Composés séléniés et tellurés . On ne connaît pas de
combinaisons du sélénium et du tellure dans lesquelles ces corps remplissent le rôle de corps ( — }. La manière dont ils se comportent avec le chlore ne nous permet pas de penser qu’ils puissent remplacer l’oxygène dans les composés qu’ils forment avec le chlore, le brome et l’iode. a
Combinaisons du fluor , du chlore ^ du brome et de tiode ^
éléments (-f-) avec le fluor ^ le chlore ^ le brome et riode,
éléments ( — ).
37. Le fluor n’étant point encore isolé, nous n’avons pas en à étudier les composés avec le chlore, le brome et l’iode. Quant aux composés auxquels les trois autres corps donnent naissance, ils ne doivent résulter que de l’union :
1° Du brome (--h) avec le chlore (— );
2° De l’iode (4-) avec le chlore (— ) ;
3° De l’iode (-h) avec le brome (— ).
S’il 11’est pas possible d’en prévoir d’autres, c’est parce qu’un même corps ne peut jouer par rapport à lui- * même deux rôles opposés, et parce que le rôle (-— ) du chlore par rapport au brome et à l’iode et celui du brome par rapport à l’iode semblent mettre obstacle à ce qu’on parvienne jamais à faire un iodide chlorique ou un brômide chlorique.
On a vu que trois ordres de composés peuvent résulter de l’union des corps halogènes entre eux. Les conditions à remplir pour que ces combinaisons s’opèrent sont faciles, puisqu’il suffit pour les réaliser de mettre les corps en contact.
Le brome se combine directement au chlore, et il en résulte un composé qui correspond à l’acide bromique, le chloride bromique (Cl10 Br2).
L’iode s’unit aussi directement au chlore, et deux composés peuvent résulter de cette combinaison. Lun d’eux est liquide et se forme toutes les fois que 1 iode est en excès; on lui assigne la formule I2 Cl6, qui correspond à l’acide iodeux. L’autre, solide, se produit, au contraire, quand le chlore est en exces : il paraissait correspondre à l’acide iodique, et dans ce cas, sa composition aurait pu être représentée par P Cl10; mais des expériences récentes semblent devoir donner à ce corps une autre composition. Il est donc necessaire que de nouvelles recherches soient faites sur ce composé et sur ses analogues , pour que l’on sache à quoi s’en tenir sur sa composition définitive.
L’iode s’unit encore au brome, et produit deux composés qui doivent correspondre à ceux que l’on obtient avec le chlore/ le brômide iodeux et le brômide iodique.
Combinaisons du phosphore et de l'arsenic , radicaux ( + ) avec les autres corps ( — ).
38. Si l’on ne connaissait des caractères qui distinguent le phosphore et l’arsenic des corps appartenant au premier groupe, on pourrait, en partant de la propriété que possèdent ces deux corps, de se combiner directement avec l’oxygène, être conduit à établir une analogie entre eux et le soufre, le sélénium et le tellure. Mais ces trois derniers forment, par leurs combinaisons avec les autres corps simples, des sulfides, sélénides et tel* lurides, et, par suite, ils peuvent donner naissance à des sulfo-sels, séléni-sels et telluri-sels. Le phosphore
COMPOSES DE l’üNION DES METALLOÏDES ENTRE EUX. 93
et l’arsenic ne nous offrent rien de semblable. Nous verrons même, en nous occupant des combinaisons hydrogénées , que des différences plus grandes encore se manifestent, tant dans le mode de condensation des éléments, que dans les propriétés des composés hydrogénés.
Quant au groupe des corps halogènes, il est superflu d’insister sur les caractères qui les différencient du phosphore et de l’arsenic; car, dans presque toutes les combinaisons qu’on est dans le cas de faire avec le phosphore et l’arsenic, on trouve des propriétés qui les éloignent du fluor, du chlore, du brome et de l’iode.
Après avoir signalé les principaux points de dissemblance qui existent entre le phosphore, l’arsenic et les corps appartenant aux deux groupes précédents, nous devons aussi retracer brièvement ici les caractères par lesquels l’arsenic et le phosphore se rapprochent l’un de l’autre.
Ces caractères ne peuvent ressortir de la comparaison de ces corps à l’état libre, mais seulement de celle de la composition d’un certain nombre de composés binaires du premier ordre, et surtout de la comparaison d’un grand nombre de propriétés physiques et chimiques, dont jouissent les phosphates et les arséniates, composés binaires du second ordre. L’analogie qui existe entre ces deux genres de sels est si grande, que de l’existence d’un phosphate naturel , on peut presque toujours conclure avec certitude celle d’un arséniate qui y correspond. Quand nous parvenons à former, au moyen de l’acide phosphorique et d’une base quelconque, un phosphate basique ou acide, nous arrivons toujours à un résultat identique par l’acide arsénique et la même base. Lorsqu’un phosphate peut se combiner avec une certaine quantité d’eau, l’arsé-
niale correspondant s’unit à son tour avec une même quantité de ce liquide. Un phosphate est-il insoluble, l’arséniate correspondant le sera également, et si le phosphate est soluble, l’arséniate l’est aussi.
Enfin, nous trouvons encore dans l’identité des formes cristallines des phosphates et des arséniates correspondants, une nouvelle preuve de l’analogie du phosphore et de l’arsenic.
39. Composés oxydés. Le phosphore s’unit directement à l’oxygène; mais comme les composés qui en résultent varient suivant les circonstances physiques où se trouvent placés le phosphore et l’oxygène au moment de leur union, on obtient avec ces corps toutes les combinaisons diverses dont suivent les formules : a. P2 O5 anhydre ou -f- aq. acide phosphorique.
p6 o13 -h Aq . ac. phosphatiq. ou hypo-phosphoriq.