‹ Introduction à l'étude de la chimie moléculaireChapitre 41 sur 108 · Hypo-sulfites. Parmi les hypo-sulfites, ceux qui · texte numérisé non relu

Hypo-sulfites. Parmi les hypo-sulfites, ceux qui

se dissolvent le mieux dans l’eau sont les hypo-sulfites potassique, sodique, ammonique, lithique, calcique, magnésique, manganeux, ferreux et zincique. D’autres sont peu solubles, tels sont les hypo-sulfites bary tique, cuivrique, argentique et plombique.

135. Séléniates. La ressemblance qui existe entre les sulfates et les séléniates est si grande, que lorsqu’un sulfate se combine avec une certaine quantité d’eau de cristallisation, le séléniate qui lui correspond en fait autant. Quand un sulfate est insoluble, le séléniate de la même base l’est aussi. C’est en s’appuyant sur cette analogie que l’on peut conclure que tous les séléniates non encore étudiés se comporteront avec l’eau comme les sulfates correspondants.

136. Sélénites. Il n’y a desélénites solubles que ceux à base d’oxydes ammonique, potassique, sodique et lithique. Tous les autres sont insolubles.

137. Combinaisons des chlorates avec l’eau. Tous les chlorates que l’on connaît, excepté le chlorate mercureux, sont solubles dans l’eau et se combinent avec elle.

138. Combinaisons des hyper-chlorates. Les hyperchlorates conuus se dissolvent tous dans l’eau, excepté l’hyper-chlorate potassique, qui est peu soluble dans ce liquide. Ces sels ont une si grande affinité pour l’eau , qu’à l’exception des hvper-chlorates ammonique, mercureux et plombique, ils sont tous déliquescents.

139. Chlorites. On connaît trop peu ce genre de sels, pour savoir exactement comment ils se comportent avec l’eau.

140. Brômates, iodates. Les brômates et iodates, envisagés sous le point de vue de leurs combinaisons avec l’eau, diffèrent de leurs correspondants, les chlorates; car tandis que ceux-ci sont presque tous solubles dans

l’eau, les brôniates et les iodates y sont, ou insolubles ou peu solubles. Il n’y a que les brôniates et les iodales ammonique, potassique, sodique et lithique qui puissent se dissoudre dans l’eau, encore faut-il que ce liquide soit en grande quantité.

141. Phosphates et arsëniates. Les phosphates et arsénia tes neutres , qui se combinent avec l’eau et s’y dissolvent, sont les phosphates et arsëniates aramonique, potassique, sodique et lithique. Les autres sont insolubles. Dans ces combinaisons l’eau joue le rôle d’acide.

142. Phosphites et ar séniles. Les phosphites et arsénites solubles dans l’eau sont ceux à base d’oxydes ammonique, potassique, sodique et lithique. Les autres sont insolubles ou peu solubles.

143. Nitrates. Tous les nitrates saturés t ou avec réaction acide, se combinent avec l’eau? excepté les nitrates mereureux et bismuthique 7 qui sont décomposés par elle, Quelques-uns se séparent de leurs dissolutions à l’état anhydre, et d’autres avec une certaine quantité d’eau de composition.

144. Nitrites . Tous les nitrites connus sont solubles dans l’eau ; mais , à l’exception de ceux qui ont pour bases les oxydes de la première section, on remarque qu’ils sont généralement moins solubles que les nitrates.

145. Borates j silicates. Ces deux genres de sels neutres ne sont solubles qu’autant qu’ils sont à base d’oxydes ammonique, potassique, sodique et lithique. La solubilité des silicates est moins grande que celle des borates.

146. Carbonates. Il n’y a de carbonates solubles dans l’eau que ceux à base des quatre oxydes précédents. Les autres sont insolubles ou très-peu solubles dans ce liquide,

14 1 .Hydrates. Les hydrates ammonique, potassique,

sodique, lilhique, barytique, strontique et calcique, sont solubles dans l’eau; mais les hydrates de ces trois dernières bases sont très-peu solubles, comparativement aux trois premières.

148. Chromâtes et vanadates. Les chromâtes et vanadates ammonique, sodique, lithique, calcique et magnésique, sont neutres et solubles dans l’eau. Les autres y sont peu ou point solubles.

149. V anadit es. Ces sels sont trop peu étudiés pour qu’on puisse généraliser l’action que l’eau exerce sur eux.

150. T ungstates et molybdates. Les tungstates et les molybdates neutres qui s’unissent avec l’eau, et qui se dissolvent dans ce liquide, sont ceux qui ont pour bases les oxydes ammonique, potassique, sodique et lithique. Tous les autres sont insolubles.

151. Combinaisons des oxydes entre eux . Les composés salins qui peuvent résulter de l’union des oxydes aluminique, glucinique, uranique, ferrique, chrômique, zincique et cuivrique, composés ( — ) avec les autres oxydes (-+-) sont insolubles. Ceux qui ont pour bases les oxydes potassique et sodique sont solubles, ainsi que ceux qui ont pour base l'oxyde ammonique.

En examinant quels sont les sels qui se dissolvent dans l’eau, il est facile de s’apercevoir que les genres qui offrent le plus d’espèces solubles, sont ceux qui, étant neutres, ne présentent que des sels saturés ou avec réaction acide. Exemples : sulfates, séléniates, chlorates, hyper- chlorates et nitrates. Ceux qui offrent le plus d’espèces insolubles sont les genres qui ne renferment point de sels doués d’une réaction acide, mais qui sont, au contraire, alcalins ou saturés. Exemples: sulfites, sélénites, tellurites, brômates, iodates, phosphates, arséniates, borates, silicates, carbonates, chromâtes, vanadates, molybdates et lung-

States. Ou remarque aussi que les sels solubles dans l’eau que l’on rencontre dans ces derniers genres, sont, pour la plupart, des sels à bases d’oxydes ammonique, potassique, sodique et lithique, et quelquefois aussi, mais rarement, des sels ayant pour bases les oxydes calcique et magnésique. Il faut donc en conclure que l’état de saturation des sels est en relation avec la tendance qu’ils ont à s’unir avec l’eau et à s’y dissoudre; ce qui confirme l’opinion que nous avons émise, que dans l’union de l’eau avec les sels, ces derniers font tantôt fonction d’acide et tantôt fonction de base.

L’insolubilité d’un sel prouve donc qu’il n’est pas apte à former d’autres combinaisons, tandis que sa solubilité est toujours en rapport avec la tendance dont il jouit à se combiner soit avec l’eau, soit avec tout autre corps analogue. Or, si ce raisonnement est juste, nous devons pouvoir substituer à l’eau d’autres composés. C’est ce que nous aurons occasion d’examiner plus tard.

Combinaisons des oxy-sels les ans avec les autres j ou avec les éléments qui leur ont donné naissance.

1 52. Les propriétés acides et basiques que nous avons reconnues aux composés binaires neutres du second ordre, doivent nous faire penser que ces composés sont aptes à concourir à de nouvelles combinaisons d’un ordre plus élevé. Ces combinaisons peuvent toutes être rapprochées, en les considérant sous le point de vue général où nous nous sommes placé dans cet ouvrage, à savoir que deux corps quelconques mis en présence dans une circonstance voulue, donnent naissance à un composé défini ; que ce composé défini peut s’unir à son tour, comme corps (— ) ou ( + ), avec l’un ou l’autre

des éléments qui lui ont donné naissance, ou avec tout autre corps qui serait analogue à ces derniers, ou bien enfin avec un autre corps composé du même ordre que lui.

En donnant cette interprétation aux phénomènes chimiques, nous sommes naturellement conduit à rechercher les combinaisons qui peuvent résulter :

1° De l’union d’un sel quelconque avec son acide anhydre, ou avec sa base anhydre;

2° De l’union d’un sel quelconque avec son acide hydraté ou avec sa base hydratée ;

3° De l5 union d’un sel quelconque avec un acide ou une base autres que ceux qui existent dans le sel ;

4° De l’union d’un sel quelconque avec un autre sel, les deux sels étant formés par le même acide, mais avec des oxydes qui diffèrent soit par la nature du radical , soit par leurs degrés d’oxydation.

Le cadre de cet ouvrage ne nous permettant pas d’étudier séparément les sels dans toutes les combinaisons qu’ils peuvent former, ni d’apprécier les circonstances dans lesquelles ces combinaisons s’effectuent, nous nous bornerons à donner ici un tableau représentant la composition des principaux composés obtenus, afin que d’un même coup d’œil on puisse voir quels sont ceux qui ont le plus de tendance à se combiner, soit en jouant le rôle de corps ( — ), soit en jouant celui de corps (4-).

Ajoutons encore que ces combinaisons-ci se font presque toutes en présence de l’eau , si ce n’est quand il s’agit des borates, des phosphates et d’un petit nombre d’autres sels, que nous avons déjà désignés comme pouvant se combiner également bien à une haute température. Rappelons aussi que les composés salins de l’ordre le plus élevé, sont plus ou moins solubles que les sels

qui leur ont donné naissance: ainsi les sulfates aluminique et potassique, en combinaison forment l'alun, qui est beaucoup moins soluble que le sulfate aluminique et le sulfate potassique: l’alun à base de soude est plus soluble que le sulfate aluminique ou le sulfate sodique qui ont servi à le produire. L on doit à M. Graham des travaux du plus grand intérêt sur la manière dont se comporte l’eau dans les combinaisons salines. 11 a fait voir que ce liquide se combine avec les sels en différentes proportions, et que lorsqu’on soumet ces sels hydratés à l’action de la chaleur, ils peuvent, dans de certaines limites de température, perdre des quantités d’eau qui correspondent toutes à des nombres atomiques. Parmi ces diverses proportions d’eau, il en est une que ce chimiste a appelée salinique 1, laquelle ne se dégage qu’à la température la plus élevée, et souvent même ne peut être chassée qu’autant qu’on altère le sel avec lequel elle est combinée, à moins qu’on ne substitue à ce dernier un oxybase ou un sel capable de jouer le rôle d’élément (-h). Les expériences de M. Graham font voir que 1 éq. de sel ( — ) s’unit avec 1 éq. d’eau (y-) , et que 2 éq. de sel ( — ) s’unissent avec 1 éq. d’eau (h-) .

Ces équivalents d’eau (-+-) peuvent être remplacés par un oxybase, ou par un sel potassique, sodique ou ammonique.

Tout en rejetant avec cet habile chimiste les dénominations de pyro-phosphate et méta-phosphate , etc., qu’on a voulu donner à ces combinaisons salines, nous ne pouvons adopter celles qu’il y a substituées , parce que, ne voulant point nous écarter des principes fondamentaux de la nomenclature guy Ionienne perfectionnée par M. Berzélius, nous avons trouvé plus ra-

1 Par eau salinique, M. Graham entend l’eau qui ne peut être enlevée sans changer les propriétés du sel.

tionnel de nous conformer à la règle générale que ce savant a établie et d’après laquelle, dans tout composé binaire, l’élément (— ) doit être placé le premier. En conséquence, pour désigner l’union du sulfate hydrique El (— ) avec le sulfate potassique El (-+-), nous dirons sulfate hydrico-potassique ; et pour exprimer celle du sulfate cuivrique El (— ) avec le sulfate potassique El (-+-) nous dirons sulfate cuivrico-potassique .

Toutes les fois donc que deux sels neutres formés par le même acide seront unis équivalents à équivalents, le nom de l’acide formera le nom générique, et le nom spécifique sera composé du nom de la base du sel ( — ) sans terminaison , mais lié à celui de la base du sel ( -h ) avec la terminaison qui lui est propre.

1 éq. sulfate ferreux ( — ) j „

i , lr * . . sulfate terroso-potassique*

1 eq. sullate potassique (H- ) j 1 1

Pour désigner des sels, simples ou doubles, qui s’unissent avec l’eau en proportions variables, celle-ci faisant fonction de base, nous ferons suivre le nom du sel terminé en ique ou en eux* par le mot hydrique v, qui rappelle oxyde hydrique ; comme dans sulfate barytique, barytique rappelle oxyde barytique. Par ce moyen on pourra indiquer le nombre des équivalents d’eau renfermés dans le sel. Mais comme il serait long d’exprimer ainsi des nombres très-élevés, je pense qu’on pourrait se borner à l’emploi des particules bi* tri > tetra j et ainsi de suite jusqu’à deçà ; pour les nombres plus élevés, l’emploi de deux particules indiquerait eu même temps qu’il y a multiplication entre elles, et ferait connaître la quantité d’eau existant dans le sel.

Sulfate manganeux hydrique ,

Sulfate manganeux penta-hydrique,

Sulfate cadmique tetra-hydrique ,

Nitrate strontique tetra-hydrique ,

Sulfate cuivrique hydrique,

Sulfate aluminico-potassique,

Phosphate magnésico-sodique hydrique , Phosphate sodico-ammonique hydrique.

153. Combinaisons des principaux sulfates entre eux s avec des oxydes ou avec de Veau salinique .

El (-) El (+-) Acide sulfurique S -f- H Sulfate hydrique. H S -f- H

— calcique. . . Ca S -f- H

— magnésique Mg S -f- H

— manganeux MnS H

— zincique.. . Zn S -J- H

— cobaltique. Co S -f- H

— niccolique . Ni S -f- H

— cuivrique. . Cu S -f- Cu

— mercurique Hg S -f- Hg

Acide sulfurique S -f- K

= sulfate hydrique.

= — bi-hydrique.

= — calcique hydrique.

= — magnésique hydriq.

= — manganeux hydriq.

— — zincique hydrique.

— — cobaltique hydrique.

— — niccolique hydrique.

— — bi-cuivrique.

= — bi-mercurique.

— bi-sulfate potassique.

= sulfate hydrico-potassiq.

— hydrico-argentique.

— hydrico-barytique.

— hydrico-mercurique.

— calcico-sodique.

— cuivrico-potassique.

— zincico-sodique.

— zincico-potassique.

— ferroso-potassique.

— magnésico-ammoniq.

Sulfate hydrique.

— hydrique . .

— hydrique..

— hydrique..

— calcique. . .

— cuivrique..

— zincique . .

Ag S

— ferreux .- . .

— magnésique

H S H S H S 4- Ba S H S -f- Hg S Ca S 4- Na S Cu S -h K S Zn S -f- Na S ZnS-f-K S Fe S -h K S MgS H- ÀmS

Suif, manganeux MnS -J- Am S — suif.

— zincique. . . Z n S 4- A ni S zz —

— coballique. Co S -f-AmS zz —

— niccolique . Ni S -f- Am S zz —

— aluminique Al S3 4- Am S zz —

— . Al S3 + K S= —

— . Al S3 -h Na S= —

— uranique . . ürS3H-K S=z

— . tirS34-ÂmSzz —

— cérique. ... Ge S3-f- K S zz —

— manganiq.. M S34~AmSzz —

— ferrique ... Fe S3-f- K Sz —

— . FeS3-f-ÀmSzz

— . Fe S34- Fe Sz

— cbrômique . GrS34~K S ~ —

«— . GrS34-ÂmSzz —

binaires. 205

manganoso-ammomq.

zincicoammonique.

cobaltico-ammoniq.

niccolico-ammoniq.

aluminico-ammoniq.

aluminico-potassiq.

aluminico-sodique.

uranico-potassique.

uranico-ammonique.

cerico-potassique.

manganico-ammoniq.

ferrico-potassique.

ferrico-ammonique.

ferrico-ferreux.

chrômico-potassique.

cbrômico-ammoniq.

1 54. Combinaisons des phosphates et arsèniates entre eux. (-) «

P . 4- 2 H .... zz ( P H1 2) , . zz 2éq. phosphatehydrique

P . -f~ P H2. . . zz (P2 H2) . . . . z= 2éq. bi-phosphte hydrique2*

P . + 2 Na . . . zz: (P Na2) . . . . zz 2 éq. phosphate sodique 3.

P . 4~ P Na2 . . zz (P2 Na2) . . . zz 2 éq. bi-phosphle sodique 4.

PH.... -J- Na . zz (P H Na) . . . zz 2 éq. phte hydrico-sodique5.

P . 4— Mg2. . . . iz (P Mg2) ... zz 2 éq. phosphte magnésiq 6.

1 = Phosphate bi-basique d’eau (Graham).

2 = Phosphate mono-basique d’eau (idem).

3 = Phosphate bi-basique de soude.

4 = Phosphate mono-basique de soude.

5 = Phosphate bi-basique de soude et d’eau.

6 = Phosphate bi-basique de magnésie.

P . +2Zn :

P . -f-2Àm:

Page 1