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Les composés hydrogénés s’obtiennent

1° Par la combinaison directe de l’ hydrogène. On ne prépare guère de composé d’après celte règle. Cependant on pourrait s’en servir au besoin pour obtenir de l’eau et du chloride hydrique.

2° Par la combinaison indirecte de l’ hydrogène. Lorsque l’on veut unir un corps A avec l’hydrogène, on le combine soit avec le potassium , le sodium, le baryum , le calcium , le fer, l’étain, soit enfin avec le phosphore; la combinaison qui en résulte étant soumise à l’action de l’eau avec ou sans le concours d’un acide; à celle du chloride ou du sulfide hydrique, on obtient constamment

un composé hydrogéné. Quandon fait réagir l’eau, il faut examiner si les deux composés qui résultent de la dissociation des éléments de l’eau, sont deux bases ou deux acides , ou bien une base et un acide ; dans les deux premiers cas on arrive immédiatement au composé hydrogéné; dans le dernier ce n’est que par le concours d’un acide.

a . Cas où il se forme deux bases. Au moyen des phosphures, arséniures, nitrures potassique ou sodique en contact avec l’eau , on peut se procurer lacilementde Y arséniure j du phosphure et au besoin du nitrure hydrique.

b. Cas où il se forme deux acides. Le brômide et l’iodide phosphoreux et phosphorique en contact avec l’eau donnent naissance à de Yiodide oli à du brômide hydrique ; composés gazeux qui se séparent facilement de l’oxacyde qui se produit par la fixation de 1 oxygène de l’eau sur le phosphore.

c. Cas où il se forme un acide et une base. On est obligé de faire intervenir le concours d’un acide pour saturer la base qui s’est formée. En opérant la décomposition de l’eau par l’acide sulfurique en présence du chlorure potassique ou sodique, du cyanure potassique, du fluorure calcique, des sulfures calcique et ferreux, du tellurure ou du séléniure potassique, on obtient des sulfates potassique, sodique, calcique et ferreux, et il se dégage du ckloride , du cyanide , du fluoride, du sulfide, du sélénide ou du telluride hydrique . Si au lieu d eau 1 ou emploie le chloride ou le sulflde hydrique , l’on obtient les composés hydrogénés suivants: L’ arséniure hydrique , en traitant l’arséniure zincique par le chloride hydrique. Le cyanide hydrique , en traitant le cyanuie mercurique par le choride hydrique , ou le même cyanure par le sulfide hydrique . L esulfidc hydrique, en 1 rai-

tant le sulfure antimonique par le chloride hydrique.

Les règles que l’on suit pour la préparation des sulfures étant applicables à la préparation des séléniures et des lellurures; celles que nous ayons décrites (§ 369), pour la préparation des chlorures, pouvant aussi être employées à la préparation des fluorures, des bromures et des iodures, nous avons cru pouvoir nous dispenser de donner des règles particulières pour ces différents composés. Quant aux carbures, nous n’avons rien à en dire, car ce sont des combinaisons qui pour la plupart se forment durant l’acte de la vie des végétaux et des animaux. Il ne nous reste donc plus à retracer ici que les règles d’après lesquelles on prépare les sels , composés binaires du second ordre.

Règles de préparation des sels.

373. Tous les oxydes s’unissant directement avec les acides, il semblerait qu’il ne doit y avoir qu’une seule et unique règle pour la préparation des sels , consistant à combiner purement et simplement l’acide avec la base. Cependant, d’après ce que nous avons dit (§ 321) on a pu voir qu’il existe une foule de procédés par lesquels on forme les composés salins; de ce nombre il en est qui permettent d’obtenir tous les sels, tandis que d’autres ne sont applicables qu’à la préparation de quelques sels seulement. Nous désignerons les premiers par Rg, et les seconds par Rp.

1° Par la combinaison directe de l’acide avec l’oxyde libre ou à l’ état de carbonate ou d’ hydrate^ Rg. Cette règle, la plus simple, la plus directe et la plus générale que l’on puisse appliquer à la préparation des sels, n’est cependant mise en pratique que dans un nombre de cas assez limité, et cela parce que l’on n’a, comme matière pre-

mière, qu’une petite quantité d’oxydes, de carbonates et d’acides, en sorte qu’elle n’est employée que dans les cas obligés. Par cette règle se préparent les sulfates solubles, dont les oxydes et les carbonates figurent au nombre des matières premières; exemples, les sulfates lithique, magné sic/ ue, aluminique , glucinique , uranique, cobaltique et niccolique ; les hypo-sulfates calcique, plombique , mercurique et mer cur eux ; les sulfites solubles , c’est-à-dire ceux à base potassique, sodique, et ammonique ; les sèléniates soluble s (§ 135); les tellurates solubles; tous les chlorates, le chlorate potassique excepté; les iodates sodique et lithique; les phosphates potassique et sodique; les hypo-phosp lûtes , barytique , calcique , plombique; argentique et mercurique ; les arsénites , quelquefois aussi les arséniates solubles (§§ 141 et 142); les nitrates bary tique, strontique , calcique , magnèsique , glucinique j aluminique * uranique, chrômique , manganeux, niccolique, cobaltique , cadmique et plombique; les borates potassique, sodique et ammonique; les silicates potassique et sodique. Sous l’influence de Veau ou du feu : tous les silicates dont l’oxyde et le carbonate figurent au rang des matières premières; les molyb dates , tung - States, chromâtes, vanadates, columbates solubles (§§ 148 et 150) ; les oxalates potassique et sodique, V acétate et le formiate plombique, V acétate mercurique ; la plupart des sels formés par les acides organiques qui ont pour base , les oxydes potassique , sodique ou ammonique; les sels formés par une base d’origine organique, si celle-ci doit être mise en combinaison avec les acides sulfuriqtie, nitrique, acétique, cblorique, formique, etc.

2° Par un acide et un métal, Rp, ce dernier s’oxydant :

a. Aux dépens de l’ oxygéné de L’ air. L’on obtient ainsi les acétates ferrique, cuivrique et plombique, les carbo-

nales cuivrique et plombique; enfin le silicate plombique (Th, § 9G).

b. Aux dépens d'une portion de i oxygène de l’acide. Ainsi se préparent les nitrates zincique , ferrique, niccolique , cadmique , stanneux , plombique, cuivrique , mercurique et mercureux , bismuthique , palladique et argent ique , les sulfates mercurique et mercureux, cuivrique, argentique, bismuthique et plombique (Th, § 265) .

c. Aux dépens de l’oxygène de l’eau. Les sulfates

zincique , ferreux et cadmique.

3° Par un acide et un suroxyde, Rp, celui-ci perd une portion de son oxygène qui se dégage ou se combine avec l’acide pour le faire passer à un degré supérieur d’oxydation. On prépare le sulfate manganeux en traitant le suroxyde manganique par l’acide sulfurique, parce qu’il y a dégagement d’oxygène. On obtient au contraire l’hypo-sulfate manganeux, en traitant le même suroxyde par l’acide sulfureux (p. 3o2).

4° Par l’oxydation d’un composé binaire du premier ordre non oxydé , Rp. On préparé les sulfates fei reux, cuivrique , zincique, cobaltique , plombique et bismuthique, en oxydant au contact de l’air les sulfures ferreux, cuivrique, zincique, cobaltique, plombique et bismuthique; les hypo -sulfites bary tique , stronlique et calcique , en exposant au contact de l’air les dissolutions de sulfures barytique, strontique et calcique.

5° En chauffant deux composes au contact de l air , l’un faisant fonction de base puissante , et l autre étant susceptible de passer a un degre supérieur d oxydation Rp. L’oxyde manganeux ou manganique , et le suroxyde manganique , chauffés en présence des oxydes potassique et sodique, se transforment en manganate et en hypermanganate potassique. L’oxyde chrômique,

chauffé avec de l’oxyde potassique, absorbe l’oxygène et se transforme en chrômate potassique.

6° En faisant réagir les métalloïdes en présence de l’eau sur des bases salifiables puissantes > telles que les oxydes potassique , sodique barytique „ calcique > argentiqueet mercurique „ Rp. C’est ainsi qu’en faisant réagir sur une dissolution de l’un des oxydes désignés ci-dessus, le chlore, le brome, l’iode ou le soufre (§§ 237 et 245), on se procure les chlorates „ les iodates et les brômates les c/ilorites ou hypo-chlorites 3 les hy po-sulfites , les hypo-phoshpate potassique 3 sodique 3 calcique et barytique.

7° En décomposant un composé binaire non oxydé en présence d’un oxacide ^ soit par t oxygène de l’eau ^ soit par l’oxygène libre qui peut être absorbé ^ Rp. Les sulfures barytique et strontique traités par l’eau et un acide, donnent naissance à un sel barytique ^ en même temps qu’il se dégage du sulfide hydrique; ainsi se préparent les nitrates barytique et strontique. Le sulfure ferreux, traité par l’eau et l’acide sulfurique, produit du sulfate ferreux et du sulfide hydrique. En traitant par l’acide sulfurique les chlorures potassique et sodique, on obtient les sulfates sodique et potassique. L’on se procure le bi-carbonate sodique en traitant le sulfure sodique par l’acide carbonique. Le sulfure plombique chauffé en présence de l’air et de l’acide silicique, se transforme en gaz sulfureux et en silicate plombique.

8° En chauffant avec du nitrate potassique ou sodique un métal > un oxyde ^ ou un suroxyde pouvant passer à l’état d’acide par une oxydation ultérieure , Rp. Le nitrate potassique mélangé et calciné avec du tartrate potassique, donne pour résidu du carbonate. Les nitrates potassique et sodique calcinés avec de l’arsenic ou de l’acide arsénieux, fournissent les arséniates potas-

sique et sodique. Le nitrate potassique calciné avec le soufre produit du sulfate potassique. Ce même nitrate calciné avec de l’antimoine, produit de X antimoniale potassique, avec de l’oxyde chrômique du chrômate potassique, avec du tungstène du tungstate potassique, avec du molybdène du molybdate potassique, avec du vanadium du vanadate potassique. Le nitrate sodique peut être substitué au nitrate potassique , et l’on obtient des sels correspondants qui ont pour base l’oxyde sodique.

9° Par la décomposition d’un sel, dont l’acide est volatil ou destructible par la chaleur ou par l’action de l’oxygène, au moyen d’un acide plus fixe, îlp. Tous les nitrates peuvent servir à la préparation des sulfates, car il suffit de les chauffer avec de l’acide sulfurique pour en expulser tout l’acide nitrique qui est volatil , et par une élévation convenable de température, on expulse aussi l’excès d’acide sulfurique qui a pu être employé. Les acétates peuvent également servir à la préparation des sulfates et des nitrates. L’arsénite cuivrique s’obtient en décomposant l’acétate cuivrique par l’acide arsénieux. Le silicate sodique s’obtient en décomposant les sulfates sodique en présence de l’acide silicique.

10° Par la décomposition d’un sel, à l’aicle d’un métal, d’un oxyde ou d’un carbonate, Rp. Le sulfate cuivrique s’obtient en décomposant au moyen du cuivre le sulfate argentique. Le sulfate aluminique est le produit de la décomposition du sulfate ferrique au moyen de l’oxyde aluminique. Le bi-phosphate calcique, traité par le carbonate potassique, sodique ou ammonique , se transforme en phosphate sodique ou potassique. Tous les sels potassique et sodique peuvent être obtenus par la décomposition d’un sel quelconque au moyen du carbonate sodique ou potassique.

11° Par la double décomposition de deux selsj Rg.

a . Le sel que l’on veut obtenir est insoluble. Tous les sels insolubles s’obtiennent par l’application de cette règle: aussi les sulfates, les séléniates, les tell urates, les phosphates, les arséniates, les arsénites, les borates, les silicates, les carbonates, les chromâtes, les vanadates, les tungstates, les moîyhdates insolubles (§131 à 151) , se préparent en prenant un de ces sels à base potassique, sodique ou ammonique, que l’on met en contact avec un sel soluble, dont on veut. faire avec la base un sel insoluble. Le phosphate sodique, en contact avec du nitrate plombique, se transforme en phosphate plombique insoluble. Le borate sodique, en contact avec du sulfate cuivrique, se transforme en borate cuivrique insoluble et en sulfate sodique soluble. Le chrômate potassique, en contact avec le nitrate argentique, se transforme en chrômate argentique insoluble et en nitrate potassique soluble. Le phosphate sodique , en contact avec du nitrate mercurique, passe à l’état de phosphate mercurique insoluble, et de nitrate sodique soluble.

b. Le sel que l’on veut obtenir est soluble. Celte marche n’est pas moins générale que celle que l’on suit dans le cas précédent, et en outre elle donne des produits plus purs. Toutes les fois que l’on veut combiner un acide x avec une base y3 de manière à former un sel (x acide et y base) on met l’acide x en combinaison avec l’oxyde plombique, barytique ou argentique, puis la base y est mise en combinaison avec l’acide sulfurique ou avec le chloride hydrique. Cela fait, on met les deux sels en présence, et l’on obtient toujours, par leur contact, le sel x -J- y , car avec les sels barytique et plombique, il se produit un sidfate plombique ou barytique insoluble, comme aussi lors-

738 CHAPLTRE SEIZIEME.

que la combinaison y H- H2 Cl2 est en contact avec x h- Ag O, il y a toujours formation de chlorure argentique insoluble et y - hoc reste en dissolution.

Par l’acétate, le formiate plombique et un sulfate soluble quelconque, on peut obtenir tous les formiates et acétates solubles. Par Phypo - phosphite, l’hyposulfile, l’hvpo- sulfate barytique et un sulfate soluble quelconque, on peut produire tous les hypo-pliosphites, les hypo- sulfites, et les hypo- sulfates correspondant aux sulfates employés. Au moyen du chlorate argentique et d’un chlorure soluble, on obtient tous les chlorates, parce qu’il se forme dans ces circonstances, du chlorure argentique insoluble, et un chlorate soluble. Les sels potassique, sodique, barytique, strontique et calcique, dont les sulfures sont solubles peuvent s’obtenir en faisant réagir ces derniers sur un sel soluble ou insoluble, dont la base est précipitée à 1 état de sulfure, par les sulfures potassique et sodique (tableau,

Il n’est point de sels qui ne puissent être obtenus au moyen de cette règle, de laquelle le chimiste tire un trèsgrand parti pour opérer les combinaisons organiques.

ANALYSI*.

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