‹ Introduction à l'étude de la chimie par le système unitaireChapitre 5 sur 69 · NOTIONS DE CRISTALLOGRAPHIE · texte numérisé non relu

NOTIONS DE CRISTALLOGRAPHIE

Cristallisation ; moyens de l’opérer Ib.

Cristaux ; lois auxquelles ils sont assujettis 360

Influence des circonstances sur la forme des cristaux 361

Loi de la symétrie des modifications .. 364

Forme primitive. 372

Types cristallins 373

Système cristallin . . . . • 37£

Système cubique ou régulier . 375

— du prisme droit à base carrée 376

t— du prisme droit à base rectangulaire 378

— du rhomboèdre 380

— du prisme oblique à base rhombe 381

— du prisme oblique à base de parallélogramme obliquangle. 382

Corps isomorphes 383

Formes incompatibles Ib.

Modifications dimorphes. , 384

Errata.

It. if 3£

Page 31, ligne 12 , lisez : droite , au lieu de : gauche.

42 » 7, lisez ; 2X0,069 , au lieu de: 2X0,138.

48 » 2 , lisez : unis en un seul vol. , au lieu de : unis

sans condensation.

73 » 14, lisez : C10H2C16 , au lieu de : C10H5Cl«.

132 » 5 , lisez : 2SO^K , au lieu de : SO^K.

159 » 21, lisez : SHg2 , au lieu de : SH2.

168 , ligne dernière , lisez : bleue , au lieu de : verte.

a l’étude

DÉFINITION Sm IjA CH IlflIE.

1 . Les êtres matériels , répandus à la surface du globe et dans le sein de la terre* se distinguent en deux grandes classes.

Les uns naissent d'êtres semblables à eux-mêmes, et n’ont qu’une existence limitée. Les autres, inhabiles à se reproduire, naissent d’êtres dissemblables et peuvent exister de toute éternité.

Tant qu’on se borne à l’examen des caractères extérieurs de ces êtres , tarit qu’on ne considère que leur forme, leur structure , on reste dans le domaine des sciences descriptives , qui ont été confondues sous le nom à’ Histoire naturelle. Mais si l’on étudie les causes , les forces , qui déterminent la matière à

prendre ses différentes formes, on empiète sur le terrain des sciences spéculatives , auxquelles on a donné le nom de physique , de chimie ou de physiologie , suivant l’espèce de force qu’elles ont spécialement pour objet.

Il est des forces auxquelles tous les êtres , morts et vivants, sont également soumis. Tous les corps obéissent à la pesanteur. Tous les corps sont influencés par la lumière ; ils F absorbent , la réfléchissent, ou la dévient de sa direction. Tous les corps sont affectés par la chaleur ; ils la fixent ou la laissent dégager, ils augmentent ou diminuent de volume. Animaux, plantes et minéraux subissent donc l’action de certaines forces générales , appelées forces physiques.

Dans le règne vivant , une autre force agit concurremment avec les forces physiques. Cette force spéciale qui donne la vie à la matière, nous est tout aussi inconnue, dans son essence, que ces dernières ; nous n’en connaissons que les effets , et le mot force vitale est plutôt un symbole par lequel on résume l’ensemble de certains effets ou phénomènes produits par la cause inconnue de la vie. îl en est de même des mots chaleur, lumière , électricité. Ils désignent

les causes inconnues auxquelles nous attribuons des états particuliers de la matière , états que le langage habituel confond souvent avec les causes ellesmêmes.

Au reste, l’essence de ces causes est inabordable à l’homme , et les investigations de la science ne peuvent jamais porter que sur les lois d’après les» quelles ces inconnues déterminent certaines propriétés dans la matière. De même , il n’est donné au physiologiste que d’étudier les lois de la vie, c’està-dire les règles suivant lesquelles les êtres vivants naissent, s’organisent, se développent et périssent.

A nos connaissances sur les propriétés générales ou physiques de tous les corps , le physiologiste ajoute des notions spéciales sur la manière dont un être naît d’un autre être semblable au premier. Il nous apprend comment un germe pousse des tiges , des feuilles, des fleurs, et produit un nouveau germe, lequel, à son tour , grandit pour fleurir et fructifier; comment l’embryon se développe chez l’animal, comment la vie s’y établit, comment les organes s’y coordonnent; en un mot, le physiologiste approfondit les conditions de la reproduction d'un être par un autre être semblable.

2. Les corps morts , c’est— à-dire ceux donc l'existence n’est pas circonscrite par le temps , ont aussi leur généalogie : mais ils naissent d’ êtres dissemblables . (7^ le chimiste qui recherche les lois de leur génération.

A côté de la physique qui s'occupe des forces générales par lesquelles sont sollicités tous les corps indistinctement ; à côté de la physiologie, dont le cadre plus restreint ne comprend que les forces qui produisent des êtres semblables , il y a donc à placer une troisième science de la matière, dont l’objet spécial est l’élude des forces qui engendrent des êtres dissemblables. Cette science, c’est la chimie.

La chimie s’occupe donc des transformations de la matière. Elle approfondit l’origine des corps ; elle scrute leur passé et leur avenir ; elle poursuit la matière dans ses différentes phases, jusqu’à son retour à l’état primitif; je ne dis pas jusqu’à sa tin , car elle n’a pas de fin. La matière est indestructible; elle ne fait que se métamorphoser.

3. Quand une plante est morte, quand un animal a cessé de vivre, les substances qui constituaient ces êtres à l’état de vie , acquièrent des formes nouvelles; on les voit alors se pourrir, se détruire en

apparence, et disparaître peu à peu. Des innombrables générations qui nous ont précédés dans la tombe, à peine si Ton retrouve quelques traces dans la terre qui a reçu leurs dépouilles; et, de tout ce monde de plantes, de toutes ces races animales, aujourd'hui éteintes, et dont la géologie atteste le passage , que reste-t-il? Quelques rares ossements, quelques empreintes, qui sont bien loin de représenter toute la masse de matière dont ces êtres étaient composés. Qu’est-elle donc devenue?

Une semence , mise en terre , germe et développe des liges, lesquelles à leur tour portent des fleurs, des fruits. Un simple grain augmente ainsi dix fois , cent fois, mille fois de matière, et cependant la terre, l’air et l’eau, ces trois milieux où se développe le végétal et qui peuvent seuls lui céder de leur propre substance, ces trois milieux sont des êtres morts dont la matière n’est pas semblable à celle du végétal. Comment est-il possible, malgré cette dissemblance , que la terre, l’eau et l’air s’organisent eux-mêmes , et se condensent dans le germe pour l’accroître ainsi , pour en faire une feuille , un arbre ?

Le fer, le plomb, le cuivre, l’argent, tous les

métaux indispensables aux transactions de la société, sont renfermés dans la terre , sous une forme bien différente de celle qu’ils reçoivent entre les mains du métallurgiste. Le gaz qui éclaire nos rues, ne préexiste pas dans le charbon de terre avec lequel on le prépare. Avec le bois ou la fécule , l’industrie fabrique du sucre; avec le sucre, de l’esprit de vin; avec l’esprit de vin, du vinaigre ; et cependant il n’existe ni sucre dans le bois ou la fécule , ni alcool dans le sucre, ni vinaigre dans l’alcool. Comment tous ces corps peuvent-ils naître de matières qui leur ressemblent si peu ?.. .

La chimie répond à ces questions. Elle apprend à distinguer, dans les êtres matériels , ce qu’ils ont de commun pour être aptes à se métamorphoser, à se transformer les uns dans les autres ; elle décompose tous les corps ; elle les ramène tous à un petit nombre d’éléments, d’où il n’est plus possible d’extraire des parties dissemblables ; elle démontre que la nature morte et la nature vivante renferment des parties communes, qui , par leur qualité , leur quantité , leur mode d’association , produisent cette immense variété de choses créées que nous admirons dans la nature.

4. La matière possède une propriété qui lui est inhérente : c’est d’être essentiellement active. Les corps que nous appelons morts , ne le sont pour nous que d’une manière relative; la matière n’y a pas renoncé à l’activité , mais cette activité s’exerce dans un autre sens. Aussi , comme matière , l’être vivant appartient à la chimie autant qu’à la physiologie ; la chimie étudie en lui , comme dans les corps morts , les conditions de l’équilibre des différentes activités de la matière. La respiration , la nutrition , la formation des sécrétions végétales et animales, sont des actes aussi chimiques ou de métamorphose , que physiologiques ou d’organisation ; il s’y opère des métamorphoses du même ordre que la combustion du bois ou la calcination des métaux. Il n’y a, entre ces phénomènes, qu’une différence de forme.

On appelle forces chimiques , ces activités spéciales, inhérentes à chaque corps, et qui se traduisent par des métamorphoses. Le but spécial de la chimie est de saisir les corps dans cet instant de passage, où ils cessent d’être eux-mêmes, où ils se transforment en d’autres corps.

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