ALCOOL
SULFIDE CARBONIQUE.
Par la comparaison des nombres renfermés dans ces colonnes, on voit que l’alcool et le sulfide carbonique se dilatent de la même manière. M. Gay-Lussac a observé en outre que des volumes égaux de chacun de ces liquides , pris à leur point d’ébullition, produisaient aussi des volumes égaux de vapeur.
En étudiant ce sujet sous un autre point de vue, nous avons remarqué, de notre côté, que les nombres représentant les équivalents de l’alcool 1 et du sulfide carbonique sont à peu près entre eux comme les poids de volumes égaux de ces liquides pris à leurs points d’ébullition.
Les poids de ces liquides à volumes égaux et à leurs points d’ébullition sont :: 289,48 : 478,77; et les poids de leurs équivalents : : 290,31 : 473,77.
La petite différence qui s’observe dans les rapports
1 L’équivalent de l’alcool étant celui de M. Berzélius = C-ll60.
des nombres représentants les équivalents de l’un et de l’autre de ces liquides se retrouve encore dans les nombres qui expriment leur dilatation, et cette différence, à une exception près, apparaît toujours dans la même colonne, ce qui fait voir qu’elle ne peut être attribuée à un défaut d’observation.
Les expériences que nous avons faites sur les dilatations des solides et des liquides , nous prouvent qu’il existe entre elles et les groupes moléculaires une relation intime; car elles se trouvent en rapport simple avec le nombre de molécules qui existe dans l’équivalent d’un corps, en prenant 100 gr. d’oxygène pour unité.
Si nous ne publions pas maintenant ce travail, c’est qu’il présente des imperfections qui ne pourront disparaître que quand nous aurons à notre disposition des instruments plus précis que ceux que nous possédons en ce moment1.
On pourra se faire une idée de cette relation par le tableau ci-après, dans lequel se trouvent représentées les contractions de l’éther, de l’alcool, du sulfide carbonique et de l’eau , non plus à volumes égaux , comme dans le tableau qui précède, mais avec des volumes de ces liquides, représentant à leurs points d’ébullition des quantités pondérables de matières, qui sont entre elles comme leurs équivalents, 100 gr. d’oxygène étant = à l’unité. Ces contractions ont été calculées d’après des résultats obtenus par M. Gay-Lussac, lesquels sont consignés dans les Annales de physique et de chimie > t. II,
Pour établir ce calcul nous avons admis que
P — l’équivalent ou le poids relatif du liquide ;
\ = le volume;
1 Ces instruments, nous les attendons depuis longtemps de l’obligeance d’un habile ingénieur de Paris.
D = la densité au point d’ébullition ;
P — VD, d’où P
V = ou les volumes des équivalents de ces liquides à leurs points d’ébullition.
Les contractions ou dilatations de ces volumes ont été obtenues en multipliant le volume Y par tes nombres fournis par l’expérience à M. Gay-Lussac, lesquels expriment les contractions de chacun de ces liquides, à partir de leurs points d’ébullition.