‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 95 sur 104 · BB LA POSITION DES ORGANES · texte numérisé non relu

BB LA POSITION DES ORGANES

Après Texistence ou Vabsence d'un organe , ce qui pandtleplas important à examiner, c'est sa position. Elle est peu variable dans chaque groupe naturel, et influe beaucoup sur leur degré de ressemblance.

La position doit être considérée d'une manière ab^ soluCj ou reîalwê aux autres parties de la plante.

La.position absolue est la direction, qui.peut être plus ou moins constante.

La position relative est celle qui importe réellement en histoire naturelle , puisqu'elle constitue la symétrie , attribut essentiel des corps organisés.

La position d'un organe peut être rapportée : i*au support de l'organe ; a"* aux parties dont l'organe luimême se compose \ 3° aux organes différens qui naissent près d'eux.

Sous le premier point de vue , il est clair que l'on doit comparer chaque organe à celui qui lui sert de support immédiat, et dont il tire sa nourriture* Ainsi l'embryon doit être comparé au spermoderme et non au péricarpe , la graine au péricarpe , la feuille à la tige^ etc. La position d'un organe sur celui qui lui donne naissance se nomme \ insertion; c'est un cartictère trèsconstant , mais il faut faire attention que la soudure des organes entre eux et avec les organes voisins peut masquer leur véritable insertion. Ainsi les étamines des caliciflores naissent sur 'un torus adhérent au calice et non sur le calice.

!I06 MÊTBODOLOOflE.

La position relative des diverses parties d'an organe varie plus que l'insertion. On voit dans une même famille des feuilles alternes et opposées. Ce sont les premières feuilles (cotylédons) et les dernières (organes floraux) qui varient le moins à cet égard. Les premières sont alternes dans les monocolylédones , opposées dans les dicotylédones , et les dernières presque toujours verticillécs. La Ternalîon pour les feuiUes, et la préfloraison ou estivation pour les fleurs, offrent des modifications très-oonstantes.

La position relative d'organes différens est d'autant plus importante que ces organes soni rapprocbés. Ainsi, on a soin de coïkiparer les verticilles voisins dç la fleur, leur position relativement à Taxe de la fleur et de la plante , etc. II faut observer que Tabsence d'un ou de plusieurs verticilles^ et des développemens inégaux peuvent altérer complètement les positions relatives na* turelles.

AUTICLE m.

MC LÀ CONTIIOIITÉ OU DE L^ARTKVlU.TiaV »ES

OBOÂircs.

Ce point de vue, qui selie àl'inseitioni parait àpriori avoir de Timportance, parce qu'il dépend de la disposition des organes élémentaires aux endroits où se lient les organes composés.

Les organes non articulés ou continus sont persistans, les autres sont caduques ; or, la durée des organes influe sur l'économie de la plante. La continuité des tissus détermine aussi la non-déhiscence ou cettams modes de déhiscence des organes*

TAXOKOM1E VÉGÉTALE. SOT

L^effet de Tarticulalion est souvent annule par Tadhérence de Torgane avec d'autres. Ainsi des folioles soudées entre elles par le parenchyme, deviennent en apparence des feuilles simples ; une feuille soudée avec la tige ne peut plus se désarticuler. '

AKTICLE IV.

DB l'adh^eitce nta organes.

Les soudures naturelles sont importantes à connaître, parce qu'elles peuvent faire illusion sur le nombre et la vraie situation des organes. En elle-mîme, Tadhérence est d'une faible importance, car on sait que le tissu cellulaire a une grande facilité à se souder , et qu'il est bien commun de trouver accidentellement dans une espèce des organes soudés qui devraient être distincts.

Plus les organes soudés sont différens entre eux , plus le phénomène est digne d'attention. Ainsi l'adhérence de l'ovaire avec le calice (probablement par l'intermédjaire du torus) parait un fait plus impprtant que l'adhérence des pétales entre eux.

L'adhérence est une preuve que les organes sont voisins des leur naissance, qu'ils sont aussi de nature analogue, et ont un développement simultané. Une adhérence peut être contractée dans un premier âge, et n'être pas suivie d'une grande analogie de nature intime et de croissance entre les organes. Il doit en résulter un avortement total ou partiel de l'organe qui se développe le moins. Je m'explique ainsi l'avorlement fréquent des élamines qui sont soudées à la corolle, des ovaires sou^

508 MÉTtfODOLOGlC.

dés au calice, et le fait que, dans la soudure acciden» telle de deux fleurs , le nombre des parties est souvent au-dessous de ce qu'il deyrait être. Les soudures, comme causes d^irrégulantés , ont donc un certain degré d'importance.

ARTICLE V

DU KOMB&E DES OILGllfES.

Ce nombre est absolu ou relatif. Avant de l'examiner il faut voir s'il n'y a pas des soudures , des avortemens ou des transformations partielles , qui cachent le véritable nombre. Cet examen n'est pas toujours facile. Cependant les développemens ^iccidentels de pièces qui manauent habituellement dans une espèce, la séparation de parties ordinairement soudées, le retour accidentel à une forme plus commune , mettent souvent sur la voie.

Les organes floraux étant naturellement symétriques, on peut présumer que le nombre naturel est altéré quand un des organes se trouve en nombre exceptionnel relativement aux autres. Ainsi quand on voit 5 lobes au calice et à la corolle , et 3 étamines , il est probable qae a des étamines ont avorté. Si Taltération porte sur tous les verticilles d'une fleur, elle ne sera pas appréciable de cette manière , car la fleur se trouvera également symétrique ^ mais alors la comparaison avec les familles ou genres voisins peut faire comprendre la vraie structure.

Il ne faut pas oublier quant aux nombres une règle générale, c'est que plus le nombre des parties est grande moins il est constant. Ainsi quand le nombre des étamines passe lo ou i a, il est rare qu'il soit constant dans une même espèce ou sur un même

TAXÔNOMIE VÉGÉTALE. !H)d

pîed; quand il est de 3 ou 5 , ce qui est très-commun , il varie fort peu ; le nombre des cotylédons est parfaitement fixe, quand il est de i ou 2 ; celui des cotylédons de conifères, qui est supérieur, est moins fixe; le nombre des feuilles qui suivent est indéfini. Cette loi s'observe dans les ovules , les ovaires^ et en général dans tous les organes; on sait même que plus les verticilles floraux sont nombreux , moins leur nombre est déterminé.

Il résulte de là que Pimportance des organes dépend de leur nombre dans chaque circonstance particulière , car le degré d'importance se mesure en ps^rtie sur celui de fixité. D'ailleurs, plus un organe se décompose en organes partiels , moins chacun de ceux-ci a d'importance. Si la corolle se compose de 5 pétales , chacun d'eux vaut i/5 de la cOroUe ; si elle se compose de 20 , chacun ne vaut plus que 1/20.

En général, les nombres relatifs sont plus importans que les nombres absolus, parce qu'ils influent davantage sur la symétrie des organes.

L'observation a appris aux botanistes que pour certains organes et dans certaines classes , il y a des nombres assez habituels. Par exemple les fleurs d6 dicotylédones sont presque toujours sur le type quinaire , c'est-à-dire que les verticilles sont de 5 pièces; et celles de monocotylédones sur k type ternaire.

ARTICLE VI

DE Là DIMEHSIOII DES OVGAKBS.

La grandeur absolue d'un organe est une chose de peu d'intérêt, qui n'importe guère que pour la distinction des espèces.

MO MLTaODOLOG]£.

La ff9xxdeuT profioniûnuelle des partiet d'un même système a assez d'importance, parce qu'elle coasûtue la régularité ou irrégularité qui entraîne d autres conséquences (i). L'irrégularité dans les fleurs prorieat de leur position relativefloeat à Taxe d'inflorescence , et de la pression qu elles éprouvent quelquefms d'un seul côté. Ainsi les fleurs terminales sont toujours régulières. Les fleurs latérales des capitules sont irrégulières. Dès qu'un organe, par une cause quelconque, a prisplos de développement que de coutume , les organes les plus voisins en souffrent et restent plus petits. Bien de plus fréquent que de voir une étamine avortée ou réduite à l'état de glande , à côté d'un pétale plus grand que les autres; une seule irrégularité en entraine d'autres, ce qui ajoute de T importance à -ce phénomène.

Enfin^ la grandeur relalwe des organes de systèmes différens doit aussi être examinée , mais ne parait (las avoir autant d'importance que la grandeur relative des pièces d'un même organe.

▲RTICU VU.

ni 1,1 FOEMS Ms oaaisss.

La forme est-ce qui frappe le plus le vulgaire , mais le naturaliste, qui distingue mieux 1^ parties d^un or-

(i) La symétrie tient a la position et au nombre des organes , et la régularité « tear» dimeniiont pvoportionaeUet. Ces deux choses peuvent exister ensemble ou séparément ; ainsi, une fleur de liseron est régulière , mais elle n^est pas symétrique , puisque tes loges de roram sont etf nombrt diSRivent des êtamines , etc. Un fttuvoa et composée est irrégulier et symétrique.

TAXpfraMiS VCGSTALE. Slf

fane et lea organes eax-meme&, y attache moins d^impor*tance. On voit les formes Tarier sur une même plante ou dans un même groupe , Uen plus que la position , Vadhérence , le nombre, et la grandeur proportionnelle^ des organes. C'est une observation populaire , que su? un même arbre il n'y a pas deux feuilles rigoureusement semblables. La forme difiËre selon la position , Tépoque du développement, les influences extérieures, etc. Elle entraine peu de changement dans Técouornie générale de la plante. Cependant, si le changement de forme se lie à d'autres, il devient plus imprtant. Il prçnd alors le nom de métamorphose ou de dégénérescence, et les organes modifiés sont eux-mêmes désignés sous de nouveaux noms. On peut citer les vrilles , les épines^ les poils , le pappus des composées , etc. , qui. ne^ sont que des organes ordinaires , mais modifiés de forme, de position et de consistance, au point d'avoir «des fonctions différentes.

AKTICLE VIII.

D£S QUALITÉS SENSIBLES , TELLES QUE LA CONSISTANCE , LA COXJLEUli , L^OnSUH^ LÀ SAVEUR.

Ces qualités^ si variables sont des conséquences de la Structure des organes , des indices de particularités anatomiqnes plus ou moins inconnues. Elles tiennent à Tarrangenieiit des organes élémentaires et à leurs sécréticms 5 sons ce point de vue elles se rattachent à quelque chose de très -important. D'un autre côté, elles ne proviennent pas toujours de la plante et de Torgane jnéme que Ton considère # car les matières abëor-

Sft VETBODOLOCIE.

bées par les racines et transmises d'un organe à l'autre influent sur lès résultats mêmes des oii[;anes. L'obsenra-^ tion a appris qu il y a des qualités trè^-constantes et d'autres très-fugaces, des qualités rares et d'autres très-communes. Si nous ne pouvons pas les subordonner quant à leur importance , c'est que la physiologie des organes élément;iires n'est pas assez ayancée.

ABTICLE IX.

DE l\'SAG£ des OaOlHES.

L*usagedes oignes est une conséquence de leur position et de leur structure. Ainsi une feuille sert à exhaler de Teau , parce qu^elle reçoit des liquides de la tige et qu'elle a des stomates. Les spongioles absorbent, parce que leur tissu a une certaine organisation qui les rend très-hygroscopiques. De même un zoologiste dira que rhomme marche parce qu'il a des jambes, car s'il en manquait , évidemment il ne marcherait pas.

Les fonctions d'un organe sont toujours une conséquence de la structure et de sa position -, mais selon son importance, chaque fonction rehausse ou diminue à nos yeux limportance de Torgane lui-même.

ARTICLE X

DE l'ihfoetàbce eelative des ditbbs foibits de tue socs desquels ov peut coNsiDÉEsa les obgajibs.

Par quels motifs les botanistes regardenl4ls , par exemple, Tinsertion des organes comme plus importante

TAXOIVOMIE V]^6iTALE. 5f3

que le nombre , Tusage comme plus important que la couleur et la saveur , et cela* indépendamment de Torgane même que Ton considère? Cela tient, je croîs, à ce que certains points de vue touchent à Tessence des organes^ je veux dire à ce qui fait que nous les distinguons des autres parties de la plante ; cela tient aussi à ce que certaines considérations se rattachent à d'autres plus ou moins nombreuses, plus ou moins importantes. Ce qui touche par exemple à Tessence des organes , c'est :

1* Leur existence ou leur absence :

a* Leur position relativement à d'autres organes , puisqu'elle entre dans la définition même des organes. Ce qui constitue une feuille , par exemple, c'est de nai* tre sur la tige: une corolle, c'est de se trouver entre le caUce et les.étamines , etc.

Les autres points de vue ne touchent déjà plus à l'essence constitutive des organes. Ainsi, qu'une feuille soit articulée à sa base ou ne le soit pas , ce sera toujours une feuille ; que les parties de la corolle soit distinctes, ou soudées , nombreuses ou en petit nombre , grandes ou petites , etc. , ce seront toujoui^ des élémens de corolle. On peut donc estimer que toutes les considérations étrangères à l'existence et à la position relative des organes sont plus ou moins accessoires.

Remarquons en passant que comme les organes ne sont pas tous définb d'une manière semblable, les considérations qui se rattachent à leur essence ne sont pas toujours les mêmes. Ainsi, les organes élémentaires sont définis par leur forme, point du tout par leur position relutivc ou absolue ^ par conséquent, la forme est pour eux la considération la plus importante. Les organes sexuels, les glandes, les nectaires , sont définis par leur usage

INTR. A tA BOTAHIQUE. TOME I. 33

%H ii«Ti<iDoi.oeif;

presque autant que par leur position , en aorte que la considéralîon de leurs fonctions acquiert unegraBdeimportauce.Il entre dans Vessence descntylédons d'être peu nombreux, puisque ce sont les premières feuilles*, pat conséquent le nombre a ici, en lui-même, plus d'importance que pour les autres organes. Voilà pourquoi il est impossible d'établir une hiérarchie des manières diterseï de considérer les organes, applicable à (eus lea organes également.

Ce qui, dans un grand nombre de cas, aide à fUer te degré dHnlérét que mérite un certain point de vue, c'est sa liaison avec d'autres plus ou moins nombreux et importans.

Ains'h I adhérence doa organes suppose qu'ils sont voisins, de même nature, et qu*iU se développent simultanément : le nombre relatif se Ue a \a position relative. La couleur dépend drs fondions chimiques, qui dépendent ellcs-méines de Torganisation élémentûre*

^'oublions pas d'ailleurs qu'il est impossible d'^numérer et de distinguer à priori toutes les manières d'envisager les organes. Outre les points de vue dont nous venons de parler, il y a encore le mode de fonnation, Tépoque du développement, la simplicité ou la ramification des parties, et sans douté d'autres considérations plus ou moins graves, plus ou moins applicables à ehaque cas particulier.

Si l'on voulait classer toutes les manières de voir dont nous avons parlé , il faudrait établir une série pour chaque organe, ou du moins pour chaque caté* gorie d^organes , et , même alors , on serait souvent embarrassé dans les détails. En cela, commadansia hiérarchie des organes, les premiers degrés sont les plus faciles à établir. Personne, je crois > ne contestera que

TAXONOHIE VEGETALE.

ce qu^il y a de plas imporlaat à coqsidérer dans les organes, c'est :

I" Leur présence ou leur absence ;

a" Dans les organes ëlmenlaires, la forme; et cjans tous les autres organes, la position \ savoir :

A, relativement aux organes sur lesqueb ils naissent. (Insertion.)

B, relativement aux organes voisins. (Juxta^po^tioi^, symétrie.)

C, relativement aux organes de même nature, oUj si Ton veut, relativement à ei;x-mémes, comme la sjmé^ trie des pétales, des cotylédons, etc.

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