CONCLUSIONS
Nous avons, dans la première partie, cherché à déterminer l'exisience des atomes et à les placer dans les circonstances nécessaires , pour qu'ils produisent les phénomènes généraux qui sont observés par les chimistes : cela nous a quelquefois mis en contradiction directe avec l'opinion généralement admise; mais les faits que nous avons exposés sont d'une telle simplicité et susceplil/îes d'une démonstration si rigoureuse, que je n'ai pas craint de les publier. La géométrie est vraie pour tout le monde : il en est de même de la théorie atomique; seulement, pour étudier ces deux sciences, il faut se reposer sur des bases qui sont tellement simples, qu'elles échappent aux démonstrations et ne peuvent être considérées que comme des axiomes.
Pour réfuter ce qui a été avancé dans la première partie, il faudra partir de données aussi précises et faire usage d'une logique aussi sévère que celle qui en a dicté la rédaction. Pour ce qui appartient a la deuxième
partie, mon intention étant seulement de faire comprendre la théorie atomique appliquée à la chimie, à ceux qui ne la connaissent pas, je n'y ai exposé que ce qui était nécessaire pour atteindre ce but; et il n'a pas même été fait application des nouvelles théories indiquées par la première partie, tant dans la crainte de manquer mon but , que dans celle de détourner de cette science avant de l'avoir exposée telle qu'elle est.
S'il m'est permis d'exposer mon avis, je pense que la composition des corps cessera d'être représentée par les formules atomiques, pour certaines raisons que je vais détailler; mais la science des atomes ne périra pas, une autre destinée lui est réservée : bientôt elle formera une science à part, antique, mais nouvelle par sa précision; elle s'accroîtra tous les jours et deviendra la source commune de tontes les sciences ayant la nature pour objet, que l'on considère les êtres bruis ou animés.
On abandonnera les formules atomiques pour représenter la composition des corps, parce l'on n'est jamais assuré que ces formules indiquent réellement la composition d'une molécule intégrante (§ XI); parce que, n'exprimant que le rapport des élémens, on n'a
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que deux clioix à faire pour ne poiïit nager dans une mer d'incertitude : l'expression la plus simple , ou les ëquivaîens. L'expression la plus simple n'étant pas celle de la vérité, ni ce qu'il y a de plus commode, on adoptera les équivalens qui offrent tous les avantages possibles; mais si l'on adopte les équivalens, on fera certainement usage de formules différentes de celles qui ont été usitées jusqu'à ce jour, et ayant une tout autre signidcation; ce que je voulais démontrer. Je puis dire , à l'avantage de cette manière de voir, que deux des hommes dont la France a le plus à s'honorer, sous le rapport de leurs travaux chimiques et de la saine philosophie qui les a guidés dans leurs recherches, n'ont jamais abandonné les équivalens qui ont réellement uu avantage immense sur les formules atomiques, pour la rapidité des calculs; mais afin qu'ils en offrent autant pour faire des équations qui, à n'en pas douter, sont la source des récentes et brillantes découvertes que l'on a faites dans la chimie dite organique , noiis proposerons de représenter les équivalens par certains caractères faciles à retenir; mais avant tout, honneur, cent fois honneur à celui (jui a trouvé les formules chimiques!
Ce que je propose sera d'une exécution
facile : il s'agit simplement de représenter chaque équivalent de matière élémentaire , par les mêmes signes que M. Berzélius a adoptés pour les atomes; seulement de les écrire en capitales italiques, qui, jusqu'à présent, ont été peu usitées: ainsi C, B, 0, deviendraient C, B ^ O. Quant à leur arrangement réciproque, il serait convenable d'adopter l'ordre alphabétique , qui est invariable et se prête facilement aux calculs ; tandis que l'ordre électro-chimique et celui qui serait fondé sur une nomenclature qui se modifie pour chaque découverte, sont sujets à trop de changemens.
Il est ici besoin d'appeler l'attention sur quelque chose qni pourrait être utile dans la supj^osition où les caractères des équivalens seraient adoptés: c'est que ceux-ci sont divisibles, tandis que les atomes ne le sont pas,
. , . B et ([ue Ion pourrait écrire , aussi bien que si
l'on écrivait B x 4> ^t Fe''^ ou Fe'{ , aussi bien que Fe\
Il existe dans le dernier volume de la cinquième édition du Traité de Chimie de M. Thenard , une table d'équivaiens qui est très-bien faite, et qui nous servira de guide.
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