SO*(H
peut éliminer |OH2, et devenir
SOj(K),
sans que ce sel se comporte autrement , avec les réactifs, qu’un sulfate ordinaire. Il en est ainsi encore du chromate de K acide
Cr*0*(HK),
qu’on n’a même pas obtenu autrement que sous la forme
Cr2Oj(K).
Ce sont là évidemment des types différents , par leur composition , des sulfates et des chromâtes ordinaires ; mais comme la différence ne consiste que dans les éléments de l’eau , et que c’est au sein de l’eau qu’on effectue les réactions destinées à différencier les genres salins , on peut 7 sans inconvé-
nient, n'en pas tenir compte dans l’interprétation des doubles échanges.
Nous désignerons ces sur-sels particuliers sous le nom d ’anhydro-seh ; c’est comme s’ils renfermaient l’équiselplusranbjddde(SOpi-:SO'>-î-SOir-).L’anhydro-sulfate de K donne, en effet ? par la chaleur, de l’anhydride sulfurique et de l’équisulfate de K.
Quoi qu’il en soit, on peut toujours exprimer de la manière suivante les relations qui existent entre un é qui sel oxygéné quelconque, et ses sur-sels ou ses sous-sels : un équisel plus n fois l’oxyde correspondant, représente les sous-sels; un équisel, moins n fois l’oxyde correspondant , représente les sur-sels. Dans l’immense majorité des cas, l’oxyde manquant dans ces derniers, est remplacé par les éléments de l’eau.
Exemple :
Équisulfates SO'*(M2).
Sous-suifates SOqM2)-f-nQ(M2).
Sur-sulfates ..... SO(M)2— }0(M2)+{0(H2)^S04(MH) .
59. Sels copulês. — Certains corps hydrogénés, tels que l’alcool C2H°0, l’esprit de bois CII40, l’ammoniaque NH3, l’anilineC'lFN, la naphtaline C10HS, etc. , ont la propriété de se combiner avec les acides , en
éliminant les éléments de l’eau , de manière à former des acides nouveaux, renfermant une partie des éléments du premier acide et une partie des éléments du corps hydrogéné.
Ces substances hydrogénées s’unissent , par exemple, à l’acide sulfurique; le produit, qui est luimême acide (acide sulfovinique, sulfométhylique, sulfammique , sulfaniiique , sulfonaphtalique), au lieu de donner, avec les sels de baryum , du sulfate de Ba insoluble dans l’eau et les acides , donne , au contraire , un sel de Ba fort soluble dans l’eau. C’est que le produit de cet accouplement ne constitue pas un sulfate , mais un genre salin nouveau.
Prenons pour exemple l’alcool. La réaction est celle-ci :
C2H60-|-S04lfiî)=0(H*)-f-C*H8S04(H),
Acide sulfovimque.
Dans cet acide sulfovinique , un seul H peut être échangé pour d’autres métaux :
Ç*H5S04(K) sulfovinate de potassium,
C2HsS04(Pb) sulfovinate de plomb, etc.
Beaucoup d’acides organiques qui, outre de l’hydrogène basique , renferment de l’hydrogène nonmétallique , donnent aussi , avec l’acide sulfurique ,
de semblables acides copulés. Tel est , par exemple, l’acide acétique C2H302(H), qui donne :
Acide sulfacétique.
Avec l’acide sulfacétique, on peut obtenir les
sulfacétates
C2H203S(Ag2) , etc.
Il y a ici un fait remarquable. Dans le cas de l’acide sulfoviniqoe , la basicité de l’acide copulé m’est plus la même que celle de l’acide sulfurique qui a servi à le former ; il n’y a dans le produit qu’un seul équivalent d’hydrogène basique. L’acide sulfovinique est unibasique, tandis que l’acide sulfurique est bibasique. Dans le cas de l’acide sulfacétique, la basicité du produit est plus considérable que celle de l’acide acétique, mais elle est égaie à celle de l’acide sulfurique.
J’ai démontré ailleurs (a) que la basicité dans les sels copulés est soumise à une loi fort simple , que j’ai formulée de la manière suivante : Si l’on met en équation, d’une part, les corps entrés en réac-
(a) Comptes-rendus des travaux de Chimie , 1846, p. 161.
lion; d'autre part, les produits qui eu résultent , on trouve que
B=(ô+ft')— 1,
B représentant la basicité du sel copulé ; b et b' la basicité des corps générateurs avant de s’accoupler ; 0, celle d’un corps non-binôme, neutre ou indifférent ; 1, 2, 3... celle d’un acide unibasique, bibasique ou tribasique.
Cette loi explique pourquoi l’acide sulfovinique est unibasique, tandis que l’acide sulfacétique est bibasique. Elle est applicable à toos les autres sels copulés.
Un caractère particulier à ces sels , c’est de pouvoir régénérer les substances qui ont servi à les former, si l'on y fixe de nouveau les éléments de l’eau, dans des circonstances favorables.
Les acides amidés , les acides viniques , les acides anilidés appartiennent à cette classe de composés copulés.
Je ferai remarquer que M. Berzélius et d’autres chimistes désignent sous le même nom les composés les plus divers , dont ils groupent les éléments d’après certaines hypothèses dualistiques. C’est dénaturer le sens d’un mot auquel j’ai attaché, en le pro-
posant , une signification bien précise et toute différente.
60. Détermination de V espèce d'un sel. — Les métaux qui différencient les espèces d’un même genre salin , leur impriment des caractères particuliers qu’on retrouve dans tous les sels formés par le même métal. Ainsi, par exemple, tous les sels de plomb ont des caractères communs , quel que soit le genre du sel, que ce soit un nitrate , un chlorure, un bromate, etc. Cette communauté de propriétés rend très-facile la détermination de l’espèce , et il suffit d’un petit nombre de règles pour permettre, même aux commençants , de reconnaître la nature du mé~ tal dans une combinaison saline. Elles consistent, en général , à dissoudre dans l’eau ou dans un acide, je sel qu’on examine, et à y verser la solution d’un sel d’une composition connue, un réactif, de manière à provoquer une double décomposition, ayant pour conséquence la formation d’un précipité, dont l’aspect, la couleur, la solubilité soient caractéristiques. D’autres fois, on opère sur le sel non dissous, et l’on en transforme le métal en une combinaison connue. Souvent deux ou plusieurs métaux constituent la base du sel, et alors le problème se résout comme
s’il y avait ensemble autant d’espèces de genres différents.
En thèse générale, pour reconnaître, par des doubles échanges, à quel genre appartient un sel, on en transporte le non-métal sur d’autres espèces connues ; s’il s’agit de déterminer l’espèce, on transporte le métal sur d’autres genres connus.
Pour voir, par exemple , si un sel est un sulfate , on cherche, à l’aide d’un sel de baryum , s’il donne du sulfate de Ba insoluble dans les acides. Pour s’assurer si un sel est à base d’argent, on cherche, à l aide d’un chlorure, s’il donne du chlorure d’argent, insoluble dans les acides et soluble dans l’ammoniaque.
Nous allons maintenant indiquer comment on reconnaît les espèces métalliques les plus connues ; plus loin, nous ferons connaître les propriétés distinctives des principaux genres. (Voyez Séries chimiques. )
61 . Les acides ou sels à hase d’hydrogène se reconnaissent, en général, à leur action sur le papier tournesol qu’ils rougissent, et sur les carbonates qu’ils décomposent avec effervescence; cependant, comme les sels acides ( sels à base d’hydrogène et
d’un autre métal) peuvent aussi donner ces réactions, il faut chercher, à l’aide des réactions suivantes, si d’autres métaux ne sont pas contenus dans la hase. Les métaux qui sont le plus fréquemment associés à l’hydrogène, comme hases, sont: K, Na, Am, Ga, Ba.
Il existe un petit nombre d’acides insolubles (acide silicique ) qui ne peuvent être obtenus en solution aqueuse , et qui ne décomposent les carbonates qu’à une haute température.
Le genre le plus caractéristique pour les métaux, c’est le genre sulfure ; tantôt les espèces sont solubles dans l’eau, tantôt insolubles et de couleurs trèsvariées.
Nous profiterons de ces différences pour grouper les métaux de la manière suivante :
A. Métaux dont les sulfures ^ j1, KNa,Am(a;.
sont solubles dans l’eau. ) . ,/„,La,Î5r*
B. Métaux dont les sulfures
sontinsolubles dans l’eau, mais solubles dans l’acide nitrique ou hydrochloriq.
a. Zn,Ni,Co,Fe,Mn.
b. FeJ ou Fe/3,Mnf ou Mn/3,
Cr^ ou Crfi,Ai}ou Al/3.
(a) Voiries observations sur l’ammonium (4-1], et plus bas au chapitre des Alcaloïdes (72).
C. Métaux dont les sulfures sont insolubles dans l'eau et dans les acides étendus.
a. Cu,Cu2 ou Cu«,Hg,Hg2 ou
Hga, Pb, Ag, Bi^ ou Bi§, Cd.
b. Au j ou AujS,Ptj ou Pty,
SbjouSbS, Su, Sn^ouSny .
62. A. Métaux dont les sulfures sont solubles dans l'eau, et qui ne précipitent par conséquent ni par le sulfure hydrique , ni par le sulfure ammonique.
(a) Les sels à base de potassium, de sodium et d’AMm onium (41) sont remarquables parleur grande solubilité ; par conséquent, ils ne se précipitent pas réciproquement ; le sulfate de H ou de K , le phosphate de Na, les carbonates solubles, ne les précipitent pas non plus. La solution des oxydes , des carbonates et des sulfures de ces bases ramènent au bleu le tournesol rougi , et brunissent fortement le papier de curcuma. Ils ne sont pas colorés , à moins de correspondre à un anhydride coloré (par exemple, les chromâtes).
Voici maintenant ce qui les distingue entre eux. Sous l’influence de la chaleur , les sels ammoniques se volatilisent , les uns sans se décomposer, les autres en se décomposant; les sels de K et de Na résistent à l’action de la chaleur, ou du moins, quand il y a
décomposition , les parties volatiles ne renferment ni II ni Na, et la partie fixe retient un nouveau sel à base de K ou de Na.
Chauffés avec de la chaux ou de la potasse (oxyde de K ou de Ca), les sels ammoniques développent du gaz ammoniac, reconnaissable à Codeur, à la coloration brune qu’il communique au curcuma, et aux nuages blancs qu’il produit quand on en approche une baguette humectée d’acide hydrochlorique ou acétique ; les sels de R et de Na ne présentent rien de semblable.
Chauffés sur un fd de platine, à l’extrémité de la flamme intérieure du chalumeau, un grand nombre de sels K produisent une coloration lilas ; cette teinte est entièrement masquée par la présence d’une très-petite quantité de Na ou de tout autre métal. Les sels de Na, chauffés au chalumeau dans les mêmes circonstances , colorent la flamme en jaune vif; cette réaction est encore appréciable en présence d’une forte proportion de K.
Parmi les solutions salines dont les réactions sont caractéristiques pour les sels dont nous parlons, il faut nommer le tarlrate hydrique (acide tartrique), et le chlorure platinique (bichlorure de platine). La
faible solubilité, dans l’eau, des tartrates hydro-* potassique ( bitartrate de potasse ) et hydro-ammonique, de même que des chlorures potassico-platinique (chloroplatinate de potasse , combinaison de bichlorure de platine et chlorure de potassium) , et ammonico-piatinique (chloroplatinate d’ammoniaque, combinaison de bichlorure de platine et d’hydrochlorate d’ammoniaque) , permet de distinguer les sels de K et de Am, des sels de Na, dont les combinaisons correspondantes sont, au contraire, fort solubles dans l’eau. Aussi , quand on ajoute un léger excès d’acide tartrique à une solution, pas trop étendue , d’un sel de K ou de Am , il se produit surtout, par l’agitation, un précipité blanc et cristallin de tartrate hydro-potassique (crème de tartre). Les solutions, moyennement concentrées, des sels de Na , ne sont pas précipitées dans ces circonstances; si elles étaient très-concentrées, il pourrait s’y former, à la longue, des aiguilles ou des prismes de tartrate hydro-sodique , aisé à distinguer d’ailleurs du précipité grenu produit par les sels de K ou de Am.
Le chlorure platinique ne précipite pas les sels de Na. Mais, dans les solutions de R et de Am? surtout
quand la liqueur a été légèrement acidulée par un peu de chlorure hydrique (acide hydrochlorique), il produit un précipité cristallin, jaune-serin, de chlorure potassico-pîatinique ou ammonico-platinique.
Enfin, le seul réactif qui précipite les sels de Na, c'est Yantimoniate potassique ; encore faut-il que les solutions ne soient pas trop étendues, et qu'elles soient neutres ou légèrement alcalines. L’agitation du mélange, par une baguette, accélère la formation du précipité blanc et cristallin d’antimoniate de Na. Toutefois , la présence du carbonate de K , avec le sel de Na, peut empêcher la formation du précipité , et il faut alors ajouter au liquide de l’acide hydrochlorique ou acétique , jusqu’à ce qu’il ne soit plus que légèrement alcalin ; de même, si le liquide à examiner était acide , le réactif en serait décomposé et donnerait ainsi une fausse indication. Dans ce dernier cas, il faut alors neutraliser par la potasse le liquide acide. On le voit , la recherche du Na , par l’antimoniate de K, exige certaines précautions qu’il est indispensable d’observer.
Pour compléter les indications précédentes sur les moyens de distinguer les sels de K et de Na , nous
ajouterons qu’à Fétat sec, le carbonate de K est un sel déliquescent , difficile à obtenir cristallisé , tandis que le carbonate de Na cristallise avec facilité et s’effieurit promptement à l’air ; que le sulfate de K nerenferme pas d’eau de cristallisation, nes’altère pas à l’air, et se distingue ainsi du sulfate de Na (sel de Glauber ), qui cristallise avec de l’eau , et donne des cristaux fort efflorescents.
(b) Parmi les sels à base de baryum, de strontium et de calcium , les oxydes et les sulfures partagent la solubilité des oxydes et des sulfures du groupe précédent, et sont, comme ces derniers, alcalins aux papiers réactifs. Les carbonates et les phosphates de ce second groupe sont insolubles dans l’eau ; les su F fates sont insolubles ou fort peu solubles. Les sels de Ba , de Sr et de Ca ne sont pas colorés , à moins de correspondre à un anhydride coloré.
La potasse pure (non-carbonatée) ne donne avec les sels de Ba , Sr et Ca un précipité d’oxyde hydrométallique (oxyde hydraté), que dans les cas où leur solution est fort concentrée; l’eau redissout le précipité. U ammoniaque et les sulfures solubles ne les précipitent pas.
Le carbonate de K, Na ou Am produit dans les trois
espèces de sels, un précipité blanc de carbonate de Ba, Sr ou Ca, insoluble dans beau, soluble avec effervescence dans l’acide nitrique.
Avec le phosphate de Na, les solutions, neutres ou alcalines, des sels de Ba, Sr ou Ca, donnent un précipité blanc de phosphate, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide nitrique.
Le fluosilicate hydrique ( acide hjdrolîuosilicique ) ne précipite ni les sels de Ca, ni ceux de Sr, même les plus concentrés. Mais il donne, avec les solutions de Ba , un précipité incolore et cristallin de fluosilicate barytique ; si les solutions sont étendues, le précipité ne se forme qu’au bout d un certain temps; il est à peu près insoluble dans les acides nitrique et chlor^ hydrique.
Le sulfate hydrique (acide sulfurique) et les sulfates métalliques solubles précipitent les solutions de Ba, même les plus étendues, en donnant du sulfate de Ba, blanc , pulvérulent , insoluble dans les acides et dans les alcalis. Le sulfate de Sr étant moins insoluble dans l’eau que le sulfate de Ba , la même réaction n’a lieu immédiatement avec les sels de Sr, que si les solutions ne sont pas trop étendues; le précipité ne se forme qu’au bout d’un certain temps
dans les solations de Sr très-étendues. Le sulfate de Ca est le moins insoluble des sulfates de ce groupe ; aussi l’acide sulfurique et le sulfate de Na ne précipitent les sels de Ca, que si les solutions sont assez concentrées ; le précipité est soluble dans beaucoup d’eau et surtout dans les acides. Quand les solutions de Ca sont trop étendues pour être précipitées par l’acide sulfurique , une addition d’alcool fait immédiatement paraître le précipité de sulfate de Ca.
D’un autre côté , l’acide oxalique ou oxalate hydrique précipite les sels de Ca , même très-étendus , à l’état d’une poudre blanche, insoluble dans l’eau, l’acide acétique et l’acide oxalique , soluble dans les acides hydrochlorique et nitrique. L’addition de l’ammoniaque favorise la précipitation de l’oxalate de Ca. Cette réaction se présente aussi avec les sels de Ba et de Sr; mais si les solutions en sont trèsétendues, elle ne se manifeste plus.
Voici encore quelques propriétés caractéristiques des sels précédents. Le chlorure de Ba sec est insoluble dans l’alcool anhydre, tandis que les chlorures de Sret de Ca s’y dissolvent ; le chlorure et le nitrate de Ca tombent en déliquescence à l’air ; les nitrates et les chlorures des deux autres métaux ne présents
lent pas ce caractère. Le nitrate de Ba est insoluble dans l’alcool, le nitrate de Sr se dissout dans l’alcool hydraté, le nitrate de Ga se dissout dans l’alcool absolu.
Quand on délaie dans F alcool ordinaire un sel de Sr soluble , et qu’on enflamme le liquide , la flamme se colore en beau pourpre ; les sels de Ca lui communiquent une teinte jaune-rougeâtre, qu’il faut bien se garder de confondre avec la coloration produite par les sels de Sr.
(c) Les sels à base de magnésium se distinguent du groupe (a), par le peu de solubilité de l’oxyde, par l’insolubilité du sous-carbonate magnésique et du phosphate ammonico-magnésique ; du groupe (b), par la complète solubilité du sulfate. Voici quelles en sont les réactions :
h' ammoniaque précipite des sels neutres magnésiens une partie du Mg, à l’état d’oxyde hydromagoésique, blanc et volumineux ; une autre partie de l’ammoniaque reste combinée avec le sel magnésien, et produit un sel ammonico-magnésique quiii reste en dissolution. Mais, quand on ajoute de1 l’ammoniaque, même en excès, à une solution! acide d’un sel magnésien, ou au mélange d’un sel
magnésien et d’un sel ammonique, il ne se produit aucun précipité; de même, le précipité formé par l’ammoniaque dans la solution neutre d’un sel magnésien , disparaît par l’addition d’un sel ammonique. C’est qu’il se produit dans ces circonstances , des sels ammonico-magnésiques (sels à 2 bases), solubles dans l’eau. Il faut cependant faire exception en faveur du phosphate ammonico-magnésique , lequel est, au contraire , insoluble dans l’eau, surtout en présence de l’ammoniaque ; aussi , a-t-on toujours recours à la formation de ce sel , quand il s’agit de découvrir le Mg dans une solution saline. Pour cela , on y verse du chlorure ammonique , de l’ammoniaque et du phosphate sodique ; alors, si elle est moyennement concentrée, il apparaît immédiatement un précipité blanc et grenu ; si elle est étendue, le précipité ne se manifeste que par l’agitation du mélange. Ce précipité de phosphate ammonicomagnésique est insoluble dans les autres sels ammoniques et dans l’ammoniaque , mais il se dissout dans les acides , même dans l’acide acétique.
Les solutions de Mg, si elles ne sont pas trop étendues, se précipitent aussi par le phosphate de Na seul , sous forme de poudre blanche.
Le sulfate et le fluosilicate hydriques ne les précipitent pas.
Le carbonate de K donne, avec les solutions de Mg, un précipité blanc de sous-carbonate de Mg ; une partie du Mg reste en dissolution à l’état de carbonate hydromagnésique (bicarbonate), et n’est précipitée que par l’ébullition du liquide. Les sels ammoniques empêchent entièrement cette précipitation, et redissolvent le précipité déjà formé.
La potasse précipite incomplètement les sels de Mg, à l’état d’oxyde hydromagnésique; la précipitation est favorisée par l’ébullition, mais la présence des sels ammoniques l’entrave, comme dans les cas précédents.
A part les silicates magnésiens , tous les sels de Mg insolubles dans l’eau, se dissolvent aisément dans l’acide chlorhydrique, fis présentent tous une amertume extrême.
63. B. Métaux dont les sulfures sont insolubles dans l’eau , mais solubles dans l’acide nitrique ou hydrochlorique étendus , dont la solution acide ne précipite pas par le sulfure hydrique , mais qui est précipitée par le sulfure ammonique.
(a) Les sels de zinc, de nickel, de cobalt, de
ferrosum et de manganosum présentent certaines analogies avec les sels magnésiens. Leurs oxydes, sous-carbonates et phosphates sont insolubles dans l’eau, et l’on peut obtenir, avec les sels ammoniques et les sels de ce groupe , des composés solubles à deux bases (ammonico-métalliques), comme avec les sels magnésiens.
Les sels solubles dans F eau à base de Zn sont incolores, d’une saveur styptique et métallique; ceux de Ni sont jaunes ou verts ; ceux de Co bleus ou rouges; ceux de Fe gris ou vert pale; ceux de Mn incolores ou rose pâle. Les sels insolubles dans l’eau sont différemment colorés. A F exception des sels de Mn , tous les sels solubles et neutres de ces métaux rougissent le tournesol. Ils se décomposent par la chaleur.
Le sulfure hydrique ne précipite qu’incomptéte-
Iment et souvent même ne précipite pas les solutions neutres de ces sels ; quand on les a rendus acides par quelques gouttes d’acide hydrochlorique , il ne les précipite pas du tout. Mais le sulfure ammonique en précipite immédiatement des sulfures métalliques hydratés; savoir: le Zn, en blanc, soluble dans * l’acide hydrochlorique et l’acide nitrique étendus ,
insoluble dans un excès de sulfure ammonique, dans la potasse et dans l’ammoniaque ; le Mo, en rose clair, passant au brun foncé à l’air, insoluble dans le sulfure ammonique et les alcalis, aisément soluble dans les acides nitrique et hydrochlorique ; le Fe , en noir, présentant les memes conditions de solubilité que le précédent ; le Ni , en noir, soluble en petite quantité dans un excès de sulfure ammonique, de manière à le colorer en brun , peu soluble dans l’acide hydrocîilorique, fort soluble dans l’eau régale; le Go, en noir, insoluble dans le sulfure ammonique et les alcalis, peu soluble dans l’acide hydrochlorique et fort soluble dans l’eau régale.
La potasse forme dans les sels de ce groupe des précipités d’oxydes hydrométalliques ou de soussels hydrométalliques. Elle précipite le Zn en blanc gélatineux, soluble dans un excès; le Mn en blanc , insoluble dans un excès, se colorant rapidement en brun à l’air ; le Fe , en blanc, passant très-promptement au vert sale eî au rouge brun, insoluble dans tapotasse; le Go, en bleu, insoluble dans la potasse, devenant vert au contact de l’air et rose pâle par l’ébullition; le Ni, en vert clair, insoluble dans la potasse, inaltérable à Fair.
Si des sels ammoniques se trouvent en présence , iis empêchent en partie ou en totalité la précipitation des métaux de ce groupe, en produisant des sels ammonico-métalliques solubles , comme dans le cas des sels magnésiens.
En l’absence des sels ammoniacaux , Y ammoniaque précipite des sous-sels hydrométalliques : le Zn , en blanc gélatineux, soluble dans un excès; avec le Mn et le Fe, la précipitation est comme par la potasse ; le Ni donne un sous-sel vert clair , soluble dans un excès , avec une couleur bleue ; le Co est précipité par l’ammoniaque comme par la potasse , mais le précipité se redissout dans un excès d’ammoniaque avec une couleur brun-rougeâtre.
Le carbonate potassique précipite des sous-carbonates hydrométalliques , quand il n’y a pas de sels ammoniques en présence : les précipités ont la même couleur que ceux obtenus par la potasse caustique , et sont insolubles dans un excès de carbonate potassique.
Outre les réactions que nous venons d’indiquer, il importe de noter les suivantes qui sont caractéristiques pour les espèces métalliques de ce groupe.
Quand on chauffe un sel de Zn avec du carbonate
sodique dans la flamme intérieure du chalumeau, le charbon se recouvre d’un sublimé jaune pâle qui devient blanc par le refroidissement. Les plus légères traces de Mn se découvrent en faisant fondre la substance avec du carbonate sodique (additionné d’un peu de salpêtre), sur une lame de platine dans la flamme extérieure du chalumeau : il se produit alors du manganate sodique , reconnaissable à sa couleur verte. Le borax (biborate sodique) dissout au chalumeau, tant à la flamme extérieure qu’à la flamme intérieure, tous les composés du Co, en produisant un beau verre bleu, presque noir parue excès de Co.
Le cyanure potassique précipite en vert-jaunâtre les solutions de Ni ; le précipité de cyanure nickélique se redissout aisément dans un excès du cyanure employé, en produisant du cyanure potassico-nickélique. Cette solution est précipitée par l’acide sulfurique et par l’acide bydrocblorique qui en séparent de nouveau le cyanure nickélique. Lorsqu’on verse le même réactif dans une solution de Co acidulée par un peu d’acide bydrocblorique , il se produit un précipité blanc-brunâtre , soluble à chaud dans un excès de cyanure potassique en présence de
l’acide hydrocyanique libre. Les acides De précipitent pas la solution de ce précipité.
Le ferrocyanure potassique (a) précipite les sels de ferrosum en blanc-bleuàtre qui passe rapidement à l’air en bleu; l’acide nitrique produit immédiatement cette coloration dans le précipité. Le ferricyanure potassique produit un magnifique précipité bleu foncé. Tous les sels ferreux passent d’ailleurs à fétat de sels ferriques par l’action de l’acide nitrique.
(b) Les sels de ferricum et de manganicum se comportent, sous certains rapports, d’une manière différente des sels renfermant le ferrosum et le man-
(a) Ce sel potassique renferme (43) :
C6N6Fe2(K4).
Le précipité blanc qu’il forme par double décomposition , dans les sels ferreux , contient :
C6N6Fe2(KFe3).
Le précipité bleu formé dans les sels ferriques renferme :
C6N6Fe2(Fe/34).
Le ferricyanure potassique contient comme non-métal du carbone , de l’azote et du ferricum :
C6N6Fe/33(K3).
Le précipité bleu qu’il produit dans les sels ferreux renferme :
C6N6Fe|33(Fe3).
ganosum. Ceux de chromïcum et d’ALUMiNiCüM ont beaucoup d’analogie avec les premiers. Souvent on rencontre ensemble les métaux de ce groupe.
Les sels deFe/3 sont d’un jaune-rougeâtre plus ou moins foncé ; les sels neutres solubles rougissent le tournesol et se décomposent par la chaleur. Les sels de Mnj3 sont fort rares , et n’ont que peu de stabilité. Les sels de Al/3 sont incolores par eux-mêmes ; ceux qui sont solubles, ont une saveur douceâtre et astringente, et se décomposent par la chaleur. Quant aux selsdeCr/3, ils sonttoujours colorés, soiten vert, soit en violet ; ceux qui sont solubles , rougissent le tournesol et se décomposent à une chaleur élevée.
Le sulfure hydrique ne précipite pas de sulfure métallique dans les solutions, neutres ou acides, des sels de Fe/3, mais il occasionne un trouble blanclaiteux de soufre, en les faisant passer à l’état de sels de ferrosum (a). Les sels de Mn/Bse comportent
(à) Supposons dans un liquide du chlorure ferrique ClFejS, Nous savons que le symbole du fer avec l’indice |3 correspond ( 40 ) à y Fe ; donc
C1FC|3— ClFe{==Cl3Fe2.
L’hydrogène sulfuré en agissant sur Cl8Fe2 donne:
2Cl3Fes4-SII2=S-f4ClFc-f2ClIL
de la même manière . Mais les sels de Cr/3 et de Al/3 ne sont pas affectés par l'hydrogène sulfuré.
D’un autre côté, le sulfure ammonique se comporte avec les sels de Fe/3 et de Mnj3 comme avec les sels de Fe et de Mn , en précipitant du sulfure métallique. Mais, quand on verse le même réactif dans une solution de Al/3 , il se précipite de l’oxyde hydroaluminique, blanc, gélatineux et insoluble dans un excès ; de même , dans une solution de Cr/3, le sulfure ammonique donne un précipité d’oxyde hydrochromique, vert-bleuâtre et insoluble dans un excès de réactif (a).
La potasse précipite des oxydes bydrométalliques: le Fe/3, en rouge-brun, volumineux, insoluble dans un excès , ainsi que dans les sels ammoniques ; le Mn/3, en brun, également insoluble; le Al/3, en blanc gélatineux, et le Cr/3, en vert-bleuâtre, tous deux aisément solubles dans un excès de potasse.
h’ ammoniaque précipite des sous-sels bydrométalliques, de même couleur que les oxydes hydro-
( a ) Le sulfure ammonique étant en dissolution dans l’eau ou oxyde hydrique, la réaction a lieu , avec les sels chromiques et aluminiques, comme s’ils étaient mis en présence de l’oxyde ammonique et du sulfure hydrique.
métalliques , et insolubles dans un excès d'ammoniaque.
Au chalumeau, avec le carbonate sodique, les sels de Mnj3 se comportent comme les sels manganeux. Quand on fait rougir au chalumeau une combinaison de Al/3 9 qu’on y met un peu d’une solution de nitrate de cobalt , et qu’on fait rougir de nouveau , on obtient un mélange infusible , coloré en bleu foncé. Les sels de Cr^3 se reconnaissant aisément , si on les fond avec du salpêtre et un peu de carbonate sodique ; ils se convertissent alors en chromâtes (127).
Les sels de Fej3 se distinguent des sels de Fe , en ce que le ferricyanure potassique (sel rouge) ne fait qu’en foncer la teinte rouge-brun , sans y produire de précipité bleu ; d’un autre côté , le ferrocyanure potassique ( sel jaune ) précipite immédiatement en bleu foncé les sels de ferricum. Le borax dissout, à la flamme extérieure du chalumeau , les composés de Fe et ceux de Fe/3, et produit, avec les uns et les autres, un verre rouge foncé qui, chauffé à la flamme intérieure , devient d’un vert-bouteille.
Le sulfocyanure potassique colore en rouge de sang les solutions des sels de Fe/3 ; il ne produit aucun changement dans les sels qui ne renferment que duFe.
64. C. Métaux dont les sulfures sont insolubles dans l’eau et dans les acides étendus , et dont la solution acide précipite par V hydrogène sulfuré.
(a) Les sels de cuivre (cupricum et cuprosum) , de mercure (mercurosum et mercuricum), de plomb, d’ argent, de rïsmütii et de cadmium donnent, par le sulfure hydrique , des sulfures métalliques insolubles dans un excès de réactif, ainsi que dans le sulfure ammonique.
Les sels cuivreux, en solution aqueuse, se transforment aisément à l’air en sels cuivriques , dont la solution est bleue ou verte, rougit le tournesol et présente une saveur astringente et métallique.
Les sels de mercure se volatilisent à la chaleur rouge, les uns sans se décomposer, les autres en se décomposan t et en mettant en liberté du mercure métal lique; la plupart d’entre eux sont incolores. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol. En traitant parbeaucoup d’eau le nitrate et le sulfate mercuriel, ils donnent un sous nitrate et un sous-sulfate qui se précipitent.
Les sels de plomb sont incolores , à moins que l’anhydride correspondant ne soit coloré; ils se décomposent presque tous par une très-forte chaleur.
Les sels de Ag sont incolores, et noircissent ordinairement au contact de la lumière. Les sels neutres ne rougissent pas le tournesol, et se décomposent au rouge.
Les sels de bismuth sont incolores. Les sels solubles se décomposent au contact de beaucoup d’eau , en précipitant du sous-sel.
Les sels de Cd sont aussi incolores ; les équisels solubles rougissent le tournesol, et se décomposent au rouge.
Le sulfure hydrique précipite des sulfures. Il donne avec les sels de Cu un précipité brun-noir , aisément soluble dans l’acide nitrique bouillant, ainsi que dans le cyanure potassique. Quand on ajoute du sulfure hydrique aune solution d’un sel de Hg (mercuricum) , il se produit d’abord un précipité blanc, qui, par une plus forte addition de réactif, devient jaune , puis orangé, brun-rouge et finalement noir; il se forme d’abord un sel double, formé par le sulfure mercurique et les éléments du sel employé, et cette combinaison se détruit peu à peu jusqu’à ce qu’elle soit entièrement convertie en sulfure mercurique. Le sulfure mercurique ? ainsi produit, est insoluble dans le sulfure et le cyanure
potassiques , ainsi que dans les acides hydrochlorique et nitrique , même bouillants ; mais il se dissout aisément dans la potasse; l’eau régale le décompose et le dissout ensuite aisément. Les sels de Hga (mercurosum) donnent, avec le sulfure hydrique, un précipité noir de sulfure mercureux insoluble dans les acides étendus et dans les sulfures alcalins; la potasse en extrait du sulfure mercurique, en mettant du mercure métallique en liberté (a).
Les sels de Pb précipitent en noir, insoluble dans les acides étendus , la potasse et les sulfures alcalins ; les solutions de bismuth se comportent de la même manière; celles de Cd donnent un sulfure jaune.
Le sulfure ammonique donne les mêmes réactions que le sulfure hydrique.
Mais voici une réaction qui différencie les espèces métalliques dont nous parlons : le chlorure hydrique précipite les solutions de Âg, Pb et Hga, et ne précipite pas celles de Hg, Cu, Bi et Cd.
(a) Le sulfure mercurique est
et le sulfure mercureux
S(Hga2);
or, équivalant à Hg^ona:
SHgK!=SHg’*=SHgs-t-HgJ.
Le précipité occasionné parles sels de Âg est caille» botté, insoluble dans l’eau , se colore à la lumière en yiolet, est insoluble dans l’acide nitrique, et se dissout aisément dans l’ammoniaque; celui de Pb est cristallin, se dissout dans beaucoup d’eau bouillante, et n’est pas altéré par l’ammoniaque; celui de Hga est blanc , insoluble dans l’eau , et noircit par une addition d’ammoniaque.
Comme réaction caractéristique du Pb , il faut citer la précipitation de ses sels par le sulfate hydrique et par les autres sulfates solubles; c’est que le sulfate de plomb est insoluble dans l’eau et plus encore dans l’acide sulfurique étendu ; la présence des sels ammoniques peut empêcher, en partie, cette précipitation. Les autres métaux du même groupe ne se comportent pas ainsi; toutefois, le sulfate de Âg est peu soluble dans l’eau , et pourrait se précipiter dans une solution concentrée; mais le sulfate de Ag se dissout dans beau bouillante.
La potasse e t V ammoniaque précipitent des oxydes ordinairement hydratés , ou bien des sous -sels hydrométalliques ou ammonico-métalliques. Les sels de Âg sont précipités en brun-clair, insoluble dans la potasse , fort soluble dans l’ammoniaque ;
ies sels de Hga sont précipités en noir , insoluble dans un excès de potasse et d'ammoniaque ; ies sels de Hg précipitent en jaune ou en rouge brique (oxyde mercurique) parla potasse, et en blanc (sels mercurammoniques) par l’ammoniaque. Les sels de Pb précipitent en blanc, peu soluble dans la potasse, insoluble dans l’ammoniaque (a). La potasse donne dans les solutions de Cu un précipité bleu clair d’oxyde hydrocuivrique ; l’ammoniaque , un soussel bleu-verdâtre soluble dans un excès d'ammoniaque avec une couleur bleue. Les solutions des sels cuivreux sont précipitées par la potasse en rouge brique. La potasse et l’ammoniaque précipitent les sels de bismuth en blanc, insoluble dans un excès du précipitant. Enfin, le Cd est précipité par la potasse en blanc, insoluble dans un excès, et l’ammoniaque produit le meme précipité; mais celui-ci (oxyde hydroeadmique) se dissout dans un excès d’ammoniaque.
Le carbonate potassique produit des précipités de carbonate ou de sous-carbonate, ayant la même couleur que l’oxyde ou le sous-sel précipité par la potasse et l’ammoniaque.
(a) L’acétate de Pb n’est pas précipité par l’ammoniaque, carie sousacétate produit est soluble dans l’eau.
Les réactions suivantes sont aussi caractéristiques. Chauffés dans un tube , avec du carbonate de soude effîeuri , les sets mercuriels , quels qu’ils soient, donnent un sublimé de mercure métallique. Une lame de cuivre sur laquelle on place une goutte d’un sel mercuriel , prend une tache noire de mercure réduit. Le chlorure slanneux produit aussi dans les sels mercuriels une séparation de mercure métallique.
Quand on mêle un sel de cadmium avec du carbonate sodique, et qu’on chauffe ce mélange sur du charbon, dans la flamme intérieure du chalumeau, le charbon se recouvre d’un enduit jaune-rougeàtre d’oxyde cadmique.
L’ iodure potassique produit dans les sels ruerc uriques un précipité rouge d’iodure mercurique, soluble dans un excès d’iodure potassique, ainsi que dans un excès de la dissolution mercurique et dans l’acide hydrochîoriqoe. Dans les sels mercureux, le même réactif donne un précipité jaune verdâtre d’iodure mercureux, qui se fonce par un excès de réactif, et finit par s’y dissoudre.
Le chromate potassique peut servir à distinguer le bismuth et le plomb; il produit, avec la solution de
ces métaux, des précipités jaunes de chromate de bismuth, ou de plomb ; mais le chromate de bismuth est insoluble dans la potasse caustique, et soluble dans l’acide nitrique étendu , tandis que le chromate de plomb est soluble dans la potasse et peu soluble dans l’acide nitrique étendu.
Quand on plonge une lame de fer métallique dans une solution de Cu, elle se recouvre presque instantanément d’un dépôt rouge de cuivre réduit. Cette réduction est surtout sensible en présence d’un peu d’acide libre (acide hydrochlorique ). Le ferro™ cyanure potassique donne, avec les sels de Cu, un précipité brun-rouge.
(b) Les sels d’on, de platine, d antimoine et d’ étain donnent , par le sulfure hydrique, des précipités de sulfures métalliques; mais ceux-ci se dissolvent dans le sulfure ammonique, en produisant des sulfures armnonico-métalliques solubles (a). La solution de ces derniers est précipitée par l’acide
(a) Il est à remarquer que , parmi les genres salins , il en est deux qui ont la propriété d’être précipités en jaune par l’hydrogène sulfuré, ce sont les arséniales et les arsénites solubles ; le précipité de sulfide arsénieux se dissout dans les sulfures de K ou d’ammonium , en produisant un sulfoarsénile, soluble dans l’eau U 25).
hydrochlorique qui en sépare ie sulfure métallique.
Les sels d’or sont jaunes, rougissent le tournesol et se décomposent à la chaleur rouge ; les sels de platine (platinicum) sont rouge-brun, et se comportent delà même manière.
Le sulfure hydrique précipite en noir les sels d’or, et en brun-noirâtre , ceux de platine ; ces sulfures sont insolubles dans l’acide hydrochlorique et dans Facide nitrique , mais solubles dans le sulfure ammo nique et dans l’eau régaie. La potasse et Y ammoniaque précipitent les sels d’or en jaune-rougeâtre , insoluble dans un excès, quand les solutions d’or sont concentrées; ces agents n’en précipitent pas les solutions acides. Les sels de platine, en présence de l’acide hydrocbloriqne, donnent , avec la potasse , un précipité jaune cristallin (chlorure potassico-platinique).
Les sels d’or sont surtout remarquables parla facilité avec laquelle ils sont réduits. Ainsi, dans les solutions d’or, même fort étendues , le chlorure stanneux produit, suivant la concentration du liquide, un précipité brun, violet ou pourpre ( pourpre de Cassius ) d’or métallique, ou une coloration de même nuance ; les sels de platine sont colorés en brun-rouge foncé par le même réactib, mais n’en
sont pas précipités. Une solution de sulfate ferreux réduit aussi les solutions d’or, mais elle ne réduit pas les solutions de platine.
Les sels d’antimoine sont incolores; l’addition de beaucoup d’eau à certains d’entre eux en sépare un sous-sel insoluble. Ce cas se présente pour le chlorure : le précipité (poudre d’Algaroth) est insoluble dans l’eau, mais il se dissout aisément dans l’acide tartrîque; ce caractère distingue l’antimoine du bismuth , dont le sous-sel précipité par l’eau est insoluble dans cet acide. On peut môme empêcher la précipitation du sous-sel, en ajoutant au sel antimonique, avant d’y verser l’eau , une certaine quantité d’une solution d’acide tartrique.
Les sels d’étain sont incolores ; le chlorure stanneux se trouble légèrement par l’addition de beaucoup d’eau , en donnant du sous-sel que l'acide hydrochlorique redissout.
Le sulfure hydrique précipite l’antimoine d’une solution acide, sous la forme d’un sulfure orangé, fort soluble dans la potasse et dans le sulfure potassique ou ammonique> insoluble dans les acides étendus. La solution des sels stanneux donne un sulfure stanneux , brun , soluble dans la potasse, dans le sulfure
ammonique, et surtout dans les polysulfures alcalins et dans l’acide liydroclilorique bouillant ; avec les sels stanniques, on obtient un sulfure jaune aisément soluble dans le sulfure potassique, ainsi que dans l’acide hydrocblorique bouillant. L’acide nitrique convertit les deux sulfures de l’étain en oxyde stannique insoluble.
La solution du chlorure antimonique , ainsi que des sels où l’antimoine n’est pas associé à un autre métal comme dans l’émétique ou tartrate antimonicopotassique , donne , avec la potasse, Y ammoniaque, ainsi que les carbonates potassique et ammonique , un précipité blanc et volumineux d’oxyde hydroantimonique, fort soluble dans un excès de potasse, insoluble dans l’ammoniaque; les sels d’étain se comportent de la meme manière.
Les solutions des sels d’antimoine ne renfermant pas d’acide nitrique libre , séparent au contact d’une lame de zinc , de l’antimoine métallique , sous forme de poudre noire ; les solutions de l’étain se comportent de la même manière, en donnant un dépôt gris~noir d’étain réduit.
Quand on met un sel d’antimoine en présence du zinc métallique, de l’acide sulfurique et de l’eau, il
se dégage de l’hydrogène antimonié SbH3, lequel brûle avec une flamme bleuâtre , en répandant une fumée blanche d’oxyde antimonique. Si l’on tient dans la flamme un corps froid, par exemple, une soucoupe de porcelaine , celle-ci se recouvre d’un enduit d’antimoine métallique , noir et presque sans éclat.
Les combinaisons arsénicales donnent une réaction semblable; cependant, il est aisé d’en distinguer les sels d’antimoine (125).
Le chlorure d’or produit, avec les sels stanneux , un précipité d’or métallique (pourpre de Cassius); le chlorure mer citrique , mis en contact avec les mêmes sels, passe à l’état de chlorure mercureux qui se précipite à l’état d’une poudre blanche.
Quand on chauffe un sel stanneux ou stannique dans la flamme intérieure du chalumeau, sur du charbon , avec un peu de carbonate de soude et du borax , on obtient un globule d’étain métallique , sans que le charbon se recouvre d’aucun enduit.
64 a. Récapitulons les principaux faits que nous Tenons d’exposer sur la manière de déterminer l’espèce d’un sel , d’en reconnaître le métal.
Sont caractéristiques pour :
Les sels potassiques.
SODIQUES.
ÀMMOMQUES.
BARYTIQUES.
STRONTIQUES.
CALCIQUES.