‹ Introduction à l'étude de la chimie moléculaireChapitre 86 sur 108 · RA · texte numérisé non relu

RA

En calcinant les composés oxydés ci-après, on obtient : de l’oxyde uranique, V oxyde uraneux ; du suroxyde manganique, Y oxyde manganoso-manganique ; ‘ du bi-chrômate potassique, de Y oxyde chrômique accompagné de chrômate potassique; et enfin, en calcinant le chrômate mercurique, on obtient de Y oxyde chrômique j du mercure et de l’oxygène (§ 188).

8° Par la décomposition , à l’aide de la chaleur , d’un sel dont l’acide est volatil ou décomposable par la chaleur en des éléments gazéifiables , ceux-ci étant sans action sur l’oxyde que l’on veut obtenir. Indépendamment de la décomposition que la chaleur fait éprouver quelquefois à un oxyde, il peut, par l’action de l’oxygène de l’acide, passer à un degré supérieur d’oxydation. Par la calcination d’un carbonate ou d'un hydrate , l’on obtient les oxydes calcique, magnésique , glucinique et zincique. Par la calcination d’un nitrate, l’on obtient les oxydes bary tique , strontique, uranique ou uraneux , ferrique , zincique, cadmique , bismuthique, cuivrique, plombique et mercurique. Par la décomposition d'un sulfate, l’on obtient : les oxydes aluminique et cuivrique; et Y oxyde ferrique, par la décomposition du sulfate ferreux ou ferrique.

La règle la plus générale que Ton puisse suivre pour se procurer un oxyde, est certainement celle où l’on décompose un carbonate un hydrate ^ un sulfate et un nitrate par la chaleur, car tous les carbonates et les hydrates, excepté quatre; tous les nitrates et le plus grand nombre des sulfates, sont décomposés, par cet agent, en un oxyde qui reste pour résidu, à moins que cet oxyde ne soit lui-même décomposé par la chaleur ou qu’il ne passe à un degré supérieur d’oxydation ; néanmoins cette règle n’est appliquée qu’aux différents exemples désignés ci-dessus, et cela, 1° parce que les nitrates ne cristallisent pas également bien et qu’en conséquence on ne les obtient pas tous au degré de pureté qu’ils doivent avoir pour produire un oxyde pur; 2° parce que les carbonates et les hydrates étant des produits résultant de doubles décompositions en présence d’un sel soluble, il est rare qu’on les obtienne assez purs pour pouvoir s’en servir dans des recherches de précision; 3° et enfin parce que les sulfates sont d’une décomposition bien plus difficile que les nitrates; et que les oxydes qu’on en retire sont trèsdenses. y o y. Action de la chaleur sur les sels 164).

9° Décomposition ; par la chaleur au contact de l’ air d'un sel dont i acide d’origine organique est formé de carbone ^ d’oxygène et d’ hydrogène.

Toutes les fois que l’emploi d’un acide organique permet de séparer facilement un oxyde à l’état de pureté, on peut former sa combinaison saline, que l’on calcine ensuite au contact de l’air, et l’on a toujours l’oxyde pour résidu, à moins qu’il ne soit décomposable par la chaleur, ou qu’il ne passe à un dégré supérieur d’oxydation, ou bien enfin que son carbonate ne puisse exister à une haute tempér ature sans se décomposer; c’est ainsi qu’en calcinant les oxalates

cérique, cobaltique, niccolique et zincique , on obtient

des oxydes pour résidu (RA).

10° Décomposition d'un sel soluble par l’action déplaçante des oxydes calcique , magnésique , barytique, sodique, potassique et ammonique.

Les trois premiers ne sont que rarement employés, tandis que les trois derniers le sont fréquemment. Deux cas généraux peuvent se présenter : a. L oxyde déplace est insoluble g et l’oxyde déplaçant forme avec l’acide un sel soluble; on obient ainsi tous les oxydes insolubles en opérant la décomposition des nitrates de la plupart des chlorures et d’un grand nombre de sulfates; il n’y a d’exception que lorsque l’oxyde déplacé réagit sur l’oxyde déplaçant et forme avec lui une combinaison (§ 225). C’est par cette raison qu’on ne peut isoler par 1 oxyde ammonique les oxydes cobaltique, niccolique, zincique, cuivrique et argentique; ces derniers, une fois mis en liberté, se redissolvent dansl’oxyde ammonique, tandis qu’insolubles dans les oxydes potassique et sodique, ces mêmes oxydes sont insolubles par ces deux bases. C est par une cause du même genre qu’on ne peut obtenir les oxydes glucinique et aluminique, , en employant les oxydes potassique et sodique, parce que ces bases redissolvent les oxydes qu’ils avaient d’abord déplacés; les oxydes glucinique et aluminique peuvent au contraire être obtenus par l’oxyde ammonique qui ne les dissout pas. Ce sont ces phénomènes particuliers qui font que 1 on emploie tantôt l’oxyde potassique, tantôt l’oxyde sodique ou l’oxyde ammonique pour le déplacement des oxydes insolubles, b, L’oxyde déplacé est soluble dans l’eau, et l’oxyde déplaçant forme , avec l acide du sel, uncomposé insoluble . En décomposant les carbonates potassique et sodique par l’oxyde calcique, on obtient les oxydes ou plutôt les hydrates potassique et sodique.

11° Décomposition d’un sulfure soluble par l’hydrate ferrique ou par l’oxyde cuivrique.

On obtient ainsi très-facilement l’oxyde bary tique en faisant bouillir le sulfure barytiq^e avec de l’oxyde cuivrique ou de l’hydrate ferrique.

A eide s.

368. 1° Combinaison directe d’un corps simple avec l’oxygène pur ou mélangé dans l’ air.

On obtient ainsi les acides sulfureux , sélénieux , tellureux , p hosp borique , hy po -phosphoreux , arsénieux et carbonique (RS).

2° Combinaison indirecte au moyen de l’oxygène de l’eau , l’ hydrogène étant enlevé par un troisième corps .

De la décomposition d’un chloride, d’un fluoride et d’un brômide, on obtient: X acide phosphoreux par la décomposition du chloride phosphoreux au moyen de l’eau ; V acide antimonique par la décomposition du chloride antimonique; Y acide iodique par celle du chloride iodique ; V acide chrômique par celle du fluoride .

3° Oxydation d’un métal, d’un oxyde, ou d’un sulfide par l’acide nitrique. L’on obtient ainsi : L’acide antimonieux par l’oxydation de l’antimoine au moyen de l’acide nitrique;

L’acide arsénique par celle de l’acide arsénieux;

L’acide arsénieux par celle du phosphore;

L’acide tellureux par celle du tellure;

L’acide molybdique par celle du sulfure molybdique.

4° Décomposition , par la chaleur, d’un sel dont l’acide est susceptible d’être volatilisé sans éprouver de décomposition. On obtient ainsi : L’acide carbonique, par la clécompositionclu carbonate calcique; l’acide acétique, par celle de l’acétate cuivrique;

L’acide sulfurique de Saxe, par celle du sulfate ferrique.

4° Décomposition par la chaleur d’un sel ammonique doîit l’acide est fixe et indécomposable par l’hydrogène, lequel, s’il est réduit , est susceptible de reprendre l’oxygène de l’air. La décomposition du phosphate ammonique produit de l’acide phosphorique; celle du tungstate ammonique s’opérant au contact de l’air, laisse pour résidu de l’acide tungstique.

9° Décomposition d’ un sel par l’action déplaçante d’ un acide, a. L’acide déplacé est volatil à la température ordinaire ou à l’aide d’une élévation de température; b. insoluble ; c. soluble.

a. C’est par la décomposition des nitrates sodique et potassique par l’acide sulfurique, qu’on obtient l’acide nitrique; c’est en décomposant l’acide sulfurique par les acétates potassique et sodique que l’on peut se procurer l’acide acétique; c’est par la décomposition du carbonate calcique et quelquefois du bi- carbonate potassique, par l’acide sulfurique, ou par le chloride hydrique, que l’on obtient l’acide carbonique. En décomposantles butyrates, caprates potassique ou sodique, par l’acide tartrique, on se procure les acides gras, volatils, tels que les acides butyrique, cuprique et caproïque ; enfin, par la décomposition de l’hyper-chlorate potassique, on obtient l’acide byper-cblorique. b. L’acicle déplacé est insoluble ou peu soluble dans l'eau. Le borate sodique, traité par l’acide sulfurique, produit de l’acide borique peu soluble qui se précipite. Un tungstate, ou un silicate quelconque, dont la base forme un composé soluble avec l’acide nitrique, donne toujours de l’acide tungstique ou de l’acide silicique pour résidu, pourvu que la liqueur ait été évaporée à siccité. Cette observation s’applique surtout au dernier acide, car tant que l’acide

silicique n’est point déshydraté, il est en partie soluble Le molybdate plombique, traité par l’acide nitrique, fournit de l’acide niolybdique. Tous les acides gras d’origine organique qui sont insolubles s’obtiennent par un procédé du même genre, c. U acide déplacé est soluble dans l’eau ; et l’acide déplaçant forme ^ avec la base du sel j un composé insoluble. Toutes les fois qu’on a un sel dont l’acide est soluble dans l’eau, et que la base est comprise dans l’un des cinq oxydes suivants (oxydes barylique, plombique, potassique, argentique et calcique), on parvient très-facilement à isoler l’acide. Si c’est un sel barytique, on le traite par l’acide sulfurique, qui forme du sulfate insoluble, et l’acide déplacé reste en dissolution dans l’eau. Ainsi se préparent les acides phosphorique, arsénique, chrômique, manganique, vanadique et hypo-sulfurique. Si c’est un sel plombique, deux moyens peuvent être employés pour isoler l’acide et conduisent à un succès égal, du moins dans un grand nombre de cas; l’un consiste à décomposer le sel plombique par l’acide sulfurique, l’autre à opérer aussi une décomposition de ce même sel plombique, mais par le sulfîde hydrique: ce dernier procédé est toujours employé avec beaucoup de succès dans tous les cas où le sulfide hydrique n’exerce aucune action sur l’acide déplacé. Par le même procédé on se procure les acides phosphorique ^ oxalique > malique , formique et un grand nombre d’autres acides d’origine organique. Quand il s’agit d’un sel potassique, on dirige dans une dissolution de ce sel un .courant de fluoride silicique; il se produit alors du fluo-silicate potassique peu soluble qui se précipite; et l’acide ainsi déplacé reste en dissolution. Par ce dernier procédé on se procure particulièrement les acides chlorique, chrômique et manganique. Si l’on opère sur un sel argentique, on

le traite par le chloride hydrique qui donne naissance à du chlorure argent ique insoluble. Ce procédé est le plus général et le plus certain pour extraire les acides solubles dans l’eau , parce qu’on peut très-aisément connaître la quantité d’acide nécessaire à la précipitation de l’oxyde argentique, et l’on n’a pas à craindre l’action du chloride hydrique en excès sur l’acide déplacé. Enfin, la décomposition des tartrate et citrate calcique par l’acide sulfurique, fournit les acides tartrique et citrique.

C omposès s u l fur es .

369. 1° Sulfuration directe d'un corps simple par le soufre ou par le sulfure mercurique. Àinsi se préparent les suîfides carbonique, borique, silicique, arsénieux, phosphoreux et phosphorique; les sulfures zirconique, thorique, aîuminique, gluci nique, cérique, yttrique, zincique, plombique, cuivrique, argentique et stannique.

2° Sulfuration d’un corps simple par un mélange de soufre et de carbonate potassique et sodique. C’est de cette manière que l’on obtient les suîfides manganique, tungs tique ^ molybdique > osmique , ainsi que les sulfures auric/uej iridique irideux s plaiinique s palladique , niccolique et cobaltique.

3° Sulfuration d’un oxyde , d’un carbonate ou d’un sulfate au moyen du soufre. Par ce procédé l’on obtient un grand nombre de sulfures; on n’en peut excepter que ceux dont les oxydes sont irréductibles par le soufre (§ 239), ainsi que les sulfures qui ne peuvent exister sous l’influence d’une température élevée (§ 196); néanmoins, comme par cette méthode il est difficile d’avoir des sulfures exempts de sulfates, on en fait ra-

rement l’application. C’est par elle qu’on prépare le poly Sulfure potassique (foie de soufre).

4° Sulfuration d’un oxyde* d’un hydrate * d’un carbonate* d’un sulfate , par le sulfide hydrique et le sulfide carbonique. Tous les oxydes réductibles par le charbon et l’hydrogène (§ 254) sont sulfurés par les sulfides hydrique et carbonique, lesquels, par le carbone ou par l’hydrogène qu’ils renferment, s’emparent de l’oxygène de l’oxyde, qu’il soit libre, hydraté ou carbonaté. Le soufre s’unit alors au métal. Par ce procédé l’on obtient toujours un sulfure correspondant à l’oxyde, excepté dans le cas où le sulfure peut s’unir avec le sulfide (§279), ou bien encore quand l’on opère la réduction d’un sulfate, car alors le soufre de l’acide sulfurique s’ajoute à celui du sulfide, et il en résulte un composé sulfuré plus élevé. On obtient surtout les sulfures tit unique- * chrômique * manganeux * vanadique * et les poly sulfures potassique et sodique.

6° Décomposition cl’un sel par le sulfide hydrique ou bien par le sulfide' potassique. Tous les oxydes réduits par le sulfide hydrique en présence d’un acide, donnent naissance à de l’eau et à un sulfure correspondant à l’oxyde3; de même aussi toutes les dissolutions salines précipitées par le sulfure potassique à l’état de sulfure, permettent de préparer un sulfure, en mettant une de ces dissolutions en contact avec une dissolution de sulfure potassique, sodique ou ammonique (§ 283). C’est par ce procédé que l’on obtient généralement les sulfures les mieux définis : aussi l’emploie-t-on toutes les fois que le corps s’y prête et que l’on a intérêt à avoir un sulfure avec une composition déterminée.

7° Décomposition d’un sulfate par le carbone ou par

1 Vey. tableau, p. 456.

r hydrogène. Eri enlevant l’oxygène d’un sulfate il reste du soufre, et un métal en quantité proportionnelle à celle de l’oxygène de l’oxyde. Ce procédé de rédaction semble pouvoir s’appliquer à la préparation d’un grand nombre de sulfures, puisqu’il n’y a que les sulfates dont les oxydes sont irréductibles par le chlore seul, qui ne puissent passer à l’état de sulfure par l’action que l’hydrogène et le carbone exercent sur les sulfates. Mais les différents modes de décomposition que peuvent éprouver les sulfates ('§256, p. 41 5j, s’opposent à l’application de cette règle, du moins pour un certain nombre de sulfures. On prépare facilement les sulfures potassique, sodique j bary tique > strontique ^ calcique et plombique , par la décomposition de leurs sulfates , soit au moyen du charbon dans un creuset brasqué ( p. 644), soit au moyen de l’hydrogène (fig. 28).

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