PN Minerais de platine renfermant ces cinq métaux
PD Plat ine et palladium ; osmium et iridium résidu du traitement du platine; palladium et rhodium résidu du même traitement.
PL Platine palladium > rhodium ^ iridium purs, obtenus par la calcination de leurs chlorures ammoniacaux; osmium j par la décomposition du chlorure osmique au moyen du mercure; chlorure plat inique ^ palladique rhodique ^ iridique et osmique. Pour l’isolement de ces métaux, voyez cliap. Analyse.
Ayant passé en revue les points principaux auxquels on doit être attentif dans la préparation des corps, nous allons présenter en abrégé les règles que l’on doit suivre pour ces préparations, en ne confondant point celles qui sont synthétiques, désignées par RS, d’avec les règles analytiques désignées par RA.
Extraction clés corps simples.
368. Les corps simples se rencontrent, dans la nature , libres ou combinés; dans le premier cas, ils n’ont besoin que d’être purifiés des impuretés qui les accompagnent; dans le second, ils doivent être isolés de la gangue sur laquelle ils sont le plus souvent implantés : ainsi, par exemple, la majeure partie du soufre que nous consommons se trouve libre dans la nature, mais disséminé dans des terres volcaniques; en sorte que, suivant qu elles sont riches ou pauvres en soufre, ces terres sont chauffées seulement au point de fondre
le soufre, afin de le séparer par la fusion des matières infusibles ou plus ou moins denses que lui, et qui, dans tous les cas, s’en séparent; ou bien les mêmes terres sont chauffées à un degré de chaleur tel que le soufre se réduit en vapeur; c’est en dirigeant celte dernière dans des vases appropriés, et où elle peut se condenser, qu’on obtient du soufre pur.
L’argent et l’or se rencontrent communément à l’état natif, mais toujours ils sont engagés dans une gangue, de laquelle on ne les sépare qu’avec une extrême difficulté; c’est tantôt par des procédés mécaniques que l’on sépare ces deux métaux de la majeure partie de cette gangue, tandis que l’autre partie est mise en fusion, et tantôt aussi, dans certains cas, on se sert de la propriété dont jouit le mercure de dissoudre l’or et l’argent pour isoler ces derniers. L’amalgame d’or et d’argent étant soumis à la distillation, le mercure volatil, est expulsé, et l’or et l’argent restent pour résidu. D’autres fois, enfin , on traite le minerai argentifère par le plomb qui dissout facilement l’or et l’argent, en sorte qu’il n’y a plus qu’à soumettre l’alliage à l’action immédiate de l’oxygène de l’air; le plomb s’oxyde alors et se sépare de l’or et de l’argent qui , dans ces circonstances-là, ne sont point oxydables.
Dans le cas où les corps sim pies* se trouvent combinés, on est obligé de les déplacer directement ou indirectement de leurs combinaisons binaires du premier ordre; mais ces déplacements ne peuvent avoir lieu qu’au moyen d’autres corps simples, qui, par euxmèmes, ne sont point aptes dans les circonstances mêmes de l’opération, à former des combinaisons avec les corps que l’on doit mettre en liberté. C’est par cette raison que l’oxygène, ne se combinant point directement avec les corps halogènes ( § 32 ) , sert
indirectement à déplacer le chlore, le brome et l’iode. C’est encore par des motifs semblables que l’hydrogène et le carbone ne formant tous deux qu’avec une extrême difficulté des combinaisons avec les corps simples, peuvent à leur tour servir avantageusement à l’extraction de ces derniers; car il suffit pour cela de traiter par l’hydrogène ou le carbone un composé binaire, dont l’un des éléments puisse se combiner avec le carbone ou avec l’hydrogène, pour qu’avec l’un ou avec l’autre de ces corps, ou avec une de leurs combinaisons, on arrive directement à l’isolement des éléments. Enlin des métaux, tels que le potassium et le fer, sont aussi employés avec succès à la séparation de ces corps simples, qui peut avoir lieu par plusieurs procédés.
1° Par la réduction d’un oxyde par le charbon et par l’ hydrogène , on obtient les métaux suivants : potassium , sodium, titane, chrome, cobalt, nickel , fer, manganèse, zinc, cadmium, étain , tungstène, molybdène, antimoine ,
bismuth, plomb, cuivre, osmium .
2° Par la réduction d’un chlorure , d’un chloride ou d’un fluoride, par le potassium ou par le sodium, avec formation de chlorure ou de fluorure potassique et sadique soluble dans l’eau , on obtient le bore , le silicium, le magnésium, le zirconium, le thorium, le tantale, l aluminium, le glucinium, Vyttrium, le cérium, Yurane, corps insolubles et n attaquant point 1 eau à la temperature ordinaire.
3° Par la décomposition au moyen de la chaleur avec ou sans le concours de l’ ammoniaque , d un chlorose l à base ammonique (sel double à base d ammoniaque) , 1 on obtient le titane, le chrome , le palladium , le platine , X iridium , le rhodium .
4° Par la décomposition d’un sulfure par le fer, on obtient le plomb, Y antimoine , le mercure .
5° Par la décomposition d’un composé oxydé par le chlorure ammonicjue , on obtient le sélénium et le tellure .
6° Par la décomposition > sous ï influence de l'eau.* d’un sel par un métal ou par un autre sel > on obtient Y argent, Yosmium , le cuivre * le palladium * et Y or très-divisé.
7° Par la décomposition * au moyen de la pile , d’un oxyde ou même d un sel le plus grand nombre des métaux peuvent etre obtenus; cependant ce dernier procédé ne s’applique qu’à la préparation du lithium * du baryunij du strontium et du calcium > métaux qu’on ne peut obtenir par aucun autre procédé.
Tous les corps simples, même ceux qu’on extrait dans les arts , s’obtiennent pajr des procédés qui , au fond, rentrent dans l’une ou l’autre des règles établies plus haut. Si les traitements suivis dans les arts sont ordinairement plus compliqués, cela tient à ce que l’on est souvent dans le cas de faire subir aux minerais des operations purement mécaniques, en vue de les rendre plus riches, ou des traitements chimiques qui précèdent le déplacement des corps que l’on veut obtenir. C’est ainsi qu’étant presque toujours dans le cas de traiter des sulfures, on grille ceux-ci en présence de l’acide silicique, pour les transformer en oxydes, en sulfates ou en silicates, que l’on détruit ensuite. Si l’on traite un composé binaire quelconque du second ordre, on ajoute alors, ou une base puissante, afin de déplacer celle que l’on veut réduire; exemple le silicate plombique , auquel on ajoute de l’oxyde calcique; ou bien un acide, pour s’emparer de la base, lorsque c’est le composé faisant fonction de corps ( — ) que l’on veut réduire.