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' NOMENCLATURE CHIMIQUE. 29
une nomenclature des produits organiques d’après les principes énoncés par Lavoisier1.
Pour faciliter aux élèves l’étude de la nomenclature chimique, dont les principes résument pour ainsi dire toute la chimie inorganique, nous avons fait un tableau analytique et synthétique , d’après lequel on pourra passer des éléments aux corps composés, et réciproquement des corps composés aux éléments. (Voyez le tableau D.)
Dans ce tableau nous avons eu pour but d’indiquer la dénomination de tous les composés, soit réels, soit imaginaires, que l’on voudrait former par l’union de deux ou plusieurs corps entre eux.
1 La découverte d’une loi qui paraît régir la composition des matières organiques, nous a engagé à nous occuper d’un travail de ce genre,
que nous avons l’espoir de soumettre bientôt à la critique des chimistes éclairés.
1 5. Lorsque l’on met deux ou plusieurs corps en contact ? on dit qu 'il y a ou qu'il n’y a pas combinaison . Ce dernier mot signifiant l’union intime par laquelle deux ou plusieurs corps se joignent pour en former un nouveau, nous aurons à examiner, 1° si les combinaisons se font en toutes proportions ou si elles ont des limites; 2° s’il y a des conditions particulières pour que la combinaison entre les corps puisse s’opérer, et, dans ce cas, quelles sont ces conditions.
Pour traiter ces questions , nous allons interroger les faits, qui, mieux que toutes les considérations auxquelles nous pourrions nous livrer, nous guideront dans la manière de les résoudre.
Les combinaisons des corps se font-elles en toutes
proportions ?
16. Non. Grâce aux efforts réunis de plusieurs chimistes distingués, nous possédons des méthodes d’analyse si précises, qu’elles nous permettent de démontrer que les combinaisons sont définies. Ainsi, quand on analyse l’eau d’une localité quelconque , avec la précaution de la dégager des matières étrangères qui peuvent y être mêlées, elle se trouve toujours invariablement formée
de . . 88,90 oxygène ,
et de . 11,10 hydrogène.
De même , en soumettant à l’analyse de la rouille convenablement desséchée, ainsi que de l’oxyde plombique et de l’acide sulfurique, etc., on trouve que leurs éléments se combinent toujours en proportions définies, et que la rouille est constamment formée
de . 69,34 de fer,
et de . 30,66 d’oxygène;
l’oxyde plombique de 92,83 de plomb , et de . 7,17 d’oxygène ;
l’acide sulfurique de . . 40,14 de soufre, et de . 59,86 d’oxygène.
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Nous pouvons reconnaître par ces exemples la loi des combinaisons définies.
Lorsqu un même corps s’ unit en plusieurs proportions avec un autre corps „ les combinaisons sont-elles encore définies et limitées ci un certain nombre de composés ?
17. Beaucoup de chimistes pensent que les composés entre deux corps ne sont pas nombreux, et que même ils sont en très-petit nombre. Berthollet avait une opinion différente, car il admettait que le pouvoir qu’ont deux corps de se combiner , avait un maximum et un minimum, et qu’entre ces deux extrêmes, les corps pouvaient en quelque sorte s’unir en toutes proportions, pourvu que les circonstances physiques ne vinssent pas déterminer un changement d’état capable de restreindre ce pouvoir. Nous aurons l’occasion de traiter cette question , en étudiant les causes qui doivent
limiter ou étendre le pouvoir dont jouissent les corps pour former des combinaisons.
L’expérience nous démontre que, dans toutes les combinaisons entre deux corps, qu’ils appartiennent soit à ceux que nous considérons comme simples , soit aux composés binaires du premier , deuxième et troisième ordre , il y a toujours disposition entre ces deux corps à la formation de plusieurs composés. La combinaison s’effectue de telle manière, que la quantité de l’un des corps étant constante, l’autre se multiplie presque toujours par un nombre entier. Le corps dont la quantité est multipliée, est en général celui dont l’énergie (— ) est la plus grande, ainsi que les exemples suivants le prouvent.
345 gr. de mang.-b
339 gr. de fer -t- 339 — 4-
lOOgr. d’oxygène = oxyde manganeux.
150 — = oxyde manganique.
200 — = suroxyde manganique.
300 — = acide manganique.
350 — = acide hyper-manganiq.
lOOgr. d’oxygène= oxyde ferreux.
150 — = oxyde ferrique.
442 gr. de chlore = chlorure ferreux.
663 — = chlorure ferrique.
201 gr. de souf. = sulfure ferreux.
250 — = sesqui-sulfure.
402 — = bi-sulfure.
201 gr. de souf. 4- lOOgr. d’oxygène= acide hypo-sulfureux.
589 gr. de pot.
-+- 200 — = acide sulfureux.
250 — = acide hypo-sulfurique.
■+■ 300 — = acide sulfurique.
4- 501 gr.d’ac. suif. = sulfate potassique. 4-1002 — = bi-sulfate potassique.
4- 276 gr.d’ac. carb. = carbonate potassique. 4- 552 — = bi-carbonate potassiq.