RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE
Dans cette première partie nous avons d'abord cherché à déterminer les propriétés de la matière, et nous avons vu qu'il était impossible de s'en rendre un compte exact sans admettre l'existence des atomes. Cela nous a conduit à classer les propriétés en trois ordres : celles qui seraient inhérentes à une seule molécule isolée dans l'univers, étendue , impénétrabilité j indestructibilité ; celles qui appartiennent aux masses, divisibilité, porosité, compressibilité ^ élasticité ^ enfin celles qui naissent par le rapport des élémens, pesanteur, chaleur, lumière, , électricité.
Il est des atomes de natures différentes ; chaque espèce d'atomes porte le nom de corps simple ou d'élément. Tous les corps connus existent sous trois états : solides, liquides et gazeux. Les corps de natures difTérentes peuvent se réunir entre eux en subissant certaines lois pour former des combinaisons. Les combinaisons ne peuvent s'effectuer entre les corps solides, parce qu'il faut que les atomes soient mobiles pour prendre l'arrangement qui leur convient.
8a INTRODUCTION
Sous des volumes égaux, les matières de natures différentes ont des poids diffërens. On nomme densité le rapport du poids au volume. Les atomes sont pesans ; leur poids ne les abandonne jamais; il est invariable pour chaque atome d'une nature déterminée. L'espace qui sépare les atomes n'est pas le même pour toutes les espèces de matières.
Par certaines considérations on sait qu'il existe autant d'atomes sous un poidsdonné d'une matière, que sous un poids connu d'une autre matière; ces poids sont entre eux comme les poids des atomes constituant ces matières.
Plus loin nous avons présenté les signes par lesquels on représente chaque espèce d'atomes et les moyens de s'en servir pour écrire les combinaisons. A l'aide de ces signes, nous .avons élahli ce qu'on entend par double décomposition , comme une chose découlant nécessairement de l'exisîence des atomes; les proportions définies, les proportions multiples et les équivalens en ont aussi découlé immédiatement.
Les atomes qui concourent à la formation d'une combinaison prennent le nom de molécules constituantes, et les groupes d'atomes qui ne pourraient être divisés sans que la combinaison fût détruite, prennent le nom de molécules -ntéi^rantes. Ces molécules ont une
forme régulière ou symétrique, et par leur réunion elles donnent naissance à dej? cristaux dontles formes, très- variées pour chaque espèce de corps , peuvent être ramenées à une seule forme qui porte le nom Ôq forme primitwe.
Le nombre et l'arrangement des atomes constituent la forme des cristaux; des atomes de natures différentes , mais en même nombre et rangés de la même manière , peuvent donner des formes semblables; ce sont ces cristaux de natures différentes et de formes semblables qui portent le nom d'isomorphe.'^.
Les atomes qui constituent l'eau changent les formes des cristaux tout aussi bien que d'autres atomes.
Les formules chimiques n'expriment pas toujours la somme des atomes qui entrent dans une combinaison , mais simplement le rapport.
Un certain nombre d'atomes de natures ditférentes est souvent susceptible de se grouper de diverses manières ; les diffcrens groupemens forment les corps isomériques.
Il peut encore arriver que des combinaisons très-différentes par le nombre d'atomes qu'elles renferment puissent être représentées par la même formule, comme on en voit un exemple dans la naphtaline et la paranaphtaline. Cela constitue un autre genre d'isomérie.
84 INTHOUUCTION
La pile, en agissant sur les combinaisons pour les détruire, doit les séparer en deux ])arties différentes, puisqu'elle n'a que deux pôles actifs (i) : définition des acides, des hases et des sels. Explication de la saturation par une résultante. Les sels ne renferment point des molécules intégrantes de natures différentes : exception qui peut exister.
Manière dont on devrait écrire les formules.
La chimie qu'on appelle organique ne peut être distinguée de la chimie inorganique. La plupart des faits qui semblaient échapper à cette science appartiennent à la physique, à i'anatomie et à la physiologie.
Les principes immédiats ne peuvent être chimiquement divisés sans être détruits. Les produits immédiats sont formés par la réunion des principes immédiats en proportions indéfinies.
C'est dans la nutrition des êtres organisés que l'on trouve la cause de la composition des matériaux qui les forment. C'est ce genre de nutri-
(i) J'ai tenté de construire des piles à trois pôles ; je n'en ai pas obtenu les e(Vcts que j'attendais.
i l'étude de la chimie. 85
lion qui est lui-même la cause de leur destruction lorsqu'ils sont privés de la vie.
Tous les corps qui résultent de groupemens définis d'atomes ou qui sont susceptibles de cristalliser, qu'ils soient formés naturellement ou artiliciellement, qu'ils appartiennent à la nature inorganique ou qu'ils soient produits par des êtres organisés , ces corps sont du domaine de la chimie.
Les atomes, quelle que soit leur nature, étant soumis aux mêmes lois, il n'y a et il ne peut y avoir qu'une seule espèce de chimie.
Toute la partie de la chimie dite organique qui renferme les analyses indiquant la séparation des principes immédiats qui, chez les êtres vivans, se trouvent toujours réunis entre eux en proportion indéterminée, cette partie de la chimie, disons-nous, n'est que de la chimie appliquée à l'histoire naturelle, et elle finira par être entièrement du domaine de cette science.
La chimie générale ou élémentaire se compliquerait trop pour qu'elle pût conserver ces matières. Elle les rejettera d'autant plus, qu'elle ne peut trouver en elle-même des méthodes pour les classer, et que, là où il y a confusion, il n'y a pas de science; car les sciences ne sont qu'un assemblage heureux de plusieurs faits ou
de plusieurs sujets analogues qui permettent de tirer des conséquences et d'établir des généralités.
Les limites de la chimie se trouveront tracées dans l'étude approfondie des corps réputés simples, de leurs réactions, des produits définis qui en résultent, des phénomènes qu'ils présentent, et des procédés généraux que l'on pourra suivre pour les extraire ou les combiner. A ce titre, l'étude des espèces minérales, sous le rapport de leur composition, de leur formation, etc., sera entièrement du domaine de la chimie; car il n'existe entre ces corps et ceux que la chimie actuelle étudie, que la simple différence qui résulte de leur formation : les uns ont été produits dans le vaste laboratoire de la nature, dans des temps et par des procédés qui nous sont souvent inconnus; les autres naissent à volonté dans les mains du chimiste. C'est alors que toutes les sciences viendront puiser dans la chimie les faits et les lumières dont elles auront besoin pour marcher et grandir.
A l'étude de la. chimie. 87
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