‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 50 sur 104 · DE LA NUTRITION. 4 S · texte numérisé non relu

DE LA NUTRITION. 4 S

mates qui élaborent de la nourriture, dès qu'ils sortent de la graine* L'albumen , quand il est charnu , est aussi absorbé dans la germination. Les artichauts vieillis ont un réceptacle sec , parce que les fleurs ont vécu sur le dépôt de fécule qu'il contenait. Dans la culture des asperges, on a soin de laisser monter des tiges pour nourrir pendant Télé les souches ( les pattes ) souterraines, dont la fécule passe au printemps dans les jeunes pousses. Il serait aisé de multiplier ces exemples. C'est en partie à cause de ce rôle que M. Raspail, qui a si bien éclairci l'histoire de la fécule , la compare à la graisse des animaux.

On possède beaucoup de documens sur la quantité de fécule contenue dans divers organes ou diverses plantes. Voici quelques chiffrés tirés de plusieurs auteurs (1).

sur 100 parties (en poids).

Kacine de jatropha manïhot rouge , i3, 5 de fécule.

-— ipomœa batatas rouQe ^ i3, 3 Tubercules de pommes de terre , en

moyenne , ^45 ^

Rhizomes de maranta arundinao9a

(arrow-

•root ) ,

la, 5

canna coccinea ,

la, 5

— indica ,

amomwn zinziber ,

.— curcuma ,

dioscorea iriloba ,

aS, o

— alata ,

^— saliva ,

(0 rorez à ce sujet lUanii., Ann. des se. nât., i8a5, i8a6. Journal des se. d'obs. , a et 3. — GiniouaT, Jouro. de pharm. , 18^9 • «' tous If I l^ail^ de clûjnit , surtout de chimie végétale.

tnciHi), 3, a

(j mille» de fenliile,

- Rte,

— haricot ,

— poù.

— aTOÎM,

- «i6le.

Kl

FrouieDt de priolemps ,

-^ d'anloame ,

Mim,

Ili/ de Piémont ,

»3,So

— tarolin.,

S4. — 5i(ew. '

Le Micre nt uue matière hydrocarbonée analogue à lu ;;oinme, maii plos variable quanta n présenoedans li^ oi'jjanesct à ia composition chimique. Ses caractères soiiL : I* sa&aveui'j 2* de se convertir enfpiiacàde carli»[iiquc el alcool, dans certaines circoiisUDce* , par •'\' tnple dans la ferneotatioa qai produit te viu et lei lirji leurs alcooliques.

On distingue : 1" les sacres cristallisables , comme i-nix delà canne, des raisin», des champignon» ; cl ■i' le »ucro liquide ou sirop , qui le Iroare souvent i»ël,iiiji;éiivec les premiers. Lcaucrede canne contient en iiuiveiine 4^ parties de carbonu et 58 d'eau. Il crisuVÀm en prismes ([uadrilolëresou hexaèdrc-s, terminés pji- des sommels dièdres on trièdres. H pèse i,f>o5, 1 t'uurlant i, 000. Il est fhosj^ionwrent quand on le râpe à l'ubscurité.

Le sucre de raisin est moins stiluble, moins sucré

DE la. jrirrmiTNMv. fM

ciistallitc en petites aîgoiileft, et se eonpose, d'après M. Th. de Saussure, de 96,71 de carbone, 60,08 dVau, et 3,4 1 d'oxigène surabondai) t*,d'après M. Prout, de 36,71 de carbone et 6*3,39 d'eau (i). Le sucre de canne se tire de la tige du sacchantm officinarum. On en obtient 17 centièmes dans Tlndoustan et i4 en Am^iqne. L'enreloppe corticale de la racine de bette* raye en contient jusqu'à 7/10. On en tire aussi de la sève des érables {acer ^charinum et montanum). La canne, à sucre cultivée dans les serres n'en contient presque pas, et Ton sait que .les figues et les raisins spot bien plus sucrés dans le midi que dans le nord. La floraison de la canne à sucre enlève le principe sucré, et la betterave ne contient aussi du sucre dans sa racine qn*à une certaine époque , avant qu'il soit porté dans les organes supérieurs de la plante.

Le sucre de rabin existe dans plusieurs autres fruits, tels que les groseilles , cerbes , abricots , figues , etc.

Le sucre liquide accompagne les autres et se distingue après qu'ils ont cristallisé. Il se trouve seul daus le mais , dans les pommes et les coings. La matière sucrée se transforme naturellement en amidon, dans les albumens et cotylédons charnus, à l'époque de la maturité* Puis, dans la germination , 1 amidon redevient un liquide sucré. Les chimbtes peuvent transformer l'ami J(m en sucre , mais non le sucre en amidon -, ce qui confirme l'idée de quelques savans , que l'enveloppe des grains d'amidon est une membrane organique, dont la formation ne dépend pas de la chimie.

(0 y^oyez Paout, Sur les matières sucrées» Joum. de pharmacie, "8>1># p. a«9.

r pr<

Les sucres de miel, d'amidoD et de maDue ontà pea près U composition de celui de raisin.

§ 5. — Lignine,

La lignine, que beaucoup de chimistes Qommeotle ligneux , est ta matière déposée daas les cellules allongéci du rorps ligneux et qui lui ^ donne ses principales propriétés. Elle est însolubk à t'oau et à l'alcool \ mais les lessives alcalines en enlèvent une partie.' On la tire de la sciure de bois, en ctilevant tes parties solubles par de l'eau chaude , les pi^tîes résiueuses par l'alcool , et les sels insolubles par de l'aoide hydrochlorique faible. Après toutes ces opérations, on obtient en lî- [;nine 0,96 du bois. Elle est solide, d'un blanc sale, insipide , inodore et {dus pesante que l'eau. L'acide sulfuri<]ue la convertit en gomme et en suore de raisin, l'acide nitrique en acide oxalique , les alcalis concentrés en ulmine.

Elle se compose on moyenne, selon MM. Gay-Lussac cl Tbénard, de Si parties de carbone et 4^ d'eau j selon M. Prout , de 5o de carbone et 5o d'eau. Il parait (lue les difTércnces , si considérables d'un bob à l'autre, tiennent bien moins à la lignine qu'aux matières diverses que l'on enlève pour obtenir ce produit. Au surplus la cbimie ne permet pas de savoir si la lignine vient des parois mêmes des cellules et vaisseaux , ou de quelque produit déposé sur elles. La subérine qm se tire du liège et la méduUine de U moelle ont beauloup d'analogie avec la lignine.

0£ LA irUT&ITIOlf. 397

AKTICLE IV.

OOasiBéAATlOBS GÉNÉRALES SUB. LES SUCS NOUERICIEES DESCEHDAHS ET SUR LEUR COMBINAISON AVEC LA SÈVE ASCESDANTE.

U résulte de ce qui précède : i"" que la matière nutritive provient des feuilles ; 2» qu^elle descend principalement par Técorce et aussi ( en moindre quantité ou dans des cas plus rares) par le corps ligneux-, 3*" que cette matière n'est pas organisée en fibres, mais qu'elle contribue a la formation locale des fibres ; 4** qu'elle doit être d'une composition chimique analogue à celle de la gomme ^ 5* qu'il y a efîectivement dans Técorcc et l'aubier de tous les végétaux vasculaircs une grande facilité k prodtiire de la gomme; G* qu'il sq dépose en divers points a l'intérieur et à l'extérieur des matériaux , tels que la fécule , le sucre et la lignine , qui ont avec la gomme les plus grands rapports de composition chimique, et qui, par des procédés simples, peuvent être transformés en gomme.

D'après cette série de faits concluons , avec M. de CandoUe (i) : que la gomme est le suc nourricier descendant^ mais que pour agir convenablement dans la nutrition , ce suc doit se transformer le plus souvent en fécule, en sucre, en lignine, ou en produits tout-àfait analogues; qu'il doit dans cet état séjourner quelque temps dans certains organes , puis être transformé et dissous de nouveau pour servir directement à Talimentalion.

(i) 0C. , Pbjtiol. ^ég., I , p. 167 4 ail*

198 VHYMOLOGfK.

Cette seconde opération doit avoir lieu souvent, par le pssage de la sève ascendante dans les dépôts de malière nutritive soiuble. On explique ainsi la végétalion active du premier printemps, le développement même des bourgeons , la nutrition des fleurs et des fruits qui terminent les pédoncules , rallongement rapide des hampes florales, et la première vie des jeunes plantes. Dans tous ces cas la sève ascendante se charge de matière gommeuse , accumulée antérieure* ment dans les organes situés au dessous ou à cdté de ceux qui grandissent. L*humeur visqueuse d'où proviennent les nouvelles couches de bois et d'écorce est un mélange des deux sèves. M. Knight a prouvé ce mélange en examinant la pesanteur spécifique de la sève ascendante à diverses hauteurs; dans un acerpla-^ tanoides il a trouvé à fleur de terre ioo4) à 6 pieds de distance du sol^ 1008, à la piejs, toia (i). Ainsi la $ève ascendante se charge de molécules en montant dans le tronc des arbres. M. Knight pense qu'une partie de cette sève se dirige horizontalement par les rayons médulaires , et va former les nouvelles couches.

Par la même raison les plantes peuvent vivre quelque temps sans élaborer de nourriture. Elles vivent alors à leurs dépens et finissent par s'épuiser. Si les plantes bulbeuses ou charnues vivent long-temps dans cet état , c'est qu'elles ont un magasin de nourriture plus considérable que les antres'.

Les fleurs ne se produisent pas sans cette nourriture LGcumuléc. Il faut toujours que des feuilles les aient

(1) Pbilot. traïu. , 1909 , p. lo ; Tnaâ. ace. hmiét» , 1 « f . »••

D£ lU NVTRJTIOrf. 99$

précédées dans leur développement, soU la mémeannée, soit Tannée précédente. Les espèces vivaces produisent, chaque été, ce qui sert à la floraison de Tannée suirante-, Us espèces bisannuelles meurent épuisées par cette floraison *^ mais, dans ces deux catégories de plantes, les fleurs peuvent au priulemps se développer avant les feuilles , parce qu'il y a des sucs déposés antérieurement. Au contraire , les plantes annuelles n'ayant pas de magasin rempli de nourriture, ne peuvent pas fleurir avant les feuilles. M. de Candolle observe quen fait aucune plante annuelle ne fleurit avant les feuilles , ce qui confirme les principes énoncés ci-<iessus (i).

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