CHAPITRE Vn
DIS SSCmlTIONS.
ARTICLE PREMIER
COASIDÉ RATIONS GÉA ORALES .
C'est un des mystères les plus curieux de l'organisation que le nombre de produits diflerens qui peuvent êire sécrétés , c'est-à-dire extraits, séparés des sucs principaux , dans les divers êtres organis<'»s et dans chacun de leurs organes. Dans le règne animal, on voit chaque individu produire, par le moyen de certaines glandes , de la salive , des larmes, de la bile, etc. , ou, sans qu'il y ait de glandes spéciales apparentes, des matières alcalines et acides dans Testomîic, une ma-
( I } DC. , Phys. vês- 1 1 » p. *07
500 PEYSIOLOGIE.
lière grasse à la surface de la peau, despolU, des ongles, etc. Tous ces produits varient selon Tétat de santé du même individu, et bien plus eneore selon Tespèce \ cependant ib proviennent tous du sang , qui luimême varie peu de composition chimique. Il en est de même dans le règne végétal. Rien n'est plus varié que ces produits sécrétés, quant à la composition chimique; rien n'est plus obscur que la manière dont ils sont produits.
Probablement la capillarité et Vétat électrique des membranes, circonstances qui varient selon le rapprochement , la nature et la petitesse des organes élémentaires , influent sur les sécrétions ou les déterminent. Cest du moins ce que Ton peut supposer par analogie avec certains phénomènes connus des chimbtes. Les recherches de M. Dutrochet sur IVndosmoàe, et celles de M. Becquerel sur llefTet de réleclricité à faible tension , avancent directement vers la solution de ce problème, Tun des plus importans de Vhistoire naturelle organique.
On distingue, surtout dans le règne animal, deux genres de sécrétions :
I* Les sécrétions excrémentidelles , ou excrétions dans lesquelles la substance produite est rejetée à Textérieur. Dans le règne animal, F urine, la croûte calcaire des œufs, la coquille des mollusques, en sont des exemples. Dans le règne végétal on peut citer les sucs , appelés nectars, qui suintent dans les fleurs.
a* Les sécrétions récrémentiticUes , dont les produits ne sont pas rejetés au-dehors , et sont au contraires utiUsés à rintérieur pour beaucoup de fonctions. C'est le cas de la salive , de la bile et d'autres matières , qui, versées dans le canal alimentaire , facilitent la di-
DK h NVTBinOK. 301
gestion. Dans le régne Tëgétal , les huiles , les résines et gommes-rësines , restent ordinairement àrinlérieur^ mais leur utilité est peu connue. On a de la peine à suivre cette distinction dans les végétaux.
On peut aussi distinguer les sécrétions suivant qu'elles sont ou ne sont pas produites par des glandes; mais ces organes sont souvent difficiles à reconnaître , parce qu ils sont composés tout simplement de cellules qui produisent une action chimique et physique sur ce qui les entoure.
£iifin 9 dans les traités de chimie, on classe les produits sécrétés, uniquement d'après leur composition chimique.
Sous ce point de vue , ce qui les caractérise , c'est d'offrir une forte proportion d'hydrogène, quelquefois aussi d'oxigène. Quelques-uns contiennent beaucoup d'azote. Cette nature chimique les éloigne .des matériaux hydrocarbonés , que l'on peut regarder comme immédiats parmi les produits de la végétation.
Un autre caractère qui distingue les sucs sécrétés des sucs nutritifs, c'est détre nuisibles aux végétaux, à ceux même qui les produisient , quand on les leur fait absorber. C'est comme le venin de la vipère qui la tue quand elle se mord elle-même.
Je suivrai dans l'énumération abrégée des' produits sécrétés la division admise par M. de CandoUe dans sa Physiologie végétale. Il dislingue trois classes :
1® Les produits surhydrogénés excrétés^ c'est-àdire rejetés régulièrement à l'extérieur.
a" Les sucs propres , ou produits sécrétés à l'intérieur et surhydrogénés ^ qui sont déposés en quantité notable , ou qui circulent dans des cavités intérieures,
3* Les produits swroxi§énés , azotés , ou de com«
%M VBTSIOLOGIX.
position compliquée peu connue, qui sont plus spéciaux, plus combinés avec le tissu, et que Tamlyse chimique peut seule isoler des autres substances.
ARTIGUS II.
DBS EXCRÉTIONS.
Les matières rejetées régulièrement et habituelle ment en dehors des végétaux sont de nature très^i* ▼erse. On remarque les suivantes :
I* Les éfxcrétions volatiles. Ainsi la fnixinelle offre sur les tiges, près de la surface , des réservoirs d'une huile essentielle dont une partie se volatilise dans les jours chauds, et peut s'enflammera Tapprocfae d*uoe lumière* L'odeur des fleurs et de certaines feuilles
tient en grande partie à des émanations de ce genre.
%^ Les excrétions acides. Ainsi les baies de vinaigriers (rkus typhinum,^ glabmm ^ etc. ), sécrètent de Tacide malique à leur surface. Certains lichens, comme \epatellaria immersa^ s'implantent dans Les pierres calcaires au moyen d'une liqueur acide.
3* Les excrétions caustiques. Tels sont les sucs produits sous les poils d'ortie, de malpigkia, de loasa^ et du jatrapha urens. Le poil est creux et conduit le suc dans les piqûres. J ai reconnu que le suc d'ortie est alcalin.
4* Les excrétions des poils glanduleux , qui sont ordinairement glutineuses, et de nature chimique variée.
3*" Les excrétions gluantes des surfaces corticales ou foliacées. Les unes sont solubles à l'eau , et sont nommées pkis particulièrement glutineuses ç les autres,
DI u niTunoir. 30}
, Mot iaioluI>k£ dsDf l'eau. Dans cette d«nièr» cImu oo lenurque la Tiscositë de plusieurs arnutium et m/cm , des fameaat de robinia viscosa^ dM btturgeDnc de pltuieun pianteg , notamment du Hurroanier d'Iadr. htë ëvorces de plusieurs cisles seopMtal le lëdianam. Toutes ces matières contiennent da rétiate, mého^et de gomme, d'buile essentielle, iHi d'autres produtU. L'ëpiderme des jeunes pousses de bvatMii lécrète ose milière résineuse (héltdine de M. ChevKul ). EUe floounuatque au cuir de Russie l'odeur qu'on lui connaît, t'écorce de bouleau étant uùtée dans le aord pour taaaer.
6* La etscrétions ciramset te manifestent sous f«rmc d« pousaîjipe glauque ou de vraie couche. La poMBsiére iqui recouvre tes prunfs^laÛeur du fruit), «elle 6ea feuiUei de choax , de nénuphars , des liges de mbtu , de plante* grattet , etc. , sont des matières ciretu«s, •ëerétéat sans glandes apparentes. Il est remarquable qu'elles ne se produisent pas sur des surlàcesrigoorouiemrat glabres. LeurefTet esl de pn-scrver letiuu végétal de l'bumidité. Les feuilles de peuplier ■eoottvnent d'uoe cîre iraospareotc ; les Iroucs-de ce- MWT'Zat, d'/n'âiY^a, etlet friùla iLemyrica cerifera, 4'iitM cire blanchâtre ou Terdàtre, analogue cliimi- ^leneati la cire d'abeille, et assez abondante pour être récoltée.
•}" Les excrilioiu glaireuses de certaines plantes aquatiques (/KiUmo^elon, hatrackospermum ) n'ont pas été examinées.
8* Les excrétions salines recouvrent les feuilles de tamarin galUca. Celles du reaumuria vermiculata sécrètent des carbonates de soude et de potasse.
9* Xej excrétions saccharines, M. Jœger a constaté
S04 PHYSIOLOCIE.
que chaque corolle de rhododendron pcfnticum produit deux centigrammes de sucre pur. Le fucus sacchari" nus sécrète uq sucre hydraté , efQorescent , ce qui est singulier pour une plante marine. Le nectar des fleurs suinte de diverses glandes appelées nectaires. Il varie peu d'une plante à Tautre, et. contient principalement du sucre hydraté. Les insectes le recherchent, surtout les papillons. Les abeilles se servent plutôt du pollen pour faire le miel -, cependant on attrihue au nectar , sans preuves directes, une partie des qualités savoureuses et aromatiques du miel. On sait hlen que le miel blanc de Narbone doit ses qualités aux fleurs de romarin, que les labiées en général donnent un miel aromatique, et qu'il y a aussi des miels vénéneux , par exemple : celui qui empoisonna les soldats de Xénophon dans TAsie mineure ; certains miels du Brésil et du "Paraguay, dont parle M. de Saint-Hilaire (i) , Tempoisonnement de deux paires suisses décrit par M. Seringe (a). Mais dans tous ces exemples on n'a pas de certitude : I* que le miel provienne dételle ou telle plante, par exemple àxkpaullinia au Brésil, et de l'aconit dans nos Alpes*, a* que ce soit le nectar et non le pollen, ou tel autre produit , qui soit nuisible; 3* enfin , que la qualité vénéneuse ne vienne pas de l'abeille (3). Les nectars de plusieurs rhodoracées {azalea pontica, andromeda mariana, etc. ) , sont amers.
10^ Les excrétions des racines ont été vues d'abord par Briigmans sur une plante de pensée des champs ,
(i) St.-HiL. • Plant, remarq. du Brésil , I«r vol., iSaS. (a) Saa.y Mua. tielr., I , p. ia8.
(3) DC. . Phya. vëg. , I» p. a4a.
OK LA NUTRITIOVr. SOS
ensuite par plusieurs observateurs à rextrémité des rdcioes de scahiosa a/vensis.^ d'inula helenium \ des copaifera, des chicoracées, etc. Plenk les regardait comme la matière fécale des végétaux (i) ; et en effet, sî.ron réfléchit à la marche descendante de la matière nutritive , on conçoit que la nutrition peut se terminer par Tescrétion des matières inutiles ou nuisibles à la plante.
Cette idée avait frappé depuis long-temps M. de CandoUe et Tavaît engagé à presser plusieurs chimistes de faire des recherches directes à ce sujet. Quelques-uns avaient essayé sans réussir, à cause de la difficulté de séparer ce qui peut venir des racines^ des matifres diverses dans lesquelles doit se trouver la plante pour qu'elle puisse vivre, ou de celles qui proviennent de la décomposition même du tissu des racines. M. Macaire(a) y est parvenu , en plaçant de jeunes plantes dans de Veau très-pure et en ayant soin de les changer tous les jours sans renouveler Teau. Au bout d'une semaine ou deux, cette eau évaporée laissait un résidu que M. IVIacaire a analysé, et qui varie d'une plante à l'autre, selon la famille à laquelle chacune appartient. Les légumineuses sécrètent une matière gommeuse, avec du carbonate de chaux \ les graminées , des muriates et carbonates, mais peu de gomme-, les chicoracées, une matière amère, aiïalogue à Topium, contenant du tannin, une substance gommo-extractive et des sels ^ les euphorbes, une matière gommo-résineuse, etc. •
M. Macaire a constaté que ces excrétions ont lieu de
(0 PwiiK , Physîpl. , p, 64 de la trad. franc, ^a) Uag. . Mém. de la société de ph>«. et d'hi»t. nai. de Genéye;* ▼ol. V.
IlfT». A LA BOTAWIQtJE. TOME 1. ÏO
306 raTsioi.ooix.
nuit (ou a robscuritê) plus qae tous rtnfluence éû la lumière ^ et qu'elles n'ont lieu que pendant la vie dea plantes et des organes. Des racines coupées n'^ produisent pas.
Enfin j il a montré qu'elles nuisent aux plantes qui les ont produifes , quand on les leur fait absorber, et qu'en général elles nuisent aui plantes de la même fa» .mille. Cest la cause pour laquelle les mêmes espèces ne Tiennent pas bien plusieurs années de suite dans le même sol , et par conséquent la cause du système des assolemens^ si précieux pour ragricukuTe(i).
AETICLE II.
DKS SOCS »A0PRVS«
Ces SUCS ne sont pas rejetds.au-deborsdu végétal, si ee n'est par accident. Us circulent plus ou moins à rintérieur-, leur production parait utile à la santé de chaque espèce. D'après. cela, on peut les comparer avec raison aux sécrétions récrémentiiielles des animaux. Ils se rapportent à quatre classes, les sucs laiteux et résineux y les bulles volatiles et les huiles fixes.
5 I. •*- Sucs laiteux.
Les sucs laiteux se trouvent principalement dans Fécorce, quelquefois aussi dans les autres organes. Les dicotylédones en contiennent plus souvent que les monocotylédones. Dans les cryptogames , on ne connaît que certains agarics et bolets qui en aient. Ordinairement,
(j) Un assolement est une disposilioD de cultures successÎTes ou simuUanées , dans up même tcrraia. Le but de tout ogricul leur instruit doit être de faire succéder dans l'assolement successif » ou do rapprocher* dan« un assolement simultaue', les plantes qui se con-» ^endrunt» en éritant celles qui se nuisent. {P^ojra DC, Bild. uût.» dttc. i83i j Pbys. véfç. , p. t^tfi.)
DS LA VUTIITION. 30T
ik «xifteDi ou ib manquent dans tontes les espèces d*une famille^ cependant les mammillaria^ galactites y ahes ) etc. , sont des genres à suc laiteux , dans des fanilles non laiteuses. Les plantes laiteuses sont décide-* ment en minorité et forment à peine la dixième partie d«a plantas Tasculairâ.
§ 2. — Sucs résineux y gommo^résineux.
Las sues de ce genre sont très-<»mtauns dans les ëcorceSi on «a trouve aussi dans le eorps Ji{{neux et même dans la moelle; ils se forment par petites aggio mérations qui souvent se réunissent et descendent par leur propre poids. Dans le corps ligneux, ils persistent et sont enveloppés par les nouvelles couches, maiâ dans iécyce, ils sont rejetés &u*déhors avec les' anciennes couches. On les recueille à là surface ou par des 'incisions» ^ '
Los résines sont solubles à l'alcool seulement, les gommes-résines en paiîie à Teau, en partie à Talcooli surtout à une température un peu élevée. On connaît Vappareuce lustrée et la nature cassante de ces produits après la dessiccation. Le carbone et Thydrogène sont leurs principaux élémens.
M. Booastre (i) regarde les résines comme composées de quatre principes : i* une huile volatile qui se divise elle-même en une partie odorante volatile (e/aiodbn) et une partie concrète (stéaropton) ; a® une partie essentiellement résineuse qui comprend la.résine proprement dite, entièrement soluble à Talcoôl, et la sous-résine ou résioule, soluble seulement à Talcoc^ bouillant; 3* un acide y tel. que Tacide bohzoique dans les baumes )
(i) Uvnk, d« ^ivm. , iSb6, iSSo.
308 PaYSIOLOGIE,
4^ une partie accessoire^ de nature gqmraeuse , sucrée, saline, etc., selon les cas, d^où viennent les principes extracto-résineux, gommo-résineux, mentionnés dans les analyses. Selon que Tun de <:es quatre principes est plus abondant que dans Télat moyep , les résines varient de propriétés. La vraie résine domine dans le produit- résineux des pins^ Thuile essentielle , les objets accessoires, dans les gommes-résines; Tacide benzoique, dans les baumes de tolu , copahu , du Pérou , etc. La gayachie et la sarcocolle se classent aussi près des résines.
^ 3. — * Huiles essentielles ou volatiles.
Le caractère de^ huiles est d'être liquides à là temp^ rature ordinaire, peu ou. point solubles dans Teau^solubtes dans Talcool et Télfiçr, et trè»*inRammables. Les huiles essentielles se distinguent des huiles fixes en ce qu'elles ooit une odçur et une saveur, qu elles sont un peu solubles dans Teâu , qu'elles passent avec elle dans la distillation et lui' communiquent leur odeur*, enfin , elles se volatilisent par la chaleur. Les huiles fixes sont inodores , insipides , ne se volatilisent pas jusqu'à ^oo ou 3o()* et se décomposent à une température plus élevée. Le carCone et l'hydrogène sçnt les élémens principaux de toutes les deux.
Les huiles volatiles se trouvent dans les parties foliacées ou corticales , et sont contenues dans les cellules. Elles forment souvent des points transparens , comme on le voit dans les feuilles et pétales de mille-pertuis, de myrtaccë^ etc. Elles reAiplissent les vésicules de la peau de 'orange et les vittœ dans les fruit» d'ombellifères. La chaleur et la lumière contribuent à leur formation, car elles abondent surtout dans Jes plantes des
DK hA ifimiTioir, S09
pays chauds et danscelles des endroits découverts. Elles se volatilisent à travers le tissu. On tire parti de leurs odeurs si variées, pour faire tesparfi^ns.
Elles se composent de deux piMipes (i) : Tun fluide, odorant , susceptible de se colorer par Tacide ni"trique : c^est Ve2aiWo/i de Herberger (/V^rektn/10 de BizioetBoolay); T^utre est concrète, souvent inodore, cristalline : c'est le stéarapfon {séreusine des deux autres). Le camphre qui se tire des laurinées parait être le stéaropton d'une huile essentielle volatilisée à moitié (a). Les labiées et quelques autres plantçs donnent des produits analogues.
§ 4» "~" Huiles fixes ou grasses.
« L'huile fixe se trouve dans Vîntérieur des. graines ,
ou rarement dans le péricarpe. La germination la trans*
formjB en une matière émubive, nutritive,. comme la
fécule. Elle diffère cependant des matières gommeuscs:
1* en. ce qu'elle nuit aux végétaux qui .l'absorbent;
a' par sa nature hydrogénée et pcrcarbonée ,* 3* par
sa division en deux principes, Fuç plus liquide qui
s'imbibe dans le papier gris ( élaïne ou oléine) , l'autre
plus persistant {stéarine). Ces dernières distinctions
rapprochent les huiles fixes des graisses animales , . et
Ikl. deCandolle (ait observer que leur rolé physiologique
est analogue à celui de la graisse, dans la nutrition des
jeunes plantes (3).
(1) Joam. de pluinn.\ i8a8,. 18S9, i83o. (9) DC. , Phjt. ^ég. , 1 » p. 30)* P) Pbyi. ▼ép. , I , p. ^96.
SIO vmYsiOLoan.
Les matières appelées beurre végétal , comme le beurre de cacao , celui de galam , etc. , sonl des huiles très-épaisses. Beaucoup d embryons et d'atburoens coti* tiennent de Thim; Tolivier en contient beaucoup dans le péricarpe , mais c'eS un cas exceplionnel , aussi re* marquabk par sa rareté que par «on Importance agri* c^le. Voici les quantités fournies par quelques graines d'après MM. Schûbler et Bentsch : -
Sur 100 parties en poids :
. Aveline • 60 d*huile.
Cresson des jardins ....... 56 à 58.
Noix. ^ • . . . , 5o.
Pavot 47 a 5o.
Amande . * . 4^.
Colza. . . ;. . . 39.
Moutarde blanche. 36. * *
Tabac. • îi à 36.
Olive, Ig graine. \ • • 4^.
Jd. 9 1er péricarpe. ......... 27.
/d... le tout 32.
Prune ' 33.
Navette d'hiver. . . I 33. •
Navette d'été 3o.
Cameline. . '. ,. *. a8.*
Sapin ft4-
Lin * . • . . aii
Hélianthe. • ig.
Faîne (graine du hêtre ). '. . .* 11 à 16.
Raisin (la graine). ....... loàii.
x>K LM irvTaiTiON. su
ABTICLE m.
9B8 TAODXriTS nÉClàXni QUI JTB 50HT MI RBJBTtS AU DB- HOBS , m TRAHSTOBTÉS EUT HATURB vl*VJi OBGAllB A I^'aUTBE , HI SÉPABÉS Etf QUANTITÉ HOTABLB DANS JLE COUBS DE LA VÉGÉTATION •
§ 1 . — Nature et origine de ces produits.
Rien ii*68t plus varié que les matières acides , azotées, alcalines, résineuses, tannantes, ou colorantes , que la chimie apprend à distinguer dans les végétaux, mais dont la composition intime et surtout Torigine physiologique sont lien souvent d'une obscurité désespérante. Ce ne sont pas d^ produits isolés à Textérieur ou à rintérieur des organes, ils sont plus ou^moins. mélangés avec d'antres substances et dispersés dans le tissu végétal. On pcîul, fes regardet*, vu leur complication cbimiqoe , comme de» produits dérivés d^autres produits plus simples ; et en effet le rapprochement des matériaux gommcux , résineux , huileux , etc. , et leur contact avec l'eau et les gaz qui pénètrent à rintérietir du végétal , doivent amener des eombinaisons successives très-compliquées. Il en résulté des acides à 2 ou 3 bases ^ et des degrés singulièrement variés de combinaisons de Voxigène avec Fhydrogène, Tazote et le carbone.
5 1. -^Mndires acides»
Les acides végétauB ont une base double : Thydrogène et le carbone. Quelques-uns contiennent aosH de Vazote. Le caractère des acides est de rougir les matières bleues végétales et de se combiner avec les Blcalia* La
31 f PHYSIOLOGIX.
plupart doivent leurs qualités d'acides à Voxigënation , mais il y a des acides hydrocarbonés , sufhydrogénës et azotés , comme il y en a de suroxigénës. De là quatre divisions :
1** Acides hydrocarbonët.
Ces acides,.où Toxigëne et rhydrpgène ne sont pas en plus forte dose que dans Teau , sont :
a. L'acide ulrmque (ou ulminè), observé d'abord dans les exsudations des troncs d'orme , puis dans les écorces de clicne, marronnier, etc. On le retrouve dans les débris de végétaux en décomposition, notamment dans la terre de bruyère , les engrais , les terreaux. Sans doute sa nature- hydrocarbonëe ^ analogue aux gommes, le rend avai^tagevx aux végélaux qui en absorbent. Il est composée» selon M. P. BouUay (i)^ de 66,70 de carbone el.4^>^o d^eau. Il ne rougit pa^ les teintures bleues , mais il se combine àvcC les bases salifiabtes. Il ressemble au charbon. *
b. )[.' acide gallique dîfiere à peine du précédent , sous 1^ rapport de sa composiiioa. Il contient, d'après M. Bertélius, 56,64 de carbone et 4^,36 d eau. Il est loujours 'uni au tannin et se trouve principalement dans la g[iLllc du chêne, •
1*" Acides suroxigifnês.
La quantité, d'oxiçène surabondant varie d*u«e manière extraordinaire, car dans Tacide acétique elle est de ^,86 pour cent^ et dans Tacide oxalique de 60.
a. L'acide acétique est de beaucoup le plus commun.
(1) Journ.d* pharm. , i83o^
DX LA frCTBlTlOlf. MS
On le troare dans beaucoup de fruits et dans la sèye de toutes les plantes, libre ou uni à une base. Il se dé- Teloppe surtout par la fermentation vineuse et la distillation du bois , et<lans ce cas il provient de la fé* cule et de la lignine décomposées. Selon MM. Gay- Liussac elThénard, il contient 5o,2!24 de carbone, 46,916 d'eau et 2,860 d'oxigène surabondant.
b» L'acide malique se trouve dans les pommes , poires et autres fruits de rosacées , surtout avant la maturité ; et aussi dans les groseilles , cerises, etc. D'après M. Prout il contient 4^)68 de carbone, 4^976 d'eau, et i3,56 d'oxigènc surabondant.
c. L'adde citrique , abondant. dans les fruits d'au* ranfiacées , est souvent mélangé dans d'autres fruits avec l'acide malique. Sa composition diffère peu du sucrc^ et probablement il passe à ce produit dans la maturation. D'après RJi. W. Prout il se compose de 34/^8 decarbone,4<^>SSd'eauet i^x^'i'] d'oxigcne surabondant.
d. L'acide oxalique^ exsudé par les poils du cicer arietinum^ se trouve assez fréquenynent combiné avec des. bases. Ainsi l'oxalate de chaux existe dans les racines de saponaire, tormentille, fenouil, valériane, iris, etc.; dans les écorces desimarouba, de cannelle, etc.; l'oxalate de potasse dans le suc du banaiiier; * lebinoxalate de potasse (sel d'oseille )< dans les feuilles de rumex acetosa et acetosella^ Xoxalis acetoscTla^ etc; le quadroxalate mêlé souvent avec le précédent ; l'oxalate de sonde dans les salsoïa.
Il a une analogie avec l'acide carbonique, étant intennëdiaire etitrece corps et Pacide carboneux. Il contient deux i^mes de carbone et trois d'oxigène.
On mentionne encore dans les traités , les acides pectique , rhéique , kramérique , ginkoïque , glau*
M4 yMYfiouMiis.
çique, lichém^ue, iéUnigue, tartrique. 4qm$ilique^
morique^ kinique, mécanique^ igaturique (i)*
3* Acidet ■urhydrogén^.
Selon quelques auteurs, toutes les résines sont de cette classe \ cependant les propriétés acides ne sont bien développées que dans les acides abiétique , pi» nique, sylvique , bemoïque, kahincigue^phocénique, stéarique y dont il est inutile de donner ici les caractères à cause Ah leur rareté (2).
4* Acides aiotés.
L^acide t^^drocyanique ou prussique^ si remarquable par l'absence d'oxigène^ se trouve, selon les uns tout formé , selon les autres presque formé , dans les feuilles de laurier-cerise, de pécher, dans les graines d'amande amére; de cerises noires, de pèches, d'abricot^. Cet acide est un poison violent, quand il est concentré; mais il absorbe très-fréquemment de l'eau. Il passe dans la distillation dffS eerises, et donne à la liqueur le goût do noyau. Ilsecpmpose, selon MM. Gay- . Lussac etThénard, de 44)^9 de carbone, 3,9a d'hjdrogène, et 5t,^i d'azote.
L'acide aspaitique (de l'asperge) et Facide yîi«gique (des champignons) contiennent aussi de l'azote.
§ 3. ^- Des matiètÊê aaoiéei neutres^ Ces produits contiennent de l'azote, duearbonei«t de
(i) BG. , Physîol. Tég. I • p. Si 4; (i) DC.»l^yML^.»I»f. Sft«.
DB LA MirtMTlOlf. S<f
rhydrogène et de Toxigène, pit^iBëment dans les pro* portions convenables pour former de Teau.
Les plus remarquables sont le gluten et la glutine ou albumine végétale. On obtie^it legfuten en malaxant de la farine dans de Feau. C'est une matière visqueuse, extensible, élastique, flexible, insipide, grisâtre, qui devient cassante quand on la dessèche. Elle ne se dissout pas dans Talcool, imparfaitement dans Teau, et mieux dans Tacide acétique ; abandonnées elle-même, elle fermente et donne une odeur animale fétide , à cause de Tammouî^que dégagé. Le gluten ne se trouve que mélangé avec la fécule. Il parait composé de la partie membraneuse des cellules de Talbumen qui renferment la fécule (i). C'est le gluten qui, dans la panification, détermine les cavités ou yeux de la |^te.
fécule. glaten.
Le froment d'automne contient/ /d'après Davy, 77^00 19,00
Le froment de printemps contient , d'après le même ,
L'orge , d'après le même ,
Le riz de Caroline , selon Vogel ;
Les pois y selon Einholf ,
Les haricots , idem /
Les lentilles , idem ,
Mais ces quantités varient beaucouji selon Je terrain. M. Hermbs^aedt (Bull, des se. agr.,vii^ a observé Teflet
3%,gS
36,oo
(i) Uns. y Aiin. do mus. , XIII» p. 147, i8of.«^RiirA«, , â^mf plnsieiirs Mcmoiref •
916 rUYftiOLOGIE.
des>engrais sur la production du gluten , et il a vu par exemple que le froment engraissé :
gluten, amidon.
Avec de Vurine a fourni ^ 35 , i o 39 3o
Du 3ang de bœuf , 34,^4 4' 3o
Du fumier de cheval , i3,68 ' 6t ,64
Idem de vache, 1I995 6^2,34
Du terreau de feuilles , 9,60 65,9 \
Du sol non fume , 9,^20 66^69
AiAsj les engrais /ont d'autant plus de gluten qu'ils sont plus azotés. *
Sa composition est, d'après M. F. Marcet , 55,^0 de carbone, 22,27 d'eau, 7,53 d'hydrogène excédant, et i4;5o d'pzoie. La glutine en diffère peu : mais elle se trouve non-seulement dans d'autres organes que les graines, mais aussi dans lès racines (i).
On cile encore la berbérine, Xaspafagine , Famygdàline , Vémétine , la cafféine , la narcotine , \di gentianine y \^plumbagine , Vamanitine et la /ungine^ comme des produits neutres azotés; mais la plupart sont peu connus et peu répandus dans le règne végétal. Enfin, quelques chimistes disent avoir trouvé dans les pkntes , et pur des procédés compliqués, des produits qui sont communs dans l'autre règne, comme Yosmazome^ Xadipocire , la gélatine et la fibrintf, etc. (2)'.
' S 4'» "^ Maùètes alcalines^ ' Les alcalis sont susceptibles de former des com-
(1) DG., Phyiiol. Ttg. ; I , p. 3So.
(3) De. , Phy». rég. « I » p. 33i et aiÛT.
DE LA HTTRITlOXf. 3lT
poses avec les acides, et teignent en vert les eouleurs bleues végétales. 11 y en a de trois sortes : i^ des alcalis terreux, comme la potasse^ la soude, formés d'une base métalloïde oxigénëe ; ii** Talcali volatil , composé d'azote ou de sa base inconnue , et d'hydrogène ^ 3° les alcaloïdes à quatre élémens , azote , hydrogène , oxigène et carbone.
On obtient les terres par la combustion. L'alcali
volatil se développe souvent dans les décompositions. Il
est combiné dans la racijie dliellébore noir , de nym-
phœa,etc. On connaît aujourd'hui vingt-quatre alca-
loidt^s, qui contribuent beaucoup*aux qualités .essen*
tielles de certaines espèces ou de certaines familles. On
les désigne sous des noms qui indiquent ou leur qualité:
morphine (du pavot) ; ou plus communément leur
source, comme : delphine (des desjtphiniufn)^ aconit
tine ( des aconits ) , solanine , nicotine , quinine ,
&ua*î//e,etc. Ces alcaloïdes cristallisent. Quoi<)ue eom*
posés d' élémens semblables , de très-légères différences
de combinaison leur donnent des. qualités énergiques
très-variées.
§ 5. — Matières surhydrogénées ou résinoïdes.
Elles ne contiennent pa^ d'azote et ressemblent aux résines , tout en servant de base aux acides^ on les désigne comme les précédentes : polygaline (despolf" gala\ quassine (du quassia), cathartine (du séné) (i).
§ 6. — Madères tannantes.
Le tannin se trouve dans la plupart des écorces ,
(■) DG. , Pfajsîol. Yëg., I, p^3&o.
aiS MTIIOI.OaiB.
dans les falle» du chéna , les gousset 4e phiiî^vrs lé^ giitntneuses. Le oschou se tire de Tëcorce du mimosa cateahut
Le tannin , d après M. Rertéliua , se compose de 5i,i6o de carbone^ 44)^54 d'eau, et4fiS6 d'hydregène. Cest u» produit suroxigéné.
^ 7. — • Matières téloramUs.
Les matières colorantes isuX été examinées par les chi« mistçs, principalement sous le point de' vue des couleurs qu'elles pauvent communiquer àdes.corps étrangers (i). Les botanistes n'ont à les considërerque dans leurs rap« ports avec les tëgétauxi et sous le point de vue de leur origine physiologique.
i" Matières coloraDtet du corpt ligneux.
L^auMer est presque blanc , mais le bois est colore, en noir dans Tëbène, en jaune dans le mûrier à teinture, en rouge dans les bois de campécfae, du Brésil , etc. Il s'en faut de beaucoup que Ton ait analysé tous les principes colorans de ce genre. Ceux qui se dissolvent aisément à l'eau chaudeou fi-oide, et qui peuvent se fixer par des procédés économiques, sont extraits pour la teinture et ont été examinés. AinM on. a appelé hématine le principe colorant du bois de campéclie (hœmaioxjlon )^ brésilifie celui du bois de Brésil (cœsalpinia cristafa), santaline du santal rouge (pterocarpus santalinus) , morîn h couleur du wio-
(1) CatTMOL , Leçons de chimie appliquée [celles à la teinture), pages 19 et 3o.
DE JJL
ms Unetoria^ fastet k eindeur jatae ém rist Las deux premières eontieaiieiU de raBOfte; les éna ■iéres sont acides ; plusîearB ressemUent aux Lie lang de dragon se tira des pierœmrpus indieus et sànialinus^ dadracœna J/tÊCo, des rmâ^do eaiamtu drmeo, 'venu et rudentum^ cl de l'exsodilÂoo eoriicale da xaniorfhœa hasûUs , phBlcs eu tait* ment bien différeatei (i).
Le guercitrin se lire de récoree de ^ «erai# timaona^ V^rganHline de diTenes boragiiiées, de*
3* Des parties felîaeéa.
Uindigotine se tire des parties certes des f/i^'^o/rra, et aussi de celles de V isatis tinctoria ( le pastel ) , et du Tterium tinctorium. On Tobtient en faisant macérer les parties yertes, et fermenter à a^'enviroo. LMndïgo en pâte , d*abord blanc , se colore à Toxigène de Tair. On le purifle pour obtenir findigotine, dont il y a 4S/100 dans la pite. Il se compose de carbone, d*un peu d'azote et d'oxjgéne, qui peut être uni sous trois doses di^ férentes.
La chromule est la matière ordinairement verte des feuilles et des organes analogue» On la nommait chloronile y chloTopbf lie dans les ouvi'ages modernes de chi«> mie (a). M. deCandolle , qui la nommait en 181 3 ma-
(1) ViGciT, dans DC, Organ. vrfg , I, p. aa4. — DC, Phjsiol., I, pag 166.
(>) f KMf >» tt Càtsutop , Jour», i9 pUra« f UI , p. j(^§ ; JMui« d« chimie , oct. 1818, p. js4«
SSO PHTStOUmil.
tîère verte, reoonnat que c était la même maliire qui se colore en jaune, rouge, elc, en automne; dès lors il pr.)posa deTappeler chroniule(mfl(tière colorée quekon* que), et ce nom convient d'autant mieux qu'elle existe dans les fleurs, fruits, etc., comme dans les feuilles. En général elle se trouve dans les cellules arrondies du parenchyipe,' situées au-dessous de la cuticule. M. Ma* caire(i) Ta très-bien «xamhiée souple point de vue chimique et physiologique. On savait déjà qu'elle se compose essentiellement 'de carbone et d'hydrogène , avec un peu d'oxigènc. }/l. M acaire a montré que des degrés croissans d'oxigénation produisent la coloration automnale, jaune ou rouge, des fisuilles. D'autres modi» fications de la chromule amènent les couleurs variées des fleurs.
4" Matière! colorantet des 0eiin.
La chromule existe dans toutes les fleurs. , La carthamine se tire de la corolle et des étamînes du carlhamus tinctorius^ la potychroïte du stigmate du crocus salwus ( safran ), la rhœadine des pétales de pavot. Toutes sont solubles à l'alcool, et colorent en rouge ou en jaune.
&* Madérei colorabtet des fruits.
On tire des fruits du rhamrms inféctorius (vulg. graine d'Avignon) un principe colorant jaune , et un autre rouge.
(i) Macàim , Mém. d* U soc. de plijs. et dliîst. nat de Genève » Tol. IV, iSsS, p. 49.
OB LA tmtnov. 8ti
•« Matines colorantes âeâ IkiwBi.
UoTcine et la "varioline se tirent de Torseille et paraissent des modifications de la chromole.