‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 54 sur 104 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DU DBVELOrPBHBMT ET DB hh MAECâB BB LA VBGÊ- TATION FBNDAIIT LB COVR8 DB l'aUNÉB.

§ I. — • Des périodes de végétation.

Dan^ ce qui précède , nous avons considéré la nutrition des végétaux dans son ensemble et ses détails, pour un moment donné ; mais on sait qu elle varie aussi selon les saisons.

Il y a en effet pour chaque espèce, sauf dos cas bien rares, des époques d'activité, de ralentissement , de torpeur même, puis de redoublement, dans les fonctions végétatives. Ces époques se rapportent, che/nous, aux quatre saisons, pour les plantes qui supportent notre climat. La température est évidemment le régulateur principal de ces. phénomènes* Dans les pays ^lus chauds, c^est la sécheresse qui agit sur les plantes comme Tautomne et Thiver, et la saison des pluies comme le printemps et Tété. Quelques climats intermédiaires offrent deux saisons de pluie moins caractérisées que sous Téquateur, une saison très-chaude et une moins chaude. Dans ce cas les alternatives de végétation sont moins sensibles à l'œil , parce qu'elles ont Heu diversement pour chaque espèce , et non pas simultanément pour la très-grande majorité dès plantes du pays. Cela n'empéchc pas que la plupart perdent leurs feuilles à une certaine époque, sont en sève à une autre, etc. Dan^les serres, par exemple, on voit trèsbien que chaque plante a des époques d'une végétation

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plus OU moins active , quoique la température et Tiiu* midité yarient peu ; occupons-fious plus spécialement des plantes de nos régions tempérée^ et boréales.

§ a. — f^égétation de Thii^er*

Le froid et Tabsence des feuilles n interrompent pas complètement l'absorption par les racines. Ce qui le prouve , c'est que les bourgeons grossissent un peu pendant Thiver; qu'un arbre planté en automne pousse plus tôt que s'il avait été planté à la fin de Thivèr, enfiif que la coushe d'écorce qui M. sous Tépiderme reste toujours verte. Pour les arbres qui restent feuilles toute Tannée, on a reconnu que les fonctions sont également moins acl^vespendant Thiver.

§ 3. -^ Végétation du printemps*

Chaque espèce a besoin d'une certaine dose de chaleur et d'humidité pour se développer au printemps.

Ce sont Iqs deux causes déterminantes du retour des fonctions actives, et je dis les causes déterminantes^ car les végétaux sontalors tout préparés, toyt disposés à ce réveil. Il est clair que certains temps d'automne sont entièrement semblables au pHntemps , et que cependant ils ne font pas développer les bourgeons. Des oignons ou tubercules conservés dans les caves poussent au printemps. Les plantes de serre poussent aussi à une certaine époque. Probablement pendant le repos de l'hivef le» sucs s'élaborent et se distribuent dans l'intérieur, de maixière *à préparer ce qui suit. Upe fois le déVefoppement commencé, ce n'est pas un retour de froid qui peut ramener b même torpeur que pen* dant l'hiver.

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La tempéralure des jours qui précèdent TévoluticMi des feuilles doit influer sur le phénomène; mais depuis quelle époque? Cest ce qu'il est d&îcile de recon-

naitre.

Adanson comptait les degrés du thermomètre tous les jours, depuis le i" janvier jusqu'au jour de révolution , et en les additionnant , il estimait que telle plante avait besoin de i,3oo degrés, telle autre de i,5oo, etc. Mais pourquoi choisir le i" janvier, plutôt que le i" décembre, février ou mars? t)'ailleurs la température varie à chaque instant , et il faudrait une moyenne plutôt qu une addi^on da ce genre.

M. de Candoile(t) a publié des observations faites à Genève sur l'évolution des feuilles de marronniers de la promenade dite la Treille , pendant vingt-trois années. Il les a rapprochées de la somme des degrés, prise diversement, depuis le i" janvier de chaque année, des moyennes de température de pluies et de jours clairs, dans les 5, lo, i5 et 3o. jours qui ont précédé révolution. Les extrêmes des époques d'évolution d'uoe année à Tautre sont d'un mois. I^es chiffres prouvent que les années précoces et tardives ne se découvrent point par le procédé d' Adanson^ et qu'elles ne sont pas d'accord avec ce que Ton pourrait croire en prenant la température moyenjie des 5 , lo ou i5 jours qui précèdent l'évolution. En comparaot les «ix années les plus précoces aux six les plus tardives , la moyenne de température des 20 et 3o jours antérieurs à l'évolution a été d'un degré environ plus élevée dans les premières. Le température de l'hiver ne parait pas avoir d'in-

(1) BC , Phy3. vcg. , I , p. 43i .

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fluence sensible; probablement celle de Tété précédent eu a , du moins pour les plantes délicates , en ce qu'elle a mieux préparé lés sucs nourriciers et aaâté le bois , selon l'expression des cultivateurs.

L'influence de Thumidité , quoique certaine , est encore bien plus dif^ciie à apprécier que celle de la température.

§ 4* '^*" Végétation de Vêlé et de Fautomne,

L'activité de la végétation se ralentit graduellement depuis le priotemps. Les feuilles se chargent de carbone et de matières diverses déposées par suite de TexhalaisoQ aqueuse. Elles s'encroûtent; se durcissent , se cobrent en jaune, quelquefois même plus tard en rouge, et finissent par tomber.

Il se passe au milieu de cette période , au mois d'août, quelque chose de remarquable, c'est la sèue d^août (i). La sève monte alors avec un redoublement d'activité assez sensible, quoique moins fort qu'au pre- .mier printemps, et détermine une avance des bourgeons axillaires, quo le froid arrête ensuite pendant quelques mois.lDans le peuplier, ce mouvement détermine même un allongeçient des branches, et la formation de nouvelles feuilles, dont la fraîcheur contraste avec le jaune des anciennes. Il parait que les feuilles ont, au mois de juillet , déjà perdu de leur activité première, que \bs bourgeons commencent alors à se développer , et attirent à eux la sève. Tous les arbres sont alors à peu près dans la si* tuation des mûriers dont on a enlevé les feuilles.

(i) VAvctf., Mêm. snrla sèred^aoïit, dam Mém* delà soc. dephvi* et diiiftt. nat. de CenèTe, l'e partie , II | p« a83*-*DCty Pbvf. v^-, If p. 4^8.

RIPlIODVGTlOir DES PHAN£ROCjllfES. 83S

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