‹ Introduction à l'étude de la chimie par la théorie atomiqueChapitre 16 sur 46 · N Pb = 2071,534 : : 98,772 : x · texte numérisé non relu

N Pb = 2071,534 : : 98,772 : x

2046,095 = Cr Pb.

0^ Cr -H 0 Pb = 0^ Ph 4- Cr = 2046,095 —

0^ Pb ou 1694,498 = 351,597 =:Cr.

M. Berzélius a adopté 35 1,81 5, dont nous nous servirons.

Cobalt. MM. Dulong et Petit ont trouvé que le calorique spécifique du cobalt était 0,1498. Si l'on divise 37,55 par ce nombre, on a 25o, qui doit être le poids atomique, approximatif, du cobalt. (§XXVI.)

M. Rothoff a trouvé que 269,2 d'oxide de cobalt, transformés en chlorure, donnaient 1029,9 de chlorure d'argent par double décomposition obtenue au moyen du nitrate d'oxide de ce métal. On peut trouver le poids de l'équivalent d'oxide de cobalt par cette proportion ; 1029,9 ', 269,2

:: 2 Cl Ag = 1794,^^57 (i) : x = 468,991 =

(i) On a pris deux fois le poids du chlorure d'argent pour avoii" deux atomes de chlore qui conespondeût à

une quantité d'oxide de cobalt qui doit renfermer 100 d'oxigène. 468,991 — 100= 368,991. 568,991 l 25o, poids approximatif du cobalt, ; • 5 • 2 environ. D'où il suivrait qu'un atome et demi de cobalt serait uni à un atome d'oxigène. Mais comme les atomes sont insécables, il faut multiplier par deux pour avoir des entiers; et l'on trouve que dans l'oxide de cobalt ordinaire trois atomes de ce métal sont unis à deux atomes d'oxigène = 0' Co^ Le sesquioxide de cobalt, qui contient la moitié d'oxigène en sus, serait

«i^^ = OCo.

M. Berzélius adopte 568,991 pour le poids du cobalt, ce qui donne 0 Co pour l'oxide basique, et 0^ Co' pour le sesqui-oxide : M. Dumas a suivi son exemple. Mais pourquoi penser que la loi de MM. Dulong et Petit offre une anomalie pour le cobalt ? S'appuiera-t-on sur ce que le protoxide de ce métal est basique ? Mais l'oxide de fer 0^ Fe' l'est aussi. S'appuiera-t-on sur l'isomorpbisme du cobalt et du fer, du cobalt et du nickel? Mais on ne peut le regarder comme suffisamment

une quantité d'oxide contenant un atome d'oxigène. (Voyez Chlore.)

A l'étude de la chimie. i^g

prouvé. Peut-on dire que la manière de voir de MM. Berzélius et Dumas est plus simple, et mérite d'être adoptée? On n'admettra sans doute pas un pareil raisonnement: car il ne s'agit pas de savoir si la chose est simple , mais si elle est vraie j dans les deux cas on a 0 Co, et si dans l'un on a 0' Co^ on ne le trouvera pas plus compliqué que 0' Co"* qui existe dans l'autre.

Pour moi , j'avouerai que la loi de MM. Dulong et Petit me semble si belle, si grande, si féconde en résultats, qu'il me serait plus facile de croire que le cobalt n'est point un corps simple, que de penser qu'elle puisse otfrir une anomalie pour ce métal.

Quoique j'adopte 246,994 pour le poids du cobalt, je ne donnerai pas moins ses composés d'après le poids 568,991 -, dans la table (jui va suivre.

Golombium. On ne peut faire que des conjectures sur la couq>osition des oxidcs de colombium : les quantités d'oxigène qu'ils rcnferment sont entre elles ;; 2 ; 5, cl M. Berzélius admet ces formules 0 Ta, 0' Ta\ Le poids atomique du colombium := 1 155 71 5.

Cuivre. Le cuivre se combine à l'oxigène en trois proportions qui sont entre elles, pour

l5o INTRODUCTION

la même quantité de métal, comme i, 2, 4- Son calorique spécifique étant représenté par 0,0949? si l'on divise 57,55 par ce nombre, on a 595 pour son poids atomique. ( Voyez § XXVI.) L'oxide basique est alors 0 Cu, comme on aurait pu le prévoir, et les deux autres deviennent 0 Cu% 0' Cu.

On a déterminé la composition de l'oxide 0 Cu en réduisant l'oxide de cuivre par l'hydrogène, et l'on en a déduit 595,695 == Cu.

Étain. M. Dumas a trouvé que la densité de la vapeur du perchlorure d'étain était 9, 199. Par la composition pondérale de cette combinaison, on sait que dans 9,199 de perchlorure, il y a 5,025 de chlore et 4>i74 d'étain: 5,025 est à peu de chose près le double de la densité du chlore. Or, d'après cela, le perchlorure d'étain renferme deux volumes de chlore condensés en un seul ; et si l'on suppose qu'il renferme un volume de vapeur d'étain, le poids de cette vapeur sera 4,174? ^t le poids atomique de l'étain sera 578,559. Le binoxide d'étain renferme une fois plus d'oxigène que le protoxide, et leurs formules sont 0 Sn% 0 Sn; celles des chlorures sont Cl Sn, Cl" Sn ; mais si, comme le pense M. Gaudin, la vapeur des métaux est monatomique, tandis que celle du chlore est bi-atomique, le poids

A l'étude de la chimie. i3i

de lelain deviendra double. M. Berzélius admet 755,294. Les oxides sont alors 0 Sn, 0' Sn; les chlorures, Cl^ Sn, Cl^ Sn.

Fer. Le fer à l'état de protoxide est isomorphe avec la chaux. On a adopté 0 Ca pour la formule de celle-ci; celle du protoxide de fer doit donc être 0 Fe. Le sesqui-oxide renfermant la moitié plus d'oxigéne, sa formule = 0*'Fe% Cet oxide de fer cristallise comme la plupart des carbonates qui ont une formule analogue ^=0^C A. Cela rend sa composition très-probable.

M. Berzélius a trouvé que 100 parties du meilleur fer suédois, qui sert à faire les cordes de piano, donnaient i43,5 de sesqui-oxide de fer; mais il a aussi reconnu que ce fer contenait o,oo5 de carbone qu'il faut en déduire. Au lieu de 100 parties, il n'en reste que gg,5 qui donnent i45,5 d'oxide, renfermant alors 44 d'oxigène : d'où l'on tire le poids atomique du fer par cette proportion :

44 *. 3oo : i-ilâi — ; X = 339,205.

Fluor. Le fluor n'a point encore été isolé; mais les composés qui le renferment ont tant d'analogie avec ceux qui sont formés par le chlore, que déjà son existence comme corps simple était admise avant la découverte de l'iode et du brome, qui est venue fortifier cette opinion.

l32 INTRODUCTION

M. Berzélius a déterminé le poids du fluor eu dëcomposanl le fluorure de calcium par l'acide sulfurique; le sulfate qui en résuite ayant une composition bien conniie, on obtient le poids du fluor par un calcul fort simple.

loo de fluorure de calcium donnent lyS de sulfate de chaux.

ij5 :S Ca = 857,ï84:: 100 :x = 489,819 = Fl^ Ca.

489,819 — Ca ou 256,019 =: 253,800, qui , divisé par 2, donne 116,900 pour le poids du fluor.

Glucynium. Le seul oxide connu que peut former ce corps simple, lorsqu'il s'unit aux acides renfermant trois atomes d'oxigéne, contient une quantité d'oxigéne qui est à celui de l'acide : I :: 2 : I :: 4. De la, m. Berzcllus conclut que cet oxide doit être composé de trois atomes d'oxigéne, et probablement de deux atomes de glucynium. Son poids atomique =:: 02 i,.9.Gi, et la formule de l'oxide z==. 0^ Be%

Hydrogène. L'hydrogène étant gazeux , son poids atomique se déduit de sa densité : elle a été trouvée = 0,0688 par MM. Berzélius et Dulong. Ainsi :

La formule de l'eau = 0H%* celle des hydrii-

A l'étùdk de la CiriMIE. |35

cides chloroïdes = X H. L'hydrogène sulfuré se représente ainsi : S H".

Iode. L'iode étant volatil, M. Dumas a pris la deirisité de sa vapeur, qu'il a trouvée de 8,716 qui donne pour poids atomique de ce corps 790,46. M. Berzélius, par des expériences analogues à celles qui ont été indiquées ])Our les poids du brome et du chlore , a trouvé 789,750 qui est adopté. Les combinaisons de l'iode ont la plus grande analogie avec celles du chlore, du brome et du fluor. L'acide iodique = 0^ T. L'acide hydriodique = I H, Les principaux iodures ont cette formule et cristallisent en cubes : P A.

Iridium. Ce métal est isomorphe avec l'osniiiun et le palladium. Son poids atomique est exactement semblable à celui du platine et — 1235,499.

Lithium. M. Berzélius regarde l'oxide de lithium comme étant formé d'un atome d'oxigène et d'un atome de métal , et adople 80,575 pour son poids atomique.

Magnésium. Il ne se combine avec l'oxigène qu'en une seule proportion pour former un oxide qui est isomorphe avec les protoxides de siroiuium, de fer, de manganèse, «le calctuni , etc. Sa formule est 0 Ma. M. Berzélius a déduit le jioids de l'alonjc de magnésium de

l54 INTRODUCTION

la composition du sulfate sec de magnésie, très-pur, et l'a trouvé de 1 58, 55 2.

Manganèse. Parmi lesoxidesdu manganèse, il en est deux qui sont isomorphes avec ceux du fer ; ils doivent donc prendre les mêmes formules. Ces formules sont : 0 Mn , 0^ Mn\ ( Voyez Fer. )

En décomposant le chlorure de manganèse Cl* Mn, par le nitrate d'argent, M. Berzélius a trouvé le poids de l'atome de manganèse = 345,887. Ses degrés d'oxigénation sont 0 Mn, 0» Mn^ 0^ Mn% 0^ Mn, 0^ Mn, 0^ Mn^

Mercure. M. Dumas a trouvé, par une expérience directe, que la densité de la vapeur du mercure était égale à 6,976. Le poids atomique de ce métal, calculé d'après cela, serait : 632,68, et ses chlorures auraient ces formules : Cl Hg% Cl Hg. Sonoxide rouge orangé, qui correspond au bi-chlorure, aurait celle-ci : 0 Hg\ M. Berzélius adopte 1265,823 , qui est le double du nombre précédent. M. Gandin admettant que les gaz simples sont formés de molécules bi-atomiques, et que les vapeurs des métaux sont monatomiques (§ XIV, J), il en résulte que , sous le même volume , l'oxigéne contient une fois plus d'atomes que la vapeur mercurielle : or, le poids spécifique de l'oxigéne comparé à celui de la vapeur de mercure.

A L*ÉTUDE DE LA CHIMIE. l55

serait une fois trop fort; mais comme l'oxigène est pris pour terme de comparaison, c'est celui (le la vapeur de mercure qui devient une fois trop faible, et le poids adopté par M. Berzélius serait bien celui du mercure comparé à l'oxigène. Cela est prouvé par le calorique spécifique de ce métal, qui, divisant 37,53, donne un quotient qui approche beaucoup du dernier poids (§ XXVI).

Dans ce cas, les chlorures de mercure sont: Cl Hg, Cl' Hg, et l'oxide orangé = 0 Hg.

Molybdène. L'oxigène se combine avec le molybdène en trois proportions qui sont entre elles if I, 2, 3, pour une même quantité de métal. Le soufre s'y combine aussi en trois proportions, m.ais elles sont entre elles lia, 3, 4' Lorsque l'acide molybdique s'unit à une base monoxidée, l'oxigène de celle-ci est le j de celui de l'acide; lorsque c'est le trisulfure qui se combine à un sulfure monalomique, le soufre est aussi le - de celui du tiisulfurc : M. Berzélius conclut de là que l'on peut regarder ces combinaisons comme étant formées de I atome de molybdène uni à i , 2,3 atomes d'oxigènc, et à 2, 3, 4 atomes de soufre.

1 10,68 parties de molybdate de plomb, 0^ Mo -f- 0 Pb, contiennent 67,31 parties d'oxide de plomb; mais 110,68 de molybdate de plomb

îZ6 INTRODUCTION

moins 67, 5 r d'oxide de plomb = 4^,57 d'acide molybdique; d'où

67,31 : 0 + Pb== 1394,498 :: 43,37 ; x = 898,5?,o:^

03 Mo.

03 Mo = 898, 520 — 03, ou 300=598,520 = Mo.

Le molybdène présente ces différens degrés d'oxigénation et de sulfuration :

0 Mo, 0» Mo, 03 Mo ; S- Mo, S^ Mo, S4 Mo. Formule des inolybdales et des sulfo-molybdales:

S3 j Mo + I s j ^-

Nickel. Le calorique spécifique du nickel t'(ant o,io55, on obtient 662 pour poids ap- })roximatif de ce métal (§ XXVI).

188 parties d'oxide de nickel, transformées en chlorure que l'on décompose par le nitrate (l'argent, donnent 718,2 parties de chlorure d'à n'en t.

Or, 718,2 : 2 Cl Ag, ou 1794,267 :: i88

l x== 4^9,675 = équivalent d'oxide de nickel. 469,675 — 362 trouvé antérieurement pour poids du nickel = environ 100 qui représente un ,'Wome d'oxit^éne : la formule de l'oxide de nickel est donc 0 Ni; alors 469,670 — 100 = 569,675 = Ni (1).

(i) Ce demiei nonibie est beauLOup pi ui exact que le premier.

A l'étude de la chimie. 15^

Oxigéne. L'oxigéne sert de terme de com-' paraison. Pour faciliter les calculs et leur donner de la précision par un grand nombre de chiffres, on a adopté loo pour son poids atomique, et l'on ajoute même trois décimales au poids de chacun des atomes. (Voyez § XII, la manière dont on s'en sert pour calculer les poids des atomes qui existent à l'état de gaz ou de vapeur. )

Or. Le calorique spécifique de ce mé(al =

o,o2n3, mais = 1200 qui doit être son

poids atomique (i); ses oxides contiennent des (juantités d'oxigène qui sont entre elles pour la même quantité d'or I* i T 3. La composition de ces oxides fait admettre qu'ils ont celle formule : 0 Au% 0^ Au'. Le chlorure correspondant à ce dernier oxide se représente donc ainsi : CP Au (Voyez Chlore). M. Berzélius a déterminé le poids de l'atome d'or par une expérience directe : il a trouvé que 142,9 pallies de mercure précipitaient 95,35 parties d'or du chlorure dont la formule vient d'être

(i) Ce nombre n'étant point assez exact, on doit delenniner le poids atonii(|ue de l'or par d'autres procèdes.

indiquée. L'or était uni à une quantité tle chlore équivalant pour lui à 3 atonies j mais le bi-chlorure de mercure qui se forme dans cette circonstance ayant cette formule Cl' Hg, il en est résulté cette combinaison Cl" Hg -h Cl Hgr (i). Comme il a été employé un atome et demi de mercure pour précipiter un atome d'or, en retranchant alors i/3 du poids du mercure, le reste sera à la quantité d'or précipitée, comme le poids d'un atome de mercure est à celui d'un atome d'or, d'où

— ô^ X 2 = 93,26 ; 1265,823 '.'. 93,35 ; X = 1243,013 = Au.

Osmium. L'oxigéne se combine avec l'osmium en plusieuis proportions, qui sont entre elles « 2, 5, 4> ^> S. Si l'on admet que le premier degré d'oxidation soit formé d'un atome de métal et d'un atome d'oxigéne, on a les formules 0 Os, 0^ Os% 0" Os, 0' Os, C* Os. M. Berzélius adopte i244>4S7 poui" poids atomique de ce métal.

Palladium. Le palladium se combine avec l'oxigéne en deux proportions , pour constituer deux oxides qui sont isomorphes avec ceux

(i) Il n'existe point de demi-alomes ; mais on peut en faire la supposition pour établir le calcul.

A l'étude de la. chimie. i5g

d'osmium et d'iridium , qui ont cette formule 0 Pa, 0' Pa. Son poids atomique s'obtient par la réduction du chlorure double de palladium et de potassium, au moyen de l'hydrogène; M. Berzélius l'a trouvé de 665,899.

Phosphore. Le phosphore donnant naissance à des oxacides dont les quantités d'oxigène sont entre elles ;: 5 : 5, ce rapport se trouvant dans la série d'oxigénation de l'azote qui existe à l'état gazeux, et dont, par conséquent, les atomes paraissent pouvoir être déterminés avec quelques probabilités ( § XIV ), on a admis des formules semblables pour les acides du phosphore et de l'azote : les acides nitreux et nitrique étant représentés par 0^ N' et 0^ K% les acides phosphoreux et phosphorique l'ont été par 0^ P% 0" P'; mais cette raison n'a aucune valeur, car il est probable que tous les corps peuvent se combiner dans de semblables proportions; et si toutes ces combinaisons n'ont pas été obtenues, c'est que l'on n'a pas encore n'alisé les circonstances dans lesquelles elles auraient pu se produire. La capacité de saturation de l'acide pbosphorique présentant de notables dilVérences lorsqu'on la compare à celle de l'acide nitrique, l'on est tout porté à admettre d'autres formules pour ces acides, surtout depuis que M. Dumas, ayant pris di-

l4o INTRODUCTION

reclement la densité de la vapeur de phosphore, a trouvé qu'elle était de ^,555. Si cette densité est à celle de l'oxigène comme le poids atomique du phosphore est au poids de ce dernier corps, on a

loo X 4i355 „ ,

1,102b v-'>:yj

Des expériences de M. Berzélius, on peut déduire 3g2,3io douhle du poids qu'il a adopté, et les acides phosphoreux et phosphorique seraient 0^ P, 0^ P.

Cependant, quelques expériences tendant à faire considérer l'arsenic comme élant isomorphe avec l'antimoine, l'arsenic l'étant sans aucun doute avec le phosphore; ayant adopté

Sb, Sb, %b pour représenter les combinaisons de l'oxigéne avec l'antimoine, celles de phos- ]»hore doivent s'écrire de même, et cela, d'autant plus, que ce dernier métal , par son calorique spécifique , semble démontrer que ces formules sont vraies. La vapeur de phosphore serait bi-atomique dans la supposition de l'oxi- (^ène monalomique; et quadratomique, le dernier corps étant bi-atomique (§ XIV, J).

Le poids atomique du phosphore = 196,155, moitié du précédent.

A l'étude de la chimie. i4i

Les acides phosphoreux et phosphorique

sont ¥ ¥.

Platine. On peut dire pour le platine la même chose que pour le palladium; seulement son poids atomique est 1255,499.

Plomb. Le plomh forme avec l'oxigéne un oxide qui est isomorphe avec la haryte; cet oxide, décomposé par le gaz hydrogène, a donné à M. Berzélius 7,725 parties d'oxigéne pour 100 de plomb. Sa formule étant 0 Pb, on trouve le poids atomique du plomb par la proportion suivante :

7,725 ; 100 ; 1 100 ; x rr 1294,498-

Potassium. Le potassium se combine en deux proportions avec l'oxigéne. Pour un même poids de ce métal, les quantités d'oxigéne sont entre elles ;; i * 5; le premier oxide étant une hase puissante, on admet qu'il est formé d'un atome de métal et d'un atome d'oxigéne ou 0 K, ce qui donne Cl^ K pour le chlorure correspondant. 100 parties de ce chlorure donnent 192,4 parties de chlorure d'argent, d'où l'on tire le poids du potassium par cette proportion : 192,4 de chlorure d'argent est à 1794,257 double du poids atomique du cblo-

î4â INTRODUCTION

rure d'argent (i), comme loo de chlorure de potassium est à x = g 1 2,566 = poids du chlorure de potassium; si l'on en retranche 422,600, poids de deux atomes de chlore, il reste 489,916 pour le poids du potassium.

Rien ne prouve que l'oxide de potassium soit formé d'un atome de métal et d'un atome d'oxigéne, si ce n'est que le chrômate de potasse a la même forme que le sulfate de haryte; mais le sulfate de potasse affectant une tout autre forme , est-on en droit d'en conclure l'isomorphisme ? On pourrait citer, à l'appui de cette manière de voir, le sulfochrômate de potasse qui affecte la même forme que le simple sulfate de cette base; mais dans d'autres sels, comme l'alun, par exemple, la potasse parait isomorphe avec l'ammoniaque; dans ce cas, sa formule serait très compliquée, il est plus probable que l'unité de forme est due à des différences dans la quantité d'eau.

Rhodium. Il existe un chlorure double de rhodium et de potassium , dans lequel la quantité totale de chlore est à celle qui suffirait pour chlorurer le potassium r*5;2: il y en a donc

(i) On a pris le double du poids du chlorure d'argent pour qu'il s'y trouve deux atomes de chlore comme dans le chlorure de potassium; sans quoi le calcul n'aurait donne' que la moitié' du poids du chlorure de potassium.

A l'étude de la chimie. 145

troîs parties combinées au rhodium (i); en décomposant celle combinaison par le gaz hydrogène, on trouve que le poids du rhodium = 651,387. Cela, en admettant qu'il y a un seul atome pour les trois atomes de chlore; mais la formule d u chlorure étant CP R , celle de l'oxide = 0^ R\ (Voyez Chlore.)

Sélénium. 100 parties de sélénium s'unissent à ijq parties de chlore pour former un chlorure qui , par l'action de l'eau , se transforme en acide séléniewx et en acide hydrochlorique. Le sélénium étant isomorphe avec le soufre, l'acide sélénieux doit contenir deux atomes d'oxigène pour un de sélénium , d'où l'on conclut que le chlorure doit renfermer quatre atomes de chlore ( voyez Chlore) ; avec cela on peut calculer son poids atomique :

179 *. 4 X 221,325 ; 1 100 ' X = 4945581 = Se.

Silicium. Le silicium a la plus grande analogie avec le bore ; son oxide jouit aussi des propriétés de l'acide borique et de celles des sesqui-oxides d'aluminium, de fer, de manga-

(i) On ne peut dire cela qu'autant que le clilorure double peut se foinicr par la réunion des deux chlorures.

l44 INTRODUCTION

lîèse, etc. ; ces oxides ont cette formule : 0* A". (Voyez Aluminium, Bore et Fer.)

M. Berzélius, regardant la silice comme formée de trois atomes d'oxigéne pour un de silicium, admet 277,51?. pour poids de ce dernier corps. 11 faut donc en prendre la moitié = 1 58,656 pour avoir celte formule 0^ Si".

Le poids atomique du silicium est celui qui a éprouvé le plus de controverse. La formule de la silice est :

Selon M. Dumas = 0 Si

Selon M. Gandin = 0' Si

Selon M. Berzélius = 0^ Si Selon mes recherches ^= 0^ Si'.

M. Dumas s'appuie sur la densité de la vapeur de chlorure de silicium qu'il a trouvée être de 5,959; une telle quantité de 'vapeur renferme 1,026 de silicium et 4>9i5 de chlore. La densiiédu chlore élant2,44o5 qui se trouve être la moitié de 4?9i5» ^^^ volume de chloruie de silicium contient donc deux volumes de chlore. M. Dumas admet que le poids de silicium représente un volume , en tout trois volumes condensés en un seul : ce qui lui donne pour formule du chlorure Cl' Si, qui correspond àO Si pour la silice. (Voyez Chlore.) M. Berzélius se fonde sur la capacité de saturation de la silice, qui, dans les silicates,

A l'étude de la chimie. 145

semble, comme l'acide sulfurique, devoir renfermer trois fois plus d'oxigène que la base. Il connaissait les travaux de M. Dumas, qu'il combat, et i! avait prévu la manière de voir de M. Gaudin , qui lui parait s'éloigner de la simplicité que l'on rencontre dans d'autres circonstances.

M. Gaudin a pour lui beaucoup de faits , par exemple : dans les fluorures doubles de silicium la quantité de fluor provenant du silicium e*t une fois plus considérable que celle du fluorure métallique; les formules des silicates se trouvent souvent simplifiées , et il a pu , graphiquement, construire une molécule de felspalh qui l'a conduit à la forme primitive de ce silicate.

Quant à la manière dont il explique la condensation du chlore et du silicium dans le chlorure de silicium , elle ne contredit en rien l'hypothèse de M. Dumas; car, avant tout, il aurait fallu prouver que, comme celle de l'oxigène , la molécule de silicium fût bi-atomique(i); c'est justement ce qui est en question: si quatre molécules de chlore et une molécule de silicium, bi-alomiques, peuvent cire

(1) Cette hypothèse n'est inèiue pas piouvce yom l'oxigène ; mais elle a de grandes probabilités poui el!( (§XIV, J.)

l46 INTRODUCTION

parlagëes en deux, deux molécules de chlore bi-alomique et une molécule de silicium monafomique n'ont pas besoin de l'être (i).

L'identité des formes de l'alumine , du sesquioxide de fer et de la silice avait fait que, depuis long-temps, je considérais cette dernière comme ayant même formule ; la grande analogie qui existe entre le silicium , le bore et leurs combinaisons, m'avaient même porté à adopter une semblable formule pour l'acide borique avant que M. Dumas eût publié ses recherches sur ce sujet. Cela joint à ma prévision, qui d'ailleurs se trouvait confirmée par une foule d'observations , telle que l'association presque constante de la silice et de l'alumine, de la silice et du sesqui-oxide de fer, association qui existe presque toujours pour les corps isomorphes , comme cela se voit pour le palladium, l'osmiuiii et l'iridium; l'arsenic et le phosphore dans les phosphates de plomb; le zinc et le cadmium ; le fer et la manganèse , etc ; telles encore quelques analyses difficiles à comprendre si l'on n'admet l'isomorphisme de la silice et de

(i) Cependant, dans la supposition de l'oxigène biatoniique et du silicium monatomique , M. Dumas serait obligé de i-eprëscnler la silice par O» Si lorsqu'il siij^irait de reclierclies sur le j>rouponient des atomes.

A l'Étude de la. chimie. 147

l'alumine, et par dessus tout l'analogie constamment soutenue qui existe entre le bore et le silicium , me portent à conserver la formule 0^ Si' quoiqu'elle soit contredite par la loi de M. Gaudin, qui explique les condensations des gaz dans le système atomique, lors de leur Combinaison.

Sodium. Ce corps forme deux oxides dans lesquels les quantités d'oxigène sont entre elles ;• 2 • 3 pour une même quantité de métal. Mais le premier oxide étant considéré comme une base puissante , on admet qu'il renferme un atome d'oxigène pour un atome de métal (1),

(i) Une pareille raison n'a pas une grande valeur; car on ne sait pas encore positivement ce qui produit la basité , si l'on peut s'exprimer ainsi ; et les mots bases faibles , bases puissantes n'ont rien de bien déterminé, d'autant plus que les oxides de sodium et de fer ayant même formule , le premier passe pour être beaucoup plus basique que le second. Mais si l'on prend les sesqui-oxides de ces métaux , qui ont encore même formule , celui de fer seulement peut se combiner aux acides. Cela toutefois vient peut-être à l'appui de ce qui est dit relativement au poids atomique du sodium , qui semble une fois trop fort.

Les propriétés des acides et des bases ne paraissent pas être simplement dues à l'état électrique de leurs particules ; mais elles paraissent ausbi dépendre du

l48 INTRODUCTION

d'où ces formules 0 Na, 0^ Na'. loo parties de chlorure de sodium doiinunf. 244,6 parties de chlorure d'argent, et le chlorure de sodium renfermant deux atomes de chlore, on peut en déduire immédiatement le poids atomique du

nombre d'atomes qui les forment : ceux qui entrent dans la constitution des acides sont presque toujours plus nombreux que ceux qui constituent les bases. On sait qu'un corps plus positif qu'un autre peut devenir plus négatif que lui en s'unissant à une plus grande quantité d'un élément très-négatif. Dans ce cas il tendrait à l'acidité, comme cela paraît être pour l'aluminium relativement au fer qui se trouve placé avant lui dans l'échelle électro-chimique : l'alumine 0^ Ab est plus négative que l'oxide de fer 0 Fe. Un exemple frappant, et tout-à-fait contraire, relativement à l'état électrique des particules , se rencontre dans la série d'oxigénation du carbone : l'oxide de carbone 0 C est parfaitement neutre ; tandis que les formules 0^ C't, 0^ C^ , moins oxigénées , représentent les acides mellitique et croconif[ue. Dans ces acides le nombre des atomes est plus grand que dans l'oxide de carbone.

Il paraîtrait, d'après cela, que, dans la formation des molécules salines, la majeure partie des atomes des acides entourerait ceux des bases qui sont moins nombreux.

Les alcaloïdes , qui renferment un grand nombre d'atomes , sembleraient jouer le rôle statique des acides et le rôle électro-chimique des bases.

A l'étude de la chimie. ï49

chlorure de sodium et le poids de ce métal en retranchant du premier celui de deux atomes de chlore :

= 290,897 = poids atomique du sodium.

Comme les sels d'argent paraissent isomorphes avec ceux de sodium , et qu'il existe de grandes probahilitës pour que le poids atomique de l'argent soit bien déterminé, il devient aussi probable que la soude est formée d'un atome d'oxigéne et de deux atomes de métal. Le poids de

celui-ci serait alors ' ou i45,44S, et les

oxides de sodium auraient pour formules 0 Na*,

0^ Na^ (i).

Soufre. Le soufre paraît avoir tant d'analogie

avec l'oxigéne, sous le rapport des combinaisons

(i)- Comme de pareilles formules pourront être adopte'es par la suite, si l'on veut les écrire en plaçant l'oxigéne sous forme de points au-dessus des lettres , il ne suffira plus de barrer ces dernières pour les multiplier ; car il faudrait deux ou trois barres pour multiplier par «4, puisqu'une seule multiplie par 2. Le nombre de barres ne coïncidant pas avec les multiples , il serait alors commode de placer au-dessous des signes, des cliiftres qui auraient le même usage que CCS barres. Les oxides de sodium seraient alors:

Na, iSa.

x5o ÎNTRODUCTION

qu'il peut former, que, lorsqu'on découvre un oxide quelconque, il n'est presque pas douteux qu'on lui trouvera un sulfure correspondant, et vice versa. Cela étant, on pourrait trouvet* le poids atomique du soufre , par une simple proportion, en sachant combien il en faut pour remplacer un certain poids d'oxigéne dans une combinaison bien déterminée. C'est celte considération qui a principalement guidé les chimistes dans cette détermination. Indépendamment de cela , le soufre est acidifiable à plusieurs degrés par l'oxigène, et, dans les acides qu'il forme, les quantités d'oxigéne sont entre elles pour une même quantité de soufre comme 2, 4> 5, 6, ou i, 2, 2 y, 3. Mais, dans les sels que forme l'acide le plus oxigéné , la quantité d'oxigéne de cet acide est à celle de l'oxide • ; 5 • I ; si l'oxide monatomique se sulfurait, il faudrait un poids de soufre égal à celui que renferme l'acide ; or cette quantité de soufre correspond à un atome d'oxigéne -, donc l'acide sulfurique contient trois atonies d'oxigéne pour un de soufre, et les degrés d'oxigénation du soufre sont représentés par 0 S, 0' S, 0^ S% 0^ S. On peut ajouter à toutes ces considérations qu'elles sont en concordance exacte avec le poids atomique indiqué par le calorique spécifique du soufre.

A l'étude de la chimie. i5i

Le poids du soufre a été déduit de la quantité de sulfate que peut donner une certaine quantité de plomb en l'oxidant et le combinant à l'acide sulfurique. Soient loo parties traitées par l'acide nitrique, puis par l'acide sulfurique, et enfin desséchées; elles donnent 1 4^,44 ^^ sulfate. On sait que lOo parties de plomb se combinent à 7,725 parties d'oxigène , pour former un oxide qui s'unit à l'acide sulfurique qui doit renfermer trois fois autant d'oxigène; or, 100 de plomb -i- 4 ^ 7? 7^5 retranchés de 146,44 ^6 sulfate de plomb , doivent donner le poids du soufre contenu dans cette quantité de sel =: 15,54. •

7,725 doit être à i5,54, comme un atome d'oxigène est à un atome de soufre ; c'est ce qu'on trouve par cette proportion ;

On aurait pu avoir le poids du soufre par un calcul beaucoup plus simple en s'y prenant comme on l'a fait pour le chrome :

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