‹ Introduction à l'étude de la chimie moléculaireChapitre 56 sur 108 · PRODUIT · texte numérisé non relu

PRODUIT

POIDS

iJu poids

pour

la chaleur.

atomique.

par

la capacité.

Carbonate calcique. .

— barytique

— ferreux . .

— plombique

— zincique..

>Neumann.

— strontique

Sulfate barytique.. .

— calcique ....

— strontique...

— plombique...

Carbone .

Avogrado.

Oxyde cuivrique . . .

Crawfort.

Avogrado.

0 xydezincique -

Crawfort.

Avogrado.

Oxyde stannique . . .'

Crawfort.

Carbonate calcique .

Gadolin.

Sulfate calcique .... — hydraté ....

1 Avogrado.

Acide sulfurique. . . . I

Dolton.

Lavoisier.

Quand, en procédant à de nouvelles déterminations des chaleurs spécifiques des corps , on sera parvenu à éviter toutes les causes d’erreur et à corriger les erreurs existantes, nous avons la certitude qu’on trouvera des rapprochements très-intéressants entre les chaleurs spécifiques des corps simples et celles des corps composés.

Prouvons dès à présent qu’une certaine relation existe entre les volumes hypothétiques et les chaleurs spécifiques des corps.

Le volume hypothétique de 1 éq. de carbone = 35 litres.

La chaleur spécifique du carbone est sensiblement égale à la moitié de celle qu’on aurait pu lui supposer en partant de son poids atomique; car:

0,25 capacité du carbone X 76,44 = 19,11 ou — ~ —

- JL

Le plomb et l’argent représentent, l’un et l’autre, 2 vol. hypothétiques, c’est-à-dire 70 X 2 ou 140 litres de vapeur.

Les chaleurs spécifiques de ces deux métaux conduisent à 2 at. pour l’argent et à 1 at. pour le plomb.

Le tellure et le soufre représentent, l’un et l’autre, 2 vol. hypothétiques, c’est-à-dire 70 X 2, ou 140 litres de vapeur.

Les chaleurs spécifiques conduisent à 2 at. pour le tellure et 1 at. pour le soufre.

Le zinc, le platine, le palladium présentent des volumes hypothétiques égaux.

Les chaleurs spécifiques des métaux conduisent également à des atomes égaux 1 à 1.

Par ces comparaisons nous voyons donc que, pour quelques corps simples , les chaleurs spécifiques correspondent à chaque volume hypothétique.

EXEMPLES

ProJuitde la capacitécalorifique par le poids atomique, qo

Carbone, vol. hypothétique, 35 lit. = — 2 — = 19?1 1

- 70 lit . 37,5

- 70 lit . 37,5

- 70 lit . 37,5

- 140 lit . ...75,0

- 140 lit . 75,0

Pour quelques autres corps simples les chaleurs spécifiques sont égales à la moitié des volumes hypothétiques.

Platine , Palladium , Zinc , Argent , Tellure,

EXEMPLES

Produit de la capacité calorique par le poids atomique.

Plomb, vol. hypothétique, 140 lit . 37,5

Soufre, — 140 lit . 37,5

Si par induction on admet qu’il en est des chaleurs spécifiques des composés comme de celles des corps simples, on doit examiner les rapports qui peuvent exister entre les volumes hypothétiques des composés et leurs chaleurs spécifiques.

Les volumes moléculaires ou hypothétiques des carbonates insolubles sont aux volumes moléculaires des sulfates insolubles :: 4 : 6; car divisant P, l’équivalent d’un carbonate, par 4 X 70, on a pour quotient le poids hypothétique de 1 litre de vapeur de carbonate , lequel, divisé par 0,8003, poids d’un litre de vapeur d’eau à égalité de condition, conduit à la densité; de même que

P éq. d’un sulfate insoluble =

En comparant entre eux les résultats obtenus par M. Neumann , on s’aperçoit que les chaleurs spécifiques

quotient j =la dens.

0,8003 j du sulfate.

clés sulfates et des carbonates ne sont point les mêmes; que les premières sont plus grandes que les secondes, sans qu’on puisse cependant y observer le rapport de 4:6, que l’on était en droit d’admettre par la comparaison des volumes relatifs hypothétiques des carbonates et sulfates insolubles.

Si r on calcule la chaleur spécifique de l’équivalent du carbonate calcique d’après les données du même auteur, pour s’assurer si elle est un multiple par 2 ou par 4 du coefficient, 37,5, établi par MM. Dulong et Petit, on trouve qu’elle est = à 129,2, nombre qui, divisé par 37,5, ~ 3,459, tandis que, d’après le volume hypothétique, on aurait dû obtenir le quotient 4 ou le nombre 37,5 X 4.

Par la chaleur spécifique du sulfate calcique on obtient 0,1854 x 857 rz 158,9, qui, divisé par 37,5, =z 4,002, au lieu de 6 ou du nombre 37,5 x 6.

Si l’on étudie les chaleurs spécifiques obtenues par M. Crawfort, on trouve que le carbonate calcique possède une chaleur spécifique représentée par 0,256. Ce nombre, multiplié par l’équivalent du carbonate calcique 632, = 161, qui, divisé par 37,5, = 4,28. L’on a donc, suivant Crawfort, 37,5 x 4,28, et d’après Neumann 37,5 X 3,45.

La chaleur spécifique du sulfate calcique hydraté (gypse) a été évaluée par M.Avogrado; elle est = à0,302. Ce nombre, multiplie par 1082,14, poids atomique du sulfate calcique hydrate, = 326,80, lequel, divisé par 37,5, donne un quotient zr à 8,7, au lieu de 8, qu’indiquait le volume hypothétique de ce sel.

1082,14) (quotient) ,

~7Ï)x8~ ) ~ ( '0^003" | = denslté ca]cuïée du gJTse 2 4 1

L’expérience donne . 2,47

La chaleur spécifique de l’acide sulfurique concentré — 0,350. Le produit résultant de ce dernier nombre, multiplié par 61 3,54, équivalent de l’acide sulfurique, = 214,13, qui, divisé par 37,5, — 5,7, au lieu du nombre 6, qu’indique la théorie, puisque

|Î^Uéq. acide sulfurique 1 825 densité.

Les différences souvent très-grandes qui résultent des comparaisons que nous avons faites, ne doivent point être attribuées aux mêmes causes. Il en est de l’ordre de celles qu’on observe en comparant sous un autre point de vue les corps entre eux.

Ainsi personne ne conteste l’analogie du soufre et de l’oxygène, et cependant, à l’état de gaz, ces deux corps ne représentent pas des volumes égaux.

Les éthers composés formés par l’alcool et les oxacides présentent aussi de grands points de ressemblance: identité de composition, même manière d’être par rapport à plusieurs autres corps; et malgré cela il est de ces éthers dont les équivalents représentent 2 vol. de vapeur et d’autres 4.

Les autres différences peuvent tenir aux erreurs d’observation, qui sont quelquefois d’autant plus grandes et d’autant plus faciles à commettre, que les expérimentateurs ne sont pas toujours à même de s’assurer de la pureté des matières dont ils font usage pour procéder à l’évaluation des chaleurs spécifiques.

Le travail de MM. Dulong et Petit sur les chaleurs spécifiques des corps est, à notre avis, des plus intéressants et des plus utiles. Déjà il a eu pour effet de faire connaître une importante loi physique, et plus tard il pourra encore exercer indirectement une heureuse influence sur les destinées de la chimie, puisqu’il dé-

montre tout ce que l’on doit attendre de l’étude des lois physiques des corps, en prenant, pour les établir, des unités de comparaison non plus arbitraires, mais moléculaires.

Action de la chaleur sur les composés ^ en tant quil s’agit des décompositions que le calorique peut leur faire éprouver .

161. Il est peu d’actions chimiques qu’il soit aussi important de connaître que celles que la chaleur exerce sur les corps composés; car la connaissance des conditions physiques dans lesquelles un composé peut exister, permet de prévoir la formation de celui-ci, si les éléments qui doivent le constituer se trouvent en présence , comme aussi ces mêmes conditions font pressentir le genre de décomposition que ce composé peut subir s’il est soumis à de nouvelles conditions de température.

Pour qu’une étude de ce genre atteigne le but que nous nous sommes proposé dans cet ouvrage, nous aurons soin d’entrer dans tous les détails qui seront de nature à la rendre facile et utile, et qui pourront d’ailleurs trouver place dans un recueil consacré seulement à des généralités.

Disons maintenant comment nous nous proposons d’étudier l’action de la chaleur sur les composés, puis quelles sont les réactions communes au plus grand nombre de corps qui forment un genre.

La manière que nous croyons la plus avantageuse pour examiner l’action de la chaleur sur les composés, consiste à les grouper par les éléments ( — ) qui ont donné naissance aux composés des premier, second et troisième ordres, et à étudier les décompositions qu’éprouvent, 1° les composés binaires du premier ordre:

oxydes, acides; 2° les composés binaires du second ordre : oxy-sels; 3° les composés du troisième ordre : sels doubles.

Nous nous écarterons cependant de cette marche pour faire l’étude de l’action de la chaleur sur les composés ammoniacaux. L’ammoniaque, corps (-!-) , nous servira à grouper les corps composés dont elle fait partie, parce que toutes ses combinaisons portent le cachet de la substance qui leur sert de base.

Ce que nous pouvons dire de plus général, relativement à l’action de la chaleur sur les corps composés, c’est que tout composé binaire du premier et du second ordre qui prend naissance indirectement , est toujours destructible par la chaleur. Un composé de cette nature ne peut échapper à cette règle qu’autant qu’il se trouve en combinaison avec des corps capables de lui donner de la stabilité. Si c’est un composé oxydé faisant fonction d’acide, il pourra acquérir souvent de la stabilité en présence des oxybases, formés avec les oxydes potassique j sodique * lithique * bary tique * calcique* plus rarement avec les oxydes plombique * zincique et cobaltique . Si c’est un oxybase, il pourra acquérir de ia stabilité sous l’influence des acides pliosphorique et borique.

Dans les cas les plus simples, la décomposition des composés aura toujours lieu dans les éléments qui leur ont donné naissance. Ne perdons pas de vue que, dans une circonstance physique déterminée, deux corps, en se combinant, ne peuvent donner naissance qu’à un seul composé. Par conséquent un changement. dans les conditions peut en apporter aussi dans la stabilité, et les corps repasseront successivement par tous les éléments qui les ont produits.

Un composé qui existe libre a letat de fluide elas-

tique, imprime généralement de l’instabilité aux nouveaux composés dans lesquels il entre comme partie constituante.

Les produits que ton obtient de la décomposition des corps par la chaleur peuvent varier, 1° par la nature des produits résultant de la décomposition des composés primitifs; 2° par le nombre; 3° par les combinaisons qu’ils sont de nature à former.

A ction de la chaleur sur les composés oxydés méta lloïdiques

et métalliques.

1 62. Sur les composés binaires métalloïdiques. Les composés binaires du premier ordre, formés par les métalloïdes, qui sont le résultat d’une combinaison indirecte1 ou effectuée dans des conditions fixes de température, sont tous décomposables par la chaleur. Pour prévoir les produits qui peuvent résulter de leur décomposition, il ne faut point perdre de vue le nombre de composés que les éléments du composé binaire sont capables de produire, ni les éléments qui leur ont donné naissance, puisque, dans les cas de décomposition les plus simples, on voit toujours apparaître les éléments d’un composé.

Les acides suivants se décomposent par la chaleur dans les éléments qui ont servi à les former , savoir :

Acides sulfurique ....

h 1 vol. oxygène.

— sélénique .

. ... Se H

- 1 vol. —

— tellurique . . . .

. ... Te H

- 1 vol. —

— nitrique .

- 1 vol. — -

— arsénique .

Voyez le tableau D.

L’acide hypo-sulfurique n’existe que sous l’influence de l’eau; chauffé à 100°, il se décompose et donne du sulfate hydrique (acide sulfurique hydraté) et 2 vol. gaz sulfureux. L’acide sulfurique hydraté peut à son tour être décomposé à une température plus élevée1.

L’acide chlorique, soumis à l’action de la chaleur, subit deux genres de décomposition; chauffé jusqu’à un certain point, il peut être amené à l’état sirupeux; chauffé davantage encore , et de manière à le faire entrer en ébullition et à le distiller, il se transforme en acide hyper-clilorique: celui-ci, porté à une température plus élevée, lorsqu’on en fait passer la vapeur au travers d’un tube en porcelaine, se décompose à son tour et se transforme en chlore et en oxygène.

Pour Faction de la chaleur sur les autres composés oxydés du chlore, voyez § 32.

Les acides iodique et bromique se décomposent par la chaleur; mais les produits consécutifs n’en ont point été examinés.

Les oxydes nitreux et nitrique se décomposent par une forte chaleur, en se transformant en N2 04-f- #N, qui devient libre.

L’oxyde phosphorique PO, et les acides phosphoreux P2 O3 et phosphatique P6 O13, se décomposeraient, s’ils étaient anhydres, en acide phosphorique P2 O5 et#, phosphore qui deviendrait libre.

La manière dont les différents oxydes métalloïdiques se décomposent par Faction de la chaleur, fait voir que tantôt la décomposition a lieu dans les éléments qui ont servi à les former, et que tantôt, au contraire, la décomposition s’opère dans des produits qui n’existent point dans les composés : dans le premier cas il y a formation

1 Voyez Dêcompostion des sulfates.

d’un composé moins riche en oxygène; dans le second cas il y a formation d’un composé plus riche en ce corps que celui sur lequel on avait opéré.

Acides chlorique.

— phosphoreux.

Oxydes phosphorique.

— nitrique.

— nitreux.

Tous les autres composés oxydés métalloïdes sont stables sous l’influence de la température la plus élevée.

163. Composés métalliques. Parmi les composés oxydés métalliques, il en est qui résultent de l’union d’un métal avec l’oxygène ou d’un composé déjà oxydé avec l’oxygène. Tous ceux qui ont été formés indirectement ou dans des conditions fixes de température sont décomposables; mais les uns se décomposent dans les éléments qui les ont constitués , c’est-à-dire en un métal et en oxygène , ou en un oxyde et de l’oxygène ; les autres passent à des degrés inférieurs ou supérieurs d’oxydation, suivant les circonstances.

Tous les oxydes des métaux précieux sont décomposables.

Les oxydes et suroxydes suivants se décomposent par la chaleur dans leurs éléments constitutifs :

Oxydes aurique ... Or 2 ... .

— platinique . Platine. . .

— palladique . Palladium

— iridique . . . Iridium. .

— argentique . Argent. . .

— mercurique Mercure. .

— osmique. . . Osmium . .

iuroxydes barytique. . Oxydes Ba O

-t- 3 vol. oxygène, -h 2 vol. —

-f~ 1 vol. —

H- 1 vol. —

H- 1 vol. —

-h 1 vol. —

-f- 1 vol. —

-4~ 1 vol. —

calcique

— Ca O -f- f vol. —

Suroxydes strontique . Oxydes Sr O 4- 1 vol. oxygène.

— plombique.

— plombeux. .

— cuivrique . .

— sodique . . .

Oxydes cobaltique .

— uranique . .

PbO

PbO

1 vol.

r VOÎ.

Cu O -h 1 vol.

Na O -f- vol.

Co O 4- \ vol.

Ur O -f- \ vol.

Le rôle basique des éléments d’un composé peut changer la nature des produits provenant de sa décomposition par la chaleur. * *

Les suroxydes R O2 passent le plus souvent à l’état d’oxyde R O ; mais si ces derniers sont de nature à pouvoir former une combinaison avec RO2, l’action de la chaleur a pour effet de ramener le composé R O2 à l’état de R2 O3.

Faisons remarquer que les composés oxydés qui prennent naissance sous l’influence d’une température élevée, présentent presque tous cette composition.

Oxydes ferrique. . . . Fe) , , 1 . ,

, . . f composes qui résultent de la

— a 1 u m nuque . Ai ) ! . . n

, . . - 4 combinaison de RO avec R Oz

— glucimque . . 44 ;

Des composés de celte nature et de même composition que les précédents, doivent se produire aussi dans des mêmes circonstances. L’acide chrômique est formé de Cr 4- O; chauffé il se transforme en oxygène, et Cr O 4- Cr O2 — (Cr203), c’est-à-dire que 2 éq. venant à se décomposer, l’un passe à l’état d’oxyde CrO, l’autre à l’état de suroxyde CrO2. Ces deux composés peuvent s’unir entre eux, et le suroxyde CrO2 acquiert de la stabilité.

L’acide manganique se décompose à une température très-peu élevée. Le genre de décomposition qu’il subit est tel, que sur 3 éq. d’acide manganique employés,

1 éq. se décompose en MnO2, lequel se précipite, et en 1 yol. d’oxygène, qui s’unit avec 2 éq. cl’acide manganique, pour constituer le composé 2 Mn O3 + O, ou Mn206 -h O. Celui-ci, chauffé davantage, passe à l’élat de suroxyde, et ce dernier, chauffé à son tour, se transforme d’abord en oxyde manganique Mn203 d’après la formule :

2 Mn O2 — 0>jou Mn2 O3 plus 1 vol. d’oxygène.

Mais l’action de la chaleur sur le composé Mn2 O3 ayant pour effet de le détruire, pour le transformer en un autre composé plus stable Mn3 O4, la décomposition de ce composé ne sera que partielle en raison de la puissance basique d’un autre composé, qui est le degré inférieur d’oxydation du manganèse.

En effet, si l’on prend 3 Mn2 O3 — (Mn6 O9) 1 éq. Mn2 O3 subit une décomposition; et passe, en perdant 1 vol. d’oxygène, à l’état de Mn2 O2 ou 2 (Mn O) base puissante, qui s’unit avec 2 (Mn2 O3), lequel fait fonction d’acide par rapport à Mn O. On obtient ainsi 2 Mn O -h 2 Mn2 O3 — Mn6 -b O8, qui, divisé par 2, — Mn304. Ce dernier composé, de nature saline, reste stable, d’abord parce que le manganèse ne peut, par la chaleur seule, passer à un moindre degré d’oxydation que Mn O, et ensuite parce que ce dernier composé, base puissante, donne de la stabilité au composé ( M2 0°), qui isolé n’en avait que peu. Ainsi, dans l’action de la chaleur sur le suroxyde manganique, il faut voir deux produits consécutifs. Le premier est commun au plus grand nombre d’oxydes RO2; c’est le passage de 2 (RO2) à R2 O3 en perdant 1 vol. d’oxygène sur 4. Le second est particulier à l’oxyde manganique R2 O3; c’est le passage de R2 O3 à R3 O4 par la décomposition d’une portion de cet oxyde, qui, passant à l’état de base puissante,

donne de la stabilité à l’autre partie, avec laquelle elle se combine, et qui ne subit point de décomposition.

L’oxyde ou le suroxyde cobaltique Co2 O3 se décompose en oxyde cobaltique Co -4- ^ , et ne donne point

de composés Co3 O4 correspondant à Mn3 O4. Le suroxyde plombeux Pb203 se décompose en PbO -f-O, et ne produit pas non plus de composés Pb3 O4. Si l’on recherche la cause de ces différences, on la trouve dans l’inégale énergie (-h) ou ( — ) des radicaux. Les métaux fortement (-+-) ne produisent de composés R2 O3 que dans des circonstances particulières, parce que R2 O3 étant = à R O -f- R O2, ce dernier composé R O2 ne peut avoir qu’une énergie ( — ) excessivement faible, et dès lors la chaleur ramène toujours les composés R O2 à l’état d’oxydes R O. Les métaux qui produisent des bases faibles donnent naissance à des composés R O2, jouissant d’un pouvoir ( — ) plus puissant; ils peuvent alors former des combinaisons avec leurs oxydes inférieurs RO, et les composés R2 O3, qu’ils produisent seront stables.

Or, il est des métaux intermédiaires dont le manganèse est un exemple; car Mn O2 de Mn203 se décompose partiellement pour former une base forte et en plus grande proportion que celle qui existait déjà, laquelle base s’unit avec Mn'2 O3 et arrête ainsi les progrès de la décomposition par la chaleur.

D’après la manière dont nous interprétons les phénomènes de décomposition des oxydes par la chaleur, on voit que les séries d’oxydation des métaux sont moins nombreuses qu’elles ne le paraissent au premier abord, lorsqu’on étudie isolément tous les composés qu’un métal peut produire en se combinant avec l’oxygène.

En consultant le tableau /£, on pourra connaître tous

les oxydes qui sont de nature à se décomposer, ainsi que les produits en lesquels il peuvent se transformer. On y verra de même, par les degrés d’oxydation du plomb, que F oxyde plombique est stable sous l’influenee de la chaleur; que les suroxydes plombeux et plombique sont instables, et que par conséquent ils doivent se transformer en oxyde plombique par Faction d’une chaleur suffisamment élevée.

Action de la chaleur sur les composés oxydés binaires du second ordre ou sur les oxy-sels.

164. En étudiant (§ 109 à § 154) les conditions de combinaison des composés oxydés, nous avons eu soin de préciser aussi les conditions de température dans lesquelles ces combinaisons peuvent avoir lieu. Nous avons dit, par exemple (§ 119), que l’acide phospliorique, sous l’influence de l’eau ou sous celle de la température la plus élevée, peut se combiner directement avec toutes les bases, excepté lorsqu’il s’agit d’opérer la combinaison par l’influence du calorique avec celles qui par elles-mêmes ne résistent point à Faction du feu.

Si l’acide phosphorique jouit de cette propriété, c’est que lui-même a été produit par la combinaison de l’oxygène sous l’influence de la plus haute température. Par cet exemple nous sommes donc conduit à poser comme règle , que tous les sels obtenus par un acide et un oxyde, formés tous deux directement, résisteront à l’ action cl’une température élevée sans éprouver de décomposition . Il y a cependant des exceptions à cette règle , et nous allons les indiquer.

1° Un acide formé indirectement par l’union d’un radical composé avec l’oxygène, donne naissance à des sels stables si cet acide se trouve en combinaison avec

les oxydes potassique , sodique , lithique , barytique , strontique, calcique, et même quelquefois avec d’autres bases fortes, pourvu que te radical composé soit le produit de la combinaison directe d'un radical simple avec l’ oxygéné. Dans le cas contraire la destruction du sel a toujours lieu, quoique plus difficilement que s’il s’agissait d’un sel formé par le même acide, mais avec une base plus faible.

2° Un acide formé directement, mais qui existe naturellement à l’état de fluide élastique , donne des sels peu stables en raison de son élasticité.

Si maintenant nous passons aux produits qui peuvent résulter des décompositions des sels par la chaleur, nous aurons à reconnaître si le sel se décompose ou non dans ses éléments : dans ce dernier cas la décomposition est anormale et peut s’opérer par les causes suivantes :

1° Parce que le sel se décompose à une température supérieure à celle où l’acide peut exister;

2° Parce que l’oxyde est décomposable par la chaleur;

3° Pai ce que l’oxyde peut passer à un degré supérieur d’oxydation ;

4° Parce que l’acide se décompose;

5° Et enfin parce que le radical simple ou composé peut agir sur l’oxyde ou la base du sel.

Pour prévoir ces différents cas de décomposition anormale , il faut se reporter aux conditions de combinaison des éléments des acides et des oxydes; à l’action qu’exerce sur eux la chaleur; chercher à connaître la tendance que peut avoir un oxyde pour passer à un degré supérieur d’oxydation; et enfin ne point perdre de vue qu’une base puissante donnera de la stabilité à ces genres de sels, en retardera la décomposition et en pourra faire varier les produits.

165. Sulfates neutres. Tous les sulfates neutres sont décomposables à une haute température1, excepté les sulfates potassique , sodique , lithique , barytique , strontique, calcique et magnésique, suivant la règle énoncée plus haut. Il en est encore d’autres qui résistent à une température assez élevée : ce sont les sulfates cobaltique, zincique, niccolique et plombique, et enfin ceux qui sont formés par des bases puissantes , mais qui ne sont pas de nature à réagir sur l’acide sulfurique.

Les sulfates formés par les bases faibles, comme les oxydes R2 O3, se décomposent tous à une basse température et en leurs éléments, c’est-à-dire en acide sulfurique, qui devient libre en partie à l’état anhydre et en partie à l’état hydraté , parce que , comme nous l’avons vu page 179, ces sulfates n’existent qu’en présence de l’eau. Tels sont les sulfates ferrique, aluminique, glucinique, chrômique, cérique.

Les sulfates formés par des bases assez fortes, et qui ne se décomposent qu’au rouge, ne produisent point d’acide sulfurique; car celui-ci, devenant libre à une température supérieure à celle à laquelle il peut exister, se décompose dans les éléments qui ont servi à les former = 2 vol. gaz sulfureux et 1 vol. oxygène. L’oxyde reste pour résidu. C’est de cette manière que se décomposent les sulfates cuivrique, cobaltique, niccolique et zincique. Lorsque des sulfates sont formés par des oxydes susceptibles de passer à un degré supérieur d’oxydation, ceux-ci décomposent en partie l’acide sulfurique, et le transforment en gaz sulfureux, en lui enlevant de l’oxygène; de telle sorte qu’on a pour produits, 1° du gaz sulfureux, résultant de la suroxydation de l’oxyde

1 Nous ne voulons parler que des sels anhydres ou qui contiennent de l’eau salinique. L’action de la chaleur sur les sels hydratés sera examinée plus tard.

par Facide sulfurique; 2° le produit de îa décomposition d’un sulfate à base faible, c’est-à-dire de Facide sulfurique; 3° enfin, pour résidu un oxyde qui renferme plus d’oxygène que celui qui existait primitivement dans le sulfate.

Le sulfate ferreux SFe, étant chauffé, se décompose en gaz sulfureux, oxygène, acide sulfurique et oxyde ferrique Fe, qui reste pour résidu.

D’autres sulfates se décomposent en métal, qui reste pour résidu; en acides sulfurique, sulfureux et en oxygène. D’autres encore se décomposent en acide sulfurique et en oxygène, et ont un métal pour résidu.

Les sulfates mercureux et mercurique, étant formés Fun et l’autre par une base puissante, ne se décomposent qu’au rouge, car sous l’influence de Facide sulfurique, les oxydes destructibles par la chaleur acquièrent de la stabilité. Lorsque la décomposition s’opère, il y a dégagement d’oxygène, provenant de Facide sulfurique et de l’oxyde, parce que, au moment où les éléments de ce sel se dissocient , ils ne peuvent exister libres dans ces conditions de température; et chacun d’eux se transforme dans ses éléments: l'oxyde mercuririque est ramené à l'état de mercure et d’oxygène, et Facide sulfurique à l’état d’oxygène et d’acide sulfureux.

Le sulfate argentique est décomposable par la chaleur, et cela en raison du peu de stabilité de l’oxyde argentique : aussi la décomposition de ce sel ne se fait pas à une température assez élevée pour que Facide sulfurique soit entièrement décomposé. L’on obtient donc comme produit, i° de Facide sulfureux et de Facide sulfurique ; 2° de l’oxygène provenant de l’oxyde et de Facide; 3° de l’argent pour résidu.

166. Bisulfates. Nous avons constaté l’existence de quelques bi-sulfates ; ils sont tous décomposables par

la chaleur, et donnent naissance à de l’acide sulfurique anhydre ou hydraté suivant qu’ils renferment ou non de l’eau. Il reste pour résidu un sulfate neutre, lequel étant chauffé, fournit des produits qui rentrent dans l’un ou dans l’autre des cas prévues (§ 165),

167. Hy po-sulf ates. Tous les hypo-sulfates sans exception sont clécomposables par la chaleur. Le premier effet de cet agent a pour résultat la formation d’un sulfate neutre et de 2 vol. de gaz sulfureux, comme le prouve

d’ailleurs l’équation suivante. Un hypo-sulfale SR pouvant être représenté par (RO H- S) -b S, le dégagement de ce dernier gaz a lieu. Quant à l’action ultérieure, elle sera la même que s’il s’agissait de la calcination d’un sulfate seulement.

168. Sulfites. Ces sels, formés par un acide naturellement gazeux à la température et à la pression ordinaires, ne jouissent que de peu de stabilité. Chauffés jusqu’à un certain degré, ils se décomposent tous sans exception, 1° en gaz sulfureux et en oxydes (les sulfites formés par les bases faibles et stables) ; 2° en gaz sulfureux , en métal et en oxygène (les sulfites formés par des bases décomposâmes par la chaleur) ; 3° enfin en sulfate, oxyde et soufre (les sulfites correspondants aux sulfates qui résistent à la plus haute température).

Dans cette action, il y a évidemment des produits intermédiaires qui n’ont point été étudiés, car l’acide sulfureux exerce sur les oxydes une action dont nous ferons mention plus tard.

Ce que nous venons de dire des sulfites s’applique aussi aux bi-sulfites, avec cette seule différence que, dans le cas où il y a dégagement de soufre dans les sulfites, il y a dégagement d’acide sulfureux et de soufre dans les bi-sulfites.

169. Hy po-sal fîtes. L’action de la chaleur sur ces composés n’est point nettement élablie. On sait seulement qu’il en est quelques-uns qui peuvent résister sans se décomposer à l’action d’une température assez élevée, et que ce sont les composés formés par les métaux alcalins. On sait aussi que les composés doubles de ces genres de composés salins ont plus de stabilité que les simples; en un mot, qu’il en est de ces composés, comme des cyanures, qui acquièrent de la stabilité en se combinant entre eux.

170. Séléi niâtes. L’acide sélénique est le résultat de la combinaison indirecte de l’acide sélénieux avec l’oxygène; mais l’union de ces deux corps se fait plus difficilement que celle du gaz sulfureux avec l’oxygène. Conséquemment les séléniates doivent se décomposer bien plus facilement que les sulfates. Ceux qui résistent à l’action d’une température élevée sont les séléniates de la première section; tous les autres sont décomposés à des températures qui varient en raison de la puissance de leurs bases.

Les produits de la décomposition sont : un sélénite neutre et 1 vol. d’oxygène; de l’acide sélénieux et un oxyde, ou un métal et de l’oxygène1.

171. Sè lènites. Les sélénites résistent à l’action d’une température élevée, à moins que l’oxyde ne soit décomposable lui-même par la chaleur. Ils doivent cette propriété, qui ne s’est jamais rencontrée chez les sulfites, à ce que l’acide sélénieux étant peu volatil, les combinaisons en sont plus stables.

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