‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 90 sur 104 · XXIII. Polygamie · texte numérisé non relu

XXIII. Polygamie

♦ - . . XXIY. Gryi>togamie.

414 iuîTS0BO|.0Gn.

Chacune de ces classes est divisée en ordres diaprés des principes un peu divers^ ainsi dans les ireiie pr^ mières classes , essentiellement fondées sur le nombre des élaqaines^ les ordres sont établis sur le noo^bre des Ityles. Us sont désignés sous les noms de :

Monogynie quand il y a i style

Digynie

iA styles

Trigynîe

Tétragyni^

Pentagynie

Hexagynie

Heptagynie

Octogynie

£noé4gynie

Décagynie

Dodécagynie

11 à 19 styles

Polygynie

20 ou plus.

Dan» la didynamie ou quatorzième cl^^^, çntrpUTe deux ordres : Tun, qui se nomme gymno^/imue, retiferroe les plantes qui ont quatre graines nues au fond du calice, ou^ pour parler plus exactement, To- Faire divisé en quatre portions ; le second , qu'on nomme nngiospermie, a les graines renfermées dans

un périjc^rpe appareiil , ou Tov^ire no;i divisé en quatre portions.

La tetradYnamie se divise en deux ordres : la tétrO' dynamie siliqueuse, où le fruit est quatre fois au pioins plus long que large ^ \^ tétraéfynamie silicwleuse , où il n'est pas quatre fols plus long que large.

Dans 1^ moi^adolpbifK , la diadelphie, la polyadelphie, la gynandrie, la moBœcie et la. diœcîe , . qui sont fondées sur fadhérencedw étamtmsr psr leurs

TAXOjrOVIX V£G£TALX. 4n

filets , 80Ît entre elles , soit avec Tovaire , ou sur leur position dans des fleurs diverses , les ordres sont déduits du nombre des ëtamines elles-mêmes^ et portent par conséquent les noms des premières classes^ ainsi on dit monadelplne diandrie^ monadelphie trian^ dne^ etc.

Dans la sjrngénésie, les ordres sont très-conapliqués et fondés sur des rapports qui existent dans la disposition des deux sexes et sur celle des fleurs elles-mêmes. La classe est d'abord divisée en deux ordres, savoir : la syngénésie polygamie^ où les fleurs sont réunies , plusieurs ensemble, dans un calice commun» et X^Lsyngi^ nésie monogamie^ où ellea sont séparées. Ce dernier or- ^re ne se sous-divise point \ mais le premier se partage en cinq autres, savoir : la polygamie égale ^ dont toutes les fleurs sont hermaphrodites ; la polygamie superflue , dont les fleurs centrales sont hermaphrodites et les marginales femelles; la polygamie frustranéc^oiilesRetxrs centrales sont hermaphrodites et les marginales stériles ; la polygamie nécessaire j où les fleurs marginales sont seules fertiles; et enfin, hi polygamie séparée, oii les fleurs , quoique renfermées dans un involucre ou calîoe commun , ont encore ciiacune un calice propre.

La classe vin^t-troisième ou la polygamie se divise en trois ordres déduits de la disposition des trois sortes de fleurs, ou sur les mêmes plantes , et alors on .obtient Vwdre appelé polygamie monœcie ^ ou sur deux indivîdous différens , comme dans h polygamie diœtie^ ou sur trois , comme dans la polygamie triœcie.

Enfin, la tryptogamie se divise en quatre ordres, hs fougères ç les mousses j les é^lgues et les çhampignçns, déduits simplement du port et exposés sans caractère» rigpureuYt

476 METHODOLOGIE.

Comme système artificiel, ce^.oi de Linné n*est pas à l*abri de quelques reproches. On trouve par exemple que la classe de la pentandrîe est trop nombreuse en espèces, que la dodëcandrie offre diverses exceptions, que les subdivisions de la syngénësie , polygamie , diœcie et cryptogamîe sont difficiles pour les commençans. De plus , le nombre des organes sexuels n^est pas toujours constant dans une même espèce , ni sur un même pied. Il faut faire la part des accidens de ce genre , qui peuvent conduire celui qui cherche un nom, à une classe autre que celle où se trouve Tespèee. Les premières fleurs de la rue, par exemple, ont dix étamines et les suivantes huit. Linné a établi que les premières fleurs déterminent la place de Tespèce, et il a mis la rue dans la décandrie* C'est un arrangement tout arbitraire , que rien n indique dans Texamen de la fleur.

Le nombre des étamines et des pistils varie quelquefois dans un même genre , et cependant Linné, comme tous ses prédécesseurs , voulait que toutes les espèces d^un même genre fussent dans la même classe. C^était alors d'après l'espèce la plus commune, ou d'après la majorité des espèces, qu'il se déterminait pour la place ; mais ceci est encore un arrangement tout arbitraire que rien n Indique au commençant. Peut-êlre aurait-il mieux valu mettre les espèces diverses dans des classes difiërentes et répéter les espèces variables dans deux ou plusieurs classes. De cette manière, le système aurait conduit au nom dans tous les cas, quel que fut l'échantillon tombé entre les mains de l'observateur.

Mais à cette époque , on n'avait pas distingué nettement les classifications artificielles des naturelles, et Dn ne pensait pas qu'il importe avant tout de suivre le même principe dans toutes les parties de la même mé-

TAXOVOMIS YVCiTALS. 477

tbode. Linné avait établi les espèces et les genres d'après la méthode naturelle, car il les distinguait d'après Tensemble de leur organisation. Il disait même en parlant des genres : Character nonfacitgenus^ omnia ge* nera sunt naturalia. Ainsi, un genre très-naturel pouvait offrir des caractères variables*, dès lors il ne cadrait plus avec les formes régulières et artificielles du système. Dans la métbode naturelle, les genres entrent toujours dans les familles , parce que celles-ci sont établies sur les mêmes principes que Içs genres. Dans le système de Linné et dans tous les systèmes artificiels, il y a un désaccord qui résulte de ce que les espèces et les genres étant naturels, les classes sont artificielles.

Une méthode plus artificielle que le système de Linné, et qui par conséquent facilite davantage la recherche des noms , c'est la méthode analytique ou dichotomique inventée par Jobrenius (i) et développée depuis par de Lamarck (a). Elle repose sur le principe que pour faciliter au plus haut degré la recherche d'un nom , il faut diviser le règne végétal en deux , par des caractères bien tranchés , afin de n'avoir plus à chercher la plante dont on voit les caractères que. dans une des deux moitiés *, puis subdiviser cette moitié en deux, et ainsi de suite, en sorte que le champ des recherches soit de plus en plus limité. De cette manière, on finit par arriver au genre et à l'espèce. Les subdivisions sont présentées ordinairement sous forme de questions auxquelles la simple vue de l'échantillon doit permettre de répondre. Ainsi : La plante a-Uelle des fleurs visibles

(i) JoHiBifirs , Hodegus boUuiicus ,Co\m9iT* 17 lû.. (a) Lah. , Discours d'întroduclion â la Flore franc., éd. r« , réimprimé en tête de la troisième édition , par Lam. etDG. , iSoJr.

4Ê0 ' HVniODOLOGIC.

c est au eoDtrtire la fleur qui a dû fixer Tatleiition ; souvent ce sont les Feuilles, les tiges et un certain ensemble de caractères coihmuns, qui ont entndné à Vassociation. De même, on a novpkmé arbres les végétaux qui sont à la fois plus grands, plus ligneux , plus daraÛes que les aulret. L'esprit humain ne s^altache pas à un seul caractère 9 quand il en existe plusieurs. U saisit de lui-même des rapprochemens, quelque nonobreux qu'ils soient, et il en forme des associations plus ou moins vastes, selon le nombre et l'importance des rapports.

Les savans ont imité cette tendance toute naturelle. Ils ont rectifié, il est vrai, des associations erronées faites par le vulgaire , mais ils ont comme lui fait des espèces, des genres et des classes, d après des ressemblances générales, fondées tantôt sur un caractère, tantôt sur un autfé , ordinairemeilt sur plusieurs.

Le nom de méthode TiaOïre/fe «e vient pas seulement de ce que cetle méthode repose sur une opération naturelle à notre esprit , mais surtout de ce que les associations produites sont T image des rapports qui existent naturellement entre les êtres.

Les naturalistes qui ont le {ftus vivement défendu les méthodes artiGcielles admettaient les genres et les espèces, qui sont cependant les premiers degrés d'associations naturelles. Ils niaient seulement que l'on piit et que l'on dut suivre le même principe dans la réunion des genres en classes. Ce débat entre les botanistes du siècle dernier n'en est plus un aujourd'hui. On reconnaît que la méthode naturelle est plus philosophique^ plus conséf{uente avec elle-même4[ue les méthodes artificielles les plus parfaites , et tous les savans s'accordent à dire avec Linné : Methodus naturalis primus et ulti- 9nus finis bouuUces est et eriu Ce n^est plus que par

TAIONOMIK VEOÏTÀLX. 481

ignorance, ou pour céder à d'anciennes habitudes^ que l'on conserve dans quelques écrits modernes le système artificiel de Linné.

Il n^est peut;^tre pas inutile de remarquer qu'en zoologie on n'a jamais suivi d'autre méthode que la méthode naturelle, parce que les groupes sont plus distincts et que des associations contraire!)» auraient paru très-ridicules. Ainsi , personne n'a mis en doute que les oiseaux , les poissons , les reptiles , ne soient des classes naturellement distinctes , qui doivent entrer dans une bonne classification , et tout le monde se serait moqué du naturaliste qui, partant uniquement du nombre des jambes (organes sans doute fort importans), aurait réuni dans une même classe F homme et les oiseaux. En botanique, des associations de ce genre> dues aux systèmes artificiels, ont long-temps dominé la science.

ARTICLE n.

ÀPEEÇU HiSTOKIQXm DES CLASSIFIGÀTIOirS iTATOlEtUS*

Les anciens botanistes sentaient plus ou moins l'existence de groupes naturels et cherchaient le plus souvent à ne pas les rompre dans leurs systèmes artificiels. H faudrait être aveugle en efiet pour ne pas reconnaître que les ombellifères , les composées , les renoncules, les campanules . etc. , forment des classes extrêmement naturelles ^ dont toutes les espèces ont un air de famille. Ce sont des groupes, plus étendus que les genres et les espèces , mais tout aussi cWidcns, ef dont les plus anciens ouvrages de botanique font mention.

Jusqu'à Magnol ces notions étaient cependant bien

MfTft. A LA BOTAlflQVE. TOUS I . Si

&siîlleifir

deeob-

le frâiâpilei noli» Colette» ^mt Ia ncÎMS, la tiges, les fciiilliict le» {raines; il y a Mae ihas aomlmde plmles VM ceftûae sôûlitvde, une afioilë qui ne pas dans les pvtics coBsidérâs séfiaréa&eDl , a»lolal,aK»UésciifiiUa^iiiais'qiù ne se peut exprimer (a) , oamme on le voit dans les Gunilles des aigremoines et des quinlefcnilles , que toal botaniste jugera congénères, quoiqu'elles diflèrent par les racines, les feuilles, les fleurs et les graines, et je ne doute pas que les caractères des familles Jie puissent être tirés aussi des premières feuilles du germe aa sortir de la graine. Tai donc suivi Tordre que gardent les parties des plantes dans lesquelles se trouTent les notes principales et distinetiTes des familles , et sans ne borner a une seule partie, j'en ai souvent considéré pittsituni ensemble, v

(i) n était profettcnr de koUaiqve à MontpcUisr ^«n U fia dr XVIIc sîède. Le moic^o cité est traduit de ion Prodromus hitionœ gaundis planUmtm , i toI. in-ii , 1689.

(3) C*cst ce que Toa aomnie le pofi (htA^us) , rrmantJlinnt va^e

Tous )#9 eiMÔ» fait8 dans ce sens par Magnol luiméin^ el par les botanistes du XVIII* siècle jusqu'à Bernard de Jussieu et Adanson prouvent que Tesprit d'obaenration et le sentiment intime ne suffisent pas pour établir des classifications naturelles yraiment di« gnes de ce nom. Il faut de plus être guidé par des principes) mais on sait par Tbistoire de toutes les sciences, qu'on ne recherche les principes des méthodes qu'après ^Mk grand nombre d'essais pratiques infructueux.

AAnCLËni.

nnromti tits ditsuscs cLÀssuntcÀtioirs iriTtmKu.Es.

Le bût des méthodes naturelles est de rechercher les ressemblances qui existent réellement dans la nature entre les êtres organisés , afin de les classer d'après ces ressemblances. Les moyens d'atteindre ce but peuvent être nombreux* M. de Candolle (i) en distingue trois, qui ont été employés successivement ou simultanément par divers botanistes : le tâtonnement, la comparaison générale et la subordination des caractères.

La méthode de tâtonnement est celle de Magnol et de tous les botanistes jusqu'à Bernard de Jussieu et Adanson. Elle consiste à rechercher les rapports des êtres , sans règle bien précise , par une espèce de sens intime. Tel observateur ingénieux pouvait reconnaître lift ggoapa çomoàA naturel^ tel autre pouvait le rejeter ^

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(i) TMorît élém. , prem. «diuoo • i8i3 # p* 67*

aucun moyen ne se piësentait pour décider U «{uestion. Linné liû-méme, ce génie éminemment méthodique, ne voulait pas rechercher des règles applicables aux classifications naturelles (i). H reconnaissait Texistence d*un grand nombre de familles , mais il n'aimait pas que Ton Toulut les carMrtériser, ni même les consdider en kar donnant des noms de classes (a). Etrange disposition d'esprit chez un naturaliste aussi distingué, chez celui qui avait posé les vrais principes de Fassociatioa naturelle des espèces et des genres, et qui , dans le règne animal, admettait sans hésiter des groupes naturels supérieurs aqx genres.

La méthode de caofHuraison générale fut proposée par Adanson (3) , à Tépoque où Bernard de Jussieu travaillait sans publier, d'après un système analogue, mais plus philosophique. Adanson part de Vidée que les rapports entre tes êtres reposent dans chaque organe considéré isolément. Ainsi, deux plantes peuvent se ressembler par les racines ou par les feuiUes , par les calices ou par les corolles, etc., peut-être par plusieurs de ces organes a la fols. U se dit en conséquence que les plantes qui ont le plus grand nombre de ces rapports partieb doivent être les plus rapprochées dans Tordre de la nature, et il eut l'idée de classer toutes les plantes, en considérant successivement chaque organe, et en rapprochant toutes ces comparaisons.

n créa donc soixante-cinq systèmes artificiels , et en les rapprochant, il forma des familles naturelles, com-

(i) Ltra. , Clfttt. plant. , ^/i^,

(a) GisBCKB , Fragmenta. ^

(3) ÂDAira. , Famaies des plantet , 176s.

TAXONOMIE vicÉTALK. 489

posées des genres qui étaient liés dans le plus grand nombre de systèmes parûeb. Une idée manquait à Àdanson pour que sa méthode fût parfaite, c'est que tous les rapports, n'ont pas le même degré d'intérêt , chaque organe ayant une importance plus ou moins grande et pouvant être envisagé sous des points de vue divers plus ou moins importans.

Cette idée est la base de la subordination des carac^ tères^ méthode que les Jussieu ont eu la gloire d'introduire et de naturaliser dans la science. Il parait que Heister en avait quelques notions (i), mais ce qu'il a publié contient, au milieu d'idées remarquables, un mélange singuKer d'erreurs. Dès 17 58, Bernard de Jussieu arrangeait le jardin de Trianon d'après une classification naturelle qu'il se montrait jaloux de perfectionner et d'expliquer à ses élèves. Observateur ingénieux et modeste, c'est dans la conversation qu'il émettait ses idées sur la théorie des familles naturelles. Il n'a rien écrit d'important et se trouve néanmoins le chef d'une grande école. Une heureuse conformité de goût et de talent a fait de son neveu, M. Antoine-Laurent de Jussieu , le plus habile de ses élèves et le meilleur interprète de ses idées.

C'est à lui que la science doit le premier monument élevé par la méthode naturelle et sur la théorie même de cette méthode. Je veux parler de cette habile classification des genres réunis pour la première fois en groupes naturels et raisonnes, dans l'immortel ouvrage publié en 1789 , sous le titre de Gênera plantarum.

Dans ee travail , admirable réalisation de la philoso*'

(1) HiiiY.y Syst* piaaUrum , t;48. -— f^ofezDC. » Théor. dlêm., .prcB. éà, t f>. 73.

4M MtTBODOLOGll.

phie de Bernard de Jussieu , Tidée dominante «it dé considérer certains organes el certains rappoils entre les organes comme plus importans que d^autres », en sorte que tel rapport mérite de caractériser une famille , tel autre un genre, ou seulement une espèce. Cette idée féconde est devenue le principe dirigeant en botanique; les essais des anciens auteurs , d*Àdanson même, n'ont plus été mentionnés que sons le point de me historique, et la méthode des Jussieu a été preclàmëe d*un commun accord la méthode* naturelle par excellence, fteprenons Texamen des principes sur lesquels elle repose.

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