CES MINERAIS
Arsenic. \
Antimoine.
Soufre j
CJ
Fer
et manganèse, i
Cuivre
Arséniure cobaltique ....
Arséniure niccolique ....
Sulfo-arsénite niccolique.
Sulfo-arséniate cobaltique.
Sulfo-antimonite niccoliq.
Sulfure cobaltique.' .
Sulfure molybdique .
Des minerais silicate s. Ces minerais sont attaquables ou inattaquables par le cliloride hydrique. Dans le premier cas, il suffit de les pulvériser avec soin, de les traiter par un excès de cliloride hydrique ou d’acide nitrique, puis de faire évaporer la liqueur à sec.- En reprenant par l’eau le résidu, l’acide silicique reste complètement insoluble. La liqueur A contient toutes les bases. Quand le minerai est inattaquable, on enlève l’acide silicique, et cela de deux manières. Si la base que l’on veut isoler forme un sulfate soluble (glueine), on mélange le minerai avec son poids de fluorure calcique. Ce mélange introduit dans une bassine de fonte est traité par un excès d’acide sulfurique concentré; on évapore à sec pour dégager l’excès d’acide sulfurique, puis’ on retire de la bassine de fonte la matière qu elle renferme, pour traiter cette dernière par l’eau. Le sulfate calcique peu soluble reste pour résidu, et l’on obtient une dissolution B, contenant les oxydes à l’état de sulfates. Dans le cas où les sulfates sont peu solubles, on rend le silicate attaquable par une base en calci-
ANALYSE. 771
nant le minerai avec un des nitrates suivants : nitrates potassique j bary tique et plomb ique j selon la nature de la base que I on veut isoler (p. 762); le résidu de la calcination traité par de l’acide nitrique est évaporé; on sépare par l’eau l’acide siücique, et l’on obtient une liqueur C, contenant les bases à l’état salin. Ces liqueurs A, B, C, traitées par le sulfide hydrique et le sulfure ammonique, donnent deux précipités AB, et une liqueur C que l’on traite comme cela est résumé dans le tableau de la page 766. Ce traitement peut être simplifié, lorsque, par la composition du minerai, on sait qu’il ne renferme que tels ou tels corps. Ainsi, par exemple, dans le traitement de l’émeraude, où il s’agit de l’extraction de la glucine, le précipité par l’oxyde cuivrique, renferme les oxydes glucinique, aluminique et ferrique, il suffit donc de laver ce précipité et de le mettre en digestion avec un mélange de sulfure et de carbonate ammonique; l’oxyde glucinique seul se dissout; puis en filtrant la liqueur et en la faisant bouillir, on obtient immédiatement de la glucine pure, car dans cette circonstance la liqueur ne pourrait renfermer que de l’oxyde uranique; mais en dissolvant une certaine quantité du précipité dans un acide et en y versant de l’oxyde potassique, tout se dissout si c’est effectivement de la glucine.
Quand le minerai est un sulfure ou un arsèniure, on peut, si l’on veut, le griller pour se débarrasser d’abord de la majeure partie du soufre et de l’arsenic qu’il renferme. Le résidu du grillage est mélangé avec un excès de mire, et le mélange est calciné au rouge; tout l’arsenic passe à l’état d’acide arsénique et le soufre à celui d’acide sulfurique; en traitant par l’eau on obtient de l arséniale et du sidfate potassique solubles. Les métaux qui en s’oxydant, forment des bases, restent pour ré-
siclu insoluble dans l’eau; mais l’acide arsénique n’étant, jamais enlevé totalement par la potasse, il en résulte que par ce moyen on n obtiendrait pas de métaux exempts d’arsenic, si l’on n’avait pour séparer ce dernier deux procédés que voici. Le premier consiste à traiter par l’acide sulfurique le résidu insoluble de la calcination du minerai avec le nitre; la dissolution de ce résidu étant opérée, on fait bouillir la liqueur dans la^ quelle on dirige un courant d’acide sulfureux, qui réduit l’acide arsénique et le fait passer à l’état d’acide arsénieux; cette réduction opérée, on dirige dans la liqueur un courant de sulfide hydrique, qui précipite immédiatement l’arsenic à l’état de sulfide que l’on sépare par filtration. Dans le second procédé, ce même résidu de la calcination avec le nitre, est mélangé avec du chlorure ammonique; soumis ensuite à une calcination , il y a production de chlorure métallique , et l’hydrogène de l’ammoniaque réduit l’acide arsénique en le faisant passer à l’état d 'acide arsénieux. En chauffant fortement ce mélange , la majeure partie du produit sublimé contient de l’arsenic , en sorte qu’il s’opère une espèce de séparation. La partie fixe est traitée par l’eau aiguisée de chloride hydrique; en faisant passer ensuite du sulfide hydrique, tout l’arsenic se précipite et les métaux que l’on obtient en sont exempts, ainsi que de l’antimoine qui pourrait les accompagner. Par ce procédé l’on obtient le cobalt et le nickel parfaitement exempts d’arsenic.
Les métaux dont on retire le platine, se trouvant presque toujours réunis, et n accompagnant que rarement les autres métaux , nous n’avons pas cru devoir les comprendre dans le tableau où figurent les corps qui dans l’analyse peuvent se rencontrer à l’état de base. Ces métaux sont d’ailleurs trop facilement séparés,
ANALYSE
de toutes leurs combinaisons, à létal métallique, soit par le mercure sous l’influence de l’eau , soit par le chlorure ammonique sous l’influence d’une température élevée, pour que, leur existence étant reconnue, on ne commence pas d abord par les isoler , pour les traiter ensuite par un procédé spécial. L’on peut avoir à examiner le minerai de platine proprement dit (§ 367), ou le résidu du traitement du platine (l’osmiure d’iridium). Quand il s’agit du minerai, on le traite par l’acide nitrique faible, puis par le chforide hydrique, et enfin par 1 eau regale laible : par ces traitements on obtient en dissolution , et l’on sépare, le cuivre, une ceitaine quantité de palladium, et l’or que le minerai pouvait renfermer. Enfin, en faisant subir au minerai ainsi épuisé, un traitement par l’eau régale concentrée on dissout le platine. La liqueur est alors évaporée jusqu a sec, et le résidu , redissous dans une quantité d’eau détei minee, produit une solution qui renferme beaucoup de platine; on ajoute ensuite dans cette solution une certaine proportion de sel ammoniac qui précipite un sel double (platinico-ammonique ) qu’on recueille, lave et calcine pour obtenir le platine.
Les eaux- mères qui renferment le palladium, le rhodium , un peu d’iridium ainsi qu’un peu de platine échappé à l’action du chlorure ammonique, sont traitées par le cyanure mercurique, qui précipite le palladium à l’état de cyanure , lequel étant calciné fournit du palladium. On peut aussi traiter la liqueur par du suïfide hydrique, parce que ce composé précipite immédiatement les dissolutions palladique , et qu’il n’en est point ainsi pour les dissolutions platinique ♦ et indique. Dans la liqueur dont on a séparé le palladium , on ajoute une lame de zinc, qui précipite tous les métaux. Ceux-ci sont recueillis el dissous dans l’eau
CIIAP1TKE DIX -SEPTIÈME.
régale: on évapore ensuite jusqu’à consistance sirupeuse, puis on introduit du chlorure potassique, et l’on traite par l’alcool, qui dissout les chlorures plati nique et iridique; en sorte qu’il ne reste plus pour résidu que du chlorure double rhodico-potassique insoluble. Quant à la manière de traiter le résidu insoluble dans l’eau régale contenant l’osmium et l’iridium y il existe un procédé bien simple et bien sûr pour se procurer facilement de grandes quantités d’osmium et d’iridium purs. On traite cet osmiure à’ iridium par un grand excès de carbonate sodique et de soufre (trois à cinq fois son poids de carbonate et deux à quatre fois son poids de soufre). On sulfure ainsi ces métaux, tout en les séparant par une scorification du titane, qui les accompagne et qui se scorifie. Le produit traité par l’eau et par le cbloride hydrique, on isole facilement le fer qui pourrait se trouver dans le minerai ; les sulfures obtenus, mélangés avec du sulfate mercurique et calcinés, sont oxydés; il se dégage en abondance du gaz sulfureux; l’osmium passe en partie à l’état d’oxyde allié au mercure , et en partie à l’état d’oxy-sulfures , ou plutôt d’une combinaison d’osmium et d’acide sulfureux.
En traitant l’un et l’autre de ces composés par de l’hydrogène à une température élevée, on obtient de l’osmium pour résidu. Quant à l’iridium qui se trouve oxydé dans la cornue , on l’expose à l’action de l’hydrogène, afin de réduire l’iridium. Si celui-ci est impur, on calcine l’oxyde iridique avec trois ou quatre fois son poids d’hydrate potassique; en traitant ‘ensuite par l’eau, on obtient en dissolution de i’osmiate potassique et une combinaison d’oxyde iridique; en dirigeant dans la liqueur un courant d’acide carbonique, il se forme un précipité d’oxyde iridique bleu. La partie insoluble dans l’eau, traitée par le chloride hydrique ,
ANALYSE
se dissout; ou concentre la liqueur, et on y verse du chlorure ammonique, qui précipite le chlorure iridicoammonique, lequel, calciné, fournit l’iridium pur.
376. Analyse clés gaz. Les procédés par lesquels on parvient à reconnaître des corps gazeux, ont un caractère si spécial qu’on a toujours fait de leur étude une branche distincte de l’analyse. M. Thénard , auquel nous sommes redevables, sur cette matière , d’un essai qui restera toujours le modèle de tout ce que l’on pourra tenter dans ce genre de recherches, a si bien senti la nécessité de cette distinction qu’il a fait de l’analyse des gaz un chapitre à part.
Les caractères spécifiques qui peuvent servir à reconnaître les gaz sont quelquefois physiques; ainsi la grande ou la faible densité d’un gaz, le changement d’état qu’on peut lui faire éprouver par un abaissement de température ou par la pression, la couleur qu’il affecte, sont des caractères qu’on ne doit point négliger dans certaines occasions , mais sur lesquels aussi on ne peut pas se fonder avec certitude. L’est dans la manière dont les gaz se comportent en présence de l’eau , des bases et des acides , des corps , enfin, qui peuvent les altérer, s’ils sont de nature composée, que l’on doit trouver les caractères chimiques qui les différencient. Aussi est- ce en se fondant sur des caractères de ce genre que le célèbre chimiste dont nous venons de parler, les a divisés en groupes et en sousgroupes , et qu’il a ainsi donné des procédés rationnels au moyen desquels un gaz peut toujours être reconnu. C’est en se fondant sur la couleur, sur I action que les gaz exercent sur l’humidité de l’air , où ils peuvent devenir fumants, sur la propriété dont plusieurs jouissent d’être combustibles ou incombustibles, d etie absorbables par des alcalis ou de ne pouvoir être ab
sorbes par eux, que M. Thénard a créé ses principales divisions. Quant aux subdivisions, elles sont établies à l’aide de caractères spécifiques ordinairement puisés dans les pioduits dans lesquels un gaz se transforme lorsqu’on le décompose. L’examen du tableau / cicontre en donnera une juste idée.
Quoique les gaz soient peu nombreux , s’ils se Pouvaient tous reunis, il serait bien difficile, pour ne Pas dire impossible, d’arriver à la connaissance exacte d’un mélange de cette nature. Pour peu que l’on réfléchisse aux rôles basique ou acide que jouent les gaz et aux réactions qu’ils exercent les uns sur les autres, on comprendra que les gaz (ceux qui sont connus du moins) ne peuvent jamais se rencontrer tous réunis : aussi la présence de tel ou tel gaz constatée dans un mélange, exclut-elle nécessairement un certain nombre d’autres gaz. Le chlore, par exemple, est-il reconnu faire partie d’un mélange, on peut être certain qu’il ne s y trouvera pas en meme temps que les composés hydrogénés, et que le gaz sulfureux et l’oxyde nitrique qui sont altérés par le chlore. L’acide sulfureux déliuit aussi tous les composés hydrogénés, en sorte que ces gaz ne peuvent se trouver réunis dans un même mé- 3 ange. C est ce qui se trouve en abrégé au bas du tableau ci-contre, dans lequel on a fait suivre la lettre symbolique d un gaz, de toutes les lettres qui représentent les gaz avec lesquels ce premier gaz est incompatible. Par 1 examen de ce tableau, on verra, que le nombre des gaz, qui peuvent se rencontrer ensemble, est assez limité. Malgie cela, les problèmes, qui peuvent se présenter, s°nt quelquefois tres-difficiles et exigent une grande habileté de la part de 1 expérimentateur. On arrive à opérer des séparations de ce genre au moyen de l’eau ou de I oxyde potassique, agents par lesquels on sépare les gaz
Tableau I.
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