ANALYSE DES GAZ
Gaz
colorés
absorbé par le mercure sans détonation .
non absorbé par le mercure et détonant à 100°
Gaz
incolores
fumant au contact de l'air. Traité
z , , » j . S des vapeurs violettes
( décomposé en donnant . j . 1
l r v des vapeurs rouges . .
il le noircit
luiAiaii V uu vvuiuvb » Bii» a / i » t TVT* 1 11 lC Ilülltll . . .
par le chlore , le gaz est* • • • . . J non e('omPose* 1S j ne noircjt pas# ]\iis / en laissant immédiatement un résidu solide
I en contact avec du{ sa
« en contact avec ou< 1 \ , ,. , . ,
\ • J en contactavecl eau, < la dissolution s évaporant totalement
\ papier . • • » f i Jî . r 1 j: i„.:
le gaz s’y dissout... \ la dissolution évaporée laisse un résidu d’acide borique
Î alcalin .
., „ i /a^iS01^* •••;•**.* y .
acide. Traite par lel non absorbe. Mis /
bi-chrômate potassi- < en contact avec de| sans action .
que^ le gaz est . /I antimoine, le gaz j transf0rmé en acide carbonique . . . .
ne fumant pas à l’air. Traité par une dissolu*, tion de potasse, le gaz est. . . .
absorbé. En contact avec l’air ou l'oxygène, 'le gaz est. . . J combustible. Mis en / non absorbé, brûle en donnant de l’acide carbonique pour résidu
contact avec une dis- 1 . . , r, a, , ( un dépôt jaunâtre de soufre,
solution de cyanure) ., . - < un depot rougeâtre de selen
mercurique, legazest l * Vun depot noir de tellure
brûlant spontanément à l’air, en donnant .
iium.
un résidu acide . . , un résidu alcalin.
combustible.
i a , f sans résidu
ne brûlant pas spon- 1
tanément, mais par y
.l’inflammation . j
\avec résidu.
solide . f jaunâtre et acide
( noir et neutre. . .
non absorbé. Mélangé avec de l’air ou avec de l’oxygène, le’ gaz est . , . . * .
absorbe '/a vol. d’oxygène
de gaz acide car-) absofb« 3 vol. d’oxygène
bonique . ) et immédiatement ab-
1 sorbe par le chlore. .. .
absorbe 2 vol. d’oxygène.
incombustible. Mis/ (absorbe 2 vol. d’hydrogène sans résidu .
en contact avec une J a ra uni . | absorbe t vol. d hydrogène et laisse 1 vol. d’azote pour résidu.
bougie présentant un j rougit par l’oxygène . .
point en igmtion, le ( l etemt . { ne ?ou£it pas/.b. . . .
Chlore . a
Oxyde chloreux . h
Jodide hydrique .
Brômide hydrique .
Fluoride borique .
Fluor idc silicique .
Chloride hydrique .
Chloride borique .
Ammoniaque . i
Acide su Ifureux . j
Acide carbonique . k
Acide chlor-oxy carbonique . . /
Cyanogène . m
Suljidf hydrique . n
Sélénide hydrique . o
Telluride hydrique . p
Phosphure bi-hydrique . q
Hydrogène potassié (?) . r
Hydrogène . . . s
Phosphure tétra-hydrique . ... u Arséniure hydrique . t
Oxyde carbonique . v
Carbure bi-hydrique . w
Carbure tétra-hydrique . x
Oxygène. . . . , . y
Oxyde nitreux . z
Oxyde nitrique . et
Azote ( nitrogène ) . o
1 a est incompatible avec c, d, i, j , m, n, o, p, q y ry s , ty u, w, w, x, a
b est incompatible avec c , d, i, j , m, n , o, py qy r, t, u , <v, w, x, «.
i est incompatible avec a , by cy dy eyfy gy hyjy k, ly m , ny o, p.
/ est incompatible avec ay c, dy g, n, o, p, q , ty u.
g est incompatible avec b, iy j.
«est incompatible avec y, a, b.
j^est incompatible avec u, qy r.
v est incompatible avec ay b.
z est incompatible a*vec q.
c y d sont incompatibles avec a y b , i , j, q , t. e , fy ly h sont incompatibles avec i. k est incompatible avec i.
m est incompatible avec a y b.
q, t, ry u sont incompatibles avec a, b, j, m.
n, oy p sont incompatibles avec ay by i y J, m,
s est incompatible avec a y b.
te, x sont incompatibles avec a, b.
Îï-Cr; Sv, ft» fc* c»
ANALYSE
acides des gaz qui ne le sont pas. Les dissolutions plombique et argentique servent à séparer les gaz, qui, étant inabsorbables par l’eau et par l’oxyde potassique, sont au contraire absorbables par des dissolutions métalliques, dont les oxydes sont réductibles. C’est ainsi qu’un mélange d’hydrogène, de phosphure et d’arseniure hydrique est facilement séparé par une dissolution argentique, qui absorbe les gaz phosphure et arséniure hydrique et laisse l’hydrogène pour résidu. Les gaz qui peuvent être oxydés, sont séparables de ceux, qui ne le sont pas. Un mélange d’acide sulfureux et carbonique est facilement analysé au moyen du chrômate acide potassique, qui enlève l’acide sulfureux et laisse pour résidu l’acide carbonique. Enfin, il est des cas où la séparation devient pour ainsi dire impossible. On brûle alors le gaz avec un volume déterminé d’oxygène, et par la nature et la quantité des produits qui prennent naissance, on cherche à démontrer, que le mélange doit être composé de tel ou tel gaz.
377. Quand par des analyses qualitatives, on est parvenu à constater quels sont les corps simples qui se trouvent dans une substance „ on procède par des recherches toutes particulières à l’étude de i’état dans lequel se trouvent les corps renfermés dans cette substance. Le traitement de cette dernière par l’eau, peut fournir de précieuses indications, et cela parce que, parmi les corps simples et les composés binaires du premier ordre il n’en existe qu’un petit nombre qui puissent se dissoudre dans ce liquide, où de plus leur dissolution ne s’effectue que d’une manière bien différente. L’iode et le brome sont solubles dans l’eau , mais sans dégagement de gaz; le potassium, le sodium, le baryum, le strontium, et le métaux alcalins s’y dissolvent aussi, mais avec dégagement d’hydrogène. Les composés bi-
naires du premier ordre, eu se dissolvant dans leau, produisent une liqueur qui peut être acide ou alcaline : acide, si c’est un chloride, un brômide, un iodide; alcaline, si c’est un composé binaire du premier ordre, qui a pour radical un métal uni avec l’oxygène , le soufre, le sélénium ou le tellure. Enfin, quand le composé se dissout dans l’eau avec dégagement de gaz, c’est lorsque, formé par les métaux précédents, il contient du phosphore, de l’arsenic, du nitrogène ou du carbone. Parmi les sels on aura à rechercher ceux qui sont solubles (§ 151). L’eau étant sans action sur la substance , on examinera, au moyen du carbonate ammonique, quels sont les sels insolubles qui peuvent s’y trouver, puis par le chloride hydrique ou par un acide non oxydant, on dissoudra les composés binaires du premier ordre. Enfin, par les agents oxydants, on finira par pouvoir constater que la substance que l’on examine est de nature à s’oxyder, et par déterminer alors, si dans le nombre des corps qu’elle renferme, il se trouve des corps simples, isolés, ou alliés les uns avec les autres.
La composition élémentaire d’une substance nous étant donnée par l’analyse qualitative, on est souvent très-intéressé à connaître d’une manière précise la quantité pondérable de chacun des corps qui composent cette substance, 1° parce que l’on tient à soumettre à un contrôle les résultats fournis par l’analyse qualitative; 2° parce que la composition des corps doit nous aider à saisir les lois que suivent ces corps dans les combinaisons qu’ils forment; 3° parce que les rapports pondérables existant entre certains corps , peuvent nous fournir des inductions sur l’arrangement que les corps affectent dans une combinaison; 4° ou enfin , parce que ces résultats sont d’une application immédiate aux
ANALYSE
arts. Les opérations par lesquelles on arrive à la solution de ces questions , sont comprises dans ce que nous avons appelé Y analyse quantitative (la docimasie); elles s’exécutent par deux voies différentes : l’une, synthétique consiste à reproduire la substance même avec les éléments que l’analyse qualitative a fait connaître, en prenant toutes les précautions nécessaires pour évaluer exactement les quantités employées ; l’autre , analytique > consiste à séparer dans tel ou tel ordre de combinaison les éléments analysés, et à prouver que la somme de ces éléments isolés représente le poids de la substance analysée. En supposant exactes ces évaluations de poids ou de mesure, et en admettant que les corps que l’on emploie à cet effet sont dans un état de pureté parfait , les résultats fournis par la première de ces voies ont un cachet de vérité que n’ont pas les résultats fournis par la seconde. En effet, dans cette première, on prouve que la composition d’une substance est exacte par sa reproduction et par la proportion des éléments qui y sont employés. Malheureusement tous les corps connus ne peuvent pas être obtenus par la synthèse des principes élémentaires qui doivent les constituer, et même parmi ceux qui peuvent l’être il en est dont les éléments se prêtent trop difficilement à une appréciation exacte des quantités employées, pour qu’on en puisse déduire des conséquences rigoureuses. C’est donc à la voie analytique proprement dite, que l’on est ordinairement dans la nécessité d’avoir recours pour établir la composition des corps. Cette voie comprend des méthodes qui sont essentiellement différentes, et qu’on ne doit point confondre. Les unes sont directes et les autres indirectes. Dans les premières, on isole tous les éléments d’une substance, en les faisant arriver à un état convenable pour être pesés, et en examinant la somme des éléments
séparés, elle doit représenter la quantité de la matière employée. Un alliage de plomb et d’étain soumis à I analyse, fournit des poids d’oxyde stannique, et de sulfate plombique, tels que la quantité d’étain renfermée dans l’oxyde stannique, ajoutée à la quantité de plomb renfei mee dans le sulfate plombique, représente 5 gr, d’alliage employé. Dans les autres méthodes indirectes, on n’évalue aucun des éléments de la substance, ou bien on n’en évalue qu’un certain nombre; puis, par des considérations qui ont plus ou moins de valeur, on démontre que telle composition doit être assignée à une certaine substance. Citons quelques exempies.
l ai 1 analyse qualitative on a reconnu qu’un composé rouge, volatil, etc., renferme du chlore et du chrome; en mettant ce composé en eonlact avec de îeau, on a vu qu’il y avait production d’acide chrômique et de chloride hydrique. Sachant donc que l’acte chrômique est formé de 1 atome de chrome et de 3 atomes d’oxygène, on a déduit de ce fait que le composé chloruré doit renfermer 6 atomes de ehlore , les 3 atomes d’oxygène n’ayant pu être fournis que par 3 atômes d’eau, laquelle renferme 6 atomes d’hydrogène, ou précisément la quantité nécessaire à ce dernier corps, pour produire avec 6 vol. de chlore, du chloride hydrique 3 H Of.
On brûle une substance organique renfermant de i oxygène, de 1 hydrogène et du carbone par de l’oxygene libre ou combiné; ayant constaté une fois pour Joutes que chaque substance organique de ce genre est li ans formée en eau et en acide carbonique, on se eon- ! en te d évaluer la quantité d’acide carbonique et la quantité d eau employées. La composition de l’eau et de 1 acide carbonique étant connue, on établit, par le cal-
ANALYSE
cul , la quantité de carbone et d’hydrogène; quant à la quantité d’oxygène , elle est évaluée par différence.
La loi de composition des sels étant établie, et sachant que les sels formés par des acides, les sulfates par exemple, contiennent une quantité d’acide sulfurique qui est telle que l’oxygène de ce dernier acide est à celui renfermé dans l’oxyde comme 3:1, on dé-
termine la composition d’un oxyde qui ne peut être établie par aucun autre procédé, en évaluant rigoureusement le rapport dans lequel cet oxyde se combine avec l’acide sulfurique pour former un sulfate neutre, car l’oxygène contenu dans l’acide sulfurique divisé par 3 , représente la quantité d’oxygène supposée être contenue dans l’oxyde.
Avant de faire l’appréciation de ces diverses méthodes, dont les résultats ont une si grande influence sur les destinées de la science, rapportons quelques règles, dont, autant que possible on ne doit pas s’écarter dans le dosage des corps.
Lorsqu’on désire connaître exactement la quantité d’un corps simple ou composé, soit en poids, soit en volume, il faut étudier attentivement les changements que ce corps est susceptible d’éprouver dans les circonstances mêmes où l’on est obligé de le placer pour le peser ou pour le mesurer . S’il doit être pesé* cette opéralion ne pouvant avoir lieu qu’au contact de l’air, il faut que le corps ne puisse point s’y volatiliser, qu’il n’attire pas l’humidité de l’air, enfin qu’il ne se combine point non plus avec l’oxygène de l’air, et qu’il puisse facilement être retiré des vases dans lesquels on l’a placé. Tout corps qui est susceptible de changer de poids durant le temps de sa pesée , doit être engagé dans une combinaison où ces inconvénients ne se représentent plus. Cette combinaison doit être définie et avoir le poids ato~
mique le plus élevé possible; elle doit en outre pouvoir se dessécher complètement sans se décomposer, enfin, s’il se peut, ce devra être la même combinaison que celle qui a servi à isoler de la substance le corps que l’on veut doser. Je suppose qu’on ait à doser du soufre renfermé dans une substance; il ne pourrait que difficilement être isolé à l’état élémentaire et desséché, sans entraîner à des erreurs: c’est pourquoi il faut l’isoler dans une de ses combinaisons définies. L’acide sulfurique est une de celles qui paraît la mieux établie, mais l’acide sulfurique libre n’est pas susceptible d’une évaluation exacte, puisque, anhydre, il n’est point maniable au contact de l’air, et que, hydraté, sa composition n’est définie que lorsqu’il atteint un point d’ébullition élevé, auquel on ne peut arriver sans lui faire éprouver des pertes; le soufre devra donc se doser à l’état de sulfate, et l’on choisira à cet effet le sulfate dont la composition est la mieux définie, et qui se prête le plus facilement à une dessiccation complète. On pourrait le doser à l’état de sulfate potassique, parce que ce composé calciné au rouge est indécomposable, et que sa composition, une fois bien établie, un poids donné de ce sulfate représente assez exactement la quantité d’acide sulfurique, ou bien de soufre, qui se trouvait dans la substance soumise à l’analyse. Ce n’est cependant point là la combinaison que l’on doit choisir de préférence; il convient infiniment mieux de doser l’acide sulfurique à l’état de sulfate barytique ou de sulfate pîombique, puisque, indépendamment des avantages que présente le sulfate potassique d’être défini et susceptible d’une dessiccation parfaite , les sulfates barytique et pîombique étant insolubles, servent à la fois à l’isolement et au dosage du soufre. Son dosage, toutes circonstances égales d’ailleurs, sera d’autant plus indépendant des erreurs
ANALYSE
auxquelles donnent lieu les pesées, que le poids atomique de ces sulfates étant plus élevé, l’erreur commise sur une pesée sera tou jours divisée par la différence qui existe entre le poids atomique de ce corps et celui du sulfate plombique ou barytique, combinaisons dans lesquelles on dose le soufre.
Supposons qu’on pèse 1 gr. de soufre et que par une cause inhérente à la balance, il y ait une erreur de i? la même balance ne produirait plus qu’une erreur inappréciable si ce même gramme de soufre était dosé à l’état de sulfate plombique, car au lieu de peser 1 gr. il pèserait 9,02; en conséquence l’erreur sur le soufre ne serait plus que de
S’il s’agit d’évaluer la quantité d’oxyde potassique renfermée dans un sel , ce ne sera ni à letat d’oxyde potassique, ni à l’état d’hydrate, ni à î’état de carbonate, parce que ces corps sont altérables par l’air et l’humidité. Il faudrait donc faire passer l’oxyde potassique dans une combinaison susceptible d’être obtenue facilement et d’une composition définie; ce ne serait point à l’état de nitrate, parce que ces sels sont décomposables par la chaleur; ce ne serait pas non plus à l’état de phosphates, de borates et d’arséniaîes, parce que la composition de ces sels peut varier, mais ce serait à letat de sulfate, composé défini, s’il a été fondu au rouge en présence d’un peu de carbonate ammonique, lequel enlève l’excès d’acide. Ce sulfate pesé avec soin , donne assez exactement la quantité d’oxyde potassique.
Enfin l’avantage que présente ce sulfate pour le dosage de la potasse, c’est que l’on peut contrôler les résultats immédiats en déterminant au moyen d’un sel barytique ou plombique, la quantité d’acide sulfurique qu’il renferme, et qui doit coïncider avec celle qu’indique la théorie pour un même poids de sulfate potas-
sique. Je suppose, enfin, qu’on ait du plomb à doser; on ne pourrait que difficilement l’isoler à l’état métallique, d’une substance qui le contiendrait sans commettre quelque erreur , mais serait-ce en combinaison à 1 état d’oxyde? Celui-ci, pour être employé, devrait d’abord pouvoir être facilement isolé, ce qui n’est pas; ce même oxyde devrait également pouvoir être desséche sans s’altérer, ce qui n’est pas non plus; car quand on ne le chauffe point assez, il peut rester de l’eau, et quand on le chauffe a une température rouge obscur, il absorbe l’oxygène; il convient donc de doser le plomb à l’état salin. Le composé le mieux défini, le plus stable, le sulfate en un mot, est celui qu’on emploie.
Il y aurait à faire pour chaque corps des observations particulières, qui ne peuvent trouver place ici; cependant on peut dire d’une manière générale que parmi les corps simples, on ne peut guère doser à l’état libre que le cuivre, le mercure et les métaux précieux; le soufre et le sélénium peuvent être dosés dans de certaines circonstances; les autres sont engagés dans des combinai- * sons. A l’état de composés oxydés binaires on ne peut doser que des bases faibles, ou des acides faibles. Les oxydes aluminique, ferrique, cérique, chrômique, bismuthique, stannique et cuivrique; les acides silicique, borique et tungstique sont les seuls composés que l’on puisse doser ainsi. On dose rarement des corps à l’état de sulfure, et plus rarement encore à l’état de phosphure et d’arséniure,. parce que les uns et les autres sont altères, les deux derniers surtout, et parce qu’ils ne présentent pas une composition constante.
On évite aussi autant que possible les chlorures, les bromures et les iodures, parce que ces composés se combinent avec l’eau, et qu’il n’est possible de les priver de ce fluide que par une calcination, qui leur
ANALYSE
fait éprouver des pertes, la plupart de ces combinaisons étant en partie vaporisables. Cependant quand on peut faire usage d’un chlorure pour le dosage d’une substance , on trouve dans ce mode de combinaison un moyen de contrôle. Ainsi, par exemple, en dosant au moyen d’un sel argentique le chlore renfermé dans le chlorure sodique on obtient par différence la quantité de métal qui se trouvait combinée avec le chlore.
Parmi les composés binaires du second ordre, on voit surtout figurer les sulfates barytique, sodique, lithique, calcique, strontique, magnésique, zincique, cobaltique, lesquels servent au dosage de leurs bases, ainsi qu à celui de leurs acides; le résultat est presque toujours susceptible d’une vérification par l’évaluation de l’acide sulfurique qui s’y trouve.
Il est encore d’autres procédés pour le dosage des corps dans lesquels les pesées sont supprimées. Ce sont ceux qui s’exécutent à l’aide des liqueurs titrées, et qui par conséquent permettent d’arriver promptement au résultat désiré. Si l’on a une dissolution d’un oxyde dont on connaît rigoureusement la quantité d’oxyde sous un volume déterminé, il est évident que si cet oxyde forme une combinaison définie avec un acide, on pourra toujours, connaissant le volume employé, évaluer exactement la quantité d’acide renfermée dans une substance quelconque, pourvu qu’il existe un point qui indique la formation du composé défini que l’on veut produire. Pour les acides et pour les bases, ce point est celui de saturation; nous le nommerons le point d 'arrêt. Quand on veut savoir quelle est la quantité de chlorure sodique contenue dans une dissolution, on verse dans celle-ci une autre dissolution contenant, sous un volume donné, un poids déterminé d’argent; en sorte que, connaissant le volume d’une dissolution ar-
gentique employé, ou connaîtra aussi la quantité d’argent et par suite la quantité de chlore qui se trouvait dans la substance, parce que 1351 gr. d’argent représentent 732 gr. de chlorure sodique, Dans cette opération, il est important d’employer pour la précipitation, la quantité exacte de nitrate argentique, et c’est ce qu’indique le point à? arrêt, qui dans ce cas -ci n’est plus, comme quand il s’agissait des acides, le point de saturation, mais bien celui où la liqueur ne précipite plus, ni par le nitrate argentique, ni par le chlorure sodique , point auquel elle ne renferme ni un excès de nitrate argentique, ni un excès de chlorure sodique. Quelquefois on trouve le point d 'arrêt dans l’action que le corps que l’on veut doser exerce sur une matière colorée. En plaçant en présence du chlore, de l’acide arsénieux et une petite quantité d’indigo, le tout sous l’influence de l’eau, l’indigo n’est point décoloré tant qu’il y a de l’acide arsénieux en dissolution; mais dès l’instant que cet acide a passé à l’état d’acide arsénique, le chlore détruit l’indigo. Si donc on connaît le volume de l’acide arsénieux employé, on connaît aussi la quantité de chlore ou l’inverse.
Ce mode de dosage par liqueur titrée se fait en dissolvant dans l’eau, de manière à produire 1 lit. de dissolution, des quantités d’acide ou de base qui se saturent , ou de sels qui se précipitent les uns par les autres; ces quantités sont entre elles comme les nombres atomiques (p. 43); en sorte que chaque volume de liquide employé pour saturer ou pour précipiter une dissolution, correspond à un poids atomique. Mais par ce moyen on ne peut doser que les acides qui forment avec les bases des sels saturés, et vice verset pour le dosage des bases. Quant aux sels, on ne peut évaluer la quantité de chacun d’eux, qu’autant qu’ils produisent des précipités insolubles.
ANALYSE
Pour apprécier les différentes méthodes d’analyse quantitative, dont nous venons d’exposer les principes, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de jeter un coup d’œil sur les principaux travaux dont la science s’est enrichie. Ce que nous dirons des dosages par synthèse, c’est que, dans tous les temps, les chimistes ont compris que ce moyen était un des plus puissants qu’ils eussent à employer pour mettre au jour quelque vérité chimique. Lavoisier dans ses savants travaux, y a toujours eu recours, et c’est à l’aide de ces dosages qu’il a fait l’analyse de l’air, de l’eau, ainsi qu’un travail sur l’acide carbonique; il démontra d’abord que ce dernier est formé de carbone et d’oxygène; puis il fît voir que non-seulement l’oxygène libre ou contenu dans l’air , mais encore que l’oxygène renfermé dans les oxydes métalliques, est apte à s’unir au charbon, et à produire de l’acide carbonique en quantité correspondante au charbon et à l’oxygène qui disparaissent à l’état de gaz.
En parcourant les Recherches physico-chimiques , on voit que toutes les fois que cela a dépendu des auteurs de cet excellent recueil , ceux-ci ont toujours employé les dosages par synthèse. L’analyse des oxydes potassique et sodique, celle du chloride hydrique, et enfin de l’acide arsénieux, en sont la preuve.
Le dosage par voie analytique a également été employé de tout temps; mais ce qui lui donne une infériorité marquée sur le dosage par synthèse, c’est qu’on ne trouve pas dans l’exécution même des procédés, la confirmation du résultat quantitatif auquel on arrive. Je suppose, par exemple, qu’on soumette à l’analyse deux dissolutions contenant un même poids d’oxyde potassique saturé de chlore, mais dont l’une se trouverait avoir été saturée sous l’influence d’une grande
quantité d’eau, et l’autre sous J’influence d’une faible proportion de ce liquide. Dans l’un et l’autre cas, l’analyse ferait découvrir des quantités de chlore qui seraient à l’oxyde potassique comme Cl2 : K. On conclurait donc à l’identité de ces deux dissolutions; et cependant il existerait entre elles cette différence, que l’une renfermerait un chlorite et un chlorure, et l’autre un chlorate et un chlorure (p. 82).
On a analysé plusieurs composés formés d’hydrogène et de carbone; or, en supposant que pour le faire on se soit borné au genre d évaluation dont nous venons de faire mention, on aurait confondu en un seul corps plusieurs corps très-différents, et cela parce que tous renferment, sous une même unité de poids, des quantités égales de carbone et d’hydrogène. Si l’analyse sur l’outre-mer, faite par voie analytique, a fourni des notions sur les éléments qui constituent cette précieuse couleur, elle n’a pu que très-difficilement, convenonsen , mettre sur la trace du procédé à employer pour l’obtenir. Tous les dosages faits par cette voie analytique ont besoin d’un contrôle : aussi voit-on que tous les chimistes qui ont doté la science de quelque découverte importante, se sont imposé des moyens de vérification. Yauquelin et Klaproth, sont certes les analystes qui ont fait en ce genre les travaux les plus étendus; eh bien! ils contrôlaient toujours le résultat de leurs analyses. S’il en eût été autrement, le premier de ces savants n’aurait probablement pas découvert la glucine dans l’émeraude , et le second les alcalis dans les pierres précieuses.
M. Chevreul, dans l’analyse des principes immédiats des corps organiques, nous a fourni des modèles dont on ne peut s’écarter. Il nous a fait voir, entre autres, tout ce que pouvait sur lui l’amour de la science; la
ANALYSE
peine à laquelle l’astreignirent ses pénibles et longues recherches, le temps qu’il y consacra, rien ne put le rebuter. Il saisit tous les moyens de contrôle qui lui étaient présentés, et il n’en fallait pas moins pour arriver aux heureux résultats qu’il a obtenus.
Si cet habile chimiste, au lieu d’en agir ainsi, s’était servi de méthodes indirectes sans contrôle pour abréger son travail, je le demande, la science se serait-elle enrichie de tous les faits importants dont elle est redevable à M. Chevreul? Saurait-on, par exemple, que l’huile, en se saponifiant, se transforme en des produits dont la somme représente une quantité plus grande que celle de la matière employée, et qu’il y a fixation d’une certaine quantité d’eau dans un état quelconque? Cette habitude de récapituler la somme des produits que l’on obtient comme résultat d’une analyse, et d’en comparer le chiffre représentant les éléments avec celui de la matière employée , cette habitude, dis-je, a plus d’influence, qu’on ne le suppose d’abord, sur les découvertes chimiques en général; et les travaux de nos maîtres en sont un éclatant témoignage.
Les méthodes indirectes ne se sont introduites dans l’analyse quantitative que depuis que la théorie des proportions définies est devenue en quelque sorte, si l’on peut s’exprimer ainsi, le catéchisme du chimiste. Exclusivement employées d’abord pour déterminer la composition de certains composés (oxydes alumi nique glucinique, magnésique et yttrique) dont les éléments ne pouvaient être dissociés par aucun autre moyen connu alors, ou pour corroborer des évaluations synthétiques ou analytiques, ces méthodes indirectes ont bientôt séduit par le charme de leur simplicité et de leur originalité Les chimistes qui les ont introduites s’en sont servi avec beaucoup de succès, mais presque
ClIÀPiTKE DIX-SEPTIÈME.
toujours, il faut le dire, plutôt pour contrôler des analyses faites par d’autres voies, que pour en tirer des conséquences dnectesi cest ce dont on peut juger par les travaux de MM. Gay-Lussac et Thénard, Berzélius, Chevreul et Dulong. Ce dernier, en particulier, a fait voir l’heureux parti qu’on peut tirer de l’emploi raisonné de ces méthodes indirectes, dans les recherches qu’il a faites sur les composés du phosphore.
La composition assignée aux acides du phosphore laissait beaucoup à désirer; car des chimistes, tels que MM. Bei zelius, Davy, Thénard et Thomson, arrivaient à des résultats contradictoires. M. Dulong imagina donc une méthode au moyen de laquelle on devait éviter toute erreur; cette méthode consistait à établir, par la synthèse, la quantité de chlore que peut absorber un poids donné de phosphore, en passant, soit à l’état de chloride phosphoreux, soit à letat de chloride phosphorique. Cela fait, se fondant sur la composition de leau, et sur ce que, en opérant la décomposition de ce liquide en presence du chloride phosphorique , ou du chloride phosphoreux , il se forme du chloride hydi ique et de 1 acide phosphoreux , ou de l’acide phosphorique, ce savant détermina la quantité de chloride hydrique formé, par la décomposition au moyen de leau, dun poids déterminé de chloride phosphoreux ou de chloride phosphorique. Cette quantité de chloride hydrique lui étant connue, M. Dulong calcula la quantité d’hydrogène fournie par l’eau décomposée, quantité qui devait être à celle de l’oxygène fixé sur le phosphore qui avait passe à l’état d’acide phosphoreux ou phosphorique, en volume : : 2:1, en poids :: 12
. 100 d oxygéné. C est ainsi que M. Dulong démontra que 1 acide phosphorique renferme 2 at. de phosphore et 5 at. d oxygène, et l’acide phosphoreux 2 at. de phos-
ANALYSE
phore et 3 ai. d’oxygène. Depuis le travail de M. Dulong, on a fait souvent à l’analyse l’application du principe de la décomposition de l’eau, dont il a su le premier tirer parti; mais on a généralement supprimé la pre-^ mière partie de sa méthode , qui est cependant la plus indispensable, pour ne faire usage que de la dernière, plus courte, mais aussi plus sujette, lorsqu’on l’emploie seule, à entraîner dans de graves erreurs. C’est pour cette raison que, pendant plusieurs années, on a vu figurer dans le groupe des corps composés, plusieurs combinaisons illusoires, dont à l’heure qu’il est l’existence est niée. On a pris d’abord pour des combinaisons de chlore et de chrome, de chlore et de tungstène, de chlore et de molybdène, des composés renfermant réellement de fortes proportions d’oxygène, et cela parce qu’en se décomposant par l’eau , elles donnent naissance à du chloride hydrique, à de l’acide tungstique, chrômique et molybdique; or ces derniers renfermant 3 at. d’oxygène, on supposa que les chlorides devaient contenir G at. de chlore. 11 est encore un bon nombie de composés du même genre, dont la composition n’esl pas mieux établie. C’est surtout à des recherches de chimie organique, que ces méthodes d’analyse indirectes sont maintenant appliquées , non-seulement pour établir les rapports qui existent entre les principes immédiats d’un organe, mais encore pour établir le rapport des éléments constitutifs de ce principe immédiat.
11 est peu de chimistes qui veuillent s’astreindre à la pénible tache que s’était imposée le savant, qua juste titre on peut appeler le fondateur de l’analyse des principes immédiats organiques. Dans les temps où nous sommes, on veut gagner du temps, aller vite; l’on va bien jusqu’à constater le nombre et la qualité des produits renfermés dans une substance, mais on
passe sous silence leurs quantités respectives, et une équation cle chiffre, que Ion confond avec une équation de fait, vient apporter la sécurité et la conviction dans l’esprit de l’opérateur. Aussi la science, quoiqu’en s’enrichissant de faits nouveaux, semble parfois s’arrêter dans sa marche, au lieu de prendre un nouvel essor. Faut-il s etonner qu’il en soit ainsi, et que des hommes vraiment distingués, puissent se complaire dans l’emploi de ces méthodes indirectes? Non certes, car cela dépend en partie de la nature des sujets que l’on traite et des éléments sur lesquels on opère. En effet , lorsqu’on se livre à l’analyse des substances d’origine organique, on expérimente sur des corps formés de trois ou de quatre éléments qui, étant les mêmes, peuvent, sous une infinité de formes et d’arrangements, passer inaperçus. Rien ne vient alors, en rectifiant notre jugement, nous obliger à chercher une marche plus certaine, à reprendre, s’il est nécessaire, le sentier que nous ont frayé nos devanciers; sentier duquel nous nous sommes peut-être écarté, plutôt par amour-propre, que dans un but d’utilité pour la science.
En partant du principe qui avait dirigé Lavoisier dans 1 analyse de quelques substances organiques , MM. Gay-Lussac et Thénard imaginèrent une méthode rationnelle pour ce même genre d’analyse; et ainsi que lavait fait avant eux Lavoisier, ces deux illustres chimistes transformèrent en eau et en acide carbonique, au moyen d’une combustion, la substance organique soumise à l’analyse; mais pour éviter les erreurs qui pouvaient résulter d’une combustion incomplète opérée dans 1 oxygène, ainsi que le faisait Lavoisier, ils eurent 1 idee de faire usage du chlorate potassique. Au moyen de ce sel, employé en quantité déterminée, il leur fut possible de connaître exactement le volume