‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 45 sur 104 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PB L'illANATIOSI OO BXHALAISOM AQVSCSS DS8. VSGBTAL'X VASCUtAlRES.

Les vëfîftaux vi vans exposés à Taîr perdent une qqfintité notable de rhumidité qu'ils contiennent. I( est aisé de s'en apercevoir à la manière dont ils se flétrissent. t)^ailleurs, en les plaçant dans un ballon de verre bien clos et au soleil, on voit assez promptement des goutte* lettes se déposer sur les parois.

On a mesuré sourent celte évaporatton, en pesant

(i) DC. ,PhvMol.. I,p. 104.

DE LA N6TMTION. f|9

une plâolA •» vase à diverses époques « tout eu tenant compte des arrosemens. Haie» trouva de cette manière qu'un pied d'hélianthe qu il observait perdait ao onces d^eau par JQiir> et un chou 19. Il estime qu à proportioB dea sorfacea, celle quantité est 17 fob plus grande q«e eelle que nous perdons par la transpiration insen-^

iâM dans ee bh de Févaporation véfjétale, il y a deua phénomènes différeaa : i* une déperdition insen^ jfihlû par toutes les surfaces ^ j^ une émémation ou «gr* baUMon abondante p%p Ws surfaces moniisçle stomares, et par celles qui, étant sous Teau, sont accideutellencat eiposées à 1 air.

La d^ndttion insensible a lien lentement , Êiible* ment^ par toutes les parties de» véf;iHasx, à cause d^ lenr homidité pins (prandeque cette de Tair. Ainsi, les fruits, les tubercules de pomme dé terre, le bois frais^ et en {|énéra\ tous les corps d*ongine végétale , finissent par se desiéelier quand le local où ib se trouvent n^est pas très humide. La ebaleur au^ente ce phénomène. 11 tient è la qualité poreuse et penÉc^afale du tissu, et en général à des cireoBsIsnces physiques extérieures (chaleur 'elséclieresBe)qui ne concernent point la viedes Végélaus* "* Au contraire, l'émanation ou oKhataison par les fi^nUes n'a Ueo que pendant que ces organes sont doutas de vie et quand la lumière détermine lonvertnrc de leurs stomates. Il est prouvé qne la quantité d'eau exhalée de cette manière est, pour chaque espèce, en pra«> pprtidn du nombre de stomates dont elle est douée -, pmir chaqiie rameau au individu , en proportion do'l'^ tendue des surfaces foliacées. Ainsi, les pijàiUcs grasses, qui ont très-peu de sloraales, exhale wt lièi-pcu, "et doivent à cette circonstance leur nature toute charnue. Les

racines et les fraits charnus n'ont pas de stomates , et ne diminuent que par la déperdition insensible.

Avant que Ton connût le rôle important des stomates et leur ouverture par l'action de la lumière , on avait observé que la lumière influe directement sur là transpiration des végétaux. Haies avait remarqué que les plantes augmentent de poids pendant la nuit, ce qui s'explique par la suppression régulière de l'exhalaison à cette époque, pendant que les racines continuent à absorber. Guettard et Senebier ont placé des branches à l'obscurité et à la lumière , et ont vu que celles-ci perdent bien plus que les premières. Que fait^on d'ailleurs pour conserver les bouquets? On les place dans un lieu obscur^ ou bien on les abrite de la lumière du soleil en les enveloppant d'une feuille de papier.

Après la lumière , ce qui influe le plus sur ce phénomène , c'est la sécheresse de Tair, la chaleur et l'âge des organes foliacés. Quant à la sécheresse et à la chaleur, il est difficile de séparer leur effet sur l'exhalaison de celui^qu'elles ont certainement sur la déperdition insensible. Quant à Tâge , ôn'a constaté que des feuilles de même espèce, à chaleur, lumière et sécheresse égales , exhalent plus au printemps qu'en été, et en été plut qu'en automne (i).

Senebier (!2) a voulu déterminer le rapport de la quantité d'eau exhalée à celle qui est absorbée par les racines. Il faisait tremper une branche dans un vase d'eau qu*il avait pesé, il introduisait la partie foliacée de la branche dans uh ballon, et pesait l'eau qui s'y était exhalée au bDiit de quelques lieui^ ^ enfin, il comparait tette quan-

(i) Gri^TT. , Hêm. de Tacad. des sciences pour 1749* (ï) Sbrib. , Phynol. tég. , 5 Tol. lii-8« , Génère , 1800.

PE LA KirTBITIOlir. fQ|

titë d'eau exhalée avec celle qui manquait dans le vase. Les rë&ultats ne pouvaient pas être d'une précision complète, à cause de la déperdition insensible, de l'action inégale de la lumière, et de la surface des feuilles, qu'il est impossible de calculer exactement. Il faut donc s'attacher ici à une moyenne approximative qui s'est trou- Tée être : que l'eau absorbée est à l'eau exhalée comme 3 est à a. Ainsi , un tiers de l'eau absorbée reste dans le végétal et les deux autres tiers sont exhalés par toute la surface ou par les stomates.

I) a aussi constaté que l'eau exhalée est presque pure. Celle de la vi^ne ne contient que i/25,ooo de matières étrangères, et cette faible proportion se compose d'une matière gommeuse, d'une autre partie résineuse, et enfin d'un résidu insoluble , probablement calcaire. Toutes les autres matières solides charriées dans le végétal par les spongioles restent dans U plante avec le tiers de Teau absorbée. C'est ainsi qu'elle augmente de poids.

L'organisation des feuilles, sur laquelle M- Ad. Brongniart a récemment jeté beaucoup de jour, fait comprendre très-bien l'émanation par les stomates. Ces or- ^nes sont les ouvertures de cavités intérieures, où l'air se trouve en contact avedes cellules fraîches plus ou moins isolées \ il s'avance danale tissu caverneux de la feuille et s'y charge abondamment deThumidité qui s'y trouve. On sait que les membranes des cellules ne peuvent pas être un obstacle réel à cette action , quand elles sont jninces. D'ailleulrs , les méats intercellulaires conduisent la sève jusque sur les parois des cavités aériennes. L'exhalaison par les feuilles ressemble donc à la transpiration très-abondante des animaux par les poumons.

. Le tissu cellulaire superficiel est trop endurci pour se

prêter à une w^rîtabie ënuinatîofi« Il ne subit otdiiMire* ment qiiela déperdiliou insensible, mais je ne doute pas que les stigmates, où il est frais ot exposé à Tair, ne donnent lieu k une grande déperdition de matière aqueuse. De même, les feuilles habituellement submergées, comme celles des potamogétons , perdent considérable^ ment dès qu^on les sort dé Teau* On les voit se faner à Tinslant même. Ce n est pas qu*eUes aient beaucaiq> de stomates , mais leur tisstf cellulaire superficiel est aussi mou, aussi frais que celui qui, dans les autres feuilles, se trouve situé au fond des cavités, au-dessous des stomates et de la cuticule.

Quant à la cause pour laquelle les stomates s'ouvrent à la lumière et se ferment à Tobscurilé, ou Tignore entièrement. 11 semble même que la lumière détermine la formation des stomates , au moins dans les végétaux scmi**vasculaires (i)« Auk premiers rayons du soleil lo^ vaut, les plantes sécrètent ou exhalent beaucoup d'eau, et comme la température .est alors .assea basse, il se ferme des goultes^que l'on voit briller à Textrémilé de tous les brins d'herbe. Ce n'ebt jMU une rosée qui les produit^ car le mémo phénomène a lieu sur les plantes abrilées. Sans doute, la quaîltilé d'eau absorbée de nuit, sans exhalaison pendant plusieurs heures, contribue à augmenter la quantité émanée au premier rayon du soleil.

(i) yajrtz MirM, Nem. sur le nutrchantia, Nout. Ami. du mus , I.

I)£ LA rtVTAlYlO^. 2M

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