‹ Introduction à l'étude de la chimie par la théorie atomiqueChapitre 3 sur 46 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

On donne les noms de substance , de corps et propriétés de matière à ce qui est étendu, impénétrahle^^'^'''"'^^^^'^^' et indestructible.

§ I. — A. La matière est nécessairement éten- Étendue. due selon les trois dimensions : longueur, largeur et épaisseur; car la longueur seule, et la longueur réunie à la largeur, ne constituent que les lignes et les surfaces, qui n'ont aucune épaisseur et ne peuvent nous donner une idée d'un corps. La matière n'est pas la seule chose qui soit étendue dans les trois dimensions; V espace l'est aussi, mais, pour lui, chacune de ces dimensions est infinie. Il faut donc ajouter que la matière est limitée et que l'espace est sans bornes.

B. On donne le nom à' impénétrabilité kldii^ro- impénétiabipriété qui fait que la matière ne peut être ré- '"'*"

duite à lin volume iiifinimeiit plus petil que le sien (i). § IV, B, 2°.

indestrucuLi- C. Db Ce fjue la matière occupe un volume

]ité. . , ri- ,

(jui ne peut être réduit au néant, on peut conclure immédiatement qu'elle est indestructible. C'est effectivement ce qui est prouvé par l'expérience de tous les jours, et, sans cette propriété, il n'y aurait point d'analyse chimique possible.

Proprictés § II. — La matière est encore divisible, po-

des luasses .- - .- , ,, .

d'atomes. l'cuse , compresswle , expansible et élastique. Divisibilité. A. La matière est évidemment divisible, puisque, quelle que soit sa nature , on peut la partager dans tous les sens; mais on peut se demander si cette division , à l'aide d'instrumens assez parfaits, pourrait être portée jusqu'à l'infini, ou bien si elle aurait un terme? Il est des physiciens qui pensent que la matière est divi-

(i) Pour se rendre compte de l'impénétrabilité et pour la faire comprendre , les physiciens disent ordinairement que c'est elle qui fait que deux corps uepeui'ent occuper le même espace dans le même temps. Cela ne rend pas le fait très - sensible lorsqu'on pense aux corps compressibles , mais cela devient plus évident lorsqu'on songe aux corps durs , comme l'ivoire et les métaux. Nous verrons bientôt que l'on ne se rend un compte exact de cette propriété , qu'en la considérant dans les atomes.

sible jusqu'à l'intiiii; il eu est qui admettent le contraire, et enfin il en est qui doutent. Les premiers disent : Supposez menlalemenl que vous partagez un corps en deux, chacune de ses iiioiliés en deux autres moitiés et ainsi de suite jusqu'à l'infini; ne vous paraît-il pas possible que la division de la matière n'ait point de bornes? Ils pensent encore prouver la même chose par les incommensurables; ils disent que rétendue(i) ne peu têtre composée d'indivisibles; car si, par exemple , le côté du carré était formé d'indivisibles, il en contiendrait un certain nombre; chacune de ces parties indivisibles serait aliquote de ce côté , et ne pourrait devenir aliquote de la diagonale du même carré, etc. On peut aussi tendre à prouver la même chose par induction, en faisant voir qu'une parcelle de matière colorante , soit de la cochenille , soit de l'indigo, suffît pour colorer sensiblement une grande quantité d'eau. On cite les corps odorants qui ont une diffusibilité réellement étonnante. On fait encore remarquer les animalcules microscopiques qui échappent à la vue simple et qui sont formés d'organes contenant des nerfs,

(i) Il faut remarquer contre ce raisonnement que l'étendue n'est pas la matière , mais qu'elle en est seulement une propriété.

des vaisseaux, etc. Si ceux qui disent cela avaient vu de ces animalcules, ils sauraient ({u'ils sont entièrement formés de globules aussi gros que ceux qui entrent dans la composition de nos organes , et qu'il n'y a chez eux ni nerfs, ni vaisseaux. Cela démontre bien toutefois la grande divisibilité de la matière, mais ne prouve pas qu'elle puisse avoir lieu jusqu'à l'infini.

. On peut répondre aux raisonnemens qui précèdent ; 1° Que parce qu'ils ont pu être faits, cela ne veut pas dire qu'ils soient tous applicables à la matière ; 2° Que, pour que l'on puisse considérer une infinité de couches dans un espace fini, quelque grand qu'il soit, il faut supposer ces couches sans épaisseur , c'est-à-dire sansexistence matérielle, mais seulement comme une chose abstraite ; 5° Que ceux qui admettent le premier raisonnement se font une fausse idée de l'infini : car une chose de cette nature ne peut être représentée par un nombre, tandis qu'au contraire, cela pourrait toujours avoir lieu pour exprimer la quantité de divisions que l'on ferait subir a un corps , quelque grande qu'elle pût être. 4° On peut ajouter enfin, que la matière étant étendue, elle doit être formée de parties étendues. Que l'on suppose maintenant ces parties aussi minimes qu'on le voudra,

OU verra qu'il faut nécessairement que sa divisibilité ait un terme.

C'est aux dernières portions résultant de la Atomes. division de la matière, que l'on a donné les noms de particules , de corpuscules , de molécules (^i) ou d'atomes (2). Ce dernier mot sera employé préférablement aux autres , parce qu'il exprime parfaitement une chose indivisible.

B. Plusieurs corps peuvent s'imbiber de li- poiosué. quide, comme la craie; d'autres qui ne jouissent pas de cette propriété, comme les métaux,

se contractent par un abaissement de température. Pour expliquer ces faits, on a admis dans la matière des espaces vides qui lui permettent de recevoir des corps étrangers sans augmenter de volume, ou de se contracter sur elle-même : c'est a la propriété qui permet cela, que l'on a donné le nom de porosité. Il est facile de voir que les espaces n'existent qu'entre les atomes.

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