C-H4 éthérène ou gaz oléfiant
G 5 FI 1 0 valérène,
C161P2 cétène ,
Tous ces composés sont polymères. On remarque aussi que les acides correspondants renferment, sous le même volume , un volume égal d’hydrogène carboné , plus 2 vol. d’oxygène , le tout condensé à 2 volumes. Gela ne dit pas que l’hydrogène carboné préexiste dans ces acides, et puisse directement s’y transformer, en fixant de l’oxygène. Nous n’énonçons ici qu’un simple rapport de composition fort remarquable , qu’on constate dans une foule d’acides organiques.
87. Aldéhydes. — - Ce nom s’applique, comme nous venons de le dire , à des substances qui tiennent le milieu entre l’alcool et l’acide correspondant, et qui sont capables de se transformer directement en acides, par la fixation pure et simple de O.
Toutefois, la dénomination d’aldéhydes a été appliquée, par extension, à toutes les substances, neutres
2 volumes de vapeur.
aux papiers, et susceptibles de s'acidifier par la fixation de l’oxygène. Plusieurs semblables aldéhydes se rencontrent dans les végétaux comme huiles essentielles, telles sont les essences de cumin , de cannelle, d’ulmaire, etc. L’essence d’amandes amères constitue aussi un aldéhyde.
Aldéhydes. Acides unibasiques.
C7H60 essence d’am. amères. C7H60-f-0 acide benzoïq.
C7H602 essence d’ulmaire ... . C7Hri02-f-Q — salicyliq.
C9H80 essence de cannelle .. . C9H80-l-0 — cinnam.
G ioj^isq essence de cumin..., C10H12O-|-O — - cuminiq.
Au moyen des agents oxygénants , on peut opérer la transformation de ces aldéhydes en leurs acides respectifs.
Les aldéhydes se comportent, dans quelques circonstances, comme des corps binômes , et sont capables d’échanger H ( par rapport aux formules précédentes) pour du métal; mais ils n’ont aucune réaction acide sur les papiers , et sont aisément déplacés par tous les acides proprement dits.
88. Ethers. — Les acides, ainsi que certains chlorures, bromures, etc., métalliques, ont la propriété de produire, avec les alcools, des substances parti-
culières , neutres et volatiles , qui ont été appelées
Ethers.
Ces corps ont été, à tort, assimilés aux sels ammoniacaux , et par conséquent aux sels en général ; on y a supposé , en effet, des groupes jouant le rôle de métaux, tels que l'éthyle , le méthyle, l’arnyîe , etc. Mais les éthers ressemblent plutôt aux amides et aux anilides , et ils manquent de la propriété fondamentale qui distingue les combinaisons salines ; ils ne possèdent pas la faculté du double échange comme les alcali sel s.
Un commençant qui entend parler, par exemple ? du chlorure d’éthyle, du sulfate de méthyle , croira nécessairement qu’il s’agit de composés semblables au chlorure ammonique , au sulfate potassique , ou à un sel quelconque ; il s’imaginera que le chlorure de méthyle se précipite par le nitrate d’argent , pour former du chlorure d’argent et du nitrate de méthyle; que le sulfate de méthyle précipite les sels de baryum , comme le font tous les sulfates solubles. Quelles raisons lui donner alors de ce que ces chlorures et ces sulfates ne présentent pas les caractères des autres chlorures ou sulfates renfermant dess bases complexes > comme c’est le cas des sels d’ammo-
niaque , de quinine, d’aniline, de morphine, etc.?
89. Nous ne considérons donc pas les éthers comme des sels , mais comme une classe à part de corps susceptibles de se convertir en sels et en un alcool par la fixation des éléments de Veau. Cette métamorphose s’effectue ordinairement sous l’influence des alcalis.
D’après cela , chaque alcool a ses éthers, qui sont aussi variés que les acides ; et, comme on connaît aujourd’hui quatre alcools, on a par conséquent :
Les éthers de l’esprit de bois , ou éthers méthyliqnes ;
Les éthers de l’alcool ordinaire , ou éthers viniques ;
Les éthers de l'huile de pomme de terre, ou éthers amyliques;
Les éthers de l’éthal , ou éthers cétyliques.
Les éthers constituent généralement des liquides, neutres aux papiers réactifs , volatils sans décomposition, et doués d’odeur, comme les huiles essentielles végétales. Il en est même parmi ces dernières qui constituent de véritables éthers : ainsi , l’essence connue dans la parfumerie sous le nom à’ huile de W inter green et qui est fournie par les fleurs d’une bruyère, le Gaultherici procumbens , n’est autre
chose que l’éther méthylique de l’acidesalicylique (a) . Il existe aussi un petit nombre d’éthers gazeux, ainsi que quelques éthers solides. Lorsque les acides dont les éthers renferment les éléments , ne résistent pas à l’action de la chaleur sans se décomposer, il arrive quelquefois que les éthers ne soient eux» memes pas volatils sans décomposition.
90. La composition des éthers est soumise à une loi fort simple ; elle dépend de la basicité des acides qui leur ont donné naissance.
Pour fixer les idées , représentons la formule des éthers par 2 volumes de vapeur; exprimons de même la formule des alcools. Soit A 2 volumes d’un alcool, Ë 1 , E2 et K . 2 volumes d’un éther résultant d’un acide at monobasique ( contenant H basique), d’un acide a2 hihasique (contenant H2 basique), ou d’un acide a3 tribasique (contenant II5 basique), on trouve par expérience :
Et = atq-A— OH*.
Eî=a2-f-2A — 2 O H2.
E5=ra5-f3A— 30H2.
Exemples. L’acide hydrochlorique est monobasi-
(o) CAiiouRg. Annal, dechim . etdephys, 3e série, lom. X, pag. 337.
que et renferme Cl (H) ; quel sera son éther vinique?
Et=ClH-l-C2H60 — OH2
=C2H3G1=2 vol. de l’éther vinique de l’acide
hydrochlorique.
L’acide sulfurique est bibasique S04(H"); quel sera son éther méthylique?
E,=S04H2-h2CH40— 20H2
=G2H6S04=2 vol. de l’éther méthyl. de l’acide
sulfurique.
L’acide citrique est tribasique C6H507(H3) ; quel sera son éther vinique?
r=G12H20O7=2 vol. d’éther vinique de l’ac. citr.
On remarque, d’après cela, que les éthers sont uniaïcooliques , bialcooliques ou trialcooliques , c’està-dire que, sous le même volume, ils renferment les éléments de 1, 2, 3 équivalents d’alcool, suivant qu’ils appartiennent à un acide unibasique , bibasique ou tribasique.
91. L’action des alcalis sur les éthers permet de vérifier cette loi. La potasse aqueuse et étendue ne les attaque presque pas ; mais une solution bouillante les décompose promptement en alcool et en sel potassique. Voici quelles sont, en effet, les réactions
des trois élliers dont nous venons de développer la composition :
Éther vinique de l’acide hydrochlorique :
C2HsC1-}-0(HK)=C2H60-hC1(K).
Éther méthylique de l’acide sulfurique :
C2ÎI6S04-j-20(HK)=2CH40-|-S0i(K2) •
Éther vinique de l’acide citrique:
Ciqi20O7-4-3O(mv)=3G2H6O4-C6H5O7(IU>)-
92. Tous les acides, minéraux et organiques, mis en présence d’un alcool, dans les circonstances convenables, peuvent donner des éthers.
Lorsque les acides sont solides ou liquides et assez énergiques, il suffit, pour les éthérifier, de les chauffer avec l’alcool dans un appareil distillatoire , ou de les maintenir à une haute température , pendant qu’on y fait tomber l’alcool goutte à goutte. Les acides carbonés ou organiques sont ordinairement trop faibles pour cette réaction ; mais ils s’éthériûent aisément si l’on distille un sel métallique, appartenant au même genre, avec un mélange d’alcool et d’acide sulfurique; ou bien si l’on fait! passer un courant de gaz hydrochlorique dans l’acide organique dissous dans l’alcool ; il s’effectue ji
2ÎÎ —
alors deux réactions successives , dont la dernière fournit l’éther voulu.
93. Éthers acides ; acides viniques. — La décomposition et les réactions des éthers démontrent que ces corps renferment toujours les éléments d’un acide, plus ceux d’un alcool moins les éléments de l’eau ; et comme les éthers ont pour propriété fonda» mentale de reproduire les corps régénérateurs , si l’on y fixe de nouveau les éléments éliminés, cela établit une analogie parfaite entre les éthers et les alcalamides (83). La ressemblance se poursuit même jusque dans la formation des éthers acides.
En effet, les acides bibasiques et les acides tribasiques, en agissant sur les alcools, sont capables de produire , outre les éthers neutres dont nous venons de parler, des éthers acides, connus sous le nom à’ acides viniques. Les acides monobasiques ne donnent que des éthers neutres.
Si nous nous servons de la notation précédente (89), voici quelle sera la loi de composition des acides viniques, V2 exprimant un acide vinique correspondant à un acide bibasique , et V 3 représentant un acide vinique correspondant à un acide tri — basique :
vs=ai-f-A— oh2
Mais Facide vinique d’un acide bibasique n’est plus que monobasique, et Facide vinique d’un acide tribasique n’est plus que bibasique, comme dans le cas des acides amidés , et d’après la loi des sels copules (59).
Exemples . L’acide sulfurique est bibasique S04(H2) ; quel sera son acide vinique pour Fesprif de bois?
Vs=S04H24-CH40 — OH2
=CH4S04 acide sulfométhylique.
Dans CHSO4, il n’y a plus qu’un seul H basique:
Sulfométhylates CH3S04(M) Sulfates S04(M2).
L’acide phosphorique est tribasique P04(H5) ; quel sera son acide vinique pour l’alcool ordinaire?
Vs=F04H3-f-C2H60 — OH2
=C2H7P04 acide phosphovinique.
Dans OH7PO\ il n’y a plus que H2 bibasique :
Phosphovinates C2H5P04(H2). . . . Phosphates P04(M3).
L’acide oxalique est bibasique C204(H2) ; quel sera son acide vinique pour l’huile de pommes de terre ?
Vt=C20*HH-C5H120— OH2 =C7H1204 acide oxalamylique.
Dans C7H1204, il n’y a plus que H basique :
Oxalamylates G7Hn04(M) . . Oxalates Ga04(M2).-
Les acides viniques sont très-solubles dans l’eau , rougissent le tournesol, et font effervescence avec les carbonates. Us présentent tous les phénomènes du double échange avec les autres sels métalliques. Us se décomposent pour la plupart à la distillation sèche ,, en donnant des produits variables. Les sels métalliques qu’ils fournissent par la double décomposition , sont généralement fort solubles dans l’eau.
Soumis à l’action d’acides forts (acide sulfurique), ou de la potasse très-concentrée, ils régénèrent, comme les éthers neutres, l’alcool et l’acide qui leur ont donné naissance. Ainsi, les sulfométhylates donnent de l’acide sulfurique et de l’alcool méthylique ; les phosphovinates , de l’acide phosphorique et de l’alcool vinique; les oxalamylates, de l’acide oxalique et de l’alcool amylique.
93 a. Si chaque genre salin bibasique a ses éthers correspondants , un éther neutre et un éther acide , pour chaque alcool, il est évident que les genres
oxyde 0(M2), sulfure S(M2) , persulfure S2(M2) qui , d’après notre définition (42), constituent aussi des sels, doivent pouvoir donner des composés semblables ; en d’autres termes , que l’eau , le sulfure d’hydrogène, le persulfure d’hydrogène doivent avoir leurs éthers correspondants.
En appliquant les formules précédentes (89 et 93), on trouve , en effet, pour l’eau :
Éther neutre E, ,
E 2 ~0HH-2C2îE0— 20tP
— C4H10O . 2 vol. de l’éther hydrique.
Éther acide Vs ,
Vs— 0HH-C2H60— OH2
■=C2H60, 2 vol. de l’acide hydrovinique
Or, l’éther hydrique (a) est connu sous le nom impropre à’ éther sulfurique. L’acide hydrovinique est l’alcool lui-même ; celui-ci, en effet, est un acide tout aussi faible que l’eau ; il peut d’ailleurs échanger H pour R , Na , quand on le met à l’état absolu , en
(a) L’éther hydrique n’est, il est vrai, pas attaqué par la potasse, à laquelle il ne se mélange pas. Mais l’acide sulfurique concentré le dissout, comme l’alcool, et le convertit en acide sulfovinique ( Comptes-rendus des travaux de chimie , 1845, pag. 174), lequel régénère aisément l’alcool, par l’ébullition de sa solution aqueuse.
contact avec du potassium. Celui-ci dégage alors de l’hydrogène, et produit une combinaison C'H50(K) qui peut s’obtenir en gros cristaux transparents.
L’analogie est encore plus frappante avec les éthers correspondant au sulfure d’hydrogène S(H2). On a, dans ce cas :
Éther neutre E2 ,