux qu'il soit , ni c( de celui de Richard sur les agames., etc. (i). »

(i) HooK., Mono^. jnng. , in-4' , avec S5 pi. color. Appendîxsur le genre Blatia. — Voyez, pour le système d'Hedwig , 4'article des lufpaliqties , dans rénumeration des familles.

Far le terme de agames ^ Richard afRrmait que Torganisation sexuelle manque à une certaine classe de plantes, tandis que d'autres botanistes préfèrent des expressions doutebscs, et se contentent de dire qo'ils n^ont pas tu clairement une organisation sexaelk.

i^i ORGANOGRAPHIE.

Il serait aise de trouver des phrases analogues dans les ouvrajjes où les fougères, les mousses et autres sethéogames sont le mieux décrites.

Mais il ne faut pas en conclure que certainement ces végétaux manquent d'une reproduction aexuelle. Rien n'est plus difficile que de prouver qu'une chose n'existe pas. Il faudrait pour cela qu'elle fdt incompatible avec tel autre point de l'organisation , car le fait que l'on ne connaît paâ certains organes ou le rôle de certains organes , ne prouve pas leur absence réelle ou celle des fonctions qu'ils peuvent remplir. Avant les travaux de quelques observateurs , on ignorait que les plantes phanérogames eussent une repr^nction par fécondation ; affirmer alors qu'elles en manquent aurait été téméraire, et, dans le fait, bien erroné. La position est la même aujourd'hui pour les cryptogames. Malgré les efforts d'Hedwig et d'autres botanistes, il n'est pas démontré qu'eues aient des étamines , du pollen , u]} système régulier de fécondation , mais le contraire aussi n'est pas prouvé. Il pourrait y avoir un fluide fécondant , une aura seminalis^ qui échapperait maintenant aux observateurs à cai)se delà petitesse de ses molécules , de leur forme ou de leur position très-différente de ce que l'on suppos§. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, on peut dire : a Et adhuc suhjudice lis eit. ))

Le même genre de raisonnement s'étend à toutes les plantea cryptogames. .Cependant , il faut convenir que dans les dernières fatnilles qui constituent la classe des cellulairçs ou amphigames, les spores sont entourés d'organes moins nombreux , moins compliqués , moins variés dans leur forme, que ceux des semi-vasculaires ou ethëogames. Ainsi, tout en conservant les formes du

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doute et en n^affirmant pas au-delà de ce que Ton peut prouTer , nous dirons que \cê cellulaires sont probablement dénuées de reproduction sexuelle , tandis que les semi-Tasculaires en sont peitf-étre douées.

Les spores des cellulaires sont quelquefois à nu , plus souvent renfermés dans des sacs membraqeux (asci) , lesquels sont rarement déhiscens. Cest principaleijient dans ces plantes que les corps reproducteurs ressemblent aux grains contenus ordinairement dans les cellules , notamment dans le pollen ; et s'isolent, soit en rompant lenrenTcIoppe, soit par suite de la disstruction natureUe de cette enveloppe. M. Turpin regarde ce mode de reproduction comme très-général dans toutes les classes de végétaux, et en a donné dans ses ouvrages des exemples curieux et instructifs.

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